Le Vatican, organisation criminelle ?

« Injustice anywhere is a threat to justice everywhere. »
– Dr. Martin Luther King, Jr. (1963)

Josh Shapiro, Procureur Général de l’État de Pennsylvanie aux États-Unis vient, ce 14 août 2018, de jeter un pavé des plus lourds dans la mare catholique déjà boueuse en publiant les résultats d’une investigation minutieuse menée pendant dix-huit (18) mois dans six (6) diocèses. Le rapport révèle que les responsables de l’Église catholique ont su, toléré et organisé de façon systématique, pendant soixante-dix (70) longues années, le masquage de plus de mille (1000) cas de viols et autres abus sexuels sur des enfants et adolescents mineurs, filles et garçons, perpétrés par plus de trois cent (300) prêtres catholiques.

Dixit Josh Shapiro :

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Élection présidentielle d’Alassane Ouattara : l’enjeu au-delà des chiffres

La victoire d’Alassane Ouattara aux élections présidentielles de 2015 n’a jamais fait l’ombre d’un doute pour quiconque suit l’actualité politique ivoirienne. La proclamation de la Commission électorale indépendante (CEI) du 27 octobre dernier, qui a attribué 84% du scrutin à Ouattara avec un taux de participation de 53%, s’est fait attendre pendant 48 heures pour des raisons qui, non seulement attestent du manque d’organisation (lire : incompétence ?) de la structure, mais qui ressemblent fort à une stratégie de communication politique nécessitant une réflexion préalable avant d’être déployée.

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Rwanda et Congo : quand BBC diffuse (enfin !) la vérité sur Paul Kagame

Qui est Paul Kagame ?

Selon l’information mainstream, la diplomatie occidentale, le cinéma hollywoodien (ex: Hôtel Rwanda) ou encore l’intelligentsia anglo-saxonne de référence (ex: le Prix Nobel américain Elie Wiesel), l’homme fort du Rwanda est le sauveur Tutsi qui, en 1994, a su contenir la terreur Hutu et mettre fin à une guerre meurtrière d’un million de ses compatriotes.

Cette version de l’histoire rwandaise, particulièrement vulgarisée dans le monde anglophone, est également la version la plus connue dans les pays d’Afrique dite francophone, où le rôle joué par l’État français dans les crises sociopolitiques des ex-colonies (?) telles que la Côte d’Ivoire laisse parfois croire aux “patriotes” africains qu’un leader noir, assez courageux pour dénoncer les manigances tropicales françaises – Kagame accuse depuis toujours la France d’être le vrai responsable du génocide – ne peut être qu’un “digne fils d’Afrique”.

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Le triomphe “12 Years a Slave”

Certains films sont inoubliables.

C’est le cas de 12 Years a Slave, le film du réalisateur noir-britannique Steve McQueen, une adaptation cinématographique de l’autobiographie de Solomon Northup, celliste Afro-Américain du XIXe siècle, né en tant que citoyen libre dans le Nord étatsunien, mais kidnappé et jeté en esclavage pendant douze ans dans le Sud du pays.

La critique cinématographique universelle est pour une fois correcte et en phase avec la majorité des cinéphiles ayant déjà expérimenté 12 Years a Slave. Le film est un chef d’œuvre absolu, une de ces rares productions qui semblent avoir échappé à l’ogre hollywoodien lui-même et à son insatiable désir pécuniaire. Hollywood, en effet, n’a généralement aucune patience pour l’impact socio-culturel d’un film, encore moins quand il s’agit de la cause noire. Il préfère clairement financer les projets médiocres, à valeur artistique ou même récréative négligeable, qui deviennent néanmoins d’énormes succès commerciaux – cf. la série Avengers – et/ou qui satisfont aux exigences de communication politique à dérives propagandistes auxquelles l’industrie américaine sait se soumettre depuis sa création – cf. Black Hawk Down, Zero Dark ThirtyArgo, etc.

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L’anti-Obama : le Mandela dont je préfère me souvenir

Les obsèques de Nelson Mandela ont attiré la crème de la crème politique mondiale à Pretoria en Afrique du Sud le 10 décembre dernier, notamment Michelle et Barack Obama, couple présidentiel à la tête du seul empire – politico-militaire et médiatique – qui existe encore au 21è siècle [1].

Obama, suivant la logique de son statut américano-déclaré de “leader du monde libre”, s’est présenté comme héritier de Mandela devant les milliers d’Africains venus pleurer et célébrer la vie de Madiba et a reçu, comme on pouvait s’y attendre, un tonnerre d’applaudissement à la seule annonce de son nom. Ces acclamations, pour quiconque connaît le degré de fascination que les Africains en général – les “anglophones” en particulier – ont pour les Obamas, n’a rien de surprenant. À tel point que les plateaux télévisés de quasiment tous les médias mainstream – de CNN à BBC à France 24 à Al Jazeera, etc. – n’ont pu s’empêcher de (re)tracer le fameux lien symbolique qu’il y a, paraît-il, entre Mandela, premier président noir d’Afrique du Sud et Obama, premier président noir des États-Unis. Et papati et patata. Le discours que l’on entend depuis 2008 et auquel s’accrochent les inconditionnels des symbolismes séduisants mais creux s’est vu régurgité autant, finalement, pour acclamer Obama que Mandela.

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Hollande, Ouattara et l’ivoiro-réalisme

Alassane Ouattara et François Hollande. Manifestations populaires contre la visite de Ouattara en France (juillet 2012, Paris).La récente visite officielle de Alassane Ouattara en France a été l’objet de réactions d’indignation de toutes sortes, émanant aussi bien d’individus, de groupements politiques “panafricains” que d’associations françaises qui, apparemment, espéraient beaucoup du « changement maintenant » promis par Hollande durant sa campagne présidentielle.

Sauf qu’en ce qui concerne le dossier ivoirien, le « changement » en question – c’est-à-dire, une vision et un exercice politiques radicalement distincts du modèle Sarkozy – n’a pas (encore ?) eu lieu. Ouattara a bel et bien été accueilli par le Président français avec les honneurs dûs au rang que François Hollande lui reconnait. Et hormis les déductions floues, distillées ci et là par ceux qui tentent de rapporter une “mise à pieds” de Ouattara par Hollande, rien d’autre que la version officielle faisant foi de « bonnes relations avec un pays ami » n’a filtré de ce tête-à-tête.

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+ d’Afrique : quand le ridicule tue

+ d'AfriqueUne fois par semaine, grâce à Canal + Horizons, l’Afrique “francophone” se retrouve nez à nez avec un des nombreux prétendants à son homicide culturel : + d’Afrique« le talk-show 100 % africain » de la chaîne cryptée française.

Robert Brazza, son célèbre animateur Congolais, doit probablement “se faire sa p’tite tune” et vivre plus que décemment des fruits de son labeur. Bravo ! Après tout, un nègre de grand talent, point au chômage en ces temps difficiles pour les pays africains, n’est que sujet de réjouissance. Mais à quel prix ?

+ d’Afrique, aussi bien dans le style que dans le contenu, n’est qu’une forme “évoluée” – moins cruelle, mais non moins caricaturale – des “minstrel shows” américains très populaires dans l’Amérique ségrégationniste – et même au-delà –, dont le réalisateur Spike Lee se fait l’écho dans son film culte Bamboozled. Leur particularité ? Les “minstrel shows” célébraient – = singeaient de la façon la plus grotesque et méprisable qui soit – le quotidien noir-américain au grand ravissement des (télé)spectateurs Blancs.

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La trahison des clercs… ivoiriens : de l’excessive politisation des intellectuels de Côte d’Ivoire

Mamadou KoulibalyEn 1927, dans son classique La trahison des clercs, le philosophe français Julien Benda sonnait une alarme des plus retentissantes à l’endroit des intellectuels français. Il les exhortait à se défaire de leurs passions politiciennes, afin de mener à bien leur mission critique et la mettre au service de la société.

Le chef-d’œuvre de Benda pourrait servir à tous les intellectuels de langue française, notamment les intellectuels ivoiriens [1]. En effet, le constat de la conversion massive des élites intellectuelles ivoiriennes en responsables politiques est un des plus déplaisants pour ces quelques personnes qui espèrent encore un contre-pouvoir apolitique citoyen.

Cette reconversion n’est pas récente. Après 1960, le contexte postcolonial requérait de doter le pays en cadres nationaux capables de prendre le relais de l’administration française, notamment dans le domaine de l’éducation. La vision de Houphouët-Boigny était de prioriser la formation des élites en les envoyant dans l’Hexagone, afin qu’elles renforcent leurs capacités déjà acquises à la jeune université d’Abidjan.

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USA : où en est le rêve noir-américain ?

« Mon but n’est pas de fournir des excuses au comportement des Noirs ou d’absoudre les Noirs de leurs responsabilités personnelles […] » – Cornel West

De gauche à droite à partir du haut : Herman Wallace, Albert Woodfox, Robert King, Trayvon Martin, Sean Bell, Kenneth Chamberlain, Mumia Abu-Jamal, Amadou Diallo, Kathryn Johnston« […] Cependant, quand les nouveaux conservateurs Noirs mettent l’accent sur l’attitude et la responsabilité des Noirs, de telle manière que les réalités culturelles des peuples Noirs sont ignorées, ils s’amusent à un jeu intellectuel trompeur et dangereux avec les vies et les fortunes des personnes défavorisées. Nous devons effectivement critiquer et condamner les actes immoraux des populations noires, mais nous devons le faire en tenant compte des circonstances dans lesquelles les individus naissent et dans lesquelles ils vivent. En ignorant ces circonstances, les nouveaux conservateurs Noirs tombent dans le piège de blâmer les pauvres Noirs quant à leur situation. Il est impératif de faire une distinction entre le Scylla du déterminisme environnemental et le Charybde de l’attitude qui consiste à uniquement blâmer les victimes. » (Cornel West, Race Matters, 1994).

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L’ignorance : la vraie tragédie négro-africaine

« De l’ignorance naît l’inconscience. » – Victor Hugo [1]

L'ignorance des AfricainsL’ignorance rampante des populations africaines “modernes” quant à leur culture et leur histoire est une des causes principales de la pauvreté, de la fragilité et des difficultés que connaît le continent à s’autodéterminer.

Les chiffres n’éclairent pas suffisamment ce sujet. Le taux d’alphabétisation en Afrique noire (variable selon les pays, mais généralement admis comme étant insuffisant) masque un obstacle plus fondamental, difficilement quantifiable, mais clairement observable. Il n’est pas l’illettrisme en tant que tel, conséquence d’un système éducatif inadéquat ; il est l’ignorance qui habite les Africains bel et bien instruits mais réfractaires à la connaissance profonde de l’histoire de leur société.

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