Réflexions angoissées sur l’Éburnie en dérive – Vision 3 : quelle jeunesse pour notre avenir ?

Charles Blé Goudé et Guillaume SoroLOUBARD contre FESCISTE, temps nouveaux pour la jeunesse ivoirienne

Une nouvelle vocation venait d’être donnée à la jeunesse.

Désœuvrée, elle pouvait se gonfler les muscles et devenir loubard.

Instruite, elle devait s’enrôler dans la FESCI (Fédération Estudiantine de Côte d’Ivoire) et militer à coups de sifflets et de machettes.

Le droit à la différence, de quoi parlez-vous?

Après l’endoctrinement au sein du MEECI (Mouvement des Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire), l’embrigadement dans la FESCI.

A prendre ou à laisser, en tout cas, circulez, il n’y a plus rien à voir, ni à découvrir dans cet Enfer, pardon cette Université.
Une terreur sans nom s’est abattue sur les amphithéâtres, désertés par tous les thésards. Vivent les « Cambodgiens » et autres « crève-la- faim », fruit d’un enseignement télévisuel. Conjoncturel moribond. Étudiant à vie comme on était Président à vie.

C’est cela, le printemps de notre Démocratie. Farouchement révolté contre le Savoir, mais résolument engagé dans la manipulation des apprenants. Les maitres à penser ont jailli de nulle part, désertant les amphis pour combler le vide laissé par les Demi-dieux du parti unique.

Démocratie et multipartisme, quel contenu?

Comme des champignons après la pluie, commencèrent à pousser nos partis tropicaux, frappés dès leur naissance de tous les péchés capitaux.
Culte du chef, regroupement ethnique amélioré, comité de soutien à un paranoïaque, démembrements de sectes universitaires diverses transposées à la politique…
Bref, tous les ingrédients pour une bonne sauce démocratique bien pimentée et très odorante.
J’ai vu la fièvre s’emparer de tout Sachant. Professeur, Économiste, Médecin, Ingénieur et autres… Vidés les salles de classes, les amphis, labos, cliniques et autres chantiers pour revendiquer des titres plus honorifiques et investir des espaces plus gratifiants.
Secrétaires généraux, puis Présidents fondateurs, et Présidents tout simplement.
La démesure, la paranoïa, l’ambition étouffée depuis des décennies s’épanouissaient au mépris de tout réalisme.
Et des partis-cabines téléphoniques, des partis- ruisseaux, des partis-fleuves envahirent notre univers, limitant les débats à des querelles de leadership et de supporters de clans.
Nous venions de manquer notre premier rendez-vous avec la Qualité…, le débat démocratique, la culture, la contradiction, la conviction, les arguments constructifs, l’intelligence…

Envolés tous les rêves de changement!

Que du vent, ce vent de l’Est qui a vite survolé nos terres de passions et d’ambitions individuelles destructrices…
La démocratie, mon œil!!!
Cette Démocratie, en quoi consistait-elle en définitive?
Quel contenu offrait-on à cette masse de braves analphabètes qui ne demandaient qu’à bénéficier du partage équitable de la lumière promise par ces nouveaux Demi-dieux.
La démocratie, une grande escroquerie intellectuelle à y regarder de près et nous avons tous été grugés.

La faillite des Intellectuels

Le drame que nous vivons aujourd’hui et qui dans ce pays dure depuis vingt et un ans, n’est rien d’autre que l’étalage d’une longue faillite des Intellectuels ivoiriens, toutes tendances politiques confondues.
Le multipartisme, depuis 1990, apporte un éclairage cru sur les cupidités, l’appât du gain, l’appétit vorace d’une bande d’amis sortis presque tous du même moule et qui regardent ce pays comme un gigantesque gâteau à se partager.
La Côte d’Ivoire ne souffre pas de ses multiples ethnies, elle ne gémit pas de ses variétés linguistiques, elle n’étouffe pas du fait de ses multiples églises, mosquées, temples et autres lieux de cultes bossonistes. Elle ne peine pas sous le poids d’une immigration sauvage et incontrôlée.
Non, rien de tout cela…

La Côte d’Ivoire est malade des ambitions démesurées, de l’orgueil incommensurable, et du refus des Ivoiriens de se regarder comme de pauvres et simples Mortels, qui ont eu la chance de naitre sur une terre immensément riche, une bénédiction taillée au cœur de l’Afrique de l’ouest.

Le Syndrome du dernier des Mohicans

Cette crise postélectorale étale au vu et au su du monde entier, notre incapacité à puiser au fond de nous les ressources nécessaires pour surmonter un simple contentieux électoral, comme on en voit partout où il y a des élections.
En réalité, pour nous autres profanes, cette crise est un prétexte pour en découdre entre bandes rivales qui, par le jeu d’alliances plus ou moins stratégiques et pour des enjeux essentiellement alimentaires furent tantôt des amis, tantôt des adversaires.

Aujourd’hui, l’immense majorité des Ivoiriens et des habitants de ce pays se trouve otages de politiciens qui, tout recensement fait, ne saurait représenter le dixième; le centième, voire le millième des 20 millions d’individus vivant en Côte d’Ivoire.
Combien sont-ils nos concitoyens qui n’ont absolument rien à cirer de la politique, qui n’ont pas participé au vote de ce fameux dimanche du 28 novembre et qui font les frais d’un aveuglement meurtrier?
Et après tout cela, à qui demanderons-nous de se rendre aux urnes pour les futures échéances électorales?
Quand on sait le prix à payer désormais pour un bulletin mis dans l’urne, peu pour nous et merci bien!

A suivre…