Libéralisme contre socialisme en Afrique

Libéralisme contre socialisme en Afrique[Libéralisme et socialisme] : voilà deux systèmes qui ne sont pas du tout africains. Certains se posent la question de savoir si l’Afrique doit-elle avoir peur des politiques importées ? Ma réponse est OUI… et non !

OUI, en majuscule, car c’est ce qui s’est passé depuis et pendant les indépendances. [Les politiques importées ont entraîné ce dont on peut] voir le résultat sur place, [à savoir la] régression de la démocratie et l’absence d’économie africaine en tant que telle. Le continent [au potentiel] le plus riche du monde s’avère être le plus pauvre.

Certains me diront, « vous y allez fort, il y a une économie en Afrique ». Oui, bien sûr, une économie de la dépendance et du surendettement ; les peuples africains n’en profitent [d’ailleurs] pas et leur niveau de vie a même chuté depuis les indépendances. Par contre [ce type d’économie] marche bien en Europe (voir la Grèce) et aux USA. Le principe est simple : il consiste à ramener la population à l’esclavage au profit de la finance internationale et plus particulièrement la finance anglo-saxonne.

Sur le système socialiste, il a touché beaucoup moins de pays, mais s’est avéré [être] aussi inutile et incapable quant au développement des pays africains (ex : la Guinée, le Congo et quelques autres). Toutefois, l’exploitation des ressources naturelles a été la même que sous un régime de libéralisme.

Donc :
– A ceux qui veulent nous faire croire que l’importation de politiques étrangères, au continent africain, est une bonne chose, je dis NON en l’état.
– A ceux qui prônent le libéralisme en Afrique, je dis NON en l’état.
– A ceux qui veulent introduire le socialisme en Afrique, je dis NON en l’état.

Cependant, comme il est dit dans le document précité, « on ne va pas réinventer la roue à chaque fois », et par conséquent, que ces systèmes politiques et économiques soient étudiés par les Africains et ensuite adaptés à leur culture ou servent simplement d’inspiration, pour ensuite donner naissance à un projet conforme à l’aspiration de ces populations, est une bonne chose. Je dirais même qu’il est indispensable, lors de ces études, de tenir compte des dérives qui ont amené les peuples européens et américains à la faillite qu’ils vivent actuellement et au retour à un esclavage patronné par une oligarchie financière.

Mais les systèmes occidentaux, promoteurs du libéralisme au XIXe siècle, que nous qualifierons de “libéralisme raisonnable” (depuis la fin du système socialiste de l’URSS, qui constituait un contrepoids à la folie financière anglo-saxonne) ont dérivé dans l’ultra-libéralisme, allant jusqu’à saborder l’économie traditionnelle des nations et des citoyens. En fait, certaines nations sont passées d’une économie étatique à une économie de lobbies, les deux étant toutes aussi nocives pour la démocratie. Si on fait une importation de ces modèles en Afrique, stricto sensu (d’ailleurs, ils existent déjà dans beaucoup de pays africains), on reste dans l’esclavage mais on change de maître.

Actuellement, nous avons deux économies en concurrence déloyale : l’économie financière et l’économie traditionnelle.

Il y a quelques années, la situation était la suivante :
– L’économie financière a toujours existé mais elle était un complément de l’économie traditionnelle. Cette économie permettait de placer les excédents de l’économie traditionnelle,  soit en bourse, soit en banque, soit sous d’autres formes de placements ;
– L’économie traditionnelle, quant à elle, était composée d’un ensemble de structures productives constituées sous forme de sociétés, de coopératives, d’associations, de mutuelles, etc.

Depuis les années 70, la déréglementation en Europe et aux USA a permis deux choses :
– L’interdiction des banques centrales à battre monnaie ;
– Le mélange des banques d’affaires aux banques de dépôts.

Cela permet de faciliter l’endettement des Etats et [c’est ainsi que] les lobbies financiers prennent le pouvoir aux politiques (cf. la Grèce et les autres pays occidentaux, de même que l’exposé suivant d’Etienne Chouard sur la dette).

La modification de ces principes a interdit aux Etats-nations d’emprunter aux banques centrales à 0% [afin de] les obliger à emprunter sur les marchés financiers à des taux allant de 2 à 7%. Ce système a été testé d’abord en Afrique où il a fait ses preuves via le FMI, la Banque mondiale et bien d’autres organismes, menant ainsi le continent dans un servage financier constant.

Mais là n’est pas mon sujet. [Mon] objectif est juste de montrer que, s’il faut importer des politiques en Afrique, celles-là ne sont pas bonnes puisque toutes en faillite et que, par conséquent, le modèle n’est pas à suivre. De plus, le continent africain a [déjà] servi de test [qui a permis de] les appliquer ensuite aux autres continents.

La prudence s’impose [donc]. Cependant, au lieu de revenir à une recherche fondamentale d’un nouveau système politico-économico-social, [censé être] bon pour tous, il serait possible de s’inspirer des modèles ci-dessus et d’en éliminer toutes les aberrations qui ont conduits leurs créateurs dans les affres de la faillite financière. Pour cela, il est indispensable de corriger ce régime financier totalitaire par quelques ingrédients de régulation, que seul l’Etat peut gérer :

– Equilibrage des budgets de l’Etat ;
– Financement des déficits budgétaires par les banques centrales ;
– Scission dans les banques des affaires, purement financières, des dépôts ;
– Revenir à une législation de contrôle sur les transactions financières (les outils informatiques le permettent) ;
– Taxation des transactions financières pour participer à la vie sociale des populations ;
– Réglementation des investissements des fonds dans l’économie traditionnelle, à savoir, plafonnement de la participation, surimposition des dividendes non réinvestis, définition de minima dans la durée de l’investissement du fond, etc. ;
– Certains secteurs doivent rester sous le contrôle de l’Etat (avec un actionnariat de l’Etat), notament [ceux exerçant dans les domaines de] l’énergie (ressources naturelles, électricité), les richesses minières et les transports routiers et ferroviaires.