Rwanda et Congo : quand BBC diffuse (enfin !) la vérité sur Paul Kagame

Qui est Paul Kagame ?

Selon l’information mainstream, la diplomatie occidentale, le cinéma hollywoodien (ex: Hôtel Rwanda) ou encore l’intelligentsia anglo-saxonne de référence (ex: le Prix Nobel américain Elie Wiesel), l’homme fort du Rwanda est le sauveur Tutsi qui, en 1994, a su contenir la terreur Hutu et mettre fin à une guerre meurtrière d’un million de ses compatriotes.

Cette version de l’histoire rwandaise, particulièrement vulgarisée dans le monde anglophone, est également la version la plus connue dans les pays d’Afrique dite francophone, où le rôle joué par l’État français dans les crises sociopolitiques des ex-colonies (?) telles que la Côte d’Ivoire laisse parfois croire aux “patriotes” africains qu’un leader noir, assez courageux pour dénoncer les manigances tropicales françaises – Kagame accuse depuis toujours la France d’être le vrai responsable du génocide – ne peut être qu’un “digne fils d’Afrique”.

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Qu’est-ce qui divise l’Amérique noire ?

Les funérailles de l’adolescent afro-américain Mike Brown la semaine dernière ont marqué une nouvelle étape dans le mouvement naissant contre la brutalité policière et le profilage racial aux États-Unis. Les parents de Mike Brown ont tenu à l’organisation de funérailles publiques qui ont attiré des milliers de gens ordinaires provenant de tout le pays, ce qui a permis d’assurer la poursuite de cette lutte, plutôt que de sonner sa fin.

En effet, dans les semaines qui ont suivi la mort de Brown, il y a eu une prise de conscience nationale quant à la terrible régularité de la brutalité et du harcèlement policier qui imprègnent la vie de presque tous les Noirs à travers le pays. La persistance de la rébellion de Ferguson telle qu’elle s’est développée au cours des dernières semaines a ramené à la surface des discussions franches sur le racisme, les inégalités et sur le rôle de la police dans ce tout.

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Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d’Ivoire

Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d'IvoireLe lynchage médiatique de la Côte d’Ivoire exécuté pendant plus d’une décennie par le système médiatique français est un succès. L’opinion publique internationale, robotisée et culturellement prédisposée à s’enivrer des mensonges de ses dirigeants, est rapidement gagnée. Dans le même temps, l’histoire sociopolitique d’un pays pauvre très endetté d’Afrique subsaharienne est méticuleusement réécrite avec un souhait : que les Ivoiriens plient l’échine et acquiescent.

Cet ouvrage sans faux-fuyants explique la géostratégie racialiste qui se tient derrière l’assaut des médias colons et dévoile l’hypocrisie du mondialisme avare, prédateur et appauvrissant qui le sous-tend. Le jeu trouble des acteurs politiques ivoiriens se dévoile lui aussi nettement. Seules alternatives : une prise de conscience individuelle et collective et un plan de riposte concret jusqu’à la rupture totale avec l’ordre dominant.

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Université de Côte d’Ivoire : réhabiliter le maître et l’élève

Étudiants à l'Université d'AbidjanDans quel nouveau cadre du point de vue comportemental, les étudiants doivent-ils évoluer pour mériter le savoir de leurs maîtres ?

L’espoir qu’a suscité le vent de la démocratie en Afrique dans les années 90, a duré le temps d’une étincelle avec un syndicalisme révolutionnaire dans nos universités qui a négativement déteint sur le comportement des étudiants. Ce vent s’est vite transformé en ouragan avec une série de violence inouïe qui a bouleversé le rapport de valeur à l’Université.

En Cote d’Ivoire, on a pu assister a des scènes surréalistes : des enseignants ont été violentés, agressés, traînés à même le sol par des étudiants au nom du ‘‘droit’’ à la démocratie. Pour comprendre ces dérives regrettables, il convient peut être d’analyser le statut adopté par les associations d’étudiants : “le syndicat”.

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Université d’Abidjan : du baraquement provisoire au monument ?

Université FHB d'Abidjan - Photo du haut : entrée principale de l'université - Photo du bas : façade de la présidence de l’université en train d'être réhabilitéeAu-delà des considérations partisanes, il faut constater en toute objectivité que l’Université Félix Houphouët-Boigny (ex Université de Cocody), à l’image des autres universités, a une belle apparence après sa réhabilitation.

L’Université de Côte d’Ivoire qui était un monument à sa création est devenu un baraquement provisoire depuis les années 90. En effet, depuis deux décennies, un baraquement provisoire qui servait de système académique ne permettait ni aux étudiants ni aux enseignants de maximiser leurs compétences :  aucune programmation rigoureuse, des amphithéâtres touffus, les travaux dirigés (TD) étaient devenus des cours magistraux, les années académiques duraient au moins 17 mois au lieu de 9 mois et les années invalidées de fait étaient devenues une institution par défaut. Résultats de ce désordre organisé : formation au rabais, diplômes dévalués, clochardisation intellectuelle, vision misérabiliste de l’étudiant.

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Les aventures d’Obama en Afrique

Barack Obama en AfriqueUn récent rapport des Nations Unies montre que les vols de drones militaires américains au-dessus de la Somalie sont désormais suffisamment fréquents pour mettre en danger le trafic aérien local. Appelant l’Afrique « la nouvelle frontière en termes de lutte contre le terrorisme et de lutte contre le trafic de stupéfiants », la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine a commencé à entraîner des équipes paramilitaires chargées de lutter contre le trafic de drogue au Ghana, et prévoit d’élargir le programme au Nigéria et au Kenya.

Dans le même temps, le gouvernement Obama envisage une intervention au Mali, en Afrique de l’Ouest, où des rebelles islamistes inspirés par Al-Qaïda ont saisi des territoires dans le nord du pays. Ces insurgés sont « une menace imminente » selon un représentant du Pentagone, et « toutes les options sont à considérer ».

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Hollande, Ouattara et l’ivoiro-réalisme

Alassane Ouattara et François Hollande. Manifestations populaires contre la visite de Ouattara en France (juillet 2012, Paris).La récente visite officielle de Alassane Ouattara en France a été l’objet de réactions d’indignation de toutes sortes, émanant aussi bien d’individus, de groupements politiques “panafricains” que d’associations françaises qui, apparemment, espéraient beaucoup du « changement maintenant » promis par Hollande durant sa campagne présidentielle.

Sauf qu’en ce qui concerne le dossier ivoirien, le « changement » en question – c’est-à-dire, une vision et un exercice politiques radicalement distincts du modèle Sarkozy – n’a pas (encore ?) eu lieu. Ouattara a bel et bien été accueilli par le Président français avec les honneurs dûs au rang que François Hollande lui reconnait. Et hormis les déductions floues, distillées ci et là par ceux qui tentent de rapporter une “mise à pieds” de Ouattara par Hollande, rien d’autre que la version officielle faisant foi de « bonnes relations avec un pays ami » n’a filtré de ce tête-à-tête.

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Médias et information : il est temps de tourner la page

« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » – David Bohm, 1977

Presse, médiasPréambule

Si un boucher nous empoisonnait en nous vendant de la viande avariée, les consommateurs que nous sommes n’accepteraient jamais l’idée que « les choses sont comme ça » et qu’il ne nous resterait plus qu’à trouver un autre fournisseur. Mais lorsqu’une journaliste du New York Times ment sciemment sur les armes de destruction massive en Irak – et participe à l’extermination d’un million et demi d’Irakiens innocents – elle se voit simplement “remerciée” et l’affaire est classée dans le casier “déontologie”. Ici, l’impunité est quasi-totale et même revendiquée par la profession journalistique au nom d’une “liberté” qu’elle se garde bien de définir avec précision.

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Areva en Afrique ou la loi de la jungle

ArevaPrésent dans une centaine de pays, Areva dispose de la maîtrise de l’ensemble de la chaîne du nucléaire : exploitation de l’uranium, enrichissement et retraitement, ingénierie, fabrication de réacteurs et de systèmes de contrôle, maintenance. Ce « fleuron de l’industrie française » naissait le 3 septembre 2001, de la fusion de deux acteurs majeurs du secteur de l’énergie nucléaire : la Cogema (Compagnie générale des matières nucléaires) à laquelle le Commissariat à l’énergie atomique transférait en 1976 ses activités d’exploitation minière et d’enrichissement de l’uranium ; le second, Framatome, spécialisé depuis 1958 dans la fabrication de chaudières pour centrales nucléaires. Tout est en place pour la poursuite de l’exploitation de l’uranium, avec le soutien de l’Etat français et l’appui des réseaux de la Françafrique aux méthodes bien huilées.

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Université d’Abidjan : la corruption et la chienlit ont la peau dure

L'université de Cocody à AbidjanDepuis la fermeture de l’université de Cocody et la délocalisation de son service “scolarité” au CIRES [Centre ivoirien de recherches économiques et sociales, sis à Abidjan, Cocody, route de l’Hôtel Ivoire ; ndlr], une chienlit qui ne dit son nom s’y est installée, alors que les étudiants croyaient en avoir fini avec les vieux démons du service “scolarité” de “l’ancienne” université. Ainsi pour avoir recours aux différents services de la dite scolarité, l’étudiant doit être prêt à un véritable parcours du combattant. Enquête.

Corruption à ciel ouvert : payer pour se faire établir un relevé de notes et une attestation

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+ d’Afrique : quand le ridicule tue

+ d'AfriqueUne fois par semaine, grâce à Canal + Horizons, l’Afrique “francophone” se retrouve nez à nez avec un des nombreux prétendants à son homicide culturel : + d’Afrique« le talk-show 100 % africain » de la chaîne cryptée française.

Robert Brazza, son célèbre animateur Congolais, doit probablement “se faire sa p’tite tune” et vivre plus que décemment des fruits de son labeur. Bravo ! Après tout, un nègre de grand talent, point au chômage en ces temps difficiles pour les pays africains, n’est que sujet de réjouissance. Mais à quel prix ?

+ d’Afrique, aussi bien dans le style que dans le contenu, n’est qu’une forme “évoluée” – moins cruelle, mais non moins caricaturale – des “minstrel shows” américains très populaires dans l’Amérique ségrégationniste – et même au-delà –, dont le réalisateur Spike Lee se fait l’écho dans son film culte Bamboozled. Leur particularité ? Les “minstrel shows” célébraient – = singeaient de la façon la plus grotesque et méprisable qui soit – le quotidien noir-américain au grand ravissement des (télé)spectateurs Blancs.

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Cyberguerre : enquête sur un étrange virus espion d’État

Cyber-agression viraleDébut mai 2012, l’Union internationale des télécommunications (UIT), une agence des Nations Unies basée à Genève, reçoit un appel à l’aide de plusieurs États du Moyen-Orient. Des installations pétrolières stratégiques sont victimes d’une attaque dévastatrice : des milliers de données stockées sur leurs ordinateurs disparaissent soudainement. Que s’est-il vraiment passé? Enquête sur un étrange virus espion d’Etat qui a fait trembler la planète.

Aussitôt, les experts du monde entier croient deviner que l’affaire est un nouvel épisode de la mystérieuse cyberguerre menée contre l’Iran par des pirates inconnus. Déjà, en 2010, un virus de conception inédite, baptisé “Stuxnet“, s’était introduit dans les ordinateurs contrôlant les centrifugeuses de l’usine d’enrichissement d’uranium iranienne de Natanz, et avait réussi à les saboter. Le virus provoqua même des explosions, une première mondiale dans l’histoire du piratage informatique. Puis, à l’automne 2011, les Iraniens avaient trouvé dans leurs réseaux informatiques un virus espion, baptisé “Duqu“, conçu pour voler des informations sensibles. Ces agressions n’étaient pas revendiquées, mais, selon les experts, seul un État pouvait mobiliser les moyens humains et financiers nécessaires pour créer des programmes aussi complexes et innovants. Les soupçons s’étaient portés sur les États-Unis, Israël ou les deux.

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Afrique, CPI : une autre voie…

Mme Bensouda de la CPIPrévue initialement le 18 juin 2012 à La Haye, l’audience de confirmation des charges pesant sur l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, écarté du pouvoir avec la bénédiction de l’ONU par la France de Nicolas Sarkozy, coordonnant une coalition hétéroclite de politiciens locaux de réputation douteuse et de coupeurs de routes meurtriers, ironiquement baptisés FRCI, se tiendra donc le 13 août [2012] prochain.

Noyée dans le flot continu de la désinformation annonçant une énième guerre impérialiste menée cette fois contre la Syrie, l’actualité judiciaire internationale en provenance des Pays-Bas sera traitée selon la traditionnelle grille de lecture libérant la parole mensongère, adoptée par les médias occidentaux, permettant une réécriture permanente de l’histoire et l’imposition d’un cadre idéologique, défavorable par essence, aux intérêts des peuples dit faibles. À ce titre il convient de poser un autre point de vue, le nôtre, militant avec détermination pour une approche rééquilibrant des rapports de force Nord/Sud iniques et amoraux.

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Côte d’Ivoire, PPTE : entre illusions et arnaque

PPTEDepuis l’annonce de l’atteinte par la Côte d’Ivoire du point achèvement de l’initiative PPTE (pays pauvre très endetté), le constat est que de nombreuses interrogations se présentent. Beaucoup d’Ivoiriens ne comprennent pas ce que représente ce programme PPTE et ce qu’il implique concrètement pour leur pays et pour eux-mêmes.

Le PPTE est-il une annulation de la dette ?

Non. C’est vrai que la communication gouvernementale officielle le laisse penser. Mais c’est un abus de langage. Selon le FMI, notre “annulation de dette” porte sur un total de 7,7 milliards de dollars, dont 3,1 milliards pour le PPTE au sens strict du terme, 1,3 milliards pour les agences multilatérales liées au FMI, à la Banque Mondiale et à la BAD et enfin 3,3 milliards pour des États créanciers dits du Club de Paris. Alors peut-on penser sérieusement que ces créanciers vont faire cadeaux d’autant d’argent à la Côte d’Ivoire ? Surement pas surtout en période de crise.

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La trahison des clercs… ivoiriens : de l’excessive politisation des intellectuels de Côte d’Ivoire

Mamadou KoulibalyEn 1927, dans son classique La trahison des clercs, le philosophe français Julien Benda sonnait une alarme des plus retentissantes à l’endroit des intellectuels français. Il les exhortait à se défaire de leurs passions politiciennes, afin de mener à bien leur mission critique et la mettre au service de la société.

Le chef-d’œuvre de Benda pourrait servir à tous les intellectuels de langue française, notamment les intellectuels ivoiriens [1]. En effet, le constat de la conversion massive des élites intellectuelles ivoiriennes en responsables politiques est un des plus déplaisants pour ces quelques personnes qui espèrent encore un contre-pouvoir apolitique citoyen.

Cette reconversion n’est pas récente. Après 1960, le contexte postcolonial requérait de doter le pays en cadres nationaux capables de prendre le relais de l’administration française, notamment dans le domaine de l’éducation. La vision de Houphouët-Boigny était de prioriser la formation des élites en les envoyant dans l’Hexagone, afin qu’elles renforcent leurs capacités déjà acquises à la jeune université d’Abidjan.

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Africains, ouvrons les yeux !

Sortir du colonialismeIl nous fallait attendre que l’allégresse suscitée par la défaite de Nicolas Sarkozy soit dissipée, que les déceptions des nominations gouvernementales soient digérées, pour aborder avec sérénité le cadre dialectique sous-tendant la réflexion politique de la communauté noire en France et de sa parente d’Afrique francophone. (1)

C’est avec une affliction toute particulière que nous avons noté la tonalité des éditoriaux, le sens profond relevant des discours tenus par les intellectuels franco-africains et africains, quant aux répercussions de l’élection présidentielle française sur les destinées africaines.

Aux suppliques empruntées au cadre discursif colonial, entérinant, implicitement ou explicitement, une relation de maître à domestique, se sont accolées des analyses socio-politiques insuffisantes au regard de l’impérieux désir d’émancipation des ex-colonies francophones. Cette absence de perspicacité aurait pu prêter à sourire si elle n’avait été le référent exclusif d’une logorrhée dégradante, aporétique et velléitaire.

Quelques questions

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Côte d’Ivoire : pays pauvre très (très très) endetté – PPTE

PPTELe 30 juin 2012, comme prévu, la Côte d’Ivoire entrera dans le club très fermé des pays pauvres près endettés (PPTE), “accréditation” accordée par la Banque mondiale et le Fond monétaire international (FMI). Ce statut offre au pays de nouvelles perspectives, mais il est également source d’inquiétudes.

Plus de dix ans. Oui, plus de dix années de troubles et d’instabilité politique ont entraîné la Côte d’Ivoire dans une situation économique et sociale désastreuse. Une dette équivalant à 93,3% du produit intérieur brut (PIB). Le 170e rang en termes d’indicateur de développement humain (IDH), sur 187 pays listés. Sans compter la crise postélectorale et la guerre civile qui ont provoqué une récession de 5,8% du PIB en 2011.

Cette situation a très certainement accéléré l’entrée du pays dans le “club” des pays pauvres très endettés (PPTE). En réalité, depuis 2009, la Côte d’Ivoire a enclenché ce que l’on appelle le “point de décision”, à savoir la candidature officielle pour faire partie des PPTE. Le 30 juin, c’est le “point d’achèvement” qu’elle finalisera pour faire officiellement parti des PPTE.

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USA : où en est le rêve noir-américain ?

« Mon but n’est pas de fournir des excuses au comportement des Noirs ou d’absoudre les Noirs de leurs responsabilités personnelles […] » – Cornel West

De gauche à droite à partir du haut : Herman Wallace, Albert Woodfox, Robert King, Trayvon Martin, Sean Bell, Kenneth Chamberlain, Mumia Abu-Jamal, Amadou Diallo, Kathryn Johnston« […] Cependant, quand les nouveaux conservateurs Noirs mettent l’accent sur l’attitude et la responsabilité des Noirs, de telle manière que les réalités culturelles des peuples Noirs sont ignorées, ils s’amusent à un jeu intellectuel trompeur et dangereux avec les vies et les fortunes des personnes défavorisées. Nous devons effectivement critiquer et condamner les actes immoraux des populations noires, mais nous devons le faire en tenant compte des circonstances dans lesquelles les individus naissent et dans lesquelles ils vivent. En ignorant ces circonstances, les nouveaux conservateurs Noirs tombent dans le piège de blâmer les pauvres Noirs quant à leur situation. Il est impératif de faire une distinction entre le Scylla du déterminisme environnemental et le Charybde de l’attitude qui consiste à uniquement blâmer les victimes. » (Cornel West, Race Matters, 1994).

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Lâches Africains !

Lâches Africains !Tant que les Africains continueront de faire de la lâcheté leur trait de caractère distinctif, absolument rien n’empêchera la triste prolifération des coups d’État militaires qui s’enchaînent depuis plus de cinq décennies dans leurs pays.

Arrêtez là si vous pensez que les politiques seront l’objet principal de ce pamphlet : nous nous adressons à vous tous, Africains d’origine, de sang ou d’intérêts, qui prétendez vous offusquer des récents coups d’État militaires au Mali et en Guinée-Bissau, comme si ces renversements étaient descendus de nulle part, ébranlant les capitales africaines avec une puissance séismique que l’être humain ne peut contrôler.

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Gbagbo : question d’objectivité

Laurent GbagboLe discours pro-Ouattara sur la crise ivoirienne n’a pas varié d’une demi-mesure un an après le sombre 11 avril 2011. Adoubé du soutien toujours aussi solide de la grande presse internationale – qui ne juge pas nécessaire de se poser une ou deux questions quant à la dizaine d’années de coups fourrés et de crimes en tous genres soutenus silencieusement par l’Élysée – Alassane Ouattara, justifications saugrenues après justifications saugrenues, continue de se faire broder une tunique de sauveur qui n’a de sérieux que la détermination de ses communicants à vouloir à tout prix l’imposer.

Il faut reconnaitre que le projet rocambolesque fonctionne encore assez bien. Si certains Africains ont pris conscience de l’évidente manipulation qui a justifié un engagement militaire malsain afin de résoudre un simple contentieux électoral, en Europe et en Amérique, l’opinion publique reste grosso modo la même : soit elle ignore tout du sujet, soit elle estime que la Côte d’Ivoire a vécu des moments douloureux en 2011 par la faute d’un néo-führer barbare, illégalement accroché à son pouvoir et décidé, coûte que coûte, à engager son pays dans une guerre civile.

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La fatalité du service client en Côte d’Ivoire

MTN, SGBCI, Orange, Moov et CIEQuestion pour un client ivoirien : quel est le point commun entre votre banque, votre opérateur mobile, votre mairie et votre clinique préférée ?

Fastoche : le service client ! Ou plutôt l’anti-service, le non-service, le contre-service client, c’est-à-dire, cette disposition que l’on croirait supra-humaine tant elle est antipathique à tous ceux qui sont censés l’exercer.

Cas d’école : avez-vous déjà essayé d’expliquer à un conseiller client de MTN ou de Orange que votre WiBox/LiveBox s’est arrêtée de fonctionner au beau milieu d’un téléchargement, que votre réseau est subitement devenu défaillant et que le débit qui vous a été garanti et facturé comptant est inexplicablement lent ? Non ? Eh bien, si vous décidez de contacter le serveur vocal mis à votre disposition et que vous avez la patience, vingt minutes plus tard, de continuer à attendre “quelques instants”, votre appel sera éventuellement transmis à un spécialiste de l’après-vente basé… à Dakar… ou ailleurs, bien loin de la Côte d’Ivoire ! Qui vous proposera bien gentiment “qu’on vous rappelle”, mais qui ne vous dira jamais quand. C’est que, le pauvre, il ne le sait pas vraiment. Avec un peu de chance, on vous contactera trois à cinq jours plus tard, après que vous ayez vous-mêmes choisi de contacter l’amie d’un ami qui connaît une amie chez MTN ou Orange. Ou alors, solution anti-exaspération (?) : rendez-vous en agence !

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Crise ivoirienne : conflit politico-spirituel ?

Charles Konan Banny, Nicolas Sarkozy, Alassane Ouattara et Laurent GbagboLe lancement d’une « période de deuil et de purification nationale » décidée par la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) dirigée par Charles Konan Banny vient remettre au centre du débat national l’aspect le plus inconfortable pour les observateurs et critiques se targuant d’objectivité : la spiritualité.

D’entrée, la question mérite d’être posée : y a-t-il une question spirituelle qu’il faut discuter, au sujet de la crise ivoirienne ? Y a-t-il une place, dans le débat intellectuel, pour un argument objectif qui ne cloue pas au pilori tout ce qui semble relever de l’abstrait ?

Il est vrai que, traditionnellement, une critique s’exerce sur la base de faits tangibles. Les causes sont étudiées, les conséquences observées et les relations qui les unissent sont présentées : c’est ce qu’on appelle mener un raisonnement cartésien. Toute approche qui insère des données intangibles dans l’équation intellectuelle est généralement, soit ignorée, soit méprisée, soit reléguée au niveau des “faux problèmes” chers aux “illettrés”, c’est-à-dire ceux qui, déprimés du quotidien, s’abandonnent volontairement à tous les “secours” ésotériques à leur portée. Ainsi, la pensée agnostique, se définissant elle-même comme étant “objective”, est généralement celle qui domine : après tout, il est plus facile d’ignorer l’invisible que de l’argumenter sans preuves palpables.

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“Le nouvel ordre ivoirien”, par Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN par Jean-David N'Da« Replacer la crise postélectorale ivoirienne dans son contexte africain et mondial, au-delà de la confrontation entre deux hommes à laquelle l’ont réduit certaines appréciations. »

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN, de Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan mardi 24 janvier 2012.
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Lisez et faites lire LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN.

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Alassane Ouattara et l’enjeu des terres arables en Côte d’Ivoire

Alassane Ouattara et George SorosL’enlisement de la crise ivoirienne, dans un contexte de fracture sociopolitique abyssale, a fermé les yeux de la majorité de la population aux vrais enjeux qui se précisent dans ce pays phare d’Afrique de l’Ouest.

Un de ces enjeux, l’accaparement des terres arables, est bien loin de nourrir les débats politiques continuellement personnalisés dont sont friands les Ivoiriens. Pourtant, parmi les causes de la guerre menée par la France en Côte d’Ivoire pour installer Alassane Ouattara à la tête du pays, l’accaparement des terres arables occupe une position centrale. Non seulement ses conséquences risquent d’être plus dommageables qu’une éventuelle dévaluation du franc CFA, mais de façon pratique, si le projet aboutit, il dépossèdera les Ivoiriens du bien le plus précieux qu’ils possédaient jusqu’ici : leur terre.

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Plumes d’or

Plume d'orPlumes d’or aux 10 essais politiques (sur les 350 publiés sur notre plateforme) qui nous ont le plus séduits en 2011. Nous les commentons ici, par ordre chronologique, en excluant les nôtres afin que, pour une fois, charité bien ordonnée commence par autrui.

La folie d’une guerre sans gloire : à Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan BédiéWayourou Zadi-Pauyo (25 février 2011)

2011 retiendra que certains Ivoiriens ont essayé de prévenir les dégâts d’une guerre en Côte d’Ivoire, en appelant les citoyens à prendre leurs responsabilités. Exemple : ce puissant texte de Wayourou Zadi-Pauyo, qui dès sa publication sur Pensées Noires, a causé un véritable déferlement d’argumentations (notables pour leur diversité, leur qualité et leur politesse, ce qui n’est jamais gagné d’avance) que vous ne lirez malheureusement plus, notre plateforme s’étant définitivement séparée des commentaires Facebook. Néanmoins, la passion avec laquelle l’auteur accuse chacun des trois “grands” responsables politiques ivoiriens appelait surtout le peuple à entreprendre ce qui aurait certainement été une vraie révolution : dépasser les clivages partisans, dégager le trinôme président et sauver la nation. A terme, le courage populaire aura fait défaut, mais ce coup de gueule reste le point d’ancrage littéraire de l’avant 11 avril : sincère, profond, critique et poétique tout en un.

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Ushahidi, Akendewa et l’implication citoyenne

Akendewa et UshahidiLa question sécuritaire ivoirienne est fortement préoccupante. Il y a quelques jours, le 24 novembre, le Ministère des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques a transmis un courrier électronique qui lisait : « Des cas de vols de voiture sur la route, d’incursion dans des logements avec vol et menaces sont régulièrement rapportés. A cet effet, le  Ministère de l’Intérieur de Côte d’Ivoire vient de mettre en place des contacts d’urgence pour signaler un abus, une violence, une agression : Téléphone : 100. Courriel : 100@interieur.gouv.ci. Merci de faire suivre ce message à vos contacts ».

Voilà qui est fait. Comme quoi, l’insécurité galopante ne peut plus être niée, même pour faire croire en un paradis abidjanais qui n’existe point. D’où vient-elle ? De la violence postélectorale promise aux pays d’Afrique francophone, tant que la France voudra s’infiltrer, “par amitié”, pour “l’aider”. Et, plus directement, d’une prison civile abidjanaise, qui s’est vidée en février/mars dernier, comme par enchantement, de ses six mille locataires. Et qui, malgré les promesses gouvernementales et la fameuse base de données de l’ONUCI, attend toujours de les retrouver.

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L’esprit néocolonisé

Thomas Sankara« La plus grande difficulté rencontrée est constituée par l’esprit de néocolonisé qu’il y a dans ce pays. Nous avons été colonisés par un pays, la France, qui nous a donné certaines habitudes. Et pour nous, réussir dans la vie, avoir le bonheur, c’est essayer de vivre comme en France, comme le plus riche des Français. Si bien que les transformations que nous voulons opérer rencontrent des obstacles, des freins. »

Si Thomas Sankara avait déjà compris, en 1984, les vrais enjeux qui s’imposent à l’Afrique francophone, un quart de siècle plus tard, ses propos valent tout leur pesant de coton burkinabè, tant les pays de la sous-région continuent de patauger bien loin des rives de l’émancipation.

Au Burkina Faso, mais aussi et surtout en Côte d’Ivoire, l’esprit néocolonisé qui anime les populations rend caduc chaque velléité d’affranchissement qui nait. Les dégâts sociopolitiques et économiques résultant du savoir-faire gaulois appelé Françafrique sont quasiment indénombrables : ce système carcéral est clairement le malheur des pays de la sous-région.

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Le mythe de l’Ivoirien paisible

Félix Houphouët-BoignyLa fin de cette année cruciale dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire s’annonce, comme prévue, sans qu’une réponse consensuelle ait été apportée à la question suivante : comment la Côte d’Ivoire est-elle tombée si bas ?

On connait les coupables officiels, selon que l’on s’abreuve du révisionnisme RHDP, du frontisme LMP ou tout simplement du bon sens. Ils s’appellent Onuci, France, Ouattara, Gbagbo et leurs subordonnées respectifs, et ils incluent également Obama, Bédié, Houphouët et même – pour certains – Koulibaly.

Cependant, outre l’irresponsabilité de la classe dirigeante dans son ensemble, qu’est-ce que la débâcle ivoirienne révèle des administrés de ce pays ? Qu’est-ce que cette crise permet de savoir de l’Ivoirien lambda, celui qui sait bavarder, insulter, mépriser et voter, généralement, par égard pour les convictions d’autrui ? Combien d’analyses s’intéressent-elles au rôle joué par le citoyen lui-même dans ce que la Côte d’Ivoire est devenue ?

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La mondialisation de la protestation

Occupy Wall StreetLe mouvement protestataire qui a débuté en Tunisie en janvier pour s’étendre par la suite à l’Égypte puis à l’Espagne est désormais un phénomène mondial, avec des manifestations qui prennent d’assaut Wall Street et plusieurs villes d’Amérique. La mondialisation et la technologie moderne permettent désormais aux mouvements sociaux de transcender les frontières aussi rapidement que les idées. Et la contestation sociale a trouvé un terrain fertile partout dans le monde: un sentiment que le “système” a échoué et la conviction que, même au sein d’une démocratie, le processus électoral n’arrangera pas les choses – du moins, en l’absence d’une forte pression de la part de la rue.

En mai, je me suis rendu sur les lieux des manifestations tunisiennes; en juillet, j’ai eu l’occasion de parler avec les “indignados” espagnols; je suis ensuite allé rencontrer les jeunes révolutionnaires égyptiens sur la place Tahrir au Caire; il y a quelques semaines enfin, j’ai discuté avec les contestataires d’Occupy Wall Street (OWS), à New York. Il existe un thème commun, exprimé par le mouvement OWS, et qui se résume en une phrase simple: « Nous représentons les 99% ».

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Menteurs “patriotes”, déguerpissez!

Alain Toussaint et Charles Blé GoudéGeorge Orwell ne croyait pas si bien dire quand il estimait au début du XXe siècle que « la politique, par sa nature même, implique violence et mensonge ». On peut en être sûr, la maxime ne vieillira pas de sitôt, à l’allure où va la politique politicienne ivoirienne, qui voit tous les camps mener leurs combats – les plus respectables ou les plus sots – par la voie royale de la propagande mensongère.

Relative au camp Ouattara, on ne s’en émeut plus vraiment. Mais que vaut, à l’opposé, l’attitude de la “galaxie patriotique”, cette nébuleuse qui a bradé la sacralité de son combat depuis belle lurette et s’est muée en un mouvement essentiellement constitué de mystificateurs bavards, couards et corrompus ? Au vu des méthodes les plus abjectes que certains de ses membres ont décidé d’emprunter, on se demande bien sur quelle base on devrait leur conférer, à eux, plus de respect qu’on ne donne aux barbouzes qui tiennent actuellement le pouvoir en otage.

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Politique ivoirienne : le plan B

Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan BédiéA l’embouchure des vociférations tumultueuses émanant des plus militaires des militants LMP et RHDP, s’inscrit en lettres capitales le besoin pour chacune de ces formations de s’interroger sur le seul point qu’elles se refusent : le Plan B.

Quel est le Plan B de la coalition de partis politiques qui forment le mouvement LMP ? Quel est le Plan B des tendances regroupées sous la bannière RHDP ? Quel est le Plan B des formations politiques ivoiriennes qui prétendent toutes conduire les Ivoiriens vers le meilleur que l’avenir leur réserve ? Et qui, pour se faire, investissent toutes leurs énergies dans le prolongement à l’infini de la carrière politique de leurs leaders du moment ?

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Etre un président africain est une malédiction

Jacques Chirac et Blaise CompaoréEtre un Chef d’Etat en Afrique, n’est point une sinécure, à moins d’être un homme sans coeur, un ectoplasme sans âme, une coquille décorative, une plante en plastique pour donner l’impression à un environnement misérable que tout n’est pas si mal dans un monde odieux!

Oui, être un dirigeant Africain est une malédiction. C’est pactiser avec le diable et ses cornes. C’est brader la joie de vivre de son peuple pour un plateau de feuilles de vignes desséchées! C’est tout, sauf une charge intéressante, un déshonneur pour le devenir de ceux qui porteront votre nom maudit pour des siècles! C’est tout, c’est rien, sauf à se satisfaire des voitures climatisées, de jolies maisons frigorifiques, tandis que croupissent dans la misère les quatre-vingt dix neuf pour cent du reste de la population. Etre un Président Africain est une mauditation; c’est accepter d’écraser les siens avec la bénédiction des autres; c’est être un caca-chien, un caca-poule et accepter la tête baissée, l’échine à ras terre d’être traité de dictateur, de spoliateur, d’être charrié et moqué par ceux-là même qui vous ont nommé à travers des élections truquées, des coups d’etats masqués en élection, des vrais fausses révolution à la libyenne. Finalement, être un chef Africain, c’est devenir ce que je ne souhaite pas à mes pires ennemis!

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L’émergence au galop

Alassane OuattaraFaut-il croire les dirigeants ivoiriens quand ils ambitionnent de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020 ? L’idée est séduisante et la communication encore plus alléchante mais, dans le fond, est-ce vraiment envisageable ? L’analyse suivante étudie la question en analysant les contraintes et les conditions de l’émergence.

Le terme “pays émergent” qualifie l’essor fulgurant des pays que l’on disait hier “en voie de développement” qui sont arrivés, dans un laps de temps relativement court, à poster des taux de croissance comparables à ceux des pays développés. Ces pays – notamment la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique, l’Indonésie, le Chili etc. – sont souvent cités comme étant ceux où les États ont réussi à engager des réformes structurelles efficaces qui ont résulté en une industrialisation notable de leurs économies et en l’accroissement qualitatif de leur niveau de vie.

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Côte d’Ivoire : pauvreté et responsabilités individuelles

Pauvreté en Côte d'IvoireLa Côte d’Ivoire court, depuis plusieurs années, derrière la reconnaissance internationale de son statut de pays pauvre très endetté, afin d’obtenir, dit-elle, les moyens de renouer avec la croissance et d’impulser son développement [1].

Si le qualificatif “très endetté”, qui figure clairement dans cette appellation, n’arrive toujours pas à convaincre les autorités politiques de l’incongruité du mécanisme de la dette publique auquel elles souscrivent, le terme “pauvre” ne semble pas non plus amener les gouvernants ou même les gouvernés à véritablement sonder les nouvelles réalités qui s’imposent à eux.

Qu’est-ce que la pauvreté en Côte d’Ivoire ?

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Abidjan : politiques de déguerpissement

Abidjan : politiques de déguerpissementEn Côte d’Ivoire, jamais une opération de lutte contre l’insalubrité publique n’aura été aussi controversée que celle lancée le 29 juillet 2011 par le gouvernement Ouattara. En effet, « Abidjan ville propre » est l’occasion de vives polémiques, de palabres et de règlements de compte entre personnes physiques et morales qui, pourtant, partagent un seul et même objectif : vivre décemment.

Quels sont donc les arguments en opposition et quels sont les vrais enjeux de la question ?

Le premier argument se veut pratique. Il justifie l’opération par la nécessité de solutionner, définitivement, un problème d’hygiène environnementale qui n’a que trop duré. De ce point de vue, Abidjan est une poubelle à ciel ouvert, indigne du “temps d’Houphouët”, qu’il faut réordonner. Aussi, point nécessaire de planification, de communication et de dédommagements. « Dura lex, sed lex » : il faut appliquer la loi dans toute sa rigueur et “frapper fort”, de manière à décourager toutes les velléités futures de désordre urbain. Peu importent les injonctions tardives, les applications brutales et le traumatisme social, il faut nettoyer Abidjan et il faut le faire sur le champ.

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Fais dodo, homme noir, fais dodo…

Fais dodo, homme noir, fais dodo...Pendant que tu dors, moi je fais mon trou: comme un rat je grignote par petits bouts, brutalement et efficacement tes greniers, tes territoires, ta liberté de pensée, ton intégrité. Je suis glouton alors je ne vais sûrement pas  m’arrêter de si tôt.

Tu comprends, moi j’ai des enfants  qui sont exigeants: ils se plaignent tout le temps, ils font grève, ils réclament toujours plus, ils refusent que j’augmente leurs impôts, ils me surveillent et me demandent des comptes, mais surtout ils m’élisent alors il faut que je leur fasse plaisir et je m’assure de leur avenir en plus du mien, alors continue à dormir surtout…

C’est de ta faute aussi: tu as trop pour toi! Toutes ces richesses naturelles dont tu ne te sers pas, dont tu ne connais même pas la véritable valeur, moi j’en ai besoin. Je n’en ai pas, mais  une grande partie de mon économie est basée sur elles alors je suis obligé de te les “acheter” à MON prix bien sur, puisque de toute façon c’est moi qui sait  les transformer alors…

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L’Afrique que le monde veut ordonner

« La crise est mondiale. Il faut que nous lui apportions une réponse mondiale. Et j’en appelle à tous les gouvernements. Aucun d’entre nous n’en sortira en faisant sa propre politique dans son coin, isolé de ce que font les autres. […] On ira ensemble, vers ce nouvel ordre mondial. Et personne, je dis bien personne, ne pourra s’y opposer. Car à travers le monde, les forces au service du changement sont considérablement plus fortes que les conservatismes et les immobilismes. » (1)

Le nouvel ordre mondial en AfriqueEn rétrospective, ces propos de Nicolas Sarkozy, prononcés en 2009, étaient prémonitoires de la furia occidentale qui allait désormais s’abattre sur toutes les velléités indépendantistes jugées antagonistes au nouvel ordre mondial.

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Insalubrité : le phoenix abidjanais

Anne OulotoQui ne connait le mythe du phoenix qui meurt et renait de ses cendres ?

La ville d’Abidjan, hier littéralement “sous les cendres” suite aux bombardements de l’aviation française est témoin aujourd’hui du défilé des rouleaux-compresseurs, camions bennes et autres chargeurs sur roues censés la purifier de toute la misère dont elle a hérité de la Refondation. Mission salutaire en effet ! Quel Abidjanais au chômage, qui croule sous le poids des factures d’électricité récemment majorées et le prix des denrées alimentaires en hausse, n’aimerait-il pas vivre dans une cité saine et reluisante qui représente avec fierté la dynamique d’un pays en voie d’émergence ? Pas question que l’insalubrité soit une fatalité en Afrique, parait-il. Pas lieu donc de s’offusquer de la mission si vertueuse dont témoignent ces commerces “bulldozérés”, ces habitations écroulées, cette Rue des Jardins défigurée et ce marché de Yopougon Sicogi rasé. La beauté d’Abidjan n’a pas de prix et le phoenix est en gestation : bon gré, mal gré, il est grand temps !

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Abidjan ville propre : de la théorie à la pratique

Operation de déguerpissement à Abidjan (2011)Les baraquements et autres constructions anarchiques ont longtemps fait l’objet de dénonciation. Les maires ont toujours eu du mal à faire déguerpir les commerçants installés de façon anarchique aux abords des routes en raison des différentes pressions exercées par les mouvements de société civile qui se sont souvent opposés aux opérations de déguerpissement.

En effet, de telles opérations posent toujours un problème social: la gestion des déguerpis, notamment leur recasement sur d’autres sites. Que deviennent ces malheureuses populations une fois déguerpies? Qu’en est-il de leurs capitaux et de leurs fonds de commerce perdus? Quelles solutions d’échange proposer à ces populations pour ne pas faire d’elles des laissées pour compte? Voici en somme quelques interrogations qui reviennent à chaque fois que des opérations d’assainissement des rues ont lieu dans les villes ivoiriennes, en l’occurrence Abidjan.

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Dialogue et opinion salvatrice

DialogueIl n’y a pas si longtemps, les deux camps politiques LMP et RHDP, sûrs de leur légitimité et convaincus de leur infaillibilité, échangeaient menaces et angoisses par soldats et militants interposés, tout en affichant à la télévision une apparente fraternité. On connaît la suite de ce poker menteur : les leaders politiques ont conjugué leurs jusqu’au-boutismes respectifs, donnant l’occasion à la “communauté internationale” de “s’interposer” et de conduire la Côte d’Ivoire à l’épisode le plus tragique de son histoire.

Une des causes de cette tragédie est bien le dialogue de sourds qui a prévalu pendant toute la crise postélectorale. Plus proche d’un monologue, il s’est aujourd’hui mué en un quasi-silence qui a fini par déteindre sur le peuple ivoirien, révélant des compatriotes qui se regardent en chiens de faïence et ne se parlent que lorsqu’ils sont face à eux-mêmes ou à un compadre militant.

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Abidjan : et si l’opération de salubrité publique cachait en réalité un “business” juteux ?

Anne OulotoDepuis l’avènement du nouveau régime ivoirien, il s’observe une véritable frénésie à remettre “de l’ordre” dans nos rues, dans notre cadre de vie et notre environnement. Une opération que nous saluons à certains égards; notamment en ce qui concerne la mise en coupe réglée des conducteurs de mini cars “gbaka” et de taxis intercommunaux “wôrô-wôrô” – notoirement indisciplinés – ainsi que des commerçants ambulants sur des voies essentielles comme le Boulevard Mitterrand, à Adjamé Renault, depuis les échangeurs de la Gare Nord de la Sotra jusqu’aux 220 logements.

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La naiveté ivoirienne 08 : mais… les gens sont mauvais !

La naiveté ivoirienne 08Ce bout de phrase, vous l’avez certainement déjà entendu ou prononcé. La méchanceté ou la forme qu’elle prend dans les circonstances qui provoquent cette exclamation surgit sous vos yeux, hideuse et dégoutante. Mais les gens sont mauvais ! Découverte sur le tard ou espoir que des poches de non-méchanceté auraient résisté à l’inondation de vilenies et de cruautés ?

Les gens sont mauvais. Et ils le resteront. Avant le 11 Avril 2011, ce jour là et après. Comme l’air que l’on respire, la méchanceté et tout ce qui s’apparente à ce terme générique est partout mais les naïfs que nous sommes, sont toujours étonnés de la voir assise dans des lieux insoupçonnés, matrice d’aberrations incongrues ou motrice de dureté, de malveillance ou de saloperies. Bienvenue sur la Côte des Mal Gens, nom ancien de la Côte d’ivoire donné par des explorateurs que l’on ne saurait soupçonner de malfaisance, de malice ou de malignité. Bienvenue Alice, mais ce n’est pas ici le pays des Merveilles.

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Koulibaly : épouser l’alternative

« Les hommes peuvent atteindre un but commun sans emprunter les mêmes voies. » – Amadou Hampâté Bâ

Mamadou KoulibalyRevisiter la sagesse quintessentielle d’Amadou Hampâté Bâ pourrait constituer une retraite revitalisante pour bien des Ivoiriens

En effet, la décharge émotionnelle qui a suivi le départ de Mamadou Koulibaly du Front populaire ivoirien (FPI), révèle encore, si besoin était, combien la politique politicienne, à ses heures les plus sombres, constitue le véritable cabanon dans lequel le peuple ivoirien se maintient.

La plupart des analyses qui pleuvent, adulant ou martyrisant Koulibaly, ont en commun au moins une chose : la passion. Excessive, inspirée de l’affection personnelle que les uns prétendent avoir pour Laurent Gbagbo ou motivée par le bonheur des autres qui célèbrent bien précocement la mort de son parti, l’on constate, de part et d’autre, l’assujettissement des Ivoiriens à ce jeu passionnel de la politique morbide.

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La naiveté ivoirienne 07 : Malachie, combien de divisions (2è partie)

La naiveté ivoirienne 07C’est Malraux qui a dit – ou qui a prédit que « le 21 ème siècle serait spirituel ou ne serait pas ». La société ivoirienne est spirituelle. Elle est surtout religieuse avec le lot d’incohérences que les religions savent formater chez leurs adeptes. Dans la première partie de cet article sur le rôle du l’outrecuidance des prophètes dans la crise que nous connaissons, il faut bien comprendre que ces courtiers de l’inaccompli ont joué avec le feu.

Ils ont surfé sur la fibre religieuse d’un pays dont l’hymne national, écrit par un prêtre catholique et un prédicateur protestant salue une terre d’espérance, et parle même, dans ses strophes, d’espérance promise à l’humanité. On ne peut pas reprocher à un hymne national d’être grandiloquent et emphatique. On peut reprocher à des dirigeants religieux d’avoir nourri des illusions de messianité sans nous donner les moyens de nous faire respecter comme Israël. Résultat des courses : des ogres ont désossé notre pays. Et des monstres passent toutes les églises du pays au peigne fin en répétant le prétexte en or que la guerre leur a fourni « Nous cherchons des caches d’armes ». L’Eternel des Armées, L’Eternel désarmé ?

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La naiveté ivoirienne 06 : Malachie, combien de divisions (1ère partie)

La naiveté ivoirienne 06Tous ceux qui ont fait un voyage en République Démocratique du Congo (RDC) se sont émerveillés devant cette pierre semi-précieuse verte qui fait le bonheur des artisans et des touristes: la malachite. Les années 2010 et 2011 auront été marquées par une épidémie du même nom: la malachite; du nom de Malachie, un de ces prophètes pentecôtistes dont le nom sera durablement associé aux événements sociopolitiques de la Côte d’Ivoire moderne.

L’auteur de ces lignes, lecteur assidu des textes bibliques a très tôt choisi d’ignorer textes et bandes sonores de la coqueluche des milieux chrétiens. L’Histoire étant une amusante répétition de “nouveautés”, nous répondions à nos amis que le livre de Malachie dans la Bible avait vraisemblablement plus de teneur que les prédictions de celui à qui bien de croyants avaient décidé de suspendre le destin de la Côte d’Ivoire…

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La naiveté ivoirienne 05 : le parti de Dieu

La naiveté ivoirienne 05Dix ans de pouvoir, cinq mois de crise post électorale. Disons le tout net. Nous avons été naïfs mais puisque les balles chargées de restaurer la démocratie nous ont épargnés, trouvons du temps pour revenir sur notre traumatisme collectif. Notre douloureuse introspection se poursuit avec la peine qui accompagne tous les voyages au fond de soi- on s’y découvre avec des mobiles et des masques intérieurs d’une laideur froide de film d’horreur. Cette descente vers notre monde intérieur est faite de rencontres avec toutes sortes de démons, de fantômes ou d’« atotoh » comme nous appelons ici ces gens qui, bien que censés être décédés, s’invitent dans nos funérailles ou dans le lit d’un hôtel de passe. Ah, que Dieu nous aide !

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La naiveté ivoirienne 04 : les pays zamis

La naiveté ivoirienne 04Les lieux affectés aux soins ont rarement le confort d’un cinq étoiles et même quand les promoteurs d’une clinique sortent le grand jeu-à vos frais bien sûr-l’odeur et l’ambiance « hôpital » sont là pour vous montrer qu’ici on saigne, on soigne, on guérit, on pleure, on meure. C’est pour cela que l’on baisse toujours la voix quand on parle dans un hôpital : la vie et la mort se côtoient, et se guettent et même la Grande Faucheuse épie carrément les simples visiteurs que nous sommes.

Dans la Côte d’Ivoire post bellum, cette cohabitation de ce qui donne la vie et de ce qui donne la mort est encore réelle malgré les incantations qui décorent le discours officiel. Ces lignes sur notre naïveté aussi thérapeutiques qu’elles peuvent être, résonnent encore de l’écho des cris, des peurs et des pleurs de ces cinq mois où nous y avons vraiment cru, où nous étions à deux doigts d’y arriver ! Eh Dieu ! Fantastique, le Dieu qu’évoquent les vainqueurs pour le remercier de ses merveilles ! Fidèle, le Dieu qu’invoquent les perdants et les perdus pour rappeler qu’il a le dernier mot. Comme s’il l’ignorait.

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La naiveté ivoirienne 03 : les bêtes sauvages ont voté

La naiveté ivoirienne 03Il est des mots lourds à prononcer. Mais la légèreté ou la convenance en politique veulent qu’après le rituel de la campagne de sensibilisation budgétivore, les chants sur la paix retrouvée, le discours du sous-préfet et les accolades télévisuelles, l’on puisse proclamer « Tout va bien maintenant » ! Naïveté, quand tu nous tiens !

Il est douloureux de dire « J’ai été naïf ». Pourtant la posologie de la trithérapie offerte par les vainqueurs-dialogue, vérité et réconciliation- suppose un aveu de sérologie positive. Comme avec le SIDA, on n’en parle pas en se frappant la poitrine. On a honte d’avoir été naïf et les paroles pleines de miel sur la « nouvelle Côte d’Ivoire » cachent mal le fiel des rugissements des nouveaux rois de la savane et de la forêt.

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La naiveté ivoirienne 02 : du popcorn à la licorne

La naiveté ivoirienne 02Notre voyage de guérison a commencé, plus coûteux et plus pénible que les pèlerinages réguliers qui alimentent des flux et reflux démographiques et financiers entre la Côte d’Ivoire et les camps de prière du Ghana et du Nigeria. Ce voyage vers une sorte de convalescence d’abord puis vers le bien-être peut-être se fait sous perfusion avec de l’espoir dans les ballons et avec les béquilles de la résignation, la peur au ventre et la mort dans l’âme, nous qui avions une attente quasi messianique de la Côte d’Ivoire iconique et bucolique de notre hymne national. La dignité n’a pas été relevée et nous marchons non pas comme de « fiers Ivoiriens » mais tête basse après une campagne électorale qui a eu la longueur d’un match de football avec prolongation et des tirs d’armes lourdes pour penalties !

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La naiveté ivoirienne 01 : je sais que vous n’allez pas aimer

La naiveté ivoirienne 01Nous sommes des millions à avoir tenu dans nos mains des manuels didactiques qui se proposaient de nous conduire vers la Terre Promise de l’anglais, de l’espagnol ou de quelque autre savoir moderne. Combien sommes-nous à avoir franchi les 40 étapes magiques qui étaient censées nous donner la nécessaire glossolalie que les recruteurs, impitoyables, recherchent dans nos CV et détectent dans les entretiens d’embauche.

Parlez-vous anglais? Nous sommes des millions à avoir, pour notre propre condamnation, bredouillé « small, small ».

Et voici donc qu’on nous propose un cours en 40 leçons sur la naïveté. S’agit-il vraiment de cela? Vous n’êtes pas naïfs pour croire qu’il existe des êtres humains soucieux d’améliorer leur niveau de naïveté!

Devenir plus naïf? LOL! Comme diraient les internautes. Bien sûr que non.

Ce petit parcours est une séance cathartique d’autodérision: rire de nos naïvetés pour en guérir définitivement. Inch Allah! Si le chat est là!

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La Côte d’Ivoire en marche… arrière

Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraLe slogan de tout leader politique briguant le pouvoir a pour but de faire miroiter aux électeurs sa capacité à faire avancer les choses, sa capacité à apporter plus que les gouvernants du moment, et donc sa capacité à marquer sa différence (positive) dans la gestion des affaires de l’Etat. Cet état de fait s’observe partout où un semblant de jeu démocratique à lieu. Les populations sont ainsi appelées à voter massivement pour légitimer des élections, ensuite vient la proclamation des résultats et l’exercice du pouvoir. Le maçon est au pied du mur! Sera-t-il à la hauteur de sa tache?

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Des indicateurs pour le développement en Afrique

Indicateurs économiques; ENSEA (Abidjan)

La bonne gouvernance revient constamment dans le débat actuel comme un facteur clé du développement. Nombre d’économistes et de penseurs s’accordent à dire qu’il est crucial, en Afrique et ailleurs, d’avoir des institutions fortes et indépendantes dont le bon fonctionnement favorise la prospérité. Au nombre des maux qui minent la bonne gouvernance en Afrique, on cite plus souvent le manque de sens patriotique, la corruption ou encore l’incompétence. Il est bien plus rare d’entendre que les décideurs africains connaissent mal la société qu’ils sont censés diriger, qu’il est difficile de gouverner à l’aveugle ou encore de naviguer sans tableau de bord. De quel tableau de bord parlons-nous ?

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Internet en Afrique : état des lieux

Cyber C@fé africainEntre les prémisses d’ARPANET, projet confidentiel de réseau à distance du ministère de la Défense américain, et son populaire héritier civil qu’est Internet, moins d’un demi-siècle s’est écoulé. Une période brève qui aura vu une idée visant initialement à sécuriser les communication sensibles du Pentagone dans un contexte de guerre froide se répandre progressivement à la sphère des chercheurs universitaires américains, puis in fine toucher la totalité de la planète. Une révolution comparable aux précédentes innovations (imprimerie, chemin de fer, télégraphe, électricité, automobile, télévision…)qui ont bouleversé en profondeur les modes de vie individuels.

Les statistiques disponibles peuvent témoigner de cette croissance exponentielle : 23 ordinateurs connectés au réseau ARPANET en 1971. 40 ans plus tard, le cap des 2 milliards d’internautes a été franchi à l’échelle mondiale. L’idée avant-gardiste de scientifiques s’est ainsi muée en outil de masse, transformant radicalement la façon de communiquer, échanger, commercer.

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Côte d’Ivoire, Libye : Sarkozy et la déraison des bombardements

Nicolas Sarkozy et Mouamar KadhafiNous vivons un temps bizarre, un temps féroce, un temps en concubinage avec la cruauté la plus sauvage; un temps qui tue, qui assassine, qui massacre au nom de la raison démocratique, au nom de la raison humaniste. Raison démocratique ethnocentrée, égocentrique, auto-décrétée humaniste ; raison débordante de mépris, délirante d’arrogance, exaltée, érigée en absolu du vrai et du bien; raison fanatique, fanatisée et donc fatalement meurtrière; raison qui nomme sans ambages tout pouvoir en dehors de la domination de Paris, de Washington et de Bruxelles, pouvoir despotique, pouvoir dictatorial, cancer radical à extirper.

Et malheur au pouvoir ainsi désigné : l’odeur de la mort mise en scène, théâtralisée, organisée, n’est pas loin. Le rituel? La désinformation d’abord: le dit pouvoir est satanisé, injurié, sali, abaissé, rabaissé, bestialisé, maudit, désigné comme la figure absolue du Mal, la figure menaçante, la figure de ce qui nous menace, la figure qui menace “nos valeurs”. Accusé; il est accusé de tous les maux du monde; il est criminalisé, criminalisé à partir des faits traficotés ou tout simplement inventés, fabriqués; il est criminalisé et condamné sans pourvoi ni appel, condamné à coups de fatwa démocratiques diffusées sur tous les écrans du monde, condamné à la peine capitale, condamné aux flammes de l’enfer.

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Ce qu’il ne faut plus faire en Côte d’Ivoire

« Seul l’avenir est grand, parce qu’il est avenir, nous pouvons l’invoquer, nous pouvons le convoquer, nous pouvons le domestiquer, comme une bête féroce qui vient vers nous » – Joseph Ki-Zerbo

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Henri Konan BédiéI – À force de jouer avec le feu

Les dirigeants politiques ivoiriens ont conduits leur pays à la ruine plongeant leur peuple dans un désespoir sans nom qui laisse leur pays sans horizon. Cette guerre dont la Côte d’Ivoire fut le théâtre a affaibli l’immunité de la nation ivoirienne et provoqué dans ses murs les fissures à travers lesquelles vont s’engouffrer des vents porteurs de tempêtes qui peuvent provoquer l’explosion du pays.

C’est dans cet esprit qu’il faut confirmer l’inviolabilité de la Côte d’Ivoire, de sa souveraineté ainsi que de son indépendance. Cela passe par la restauration de l’unité du pays afin de prendre toutes les dispositions susceptibles de favoriser la reconstruction du pays et le retour des réfugiés dans les régions d’où la guerre les a expulsé.

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La responsabilité apolitique citoyenne

Patrick N'GouanLa Coordination de la société civile ivoirienne (CSCI) continue de prêcher, courageusement, mais dans l’indifférence générale, le besoin de son implication centrale dans le processus de réconciliation nationale. Quel dommage pour cette organisation qui, comme toutes celles du même genre, a vocation de mettre la classe politique devant ses responsabilités, afin de la contraindre à honorer ses engagements !

Malheureusement, sous le règne de la terreur où le serment gouvernemental s’écrit en lettres minuscules, l’apathie sociale, la fuite en avant citoyenne, la frilosité intellectuelle et le silence complice des uns et des autres sont les tendances populaires et les garants des dérives dictatoriales évidentes ou subtiles de l’État.

/// TEXTE INTÉGRAL DISPONIBLE DANS LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN ///

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Des difficultés de la réconciliation entre loups et agneaux

Gardez-vous, peuples libres, de ceux qui vous offrent une vérité parfaite ; ceux là portent les germes de la dictature.

Charles Konan BannyC’est à dessein que l’auteur n’a pas effectué trop de précisions quant aux applications géographiques de ce texte. La raison en est simple ; tous les hommes ont en eux une part de barbarie et c’est dans l’acceptation commune de notre violence innée que nous saurons bâtir, partout dans le monde, une coopération utile, bonne et nécessaire à tous, sans que nul apôtre ne tente de nous sauver bien malgré nous. A l’Afrique pourtant, berceau trop vite oublié de l’humanité, j’offre ces lignes et mes meilleurs espoirs ; puisse ce souffle palpiter dans d’autres cœurs que le mien et, ainsi, dépasser les mers et les montagnes.

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Développement économique en Afrique : libérez les talents !

Daniel Kaberuka, Président de la Banque Africaine de Développement (BAD)On entend souvent des intellectuels opposer la philosophie du développement à la philosophie du libre échange, comme si le libre échange n’amène pas le développement ! Inutile de jouer sur les mots en viciant le débat entre les pro-développement, qui seraient les bons, et les pro-libre échange qui seraient les méchants. Les ennemis du libre échange vont à l’encontre du développement des pays africains bénéficiaires de la politique libre-échangiste des Etats-Unis. Tant en théorie que dans la réalité, le libre échange est un jeu à somme positive. Il est reconnu de tous que l’économie mondiale a connu une croissance phénoménale depuis l’adoption du General Agreement on Trade and Tariffs en 1949.

L’Afrique n’a jamais connu le libre-échange

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Ces inventeurs venus d’Afrique

Inventions  NoiresL’un des arguments qui tend à revenir dans les débats autour du sous-développement de l’Afrique est celui qui réduit le sous-développement à un phénomène culturel voire… génétique. L’Afrique serait ainsi vouée à rester sous-développée et dépendre des pays développés. Selon cet argument, si les Africains n’arrivent pas à se développer c’est qu’ils n’ont ni la culture ni le gène de l’esprit d’entreprise, de l’initiative ou de la créativité. Cette dévalorisation est même parfois rabâchée dans des cercles universitaires africains, justifiant nombre de politiques paternalistes.

Pourtant la vérité semble – heureusement – ailleurs. Si l’on cherche le point commun entre la lampe électrique, la capsule pour bouteilles et bocaux, l’ascenseur, la machine à dactylographier, le stylo à encre, le batteur à œufs, la tondeuse à gazon, l’appareil de respiration que trouve-t-on… ? Que ces inventions, qui aujourd’hui font partie de notre quotidien et qui l’ont révolutionné, ont toutes été inventées ou co-inventées par des Noirs… aux Etats-Unis.

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La prévention des conflits en Afrique : le rôle de la société civile

Conflits en AfriqueOn reconnaît que les États affaiblis de l’Afrique, les États qui ont perdu leur légitimité ont aussi perdu leurs capacités d’assurer la paix et la sécurité. Une approche pour combattre les vulnérabilités politiques et sociales qui sont à l’origine des conflits consiste à vouloir réformer et renforcer les institutions, par exemple : le renforcement des institutions régionales et continentales existantes dans le domaine de la prévention, de la gestion et de la résolution des conflits, le renforcement du cadre politique et administratif, la réforme de la fonction publique et de l’administration, le renforcement du contrôle parlementaire, la réforme du régime judiciaire, la lutte contre la corruption nationale, etc. On veut refonder la capacité de gouvernance politique des États, entre autres pour assurer la paix et la sécurité. Nous pouvons tous souscrire à ce projet, là où les divergences se font jour, c’est sur la manière d’y arriver.

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Côte d’Ivoire : le piège d’une réconciliation factice

« I cannot be an optimist but I am a prisoner of hope. »
– Cornel West

Réconciliation ?La réconciliation nationale constitue, sans aucun doute, l’un des chapitres les plus controversés de la crise ivoirienne.

Après avoir été victime de négociations torpillées, de budgets surévalués, de gouvernements surpeuplés, d’accords politiques gangrenés, de célébrations ampoulées [1] et d’élections controversées, la réconciliation (qui, pour l’heure, n’a pas connu le moindre succès) réapparaît depuis “l’assaut final” du 11 avril 2011, aussi bien dans les discours officiels que les conversations populaires.

Les pro-Ouattara, heureux de leur ascension au sommet du volcan, s’y retrouvent enfin ; les pro-Gbagbo, amers devant la réalité du désappointement, y confient leur destin ; les officiers militaires, tétanisés par les effets de leur trahison, y voient leur lendemain ; les croyants, démoralisés par la pénible épreuve de foi, s’y estiment contraints.

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Le marché libre a t-il sa place en Afrique ?

Euro, CFA, DollarAlors que la Côte d’Ivoire vit un drame sans précédent à l’issue totalement incertaine, il convient urgemment de rechercher des voies nouvelles pour gérer l’après crise. Il est coutumier de penser que quand tout s’effondre, il faut d’abord remettre sur pied. Certes il faut déjà trouver la porte de sortie à cette violence culminante et reconstruire mais il ne faut absolument pas négliger dès maintenant la réflexion sur les politiques qui éviteront qu’à la prochaine échéance électorale le pays puisse revivre un tel enfer. L’épisode actuel prouve grandeur nature que ce n’est pas un luxe car c’est l’enchainement de mauvaises politiques, de négligences, d’irresponsabilités de la part de dirigeants trop puissants dans un Etat fort trop centralisé qui ont conduit à la situation actuelle.

On constate partout dans le monde que l’augmentation de la liberté économique dans un pays est synonyme de croissance, de paix et de stabilité. Pourquoi l’Afrique se prive-t-elle d’emprunter cette voie ?

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Sarkozy en “racaille” de guerre, passe la Côte d’Ivoire au Karsher sans mandat de l’ONU

Nicolas SarkozyAujourd’hui, en Côte d’Ivoire, Nicolas Sakozy a mis en œuvre une forme de “solution finale”, en écho à son fameux Discours de Dakar de 2007 sur « l’Homme africain n’st pas assez renré dans l’Histoire ». Demain, Sarkozy doit faire un discours sur Césaire, grand défenseur du Peuple Noir au Panthéon, alors qu’il donne du canon contre l’armée ivoirienne à Abidjan. Césaire doit se retourner dans sa tombe !? Et les soi-disant “hommes et femmes d’Etat africains” se terrent, même au Gabon. Aucune réaction de Mamboundou, de Ping ou de Mba Obame. C’est dire !? Que sont les grandes figures de nos pays, devenues ? L’argent et le pouvoir ne suffisent pas, comme nous l’a montré Mandela.

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Les vraies raisons de la guerre de l’Occident contre la Libye et son impact en Afrique

La guerre en LybieA) LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE EN LIBYE

1) Premier satellite Africain RASCOM 1

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes: assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance. Pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio Wimax.

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La presse ivoirienne au banc des accusés

« Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. » – Jacques Prévert

Venance KonanLa presse écrite nationale joue, au même titre que les acteurs politiques, un rôle funeste dans la crise ivoirienne. Exploitant une population intellectuellement amorphe et culturellement portée vers “l’affairage” (cette médisance ivoirienne prolixe), la presse écrite a été, depuis le début de la crise, le vecteur principal de l’animosité que se témoignent aujourd’hui nos communautés.

Parcourir les articles publiés dans nos quotidiens ou relayés sur la toile pourrait constituer, si besoin était, une thérapie efficace contre l’empathie, tant l’acrimonie est profonde. Exemple, cette énième diatribe de Venance Konan, intitulée « En voiture Simone », publiée au plus fort de la crise postélectorale, qui compare Simone Gbagbo à Jézabel, ce personnage de l’Ancien Testament que la dédicace éponyme de l’artiste anglais Sade n’aura pas suffi à embellir.

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La titrologie ivoirienne est un poison

La presse écrite ivoirienne a habitué les Ivoiriens aux titres ronflants mais au contenu zéro, faisant fi de toute déontologie et non sans faillir à sa mission première qui est d’informer et d’éduquer la population

Titrologie en Côte d'IvoireLa lecture qui se limite, simplement et uniquement, aux pages de garde des quotidiens est une pratique courante et prisée qui ne laisse personne indifférent, tant à Abidjan que dans les autres villes ivoiriennes. Les personnes qui pratiquent cette forme de lecture se retrouvent dans toutes les couches socioprofessionnelles ivoiriennes et sont connues, en Côte d’Ivoire, sous le nom de “titrologues” et l’on parle du phénomène de la “titrologie”.

En effet, la titrologie est, vous le savez sans doute, un néologisme issu du français populaire d’Abidjan et fréquemment utilisé en Côte d’Ivoire, pour désigner le comportement des individus qui se contentent de lire les titres et non les contenus des journaux. En d’autres termes, on parle de “titrologues” [quand on a affaire à] des personnes qui, chaque matin, s’attroupent devant les kiosques à journaux et “s’informent” en parcourant les différentes unes, c’est-à-dire les titres, rien que les titres, sans lire les articles des journaux.

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Halte, coupé-décalé ! Enfance ivoirienne en danger…

NOTE DE LA RÉDACTION : l’article suivant a été écrit et publié le 25 mars 2011, soit un (1) an AVANT la publication en ligne des violentes actions commises par l’artiste ivoirien Arafat DJ en mars-avril 2012.

Arafat DJArafat DJ Yôrôbô est un phénomène. Non, pas un de ces phénomènes que l’on trouve aujourd’hui dans nos sauces graines, mais un phénomène de la musique ivoirienne avec tout le fardeau que ce qualificatif revêt. Fils d’une “vixen” de la scène locale et d’un arrangeur talentueux (1), le jeune homme de 25 ans possède cette volubilité juvénile qui l’a rendu populaire. Nombre sont ceux, des enfants pré-pubères aux adolescents indociles aux adultes en collision avec le stress des responsabilités, qui se “retrouvent” dans la mixtion de la voix grave et enrouée sur tempo syncopé à 200 battements par minute du jeune prodige.

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Ordures ménagères à Abidjan : quelles solutions ?

Les campagnes “ville propre” n’ont pas suffi à inculquer un sentiment d’appartenance et une responsabilisation à la population abidjanaise. Il est important que celle-ci comprenne que les déchets qu’elle fustige sont le fait de son mode de vie.

Les ordures ménagères à AbidjanEtat des lieux

Le problème de la gestion des déchets ménagers dans le District d’Abidjan a atteint des proportions inquiétantes. Les montagnes de déchets qui jonchent les abords des rues menacent la santé des populations abidjanaises.

Les risques environnementaux et sanitaires liés à l’existence de ces déchets devraient pourtant faire réagir vigoureusement les autorités politiques en charge de leur gestion. Mais il en est autrement. Et les solutions incohérentes, voire balbutiantes, qui ont été adoptées depuis l’arrêt des activités de la Société Industrielle des Transports Automobiles Africains (SITAF) au début des années 1990, n’ont pas permis de régler la question. Pire, la conjugaison des facteurs sociopolitiques et les difficultés économiques dans lesquelles la Côte d’Ivoire s’est enfoncée ont aggravé la situation.

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Quelle croissance pour sortir l’Afrique de la pauvreté ?

Remy KatshinguDans son Rapport économique sur l’Afrique 2010, l’ONU projette des taux de croissance du PIB supérieur à 7% pour certains pays à faible revenu comme le Congo Brazza (9,3%) et l’Angola (12,2%) et estime qu’entre 1999 et 2007, l’Afrique aurait enregistré une moyenne des taux de croissance du PIB culminant à 6,1%. Plusieurs de ces pays ont, au cours des dernières années, essayé de mettre en œuvre des stratégies de réduction de la pauvreté (SRP). Pourtant, le recul des indicateurs de pauvreté n’est pas au rendez-vous. Ainsi, non seulement la croissance ne permettrait pas de réduire automatiquement la pauvreté, mais les SRP non plus. Sous quelles conditions cela pourrait-il être possible ? Et ne peut-il y voir ici un des facteurs explicatifs des révoltes qui secouent le monde arabe?

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La guerre de la foi : du problème musulman-chrétien en Côte d’Ivoire

« Les [diverses religions] partagent une conception commune de Dieu (…), mais aussi une compréhension commune que le mal existe. Si nous ne travaillons pas pour le bien commun, il n’y en aura aucun. » – Rick Warren, Chrétien; 2011

« Les limites [au dialogue inter-religieux] sont nombreuses. Et l’une des limites est la peur (…). [Pour ma part,] être parmi des gens de foi, qu’ils soient chrétiens, juifs ou hindous, fait de moi une meilleure musulmane. » – Najeeba Syeed-Miller, Musulmane; 2011

Eglise et mosquée

De tous les problèmes que la crise ivoirienne a créés ou exacerbés, le plus sournois, le plus malin, le plus dangereux est le problème religieux. Nous l’admettons d’emblée : il est plus simple d’ignorer le problème religieux que de le confronter ; il est plus facile de fustiger la religion de l’autre, en privé, et d’exhiber une tolérance de façade en public. La religion est un sujet sensible. Contrairement aux autres aspects de la crise qui sont tous plus ou moins rattachés à une vision d’ensemble, la question religieuse reste, avant tout, individuelle. Elle a trait à la croyance héritée ou développée qui fonde l’identité et le caractère d’une personne. Elle est une profession de foi intime, qui confesse une affiliation sincère (ou factice) au divin.

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Ces phénomènes auxquels les Ivoiriens croient…

« C’est le cœur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison. » – Blaise Pascal

Phénomènes ?Lorsque le 10 mars 2011, l’Union africaine (UA) prenait la décision de reconnaître l’élection de Alassane Ouattara « en qualité de Président de la République de Côte d’Ivoire », combien auraient pu prédire que le débat politique qui s’en suivrait, ferait place à un surprenant continuum d’hyperboles allégoriques sur les apparitions successives cœur dans une sauce graine, d’un pan de nuage baladeur et d’un halo solaire lumineux ?

Entre le cacao ivoirien embrigadé par les traders internationaux, la pénurie des médicaments dans les centres pharmaceutiques, le taux de chômage exponentiel, l’insécurité quotidienne et les routes abidjanaises encombrées de ces immondices géantes dont raffole le bacille du choléra (déjà coupable, en Haïti, dans des conditions similaires, d’une épidémie dévastatrice), les Ivoiriens ne manquent pas de sujets d’inquiétudes.

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Abidjan brûle t-il ? Alassane Ouattara et la méthode Malaparte contre Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraQui dirige la guerre civile contre le régime de Laurent Gbagbo? Peut-être faudrait-il dire Guillaume Soro, tant l’option militaire lui reste assignée, dans un jeu de rôle peut être réglé avec son mentor et “Président”, Alassane Dramane Ouattara, si ce n’est le nouveau “Général” Ibrahim Coulibaly (ex-garde du corps de Ouattara et éphémère leader de la rébellion) selon la dernière rumeur? Ou bien faut-il mettre aussi en ligne l’ONUCI et surtout la Force Licorne? Tant certaines techniques de guérilla urbaine se trouvent alliées visiblement à cette vieille tradition de la “guerre révolutionnaire”, tout ce savoir pratique sur les émeutes et comment les réprimer, le contrôle des communautés villageoises et le perpétuel renseignement, lié via l’Infanterie de Marine, à la tradition coloniale la plus classique, considérons donc Ouattara comme un emblème, le Signifiant d’un “intellectuel collectif” et voyons comment il applique la théorie à la chose militaire.

Alassane Ouattara et la conquête du pouvoir

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L’Afrique et le charlatanisme : autopsie d’un mal récurrent

Charlatanisme en AfriqueDans son édition de la mi-journée du mercredi 23 février 2010, la chaîne d’information BBC a diffusé un reportage sur la problématique de la stérilité en République Démocratique du Congo qui n’est autre que la mise en lumière de l’ancrage du charlatanisme dans les mœurs africaines. Le reportage de Lubunga bia Ombé, révèle ce fatalisme qui fait le bonheur des marchands d’illusion en tous genres.

Qu’est-ce qui prédispose les populations à subir leur influence et comment opèrent-ils ?

La cause majeure est imputable aux religions traditionnelles africaines avec le recours inévitable aux arts divinatoires pour régler les problèmes. Aujourd’hui les sectes “spécialisées” dans la conjuration des mauvais sorts et la traque des sorciers voient le lot de leurs adeptes grossir du fait de personnes recherchant désespérément la fécondité. Le reportage de la BBC mentionne l’Eglise Réveil en RDC, une église évangélique d’inspiration nord-américaine. A cela, il faudrait ajouter la quasi-totalité des églises nouvelles et même du Renouveau Charismatique de l’Eglise Catholique. Il est courant d’y entendre des témoignages édifiants de guérisons spectaculaires. Des femmes brandissent fièrement devant l’assemblée ébahie, de beaux nourrissons conçus grâce à des séances de prière ; des nourrissons porteurs de prénoms éloquents : Grâce divine, Cité de grâce, Samson, Samuel…

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Tanger : le printemps des femmes d’Afrique

Une contribution de Colette Braeckman

Femme d'AfriqueC’est un mouvement de fond, dont on mesure encore mal l’ampleur et les conséquences: les femmes d’Afrique et du monde Arabe déboulent dans l’arène politique, bien décidées à s’y tailler une place et à faire bouger les lignes. Alors que les révolutions de Tunisie et l’Egypte avaient révélé la mobilisation des femmes, le sommet qui [s”est tenu] à Tanger du 8 au 11 mars 2011 confirme le phénomène : ce premier forum des femmes élues locales d’Afrique a rassemblé près de 600 participantes, venues de presque tous les pays du continent et réunies à l’initiative du mouvement municipaliste CGLUA (Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique), organisateur des rencontres “Africités“.

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La crise ivoirienne ou le prélude de la guerre Chine contre Occident en Afrique

La Chine contre l'Occident en Afrique?Depuis le début de la crise ivoirienne, tout et son contraire ou presque ont été dits. Les Occidentaux soutiennent presque tous M. Ouattara (qu’ils appellent “Président élu”), alors que les Africains soutiennent presque tous le président sortant Gbagbo (qu’ils désignent par “Président Réélu”). Au-delà des choix partisans pour l’un ou l’autre (…), il est intéressant de constater qu’il y a une autre bataille, celle-là à distance, qui est en train de se jouer entre la Chine et l’Occident en Côte d’Ivoire. A travers des appuis militaires directs ou indirects…

L’Occident défend une vieille idée de l’Afrique dans laquelle il contrôle tout à travers ses hommes de mains et s’accommodent volontiers d’une misère de masse. La Chine est celle qui veut changer la donne et faire de l’Afrique la vitrine de sa puissance économique et militaire hors d’Asie. Ce qui froisse fortement l’Union Européenne et les Etas-Unis. Mais ces derniers ont-ils la force et l’énergie pour résister longtemps au rouleau compresseur chinois qui a malencontreusement décidé de faire de l’Afrique un des piliers de sa superpuissance en construction ? Exactement comme les Etats-Unis avaient fait de l’Europe il y a 66 ans ?

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Quelle souveraineté défendre en Côte d’Ivoire ?

Marché en Côte d'IvoireDans la cohue des slogans, des écrits, des revendications, des manifestations, des déclarations politiques qui se bousculent actuellement en Côte d’Ivoire, le mot souveraineté revient incessamment. Le problème ivoirien ne serait plus figé entre deux hommes, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, il se situerait au niveau des pressions extérieures exercées par la dite « communauté internationale ». On ne peut certes nier les interférences externes qui ont contribué à la détérioration et à l’enracinement des positions radicales entre les deux camps adverses. Cependant, cette souveraineté fragile, voire inexistante face au reste du monde et singulièrement face à l’ancienne puissance coloniale n’est pas un fait nouveau dans le pays et aucun leader politique ivoirien ne s’y est vraiment attaqué depuis les indépendances. Alors même que le Président Gbagbo se présentait dans ses discours comme un fervent défenseur de la souveraineté de son pays, dans ses actes, il n’en a rien été.

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La Côte d’Ivoire à travers le prisme occidental

Guy LabertitAvant la réunion au sommet de l’Union Africaine qui doit définir, le 10 mars, les mesures contraignantes qui seront mises en œuvre pour une sortie politique de la crise post électorale en Côte d’Ivoire, quelques rappels s’imposent pour mieux comprendre pourquoi une simple élection présidentielle dans un Etat d’Afrique suscite l’engagement déterminé de la France, des Etats-Unis et du monde occidental en faveur d’un candidat Alassane Ouattara, son adversaire Laurent Gbagbo étant diabolisé par les mêmes. Ce dernier peut compter sur les Etats africains les plus puissants de l’espace non francophone, à l’image de l’Afrique du Sud et de l’Angola, mais à la notoire exception du Nigéria dans l’orbite de Washington. La Russie et dans une moindre mesure la Chine traînent le plus souvent des pieds à l’ONU.

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Côte d’Ivoire : la logique de l’absurde ?

L’interdiction temporaire annoncée par Ouattara de l’exportation de cacao va faire surtout l’affaire des spéculateurs, notamment la société Armajaro qui a acquis, en juillet 2010, 20% de la production ivoirienne et 15 % des stocks mondiaux. Cette société a investi 1 milliard de dollars et en tirera un profit substantiel à la suite de cette décision de Ouattara, dont le beau-fils, Loïc Folloroux, 35 ans, n’est autre que le directeur Afrique.

Peirre SanéLe scénario du pire, l’intervention armée de l’extérieur, ayant semble-t-il été écarté, voici que se déploie sans peur des contradictions la stratégie de l’absurde.

On nous promet un “étouffement économique et financier” de la Côte d’Ivoire: interdiction d’exportation du cacao, interdiction faite aux banques de “coopérer” avec le régime de Laurent Gbagbo, interdiction de paiement des salaires des fonctionnaires et des soldats, gel des avoirs d’individus et de sociétés nationales et privées, restrictions de déplacements, autant d’actions à la légalité pour le moins douteuse.

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Propagande, mensonge, intox : qui va se négliger ?

« En politique, on ne flétrit le mensonge d’hier que pour flatter le mensonge d’aujourd’hui. » – Jean Rostand

Laurent GbagboÀ la guerre comme à la guerre !

Cette maxime du XVIIIe siècle illustre parfaitement la dérive propagandiste qui s’allie au nombrilisme politique et à l’asphyxie économique pour terroriser le peuple ivoirien en 2011.

On connait déjà le leitmotiv des grands médias occidentaux : Laurent Gbagbo est l’unique cause de la crise ivoirienne ; Alassane Ouattara en est l’unique victime. Ce parti-pris purement fantaisiste et délibérément subjectif est la face visible de la stratégie de défense des intérêts françafricains auxquels l’Élysée s’accroche désespérément. Depuis la “Choitification” des élections en Novembre 2010, cette stratégie, savamment orchestrée, connait son apogée avec le lynchage médiatique initié par la cohorte Agence France Presse, Radio France International et France 24 et ses satellites à travers le monde, qui se sont érigés en médias pro-Ouattara.

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Le spectre de la guerre civile en Libye : des dominos au chaos

Mouammar Kadhafi Selon la “doxa“, les Etats riches en pétrole et faiblement peuplés devaient rester en marge des révoltes arabes qui secouent le Grand Moyen-Orient. L’insurrection en Libye et le risque d’une guerre civile invalident la thèse. Le cours des événements remet en cause l’absurde scénario d’un Kadhafi repenti et la chute de ce régime, voire le déchirement de la Libye, interpellent les Etats européens. Leurs dirigeants, les opinions publiques aussi, doivent rompre avec le pavlovisme linguistique pour préempter les logiques de chaos qui menacent en Méditerranée.

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Les dirigeants africains auraient-ils peur des libertés individuelles ?

Présidents africainsL’Afrique recherche désespérément la voie du recul de la pauvreté. Quand on sait que ce progrès est lié aux libertés et non à l’aide publique internationale, il est difficile de comprendre que les dirigeants africains s’évertuent à emprunter cette voie de la médiocrité en continuant à tendre la main en lieu et place d’un véritable programme de développement. Et si ces dirigeants avaient tout simplement peur des libertés individuelles qui pourraient ternir leur toute puissance ?

La liberté économique est source de progrès social, la preuve en est faite depuis des siècles. Pour faire du social il faut commencer par faire de l’économique, et pour faire de l’économique il faut de la liberté. Les évènements qui se déroulent actuellement dans les régions du monde dramatiquement secouées font apparaître que la liberté économique est aussi une condition nécessaire de cohésion sociale.

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Cedeao contre Côte d’Ivoire : le film de l’assaut final

L’avenir de Laurent Gbagbo n’est pas l’essentiel. L’image d’Alassane Ouattara, enjambant des cadavres pour accéder à la Présidence de la République sur le plateau d’Abidjan, nous rend encore plus triste, car il mérite mieux que gouverner le néant et gérer l’apocalypse.

Laurent GbagboLe monde a changé, les peuples d’Afrique, du nord comme au sud, réclament à cor et à cris, plus de justice et surtout d’égalité entre les citoyens. De la Tunisie à l’Égypte, du Congo au Zimbabwe, rien ne l’est plus comme avant. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, personne ne peut dire qu’il aime ce pays plus que ses propres habitants au point de faire leur bonheur à leur place.

Ceux qui pensaient que la crise ivoirienne allait se résoudre entre ivoiriens se sont tous trompés, tous les accords n’ont servi à rien. Des milliers de morts, un pays divisé, sans parler de la destruction des infrastructures publiques et des biens privés. Pour finalement organiser les élections chaotiques avec deux présidents pour un fauteuil.

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Pourquoi des intellectuels africains soutiennent Gbagbo

Pour une fois, les intellectuels africains de la diaspora n’ont pas manqué de faire entendre leur voix au sujet de l’imbroglio ivoirien. Surtout face aux réactions de la communauté internationale.

La crise postélectorale née du second tour de la présidentielle du 28 décembre dernier en Côte d’Ivoire divise manifestement acteurs et observateurs de la scène politique ivoirienne. Et pour cause, entre le président Laurent Gbagbo, proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle, et le candidat Alassane Ouattara, à qui donne raison la Commission électorale indépendante (CEI) et reconnu par la communauté internationale, chacun choisit son camp. Au nom des principes démocratiques ou de la non-ingérence des puissances occidentales dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire —et plus généralement des pays africains— ou encore des intérêts des uns et des autres. C’est selon.

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Crise ivoirienne : Georges Soros, membre occulte de la nébuleuse ?

“La démocratie et la société ouverte ne peuvent être imposées que de l’extérieur, parce que le principe de souveraineté fait obstacle à l’ingérence extérieure. (…) Certes, il est difficile de s’ingérer dans les affaires intérieures de pays souverains, mais il est important de reconnaître le problème.” – Georges Soros

Georges SorosLe conflit post-électoral [que connait] la Côte d’Ivoire dépasse largement le microcosme politique ivoirien, [à en croire certaines analyses]. On connaît les amitiés internationales d’Alassane Ouattara dont Dominique Strauss-Kahn, Nicolas Sarkozy et tout le gratin politique français. Il ne faudrait cependant pas oublier un nom très peu évoqué dans le dossier ivoirien: George Soros, multimilliardaire américain né en Hongrie en 1930 et chantre de la globalisation, dont la fortune est issue de manœuvres spéculatives.

Selon La Lettre du Continent du 25 novembre 2010, relatif au financement de la campagne [d’Alassane Ouattara à la présidentielle ivoirienne]:

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Côte d’Ivoire : la démocratie au bazooka ?

Une contribution d’Achille Mbembe et Célestin Monga

Dans les conditions actuelles où l’on est sommé de choisir une partie contre l’autre selon l’impératif de la lutte à mort, il est difficile de dire quoi que ce soit sur la crise ivoirienne, ses causes historiques, ses significations pour l’Afrique postcoloniale, les modalités de sa possible résolution et ses conséquences sur l’équilibre de la sous-région sans susciter un déchaînement incontrôlé de passions, voire la violence des partisans des deux camps.

Achille MbembeRaison et vociférations

Il est pourtant impératif d’apporter autant de clarté que possible sur ses enjeux ; de chercher à entendre raison, au-delà des tragiques événements au cours desquels des civils déjà fort appauvris perdent la vie dans des combats de rue, pendant que les chefs des factions bénéficient de protection et jouissent de toutes sortes d’immunités.

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Sarkozy, l’ennemi des espoirs démocratiques africains

Nicolas SarkozyPendant le mois de soulèvements populaires qui a débouché sur la première révolution du monde arabe, Sarkozy et son gouvernement n’ont cessé de soutenir le tyran Ben Ali et son régime décadent. Confirmant une vieille tradition de la politique française en Afrique : l’entretien de complicités de toutes natures avec les pires dictatures pourvu que cela rapporte de manière sonnante et trébuchante. Pour le reste, on oscillera entre fermer les yeux ou mentir sur la confiscation totale des libertés, les exécutions sommaires, la torture ou la spoliation mafieuse. De la Côte d’Ivoire à la Tunisie, le bonimenteur Sarkozy ne porte désormais qu’un seul costume : celui d’ennemi public n°1 des aspirations démocratiques des peuples d’Afrique…

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Laurent Gbagbo ou la naïveté en politique

I – Introduction

Laurent GbagboObservateur attentif de la crise ivoirienne, nous sommes de ceux qui ne sont pas allés à la soupe frontiste du Gbagboïsme, ni à celle du Bédiéïsme liquéfié et encore très moins à celle de l’Alassanïsme triomphant, dont les amitiés extérieures sabrent déjà le champagne de la victoire.

Pour n’avoir appelé à voter pour aucun des protagonistes de la crise ivoirienne, nous sommes moralement à l’aise pour exprimer nos doutes, notre méfiance et bien sûr notre avis sur chaque acteur politique dont les actes concernent la survie et l’existence de la Côte d’Ivoire ainsi que celle du peuple ivoirien.

Sans être l’un de ses courtisans, nous pouvons dire qu’il y a longtemps que nous observons Mr Laurent Gbagbo et sa refondation frontiste du FPI. Ce qui nous frappe en premier dans cette tragédie ivoirienne qui est aussi la sienne, c’est la conjugaison des imprévoyances qui ont conduit la Côte d’Ivoire et les ivoiriens au bord du gouffre.

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Les élections de Côte d’Ivoire : chronique d’un échec annoncé

Peirre SanéCe devait être des élections qui allaient permettre de mettre fin à la crise, de tourner enfin la page du legs de Félix Houphouët-Boigny et d’engager la Côte d’Ivoire sur le chemin de la paix et du développement. Cela aura été en tous les cas les élections africaines les plus longuement et méticuleusement préparées qui ont impliqué depuis les accords de Marcoussis en janvier 2003 (1) un nombre impressionnant d’acteurs : le pouvoir, la rébellion armée, les partis politiques ivoiriens, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine, la France, l’Union européenne, la Francophonie, les Nations Unies sans oublier les médiateurs successifs (le Togolais Gnassingbé Eyadema, le Sud-africain Thabo Mbeki et le Burkinabè Blaise Compaoré…).

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De la fracture sociale à la fraternité nationale

« Parle — Mais ne sépare pas le Non du Oui. Donne à ta parole aussi le sens : donne-lui l’ombre […]. Il parle Vrai, celui qui dit l’Ombre. » – Paul Celan

Les armoiries de la Côte d'IvoireLa crise politico-militaire, débutée en 1999 avec le coup d’état qui a ôté du pouvoir Henri Konan Bédié, aura été la face visible d’une déchirure profonde entre les différentes classes sociales ivoiriennes.

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