L’efficacité du développement : l’action de la BAD

Banque Africaine de DéveloppementLa banque africaine de développement (BAD) mesure régulièrement l’efficience de son action dans les pays auxquels elle vient en aide et a récemment publié un rapport sur les tendances du développement à l’échelle continentale.

Ainsi pour mesurer sa performance en tant qu’acteur socio-économique en Afrique, elle utilise une grille de critères relatifs aux axes clés du développement et de l’efficacité organisationnelle. Le niveau 1 mesure l’ensemble des progrès sur le plan du développement en Afrique, particulièrement dans 9 secteurs clés, notamment la croissance, la gouvernance, la prestation de services publics et le développement humain. Le second niveau évalue la contribution de la BAD dans le développement de l’Afrique en se focalisant toujours sur les 9 domaines. Le troisième niveau se veut une critique de la gestion des opérations menées par la BAD et enfin le quatrième niveau permet de juger son efficience en tant qu’organisation précisément à travers la gestion de ses opérations.

La BAD nous apprend ainsi qu’au-delà des discours afro-pessimistes qui font souvent monnaie-courante, l’Afrique a connu un développement économique conséquent durant la dernière décennie, en attestent les taux de croissance dépassant souvent le cap des 6%. La BAD attribue ces résultats à l’émergence des BRICS dont la demande en matières premières a redynamisé les exportations africaines. D’autre part, les gouvernements ont, bon an mal an, su recréer un cadre macroéconomique stable et, par suite, propice aux affaires. En 2005, le PIB cumulatif de l’Afrique s’élevait à 1,6 billions soit le PIB du Brésil ou de la Russie.

Si les OMD (Objectifs du millénaire pour le développement) n’ont pas toujours été atteints, à cause du coup d’arrêt provisoire porté par la crise de 2007, l’essor économique est encore d’actualité et fait la part belle au secteur privé. Avec le gonflement de la classe moyenne et de son pouvoir d’achat, les secteurs des biens de consommation, des télécommunications et de la banque progressent trois fois plus vite que dans les pays de l’OCDE. On retrouve, à l’échelle microéconomique, le même dynamisme et la même productivité. A titre d’exemple, le temps moyen pour faire démarrer une entreprise est passé de 59 à 29 jours tandis que le coût moyen pour y parvenir a diminué de moitié ! Néanmoins la capacité d’investissement et la croissance du secteur privé sont freinées par les réglementations juridiques excessives et mal conçues, le manque drastique d’infrastructures, les lacunes d’un système éducatif préparant mal aux compétences entrepreneuriales et techniques appropriées. C’est justement à ce propos que surgit la question de l’intégration.

Grâce à l’intégration économique régionale, le continent réalise des économies d’échelle et devient plus compétitif sur les marchés internationaux. Néanmoins elle n’est pas assez développée et ceci est dû à la faiblesse des infrastructures de transport. Lorsqu’il faut 25 jours pour exporter des biens au Brésil, il faut le double pour le faire dans un pays africain et par ailleurs, les coûts de transport sont deux fois plus élevés.

Pourtant il n’empêche que le continent regorge de possibilités notamment dans le secteur agricole. Avec plus d’un quart des terres arables de la planète, le continent est une mine d’or. Malheureusement ses ressources sont sous-exploitées et l’Afrique est la seule région du monde où la production alimentaire par habitant a reculé ces trente dernières années.

En appuyant les réformes engagées par les pays africains afin de faciliter la liberté de circulation des biens et en affectant 28% de ses revenus à des opérations de construction de réseaux d’échanges, la BAD contribue donc activement au développement du continent. Pour résorber la question de l’agriculture, 318 milliards de dollars ont été alloués par la banque.Afin de s’assurer que la conception de son assistance est techniquement juste et appropriée, la banque a mis en place de nouveaux mécanismes de contrôle de la qualité à l’entrée. Dans la foulée de la déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, la banque a donc accru son efficience auprès des bénéficiaires de ses fonds et solutions d’investissements.