Dark Girls : tragédie et triomphe de la femme noire

Femme Noire

« Un autre individu parait : c’est un nègre de la côte occidentale d’Afrique […] La couleur [de sa peau est] entièrement noire; les cheveux ne sont plus rares et effilés, mais, au contraire, épais grossiers, laineux et poussant avec exubérance ; […] la mâchoire inférieure avance en saillie, le crâne affecte cette forme que l’on a appelée prognathe […] Les os sont déjetés en dehors, le tibia et le péroné sont, en avant, plus convexes que chez les Européens, les mollets sont très hauts […] les pieds sont très plats […] Quand l’œil s’est fixé un instant sur un individu ainsi formé, l’esprit se rappelle involontairement la structure du singe […] Si après avoir examiné ces types pris dans tous les recoins du globe, on revient aux habitants de l’Europe […] on leur trouve une telle supériorité de beauté, de justesse dans la proportion des membres, de régularité dans les traits du visage […] Dans cette noblesse humaine, les Européens sont les plus éminents par la beauté des formes […] » (1)

En 1853, bien avant que les médias du XXIe siècle ne lui emboîtent subtilement le pas, Joseph Arthur de Gobineau avaient déjà définit les critères de beauté qui allait rythmer les relations humaines à l’avenir. Bien que son Essai sur l’inégalité des races humaines soit soigneusement évité en public aujourd’hui, la volonté de différenciation de la beauté blanche quant à la laideur nègre continue de régir la dépréciation de l’épiderme noir, courroucé méthodiquement et généreusement pendant six longs siècles à tel point qu’il a fini par inspirer ignominie au sein même des communautés négro-africaines.

TEXTE INTÉGRAL DISPONIBLE DANS LE LIVRE DIEU EST BLANC publié en août 2020.

  • Jean-David N’Da est un essayiste et un entrepreneur originaire de Côte d’Ivoire.