Gbagbo et Ouattara : entre cancer et sida, que choisir ?

Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraVoilà bientôt trois mois que les Ivoiriens sont pris en otages dans une lutte féroce et sans pitié entre deux hommes politiques, dont les ambitions et les égos n’ont [d’égaux] que leur inconséquence et le manque de considération qu’ils portent tous les deux à leur pays et à leurs concitoyens.

Le dilemme Gbagbo Laurent ou Alassane Ouattara posé aux Ivoiriens est semblable à mettre [une personne] devant une situation où [elle serait] appelé à faire un choix entre le cancer et le sida. Comme on peut le voir, dans pareille [situation] le choix est tout sauf facile à faire.

Gbagbo Laurent ou Alassane Ouattara, choisir entre le cancer et le sida: pourquoi ?

Dans la situation actuelle de crise politique que vit la Côte d’Ivoire, Monsieur Gbagbo Laurent peut être assimilé à un cancer et Monsieur Alassane Ouattara au sida. Ceci pour plusieurs raisons que nous allons essayer d’expliquer et développer ici.

Laurent Gbagbo, le cancer

Longtemps opposant emblématique du régime du premier président de la Côte d’Ivoire, Monsieur Laurent Gbagbo va être, [de] 1970 à 1990, le symbole de la lutte pour le pluralisme politique dans son pays. Les idées de Monsieur Gbagbo, comme des cellules, vont se développer au sein du corps politique ivoirien et aboutir au début des années 1990 à l’instauration du multipartisme en Côte d’Ivoire.

Cependant, cette grande mutation dans la société ivoirienne va provoquer une gangrène avec la mort en décembre 1993 d’[Houphouët-Boigny]. Dans ce décor Monsieur Gbagbo va se révéler expert dans l’art des alliances politiques contre-nature et déstabilisantes pour toute personne pourvue de bon sens. Partant de l’alliance Gbagbo-Ouattara, où le socialisme du FPI s’allie à l’ultra libéralisme à la sauce [Bretton-Woods] du RDR, pour combattre le concept nauséabond d’ivoirité, sorti des fosses sceptiques de Monsieur [Henri Konan] Bédié, en passant par l’alliance avec le défunt Général [Robert] Guéi, dans une logique pro-putschiste teintée d’ivoirité pour écarter Ouattara et Bédié, jusqu’à son accession à la magistrature suprême en 2000 dans des “conditions calamiteuses” (comme il le dira lui-même), Monsieur Gbagbo va largement manœuvrer pour mériter son surnom de “Boulanger d’Abidjan”.

Fidèle à la maxime de [Machiavel, adoubée par Sartre] selon laquelle “la fin justifie les moyens”, en véritable virtuose de la politique, Laurent Gbagbo, semblable à une cellule cancéreuse, va rouler tout le corps politique ivoirien dans la farine, contaminant au passage toute les cellules saines. Conséquence de ces pratiques politiques peu recommandables de Monsieur Gbagbo: la Côte d’Ivoire est atteinte d’un cancer généralisé. Tout son corps politique a développé des métastases, qui font aujourd’hui le lit de la cristallisation politique due à la rupture du contrat de confiance dont les manquements de Monsieur Gbagbo sont la cause. Aujourd’hui, les hommes politiques ivoiriens ne peuvent et ne veulent plus s’asseoir à la même table de négociation que Monsieur Gbagbo, car la confiance a disparu.

Dans l’application de la maxime [machiavélique devenue sartrienne], Monsieur Laurent Gbagbo a cependant oublié la version d’Albert Camus à savoir : [« La fin justifie les moyens? Cela est possible. Mais qui justifie la fin? »]. Poursuivant sa logique, Monsieur Gbagbo prétextant le principe du “gagnant-gagnant dans les affaires” va offrir sur un [plateau d’or] les pans les plus importants de l’économie ivoirienne aux multinationales françaises, à l’heure où les états africains, dans leur grande majorité, diversifient de partenaires économiques en faisant jouer la concurrence. Sans doute espérait-il rentrer dans les bonnes grâces des autorités politiques françaises, avec lesquelles il est en conflit. Sur ce point, l’apôtre du panafricanisme et de l’indépendance réelle et effective des pays africains qu’il prétend être, va se fourvoyer grossièrement. Car en bon historien, il oubliera que les états n’ont pas d’amis, mais que des intérêts. Ainsi, le discours nationaliste qu’il tient aujourd’hui n’a guère de cohérence, ni de consistance. Au contraire il exacerbe la prolifération du cancer qu’il est dans le corps ivoire.

Pendant dix ans, Monsieur Gbagbo a présidé au destinée de la Côte d’Ivoire (…) en conflit. Mais, à aucun moment il ne lui est venu à l’esprit de remettre en cause les accords iniques [de copération économique contenus dans le pacte colonial] entre la France et la Côte d’Ivoire. A aucun moment, Monsieur Gbagbo n’a œuvré pour la diversification des partenaires économiques de la Côte d’ivoire. Il s’est plutôt complu dans des connivences sans lendemains avec des hommes politiques français comme Jack Lang et à la première salve de la communauté internationale, a fait appel à des ténors du barreau français, vieux briscards retraités de la Françafrique, que sont Messieurs Dumas et Vergès. Où est la cohérence du nationalo-panafricanisme Gbagboén? Sur Gbagbo, on peut beaucoup dire. Cependant, passons à l’autre maladie dont souffre la Côte d’Ivoire.

Alassane Ouattara, le sida

Né sur la scène politique ivoirienne d’une relation incestueuse entre feu Houphouët[-Boigny] et les organisations de Bretton-Woods, Alassane Ouattara, comme un virus, va s’insinuer dans le corps politique ivoirien.

Au départ porteuse-saine, la Côte d’Ivoire ne va pas se rendre compte de l’innocuité de sa nouvelle trouvaille. Encensé et auréolé pas des pseudo-succès dans l’application de la politique d’assainissement et de redressement de l’économie ivoirienne au prix de douloureuses coupes sociales, Monsieur Ouattara va gagner en confiance. Aidé à cela par l’état de santé du Vieux qui est au bord de la fermeture de la parenthèse, Alassane Ouattara va manifester ce gain de confiance à la mort d’Houphouët-[Boigny], à travers une tentative de hold-up constitutionnel certainement apprise à Bretton-Woods et dont lui seul a le talent. Le système immunitaire du corps ivoire marqué par le principe de paix hérité d’Houphouët[-Boigny] va être dès lors mis à mal. Ainsi de porteur sain, la Côte d’Ivoire va devenir séropositive. Or en guise de trithérapie, au lieu de l’AZT, la Côte d’Ivoire recevra de l’ABG (Alassane Bédié Gbagbo) avec tous les effets dévastateurs que l’on connaît aujourd’hui. Car le virus étant présent dans le médicament, quel traitement peut-on espérer ?

Ainsi, le virus Ouattara va contaminer tout le corps ivoire faisant apparaître et renaître la fracture ethnico-religieuse que le pacte [entre] Houphouët[-Boigny et] Gon Coulibaly avait réussi à dissimuler, au début des années 1950, pour [conserver] la paix, le vivre-ensemble et le bien-être des Ivoiriens. Résultat des courses, la Côte d’Ivoire est aujourd’hui divisée entre un Nord majoritairement Dioula [ou Malinké] et musulman et un Sud [majoritairement] Akan-Krou [et] chrétien, qui se regardent en chiens de faïence. La fameuse phrase de Ouattara : “Monsieur Bédié ne veut pas que je sois candidat, parce que je suis du Nord et musulman” sera la deuxième phase d’infection du virus. Conséquence, le coup d’état de [décembre] 1999 sera le fait de militaires en majorité originaires du Nord et musulman (Koné Zacharias, Ibrahim Coulibaly, Chérif Ousmane, etc…).

La séropositivité ivoirienne ira de complication en complication du fait du virus, qui va encore se manifester à plusieurs reprises avec [plusieurs] phases d’infections, jusqu’à l’état quasi-comateux dans lequel se trouve le corps ivoire aujourd’hui.

Monsieur Ouattara en comparaison avec son alter égo Laurent Gbagbo, utilise plutôt le “diviser pour régner” comme stratégie politique pour arriver à ses fins. Or, il ne suffit pas de diviser; encore faut-il régner! Là réside la véritable difficulté de Monsieur Ouattara à gravir la dernière marche vers le pouvoir. Car après avoir, à la manière du VIH, perturbé le système immunitaire du corps ivoire, en œuvrant pour sa division, Monsieur Ouattara est aujourd’hui face à deux types d’Ivoiriens : des inconditionnels Ouattara et des irréductibles anti-Ouattara qui représentent pour chacun 50% de la population ivoirienne. Comment donc régner dans de telles conditions ?

[Aussi] entre les deux maladies, je refuse de choisir. [Je crois que] la solution à cette double pathologie dont souffre la Côte d’Ivoire est dans un traitement capable de soigner les maux dont Ouattara et Gbagbo sont la cause. Cette personne, ou si l’on veut, ce traitement s’appelle Monsieur Mamadou Koulibaly.

Le traitement Mamadou Koulibaly

Monsieur Mamadou Koulibaly a le mérite et l’avantage d’être du FPI de Gbagbo et Musulman du Nord de la Côte d’Ivoire. Appliquer le médicament Koulibaly au corps d’ivoire présente plusieurs avantages du fait de ses principes actifs multiples.

Premièrement: Monsieur Koulibaly bien [qu’étant 2è Vice-Président du] FPI, a toujours été contre la politique de l’enfarinage, marque de fabrique du Gbagboisme. Ce qui explique son départ fracassant du sommet de Marcoussis [en 2002], le rejet des accords de dupes de Ouagadougou [en 2007], la dénonciation des dérives des réformateurs ivoiriens proches de Gbagbo [en 2008], le rejet des accords léonins [entre la] France [et la] Côte d’Ivoire et la dénonciation du Franc CFA. Pour ces raisons, le médicament Koulibaly peut servir de chimiothérapie au cancer Gbagbo.

Deuxièmement: Monsieur Koulibaly est musulman et [originaire du] Nord de la Côte d’Ivoire. En plus, Monsieur Koulibaly est un brillant économiste, [Professeur Agrégé Titulaire d’Economie, spécialiste de Fiscalité et de Monnaie] (…). Egalement, il représente une nouvelle génération d’hommes politiques différentes de la trithérapie ABG, qui ne s’est pas impliqué dans les conflits entre ces trois hommes politiques aux ambitions hypertrophiées et démesurées. Le médicament Koulibaly peut donc servir ici de thérapie nouvelle contre le sida Ouattara et refermer la brèche ethnico-religieuse ouverte par Ouattara, comme le firent en leur temps Houphouët[-Boigny] et le chef Gon Coulibaly.

[Monsieur Mamadou Koulibaly est donc la meilleure alternative à Gbagbo et Ouattara]. La sagesse pourra-t-elle remplacer l’intelligence en Côte d’Ivoire ? [L’avenir nous le dira].