Rwanda et Congo : quand BBC diffuse (enfin !) la vérité sur Paul Kagame

Qui est Paul Kagame ?

Selon l’information mainstream, la diplomatie occidentale, le cinéma hollywoodien (ex: Hôtel Rwanda) ou encore l’intelligentsia anglo-saxonne de référence (ex: le Prix Nobel américain Elie Wiesel), l’homme fort du Rwanda est le sauveur Tutsi qui, en 1994, a su contenir la terreur Hutu et mettre fin à une guerre meurtrière d’un million de ses compatriotes.

Cette version de l’histoire rwandaise, particulièrement vulgarisée dans le monde anglophone, est également la version la plus connue dans les pays d’Afrique dite francophone, où le rôle joué par l’État français dans les crises sociopolitiques des ex-colonies (?) telles que la Côte d’Ivoire laisse parfois croire aux “patriotes” africains qu’un leader noir, assez courageux pour dénoncer les manigances tropicales françaises – Kagame accuse depuis toujours la France d’être le vrai responsable du génocide – ne peut être qu’un “digne fils d’Afrique”.

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Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d’Ivoire

Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d'IvoireLe lynchage médiatique de la Côte d’Ivoire exécuté pendant plus d’une décennie par le système médiatique français est un succès. L’opinion publique internationale, robotisée et culturellement prédisposée à s’enivrer des mensonges de ses dirigeants, est rapidement gagnée. Dans le même temps, l’histoire sociopolitique d’un pays pauvre très endetté d’Afrique subsaharienne est méticuleusement réécrite avec un souhait : que les Ivoiriens plient l’échine et acquiescent.

Cet ouvrage sans faux-fuyants explique la géostratégie racialiste qui se tient derrière l’assaut des médias colons et dévoile l’hypocrisie du mondialisme avare, prédateur et appauvrissant qui le sous-tend. Le jeu trouble des acteurs politiques ivoiriens se dévoile lui aussi nettement. Seules alternatives : une prise de conscience individuelle et collective et un plan de riposte concret jusqu’à la rupture totale avec l’ordre dominant.

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RDC : la guerre oubliée

Bosco NtagandaQuel est le rapport entre un chef rebelle, Bosco Ntaganda, une poignée d’États africains, votre téléphone portable et une Playstation ? Aucun ? Détrompez-vous. La guerre au Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo est la grande oubliée des médias. Pourtant ce qui s’y passe n’est qu’un épisode d’une guerre mondiale qui déchire le coeur du continent depuis près de vingt ans. Une guerre qui aurait fait près de 6 millions de victimes, entre les combats et les maladies, sans compter des milliers de déplacés. “Mondiale” parce qu’elle dépasse les frontières de la République Démocratique du Congo. Mais pas seulement : en arrière-plan, il y a aussi les États-Unis, des multinationales, la Chine, et au bout de la chaîne, nous, consommateurs occidentaux. Pour comprendre, il faut revenir aux origines de ce conflit, qui découle du génocide rwandais de 1994 (800 000 victimes).

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Afrique, CPI : une autre voie…

Mme Bensouda de la CPIPrévue initialement le 18 juin 2012 à La Haye, l’audience de confirmation des charges pesant sur l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, écarté du pouvoir avec la bénédiction de l’ONU par la France de Nicolas Sarkozy, coordonnant une coalition hétéroclite de politiciens locaux de réputation douteuse et de coupeurs de routes meurtriers, ironiquement baptisés FRCI, se tiendra donc le 13 août [2012] prochain.

Noyée dans le flot continu de la désinformation annonçant une énième guerre impérialiste menée cette fois contre la Syrie, l’actualité judiciaire internationale en provenance des Pays-Bas sera traitée selon la traditionnelle grille de lecture libérant la parole mensongère, adoptée par les médias occidentaux, permettant une réécriture permanente de l’histoire et l’imposition d’un cadre idéologique, défavorable par essence, aux intérêts des peuples dit faibles. À ce titre il convient de poser un autre point de vue, le nôtre, militant avec détermination pour une approche rééquilibrant des rapports de force Nord/Sud iniques et amoraux.

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Lâches Africains !

Lâches Africains !Tant que les Africains continueront de faire de la lâcheté leur trait de caractère distinctif, absolument rien n’empêchera la triste prolifération des coups d’État militaires qui s’enchaînent depuis plus de cinq décennies dans leurs pays.

Arrêtez là si vous pensez que les politiques seront l’objet principal de ce pamphlet : nous nous adressons à vous tous, Africains d’origine, de sang ou d’intérêts, qui prétendez vous offusquer des récents coups d’État militaires au Mali et en Guinée-Bissau, comme si ces renversements étaient descendus de nulle part, ébranlant les capitales africaines avec une puissance séismique que l’être humain ne peut contrôler.

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La CPI ou la gouvernance mondiale en marche

De façon symbolique et prévisible, le premier verdict rendu par la Cour Pénale Internationale, le mercredi 14 mars 2012, a visé un ressortissant africain, Thomas Lubanga Dyilo. Ce dernier a vu sa culpabilité reconnue « pour crimes de guerre consistant à avoir procédé à la conscription et à l’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans et à les avoir fait participer activement à des hostilités du 1er septembre 2002 au 13 août 2003 ».

D’aucun se féliciteront de cette avancée décisive vers un monde plus juste, plus sûr et certainement plus humain. Il serait plus exact d’y voir une avancée décisive et attendue de la mise en place d’une justice a-universaliste, expression de l’instrumentalisation de la protection des droits humains, par les têtes de pont d’un mondialisme se déclinant selon l’acception franc-maçonne.

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Abobo la guerre, le journalisme d’investigation… et les pincettes

"Abobo la guerre" de Leslie VarenneLe livre Abobo la guerre ; Côte d’Ivoire : terrain de jeu de la France et de l’ONU de la journaliste française Leslie Varenne n’a pas fini d’atteindre les rayons des librairies, depuis sa publication le 22 février 2012, que la propagande des camps politiques ivoiriens est déjà lancée, chacun essayant de faire dire à l’auteur ce qui lui semble être le plus satisfaisant.

Abobo la guerre, fruit apparent d’une “investigation de terrain” (*), mérite d’être parcouru avec circonspection, justement parce qu’il ne dit pas tout à fait ce que les uns et les autres croient (ou veulent faire croire). Non, le livre ne fait ni l’apologie de Laurent Gbagbo (contrairement, par exemple, au fameux livre Côte d’Ivoire : le coup d’État de Charles Onana, qui prend clairement position), ni celle de Alassane Ouattara.

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“Le nouvel ordre ivoirien”, par Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN par Jean-David N'Da« Replacer la crise postélectorale ivoirienne dans son contexte africain et mondial, au-delà de la confrontation entre deux hommes à laquelle l’ont réduit certaines appréciations. »

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN, de Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan mardi 24 janvier 2012.
Disponible dans toutes les librairies.
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Lisez et faites lire LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN.

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Plumes d’or

Plume d'orPlumes d’or aux 10 essais politiques (sur les 350 publiés sur notre plateforme) qui nous ont le plus séduits en 2011. Nous les commentons ici, par ordre chronologique, en excluant les nôtres afin que, pour une fois, charité bien ordonnée commence par autrui.

La folie d’une guerre sans gloire : à Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan BédiéWayourou Zadi-Pauyo (25 février 2011)

2011 retiendra que certains Ivoiriens ont essayé de prévenir les dégâts d’une guerre en Côte d’Ivoire, en appelant les citoyens à prendre leurs responsabilités. Exemple : ce puissant texte de Wayourou Zadi-Pauyo, qui dès sa publication sur Pensées Noires, a causé un véritable déferlement d’argumentations (notables pour leur diversité, leur qualité et leur politesse, ce qui n’est jamais gagné d’avance) que vous ne lirez malheureusement plus, notre plateforme s’étant définitivement séparée des commentaires Facebook. Néanmoins, la passion avec laquelle l’auteur accuse chacun des trois “grands” responsables politiques ivoiriens appelait surtout le peuple à entreprendre ce qui aurait certainement été une vraie révolution : dépasser les clivages partisans, dégager le trinôme président et sauver la nation. A terme, le courage populaire aura fait défaut, mais ce coup de gueule reste le point d’ancrage littéraire de l’avant 11 avril : sincère, profond, critique et poétique tout en un.

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CPI, Gbagbo : le temps d’un jugement

Laurent Gbagbo à la CPI5 décembre 2011, CPI : la première apparition d’un Laurent Gbagbo visiblement éreinté mais déterminé à jouer son va-tout juridique a clairement requinqué tous ses partisans. Depuis ce jour, la ferveur militante s’est à nouveau emparée des rangs, laissant entendre une pléthore de « ça va aller ! » et de « hauts les cœurs ! » qui en disent long sur la joie de tout ce beau monde à revoir “son Président”.

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CPI : l’occasion d’humilité

Laurent GbagboLaurent Gbagbo a donc été transféré à la CPI en dépit des promesses de “frémissements” des responsables LMP, en dépit des “revendications” de ses avocats et conseillers et en dépit de la colère de ses affidés. Comme au 11 avril dernier, il a été saisi manu militari et convoyé là où la “communauté internationale” souhaitait le voir depuis une décennie.

Que dire qui n’a déjà été dit ?

Les réactions des uns et des autres ont toutes été lues… ou presque. Impossible de circonscrire la déferlante émoussée ou enchantée, qui aura d’ailleurs confirmé ce que l’on savait déjà de la scène politique ivoirienne : à gauche, quelques militants rêveurs espèrent toujours se réveiller au petit matin du 11 avril 2011 pour changer le cours de l’Histoire ; à droite, quelques militants dozos continuent d’applaudir les combines les plus iniques de leur “fétiche”, bêtement, comme ils le font depuis le 19 septembre 2002.

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Libérer Laurent Gbagbo : entre vouloir, pouvoir et devoir

Laurent GbagboLe dossier Laurent Gbagbo demeure le point focal de l’actualité politique ivoirienne, au même titre que le processus de réconciliation nationale auquel il est lié. Et pour cause : l’homme d’État qui a été capturé, humilié et jeté en prison, sans ménagement, au terme d’un conflit armé meurtrier de milliers d’Ivoiriens, a été l’objet d’un transfert à la Cour pénale internationale (CPI) particulièrement controversé, car nonobstant l’opinion des millions de citoyens qui se réclament de lui et qui n’entendent pas se réclamer d’autrui. Encore moins après avoir vu la France de Sarkozy s’engouffrer dans le contentieux électoral ivoirien, en dévoilant la “solution démocratique” la plus efficace qu’elle ait pu trouver : la bombe.

C’est donc à la fois inquiet et amer que les partisans de Laurent Gbagbo expriment leur volonté première : voir leur leader recouvrir sa liberté d’être humain, tout simplement, peu importe ce qui pourrait lui être reproché.

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Ce que la Libye avait accompli, ce qui a été détruit

Mouammar Khadafi« Il n’y a pas de lendemain » dans le cadre d’une rébellion d’Al-Qaïda financée par l’OTAN. Alors qu’un gouvernement rebelle “pro-démocratique” a été établi, le pays a été détruit. Avec la propagande de guerre en toile de fond, les réussites économiques et sociales de la Libye des trente dernières années ont été brutalement ruinées: « La Jamahiriya arabe libyenne a un niveau de vie élevé et un solide apport calorique quotidien de 3144 par habitant. Le pays a fait des progrès sur le plan de la santé publique et depuis 1980, le taux de mortalité infantile a chuté de 70 à 19 sur mille naissances vivantes. L’espérance de vie est passée de 61 à 74 ans durant la même période. (cf. FAO, Rome, Profil de la Libye) ».

Selon des secteurs de la “gauche progressiste” ayant endossé le mandat de la responsabilité de protéger de l’OTAN, « l’ambiance en Libye, particulièrement à Tripoli, est celui d’un sentiment d’euphorie, partout. Les gens sont incroyablement excités à l’idée de repartir à zéro. Il y a vraiment une sensation de renaissance, une impression que leurs vie recommencent ». (cf. DemocracyNow.org du 14 septembre 2011). On présente simplement les rebelles comme des « libérateurs ». Le rôle principal des terroristes affiliés à Al-Qaïda dans les rangs des rebelles n’est pas mentionné.

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Etre un président africain est une malédiction

Jacques Chirac et Blaise CompaoréEtre un Chef d’Etat en Afrique, n’est point une sinécure, à moins d’être un homme sans coeur, un ectoplasme sans âme, une coquille décorative, une plante en plastique pour donner l’impression à un environnement misérable que tout n’est pas si mal dans un monde odieux!

Oui, être un dirigeant Africain est une malédiction. C’est pactiser avec le diable et ses cornes. C’est brader la joie de vivre de son peuple pour un plateau de feuilles de vignes desséchées! C’est tout, sauf une charge intéressante, un déshonneur pour le devenir de ceux qui porteront votre nom maudit pour des siècles! C’est tout, c’est rien, sauf à se satisfaire des voitures climatisées, de jolies maisons frigorifiques, tandis que croupissent dans la misère les quatre-vingt dix neuf pour cent du reste de la population. Etre un Président Africain est une mauditation; c’est accepter d’écraser les siens avec la bénédiction des autres; c’est être un caca-chien, un caca-poule et accepter la tête baissée, l’échine à ras terre d’être traité de dictateur, de spoliateur, d’être charrié et moqué par ceux-là même qui vous ont nommé à travers des élections truquées, des coups d’etats masqués en élection, des vrais fausses révolution à la libyenne. Finalement, être un chef Africain, c’est devenir ce que je ne souhaite pas à mes pires ennemis!

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La CPI, une cour d’injustice internationale

Luis Moreno Ocampo, Prosécuteur à la CPIElaborée après les massacres de la seconde guerre mondiale, l’idée d’une justice internationale a pris forme en 1998 avec l’adoption du statut de Rome qui crée la Cour Pénale Internationale (CPI). Treize ans après, l’esprit du statut de Rome a fait long feu. Certains pays (Chine, Israël, Inde …) n’ont pas signé le statut. D’autres (USA, Russie …) l’ont fait mais refusent tout processus de ratification.

La France qui a signé et ratifié le statut de Rome, s’est longtemps singularisée en se soustrayant à la compétence de la Cour pour l’une des catégories de crimes qui sont de son ressort: les crimes de guerre. Mettant ainsi à l’abri de toute poursuite internationale, les crimes de guerre commis par des soldats français en territoire étranger. La loi d’adaptation d’août 2010 n’a pas fait taire toutes les critiques.

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Pauvre Bédié

Henri Konan BédiéSi l’histoire politique de la Côte d’Ivoire devait être réécrite, Félix Houphouët-Boigny aurait-il porté son choix sur Henri Konan Bédié pour lui succéder ?

Si l’on s’en tient aux récentes confidences de Frédéric Grah Mel (biographe du premier président ivoirien) à Jeune Afrique, le Vieux avait déjà décidé, au soir de sa vie, de “parquer” non seulement son Premier ministre Ouattara mais également son président de l’Assemblée nationale Konan Bédié. On ne saura jamais vraiment pourquoi mais toutes les conjectures sont permises. La nôtre ? Le Vieux craignait certainement que tout le travail accompli sous sa férule ne soit dilapidé par l‘incapacité de ses deux “petits” à assurer une relève paisible.

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Pourquoi Alassane Ouattara et Guillaume Soro risquent la CPI

Alassane Ouattara et Guillaume SoroAprès l’intervention militaire d’Abidjan en avril dernier, l’ONUCI et au-delà le Système des Nations Unies, ont renoué avec leur pire travers: ainsi l’Histoire rappelle  que l’action du contingent international au Congo a été, en 1960, extrêmement ambigue, notamment en se faisant le relais des intérêts américano-belges, et contribuant à créer la situation qui a  livré Patrice Lumumba à ses bourreaux.

Poussant à des élections mal préparées et sans désarmement des rebelles (l’ONUCI a tenu sous le boisseau un rapport interne qui, dès fin 2010, dénonçait cette situation), le Représentant du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire, [Young-Jin] Choi, a fait plus: proclamant, dans une séquence bien réglée par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis , [Alassane] Ouattara élu (au lieu de certifier l’élection comme le prévoyaient les Accords de Ouagadougou) depuis son quartier général du Golf, il a monté une sanglante opération militaire pour renverser le régime de Laurent Gbagbo sous les bombes.

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L’amour version Ouattara

Alassane OuattaraLa légende romaine rapporte que l’empereur Marc Aurèle, parcourant quotidiennement les rues de Rome, avait à ses côtés un fidèle serviteur dont la seule fonction était de lui répéter à longueur de journée : « vous n’êtes qu’un homme, vous n’êtes qu’un homme ». Cette méthode était celle que le souverain avait trouvée pour éviter que l’adoration de ses sujets ne lui donne une idée de lui-même en déphasage avec la réalité.

Qui pour jouer ce rôle auprès du souverain Ouattara 1er ? L’amnésique Hamed Bakayoko ? L’énigmatique Sidy Diallo ? Le prolifique Asalfo ? L’homme en a bien besoin, lui dont le narcissisme ne souffre d’aucune imperfection. Remarquable tout de même, non ? Que l’on puisse avoir un tel parcours professionnel, un parcours “blanc Dominique”, cliché parfait, que vingt années d’empoisonnement de la quiétude ivoirienne laissent sans remords aucuns, malgré les actes les plus inhumains qu’on a soi-même commandité.

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Ce que le 11 septembre m’a appris

La guerre en Irak suite au 11 SeptembreLes attentats du 11 septembre 2001, avec le recul, ne m’auront appris qu’une chose: c’est que nous autres libéraux sommes minoritaires et des gens bien à plaindre. Il suffit, dix ans après, de contempler l’abrutissement collectif que ces attaques ont provoqué et surtout la riposte qui les a suivi, pour se rendre compte de l’idéalisme béat dans lequel beaucoup d’entre nous ont vécu. Cette décennie aura permis de mettre les choses au clair: la plupart des gens ne pensent pas comme “nous”.

Non, la “majorité des gens” ne croît pas qu’il est indigne et misérable de juger quelqu’un sur sa seule appartenance ethnique ou religieuse supposée. Les périodes, si bien documentées, de lynchages publics, de chasses aux sorcières, d’agressions verbales et physiques de personnes réputées appartenir au “mauvais groupe” que l’on croyait définitivement révolus, malgré “quelques rechutes” épisodiques, n’ont jamais disparu. Dans l’enthousiasme stupide pour la Guerre en Irak, l’exaltation hystérique de la virilité militaire et du patriotisme au lendemain de ces attaques, il entrait une bonne part d’envie de sang, de volonté de lyncher par procuration.

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Ivoiriens de l’Onuci, vous avez du sang sur les mains !

Young-Jin Choi de l'ONUCIChers Onuciens (permettez-moi ce néologisme car vous parler requiert une terminologie appropriée),

Maintenant que la responsabilité de l’Onuci est clairement établie dans le cataclysme politique ivoirien – grâce à l’affairisme patenté de votre Young-Jin Choi que les livres d’histoire n’oublieront jamais – comment vous sentez-vous, vous Ivoiriens qui travaillez pour le compte de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire ?

Coupables ? Responsables ? Fiers ? Indifférents ?

Pour mieux cerner votre comportement, permettez un instant que nous analysions les conditions de votre recrutement.

Votre chère mission s’est déployée en Côte d’Ivoire en mars 2004, suite à l’incapacité de la Minuci à gérer efficacement la guerre entamée depuis septembre 2002. C’est Laurent Gbagbo lui-même qui avait cru bon, en son temps, de vous faire appel pour aider à résoudre la crise militaire ivoirienne de façon pacifique. On le sait, vos médias tentent aujourd’hui un révisionnisme de circonstance ; mais vous savez bien que l’Onuci est née de la volonté – ou de la naïveté – de Laurent Gbagbo. En clair, vous lui devez votre carrière… mais nous y reviendrons.

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L’Afrique que le monde veut ordonner

« La crise est mondiale. Il faut que nous lui apportions une réponse mondiale. Et j’en appelle à tous les gouvernements. Aucun d’entre nous n’en sortira en faisant sa propre politique dans son coin, isolé de ce que font les autres. […] On ira ensemble, vers ce nouvel ordre mondial. Et personne, je dis bien personne, ne pourra s’y opposer. Car à travers le monde, les forces au service du changement sont considérablement plus fortes que les conservatismes et les immobilismes. » (1)

Le nouvel ordre mondial en AfriqueEn rétrospective, ces propos de Nicolas Sarkozy, prononcés en 2009, étaient prémonitoires de la furia occidentale qui allait désormais s’abattre sur toutes les velléités indépendantistes jugées antagonistes au nouvel ordre mondial.

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La défaite de l’Occident en Libye et son déclin idéologique

Mouamar Khadafi contre l'OccidentLorsque le 19 Mars 2011 la France a largué sur Tripoli ses premières bombes, plusieurs éléments concordants étaient réunis pour affirmer qu’il s’agissait d’un vrai suicide politique de l’Occident. Tout d’abord parce que le mensonge derrière le prétexte de déclarer la guerre contre la Libye était gros comme un éléphant. Ensuite parce que l’Occident n’a pas les moyens financiers pour déclarer la guerre à la planète et le pire est que ses dirigeants l’ignorent encore. On passe ainsi très facilement de l’usure de la crédibilité de l’Occident au ridicule devant les nouveaux pays émergents qui ont déjà pris le flambeau du relai de la leadership mondiale. Lorsqu’on accumule les mensonges à Paris, à Londres et à Washington sur la guerre en Libye, se demande-t-on un seul instant quel est l’impact dévastateur de ces contrevérités sur le plan de l’image et de la crédibilité de l’Occident à Moscou, à Pékin ou à Brasilia ?

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À l’école de la sorcellerie politique

Alassane Ouattara écrit sa version des Misérables de Victor HugoTriste réalité que celle d’un pays où même les morts sont des instruments de communication politique.

On avait cru, bien naïvement, que l’après-guerre allait peu à peu faire renaitre dans le cœur des Ivoiriens, un minimum d’humanisme. On a même cru, à l’annonce d’un accident aussi spectaculaire que dramatique, que son timing à la veille d’une fête nationale, allait offrir l’occasion tardive mais effective, de pleurer toutes les pertes en vies humaines de ces derniers mois.

C’était décidément mal connaitre la “nouvelle Côte d’Ivoire”. Dans ce pays, qui est passé maitre dans l’art de la mystification, les morts ne sont plus que de simples morts, mais bel et bien des vecteurs de militantisme.

Hier, trois mille personnes, au bas mot, sont tombées sous les balles meurtrières des “libérateurs”, habillés pour la circonstance de leurs riches tenues frappées d’amulettes ou d’armoiries françaises. Et l’État qui est sorti des cendres de cette orgie funeste n’a pas jugé nécessaire de leur accorder une once de respect.

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Bravo Ping ?

Jean Ping, Président de la Commission de l'Union AfricaineTous ont salué. Tous ont fait les éloges de Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine, lors de sa 17è session ordinaire qui s’est tenue début juillet à Malabo. Tous ont applaudi la fessée qu’il a octroyée à la Cour Pénale Internationale. Tous ont ovationné sa détermination à dire ce qui est, ont affirmé que « gbê est mieux que drap », ont clamé même que l’Afrique se réveille enfin et que désormais un chat est un chat !

Et nous donc dans tout cela ?

Oh oui, nous aussi nous réjouissons de cette dénonciation. Nous aussi notons le courage qu’il faut avoir, pour dire, sous les projecteurs, et en référence aux États-Unis, que « sur la base d’un mensonge, on est arrivé en Irak où il y a eu 1,5 millions de morts ». Nous aussi apprécions le doigté de celui ou celle qui a concocté le café matinal de notre héros africain du jour, lui donnant le tonus nécessaire pour décocher, avec une force qu’on ne lui connaissait guère, une succession de baffes à Luis Moreno Ocampo, procureur-vedette du CPI.

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La naiveté ivoirienne 08 : mais… les gens sont mauvais !

La naiveté ivoirienne 08Ce bout de phrase, vous l’avez certainement déjà entendu ou prononcé. La méchanceté ou la forme qu’elle prend dans les circonstances qui provoquent cette exclamation surgit sous vos yeux, hideuse et dégoutante. Mais les gens sont mauvais ! Découverte sur le tard ou espoir que des poches de non-méchanceté auraient résisté à l’inondation de vilenies et de cruautés ?

Les gens sont mauvais. Et ils le resteront. Avant le 11 Avril 2011, ce jour là et après. Comme l’air que l’on respire, la méchanceté et tout ce qui s’apparente à ce terme générique est partout mais les naïfs que nous sommes, sont toujours étonnés de la voir assise dans des lieux insoupçonnés, matrice d’aberrations incongrues ou motrice de dureté, de malveillance ou de saloperies. Bienvenue sur la Côte des Mal Gens, nom ancien de la Côte d’ivoire donné par des explorateurs que l’on ne saurait soupçonner de malfaisance, de malice ou de malignité. Bienvenue Alice, mais ce n’est pas ici le pays des Merveilles.

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La tentation coloniale

Alassane Ouattara et François FillonQuels que soient les arguments mis en avant pour arbitrer le différend postélectoral entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, il n’en demeure pas moins que l’armée française a été contrainte par le pouvoir politique à la plus importante opération depuis la guerre d’Algérie et la sanglante opération de répression contre l’Union des Populations du Cameroun (UPC), au Cameroun.

Et ce dans des circonstances encore floues, tant dans la préparation en amont de l’opération avec la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) et avec l’ex-rébellion, bras armé du pouvoir d’Alassane Ouattara, que dans le bombardement d’objectifs plus symboliques que militaires.

Tous les observateurs savent bien, une fois le drame retombé, que le bombardement de la Présidence et de la résidence présidentielle d’un pays étranger n’entre pas dans le cadre d’un quelconque mandat onusien! Quand les armes lourdes, les tanks et les hélicoptères d’assaut des deux corps expéditionnaires occidentaux tirent sur de tels objectifs (résidence, présidence, hôpital et supermarché, foule de jeunes civils voulant servir de «bouclier humain», etc.), qui pourrait croire à l’application de la résolution 1975, censée protéger les civils?

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Le 14 Juillet ou le retour impitoyable du colon

François Fillon, Premier Ministre françaisLe 14 Juillet 2011 est la date de l’arrivée du Premier Ministre français en Côte d’Ivoire. Au-delà des élucubrations diplomatiques dont nous connaissons bien les motifs sous-jacents, je vois dans cette visite le retour en force du colon dans son pré carré, qu’il n’avait du reste jamais quitté. Je ne m’oppose outre mesure à l’arrivée d’une quelconque personnalité chez nous, bien au contraire. De toutes les façons, que je le veuille ou pas, la globalisation a ses règles, dont les “visites diplomatiques” en tout genre où les faiseurs de monde et les rois ne restent jamais chez eux.

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La naiveté ivoirienne 07 : Malachie, combien de divisions (2è partie)

La naiveté ivoirienne 07C’est Malraux qui a dit – ou qui a prédit que « le 21 ème siècle serait spirituel ou ne serait pas ». La société ivoirienne est spirituelle. Elle est surtout religieuse avec le lot d’incohérences que les religions savent formater chez leurs adeptes. Dans la première partie de cet article sur le rôle du l’outrecuidance des prophètes dans la crise que nous connaissons, il faut bien comprendre que ces courtiers de l’inaccompli ont joué avec le feu.

Ils ont surfé sur la fibre religieuse d’un pays dont l’hymne national, écrit par un prêtre catholique et un prédicateur protestant salue une terre d’espérance, et parle même, dans ses strophes, d’espérance promise à l’humanité. On ne peut pas reprocher à un hymne national d’être grandiloquent et emphatique. On peut reprocher à des dirigeants religieux d’avoir nourri des illusions de messianité sans nous donner les moyens de nous faire respecter comme Israël. Résultat des courses : des ogres ont désossé notre pays. Et des monstres passent toutes les églises du pays au peigne fin en répétant le prétexte en or que la guerre leur a fourni « Nous cherchons des caches d’armes ». L’Eternel des Armées, L’Eternel désarmé ?

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La naiveté ivoirienne 06 : Malachie, combien de divisions (1ère partie)

La naiveté ivoirienne 06Tous ceux qui ont fait un voyage en République Démocratique du Congo (RDC) se sont émerveillés devant cette pierre semi-précieuse verte qui fait le bonheur des artisans et des touristes: la malachite. Les années 2010 et 2011 auront été marquées par une épidémie du même nom: la malachite; du nom de Malachie, un de ces prophètes pentecôtistes dont le nom sera durablement associé aux événements sociopolitiques de la Côte d’Ivoire moderne.

L’auteur de ces lignes, lecteur assidu des textes bibliques a très tôt choisi d’ignorer textes et bandes sonores de la coqueluche des milieux chrétiens. L’Histoire étant une amusante répétition de “nouveautés”, nous répondions à nos amis que le livre de Malachie dans la Bible avait vraisemblablement plus de teneur que les prédictions de celui à qui bien de croyants avaient décidé de suspendre le destin de la Côte d’Ivoire…

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La bouche qui tue : Blé Goudé, toi aussi… tais-toi !

Charles Blé GoudéAgrippé au toit découvert d’un 4×4 roulant à dix kilomètres à l’heure, le regard intrépide, le poing en l’air, le défi inscrit dans le timbre: telle est l’image que je conserve des heures les plus valeureuses du combat patriotique de Charles Blé Goudé.

C’était en 2004. Novembre 2004. Devant la Présidence. Vous savez l’histoire. Opération Dignité. Général Poncet. Huit soldats français, parait-il, tués. Chirac enragé. Aéronefs ruinés. Gbagbo au journal télévisé. Appelant au calme devant la française férocité. Puis Blé Goudé…

Deux jours plus tard, devant la tour d’Ivoire, des snipers survoltés fusillaient des Ivoiriens aux mains nues, légitimant à chacune de leur rafale la résistance contre l’impérialisme qui tue. Et “Zadi Gbapè”, le “Général”, le “Ministre de la Rue”, le ministre tout court, donnait des insomnies profondes, d’abord à tout ce qu’il y avait d’Onucieurs, puis de Golfeurs, à l’Hôtel électoral ivoirien.

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La naiveté ivoirienne 05 : le parti de Dieu

La naiveté ivoirienne 05Dix ans de pouvoir, cinq mois de crise post électorale. Disons le tout net. Nous avons été naïfs mais puisque les balles chargées de restaurer la démocratie nous ont épargnés, trouvons du temps pour revenir sur notre traumatisme collectif. Notre douloureuse introspection se poursuit avec la peine qui accompagne tous les voyages au fond de soi- on s’y découvre avec des mobiles et des masques intérieurs d’une laideur froide de film d’horreur. Cette descente vers notre monde intérieur est faite de rencontres avec toutes sortes de démons, de fantômes ou d’« atotoh » comme nous appelons ici ces gens qui, bien que censés être décédés, s’invitent dans nos funérailles ou dans le lit d’un hôtel de passe. Ah, que Dieu nous aide !

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La naiveté ivoirienne 04 : les pays zamis

La naiveté ivoirienne 04Les lieux affectés aux soins ont rarement le confort d’un cinq étoiles et même quand les promoteurs d’une clinique sortent le grand jeu-à vos frais bien sûr-l’odeur et l’ambiance « hôpital » sont là pour vous montrer qu’ici on saigne, on soigne, on guérit, on pleure, on meure. C’est pour cela que l’on baisse toujours la voix quand on parle dans un hôpital : la vie et la mort se côtoient, et se guettent et même la Grande Faucheuse épie carrément les simples visiteurs que nous sommes.

Dans la Côte d’Ivoire post bellum, cette cohabitation de ce qui donne la vie et de ce qui donne la mort est encore réelle malgré les incantations qui décorent le discours officiel. Ces lignes sur notre naïveté aussi thérapeutiques qu’elles peuvent être, résonnent encore de l’écho des cris, des peurs et des pleurs de ces cinq mois où nous y avons vraiment cru, où nous étions à deux doigts d’y arriver ! Eh Dieu ! Fantastique, le Dieu qu’évoquent les vainqueurs pour le remercier de ses merveilles ! Fidèle, le Dieu qu’invoquent les perdants et les perdus pour rappeler qu’il a le dernier mot. Comme s’il l’ignorait.

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La naiveté ivoirienne 03 : les bêtes sauvages ont voté

La naiveté ivoirienne 03Il est des mots lourds à prononcer. Mais la légèreté ou la convenance en politique veulent qu’après le rituel de la campagne de sensibilisation budgétivore, les chants sur la paix retrouvée, le discours du sous-préfet et les accolades télévisuelles, l’on puisse proclamer « Tout va bien maintenant » ! Naïveté, quand tu nous tiens !

Il est douloureux de dire « J’ai été naïf ». Pourtant la posologie de la trithérapie offerte par les vainqueurs-dialogue, vérité et réconciliation- suppose un aveu de sérologie positive. Comme avec le SIDA, on n’en parle pas en se frappant la poitrine. On a honte d’avoir été naïf et les paroles pleines de miel sur la « nouvelle Côte d’Ivoire » cachent mal le fiel des rugissements des nouveaux rois de la savane et de la forêt.

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La naiveté ivoirienne 02 : du popcorn à la licorne

La naiveté ivoirienne 02Notre voyage de guérison a commencé, plus coûteux et plus pénible que les pèlerinages réguliers qui alimentent des flux et reflux démographiques et financiers entre la Côte d’Ivoire et les camps de prière du Ghana et du Nigeria. Ce voyage vers une sorte de convalescence d’abord puis vers le bien-être peut-être se fait sous perfusion avec de l’espoir dans les ballons et avec les béquilles de la résignation, la peur au ventre et la mort dans l’âme, nous qui avions une attente quasi messianique de la Côte d’Ivoire iconique et bucolique de notre hymne national. La dignité n’a pas été relevée et nous marchons non pas comme de « fiers Ivoiriens » mais tête basse après une campagne électorale qui a eu la longueur d’un match de football avec prolongation et des tirs d’armes lourdes pour penalties !

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La naiveté ivoirienne 01 : je sais que vous n’allez pas aimer

La naiveté ivoirienne 01Nous sommes des millions à avoir tenu dans nos mains des manuels didactiques qui se proposaient de nous conduire vers la Terre Promise de l’anglais, de l’espagnol ou de quelque autre savoir moderne. Combien sommes-nous à avoir franchi les 40 étapes magiques qui étaient censées nous donner la nécessaire glossolalie que les recruteurs, impitoyables, recherchent dans nos CV et détectent dans les entretiens d’embauche.

Parlez-vous anglais? Nous sommes des millions à avoir, pour notre propre condamnation, bredouillé « small, small ».

Et voici donc qu’on nous propose un cours en 40 leçons sur la naïveté. S’agit-il vraiment de cela? Vous n’êtes pas naïfs pour croire qu’il existe des êtres humains soucieux d’améliorer leur niveau de naïveté!

Devenir plus naïf? LOL! Comme diraient les internautes. Bien sûr que non.

Ce petit parcours est une séance cathartique d’autodérision: rire de nos naïvetés pour en guérir définitivement. Inch Allah! Si le chat est là!

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Côte d’Ivoire : l’état des massacres

Civils "pro-Gbagbo" emprisonnés par les FRCI d'Alassane OuattaraVillages incendiés, habitants brûlés vifs, paysans traqués en brousse – par centaines. Et parfois plus: un millier lors de l’entrée des pro-Ouattara à Duékoué, à l’Ouest du pays. Crime de guerre ou crime contre l’humanité?

Mais aussi des quartiers entiers d’Abidjan pillés, des militants pro-Gbagbo assassinés tous les jours pour leur nom, leur âge, leur ethnie (l’ethnocide au Sud concerne en particulier les Bétés, Attiés et Guérés), par centaines, sans compter les torturés ou les liquidés de l’Hôtel du Golf, siège du nouveau pouvoir et base de ses escadrons de la mort.

Trois fois plus de morts – de 3000 à 5000 cadavres – pour les deux mois d’Alassane Ouattara, ce héros de l’Occident, que pendant les 10 ans de la gouvernance de Laurent Gbagbo! Où sont les humanitaires et leurs relais, les dénonciations politiques à Paris et les résolutions de l’ONU?

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Ce qu’il ne faut plus faire en Côte d’Ivoire

« Seul l’avenir est grand, parce qu’il est avenir, nous pouvons l’invoquer, nous pouvons le convoquer, nous pouvons le domestiquer, comme une bête féroce qui vient vers nous » – Joseph Ki-Zerbo

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Henri Konan BédiéI – À force de jouer avec le feu

Les dirigeants politiques ivoiriens ont conduits leur pays à la ruine plongeant leur peuple dans un désespoir sans nom qui laisse leur pays sans horizon. Cette guerre dont la Côte d’Ivoire fut le théâtre a affaibli l’immunité de la nation ivoirienne et provoqué dans ses murs les fissures à travers lesquelles vont s’engouffrer des vents porteurs de tempêtes qui peuvent provoquer l’explosion du pays.

C’est dans cet esprit qu’il faut confirmer l’inviolabilité de la Côte d’Ivoire, de sa souveraineté ainsi que de son indépendance. Cela passe par la restauration de l’unité du pays afin de prendre toutes les dispositions susceptibles de favoriser la reconstruction du pays et le retour des réfugiés dans les régions d’où la guerre les a expulsé.

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Libye : Abdoulaye Wade, pauvre imbécile !

Abdoulaye WadeConsternation, agacement et colère… saines m’envahissent au moment où j’écris ce petit billet. Le président Sénégalais, ce vieux croulant d’Abdoulaye Wade qui veut faire du Sénégal du président-poète Léopold Sédar Senghor une dynastie, est attendu ce jeudi [9 juin 2011] à Benghazi. C’est la première visite d’un Chef d’Etat étranger dans le fief de la rébellion libyenne. Il fallait bien sûr que ce soit cet imbécile. Le Sénégal qui serait sa propriété, avait reconnu fin mai le Conseil National de Transition (CNT), l’organe politique des renégats de Benghazi, comme seul représentant « légitime » de la Libye, comme l’ont fait la France, l’Italie, le Royaume-Uni, le Qatar, la Jordanie, Malte et l’Espagne. Tiens, un pays africain, la Gambie de Yahya Jammeh, l’idiot utile qui a refusé de reconnaître le nouveau pouvoir ivoirien d’Alassane Dramane Ouattara, l’a aussi fait. Et que dire du Qatar et de la Jordanie, des pays arabes ? Honteux !

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La face cachée du néocolonialisme : pays à vendre

La face cachée du néocolonialismeNéocolonialisme: tentatives d’une ex-puissance coloniale de maintenir par des moyens détournés ou cachés la domination économique ou culturelle sur ses anciennes colonies après leur indépendance.

Fondé sur des politiques commerciales, économiques et financières qui de facto permettent un contrôle des pays du tiers-monde, les anciennes puissances colonisatrices tentent par ces moyens d’y maintenir leur présence, notamment en ce qui concerne l’accès aux matières premières.

Par extension, le terme néocolonianisme est utilisé pour qualifier les politiques d’institutions financières internationales comme la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International ou le G8, qui, par leur choix d’accorder ou non des prêts ou des aides économiques, contraignent les pays pauvres à prendre des mesures structurelles qui accroissent la pauvreté tout en favorisant les intérêts financiers des pays riches et des multinationales.

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La stratégie de la diversion

Alassane Ouattara, Nicolas SarkozyElément primordial du contrat social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

Cette stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

« Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. »

1 – Le mensonge

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Comprendre la recolonisation française de la Côte d’Ivoire

Nicolas Sarkozy donnant son discours à Abidjan-Port Bouët en Mai 2011Une rétrospective rapide pour camper le cadre

Le 11 Avril 2011, le coup d’Etat le plus long de l’histoire des nations, entamé dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, trouve son épilogue avec la capture de M. Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises et sa remise entre les mains des rebelles auto-stoppeurs qui tentaient de le renverser depuis onze ans sans succès.

Le 5 Mai 2011, cinquante-six ans jour pour jour après la fameuse Conférence constitutive des Non-alignés de Bandoeng, M. Alassane Dramane Ouattara, chef de la rébellion, obtient aux forceps du Conseil Constitutionnel ivoirien – qui avait déjà investi et installé M. Laurent Gbagbo dans ses fonctions pour cinq ans! – sa proclamation au titre de cinquième président de la jeune République.

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Côte d’Ivoire : faut-il juger Sarkozy pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ?

« L’homme n’est pas ce qu’il cache. Il est ce qu’il fait. » – André Malraux

Nicolas Sarkozy et le sang africainHitler dit : « Homme, tu n’es qu’un numéro, et ce numéro s’appelle zéro ». Ouattara dit : « Gbagbo n’est rien ». Même vision du monde, même regard sur les hommes. Vision d’ailleurs partagée, dans une certaine mesure, par Napoléon bis, le paternel de Ouattara. Que dit en effet Sarkozy, puisque c’est de lui qu’il s’agit, que dit Sarkozy en attaquant la Côte d’Ivoire avec toute la brutalité et la bestialité de ses hélicos et chars ? Il dit que l’Afrique n’est rien, que l’Afrique n’est en définitive que son objet, un objet modelable et corvéable à merci, un objet sans volonté propre, appelé à se soumettre aux ultimes désirs de la France ! « La démocratie comme je l’entends ou le sang coulera ! » dit-il, en somme.

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Côte d’Ivoire : crimes d’État, terreur totale et silence complice des médias français

« Car il est des silences coupables, plus assassins qu’aucune parole, qu’aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d’alibi aux crimes contre l’humanité. » – Martin Niemöeller

Alassane OuattaraIl sera dit un jour que l’obscur Alassane Ouattara fut un homme qui a versé beaucoup de sang ivoirien. Il sera dit un jour que cet homme était en contrat, en alliance, et ce, depuis ses débuts, avec les pires ennemis de l’Afrique, les mitrailleurs et les renifleurs aux griffes de feu, les fauves renifleurs et avaleurs d’or et de diamant, de cuivre et d’uranium, de cacao et de café, de coton et de pétrole…

Il sera dit un jour qu’il y avait dans ce Ouattara-là une résonnance de ces hommes qui se battent non pas pour le triomphe d’un quelconque héroïque et majestueux principe, mais pour autre chose ; tout à fait autre chose.

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Après le Conseil Constitutionnel ivoirien : revenir à la raison

Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara« Libérez Gbagbo ! »
« On veut Gbagbo ! »
« Pas de négociations sans Gbagbo ! »
« C’est Gbagbo le président ! »
« Yao N’Dré est un traitre ! »

Que d’injonctions péremptoires et d’accusations virulentes sont entendues et lues ci et là depuis la capture de Laurent Gbagbo par l’armée française, sa remise aux troupes de Ouattara et sa séquestration illégale à Korhogo. Et l’arrêt rendu hier par le Conseil Constitutionnel, qui proclame Alassane Dramane Ouattara Président de la République de Côte d’Ivoire, n’est pas venu calmer l’intense vague de révolte qui anime les partisans de Laurent Gbagbo, qu’ils soient Ivoiriens ou pas, loin de là !

Mais si l’émotion suscitée par les événements auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée depuis plusieurs mois est compréhensible, il faut cependant savoir, à un moment donné, raison garder.

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Afrique : une liberté de la presse en danger de mort

La presse en dangerEn cherchant des données sur la « Journée mondiale de la liberté de la presse » sur internet, force est de constater que la palme du monopole des déclarations revient à la France et ses médias, ainsi qu’aux Nations-Unies. Les dictateurs locaux font aussi leurs guignolries, la part du lion difficile à dompter qui leur revient, de la couverture d’une des grandes mascarades de ce début du deuxième cinquantenaire des Indépendances néo-coloniales : une désinformation rampante et institutionnalisée dans les pays africains et dans le monde.

Après la récente et très grave dérive militaire néocoloniale en Côte d’Ivoire, largement soutenue par des médias clairement désinformants, et une presse française elle-même mise sous une pression inacceptable depuis l’accession de Sarkozy à la Présidence française, nous sommes en droit de nous interroger sur le destin toujours plus sombre de cette liberté de la presse violentée au quotidien en Afrique, et mise à mal plus gravement que jamais.

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Côte d’Ivoire : le piège d’une réconciliation factice

« I cannot be an optimist but I am a prisoner of hope. »
– Cornel West

Réconciliation ?La réconciliation nationale constitue, sans aucun doute, l’un des chapitres les plus controversés de la crise ivoirienne.

Après avoir été victime de négociations torpillées, de budgets surévalués, de gouvernements surpeuplés, d’accords politiques gangrenés, de célébrations ampoulées [1] et d’élections controversées, la réconciliation (qui, pour l’heure, n’a pas connu le moindre succès) réapparaît depuis “l’assaut final” du 11 avril 2011, aussi bien dans les discours officiels que les conversations populaires.

Les pro-Ouattara, heureux de leur ascension au sommet du volcan, s’y retrouvent enfin ; les pro-Gbagbo, amers devant la réalité du désappointement, y confient leur destin ; les officiers militaires, tétanisés par les effets de leur trahison, y voient leur lendemain ; les croyants, démoralisés par la pénible épreuve de foi, s’y estiment contraints.

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L’armée française ne gagne que contre les Nègres

Armée française au port d'Abidjan (avril 2011)[Laurent] Gbagbo, comme [Salvator] Allende dans le palais de la Moneda au Chili en 1973, encerclé par les valets de l’impérialisme français, est resté. Là où tout le monde se serait enfui, Gbagbo est resté ! Avec sa femme, ses enfants et sa mère ! Parce qu’il est le seul président reconnu par la Constitution ivoirienne, parce qu’il n’a pas un appartement qui l’attend à Londres, à New York ou à Paris. Et pourquoi risquer l’arrestation s’il avait des milliards dans les banques suisses ? Il est resté pour vivre jusqu’au bout La Tragédie du Roi Christophe, et pour qu’enfin “le masque tombe” et que l’on découvre [Alassane] Ouattara, l’homme qui arrive au pouvoir dans un char français ; le président de l’ONU, celui qui comme sa femme est un étranger à la solde des puissances de l’extérieur. Car qui d’autre qu’un étranger, plutôt que de procéder au recompte des voix que Gbagbo appelait de tous ses vœux, aurait fait appel à une armée de mercenaires pour tirer sur son peuple ?!

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Côte d’Ivoire : l’hiver colonial

« Le retour “décomplexé” de l’impérialisme français, avec son maître nord-américain en embuscade, place les Ivoiriens et les populations d’Afrique face à un devoir de lucidité. »

Hiver colonial français en Côte d'IvoireAprès une semaine de bombardements sur Abidjan et le massacre de milliers de civils, l’État français a capturé Laurent Gbagbo. L’objectif est immuable: contrôler ce pays pétrolier par l’imposition d’une pseudo-démocratie acquise à la spoliation de son riche sous-sol au profit de l’Occident.

Se cachant derrière des Nations Unies à la solde des Etats-Unis, le shérif français a revalidé un vieux concept nord-américain: la démocratie s’impose de l’extérieur. A coups de trucages électoraux, de propagande médiatique et de missiles dernier cri! Par ses crimes de guerre en Afrique, la France de Sarkozy est définitivement entrée dans l’Histoire. Comme une puissance coloniale névrosée qui s’accroche “à son rang”, en écrasant dans le sang toute velléité d’indépendance…

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La faim du silence

Une contribution de Ange Kassi

Operation Licorne en Côte d'IvoireSilence, on tue sous mandat
crimes sous mandat jugés dans le silence
Le prix de la démocratie
achetée en sang de peuples
qui ont cru au vote
qui ont pensé au recomptage comme dans toute dispute électorale
Mais
A quoi bon ?
quand leur sang vaut mieux que la vérité
Ils ont donné leur vie
au rythme des obus et des balles
pour que leur âme qui s’élève regarde
du haut
le fruit de leur labeur souillé et spolié
« Mieux vaut chercher un refuge en l’Eternel
que de se confier en l’homme »
1975 n’est pas une année
c’est un viol de la liberté
Qui tue ?
ce silence qui protège les civils en tuant
Ironie de cette protection silencieuse ponctuée de derniers gémissements
plus forts que le bruit des obus et des balles
Mais
1994 n’est pas 2011
2011 est un silence assourdissant
les bottes de la vérité sont aux portes
quand la vérité se présentera
je me demande ce qu’ils diront
car même la honte ne sera plus là pour les recouvrir
les rois ne seront pas nus
car nus, ils le sont

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Ave Gbagbo ! Ceux qui t’ont vu partir te saluent…

Laurent GbagboD’aucuns ne comprennent pas qu’en plein XXIème siècle, il se trouve encore des Africains pour douter de la profondeur de l’amitié franco-africaine. L’amour que la France nourrit pour l’Afrique est pour le meilleur et pour le pire. Seules les “mauvaises langues” persistent à s’imaginer que dans cet attelage, la France s’arroge le meilleur en confinant l’Afrique au pire. Mais peut-être vaut-il mieux pécher par lucidité que par imbécillité. La Cote d’Ivoire donne en effet la pleine mesure de l’immense amour que la France des libertés, de la fraternité et de l’égalité nourrit pour l’Afrique : un amour un peu écarlate, il est vrai. Mais le rouge vif des roses ne symbolise-t-il pas l’éclat de l’amour qu’on témoigne à l’objet aimé ?

L’amour de la France pour l’Afrique est donc si rouge et si vif qu’il se confirme comme un amour négrophage, si carnassier qu’il fait de la France une grande puissance hémophage.

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Ouattarakozy

Nicolas Sarkozy et Alassane OuattaraLes hommes politiques, les hautes instances qui ont élu dans leurs urnes onusiennes Alassane Ouattara, sont comptables désormais du comportement criminel des troupes du premier chef d’état élu, en toute indépendance coloniale, par la communauté internationale. Le premier éjecteur étant, allez savoir pourquoi, Nicolas Sarkozy !

L’avenir, dont les indiscrétions percent toujours les plus épais silences nous révélera peut-être, une nuit sombre d’aveux, les raisons de cette affection fraternelle pour le général en chef des « dozos », ces chasseurs traditionnels du nord, qui ne ratent jamais le gibier.

Sans prendre parti, ni pour l’élu de l’intérieur, ni pour l’élu de l’extérieur, les saints étant rarement au pouvoir, on ne peut ignorer les cadavres des mille morts de Duékoué, les populations massacrées, jetées dans les puits, la fusillade le dimanche 3 avril, de dix fuyards, blottis dans la cathédrale San Pedro, l’incendie des villages du ministre Blé Goudé et du footballeur Didier Drogba, l’assassinat de Philippe Remond, professeur, français, et ami de Gbagbo, mort pour cette seule raison.

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Vous avez aimé Lumumba ou Sankara ? Vous allez adorer la fin de Gbagbo !

Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Laurent GbagboComment dirait mon amie Calixthe Béyala, il est légitime que des leaders africains veuillent un peu plus d’argent pour les Peuples Africains. Alors oui, la démocratie au canon va peut-être marcher dans un premier temps en Côte d’Ivoire (encore faudrait-il avoir un soutien populaire sans faille) !

Lumumba est mort, Mobutu est arrivé et le Congo Kinshassa n’est pas devenu le géant économique dont l’Afrique aurait grandement eu besoin en son centre névralgique. Sankara éliminé au Burkina Faso, Compaoré a lancé une forme de libéralisation de l’économie du Faso dont les fruits ne sont peut-être pas si manifestes en tous cas, pas assez et voilà la soldatesque qu’on ne voyait plus dans les rues de Ouagadougou arpenter la capitale du pays des hommes intègres.

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9 bonnes façons de tuer un Ivoirien

IvoiriensL’Ivoirien, c’est cette espère rare, teigneuse, têtue, tenace, d’une franchise insolente, difficile à comprendre et à apprivoiser, qui n’aime pas vivre en cage et adore les grands rassemblements.

Pour pouvoir abattre cette espèce dangereuse qui tend à contaminer tout ceux qui l’approche de sa fièvre de liberté, voici 9 bonnes façons d’agir sans trop prendre de risque et sans trop se salir les mains.

1- FERMEZ LEURS BANQUES

C’est connu, les plus grandes vertus de l’homme ne résiste pas à la pauvreté. Comment se rebeller quand on a faim, soif et que tout est inaccessible par manque d’argent? Un ivoirien pauvre, est un ivoirien à moitié mort…mais certains ont suffisamment d’argent cachés sous leur lit, dans un canari ou dans un coffre fort, donc il en restera toujours.

2- BLOQUEZ LES PRODUITS PÉTROLIERS

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Sarkozy en “racaille” de guerre, passe la Côte d’Ivoire au Karsher sans mandat de l’ONU

Nicolas SarkozyAujourd’hui, en Côte d’Ivoire, Nicolas Sakozy a mis en œuvre une forme de “solution finale”, en écho à son fameux Discours de Dakar de 2007 sur « l’Homme africain n’st pas assez renré dans l’Histoire ». Demain, Sarkozy doit faire un discours sur Césaire, grand défenseur du Peuple Noir au Panthéon, alors qu’il donne du canon contre l’armée ivoirienne à Abidjan. Césaire doit se retourner dans sa tombe !? Et les soi-disant “hommes et femmes d’Etat africains” se terrent, même au Gabon. Aucune réaction de Mamboundou, de Ping ou de Mba Obame. C’est dire !? Que sont les grandes figures de nos pays, devenues ? L’argent et le pouvoir ne suffisent pas, comme nous l’a montré Mandela.

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Les vraies raisons de la guerre de l’Occident contre la Libye et son impact en Afrique

La guerre en LybieA) LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE EN LIBYE

1) Premier satellite Africain RASCOM 1

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes: assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance. Pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio Wimax.

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Abidjan brûle t-il ? Alassane Ouattara et la méthode Malaparte contre Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraQui dirige la guerre civile contre le régime de Laurent Gbagbo? Peut-être faudrait-il dire Guillaume Soro, tant l’option militaire lui reste assignée, dans un jeu de rôle peut être réglé avec son mentor et “Président”, Alassane Dramane Ouattara, si ce n’est le nouveau “Général” Ibrahim Coulibaly (ex-garde du corps de Ouattara et éphémère leader de la rébellion) selon la dernière rumeur? Ou bien faut-il mettre aussi en ligne l’ONUCI et surtout la Force Licorne? Tant certaines techniques de guérilla urbaine se trouvent alliées visiblement à cette vieille tradition de la “guerre révolutionnaire”, tout ce savoir pratique sur les émeutes et comment les réprimer, le contrôle des communautés villageoises et le perpétuel renseignement, lié via l’Infanterie de Marine, à la tradition coloniale la plus classique, considérons donc Ouattara comme un emblème, le Signifiant d’un “intellectuel collectif” et voyons comment il applique la théorie à la chose militaire.

Alassane Ouattara et la conquête du pouvoir

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La crise ivoirienne ou le prélude de la guerre Chine contre Occident en Afrique

La Chine contre l'Occident en Afrique?Depuis le début de la crise ivoirienne, tout et son contraire ou presque ont été dits. Les Occidentaux soutiennent presque tous M. Ouattara (qu’ils appellent “Président élu”), alors que les Africains soutiennent presque tous le président sortant Gbagbo (qu’ils désignent par “Président Réélu”). Au-delà des choix partisans pour l’un ou l’autre (…), il est intéressant de constater qu’il y a une autre bataille, celle-là à distance, qui est en train de se jouer entre la Chine et l’Occident en Côte d’Ivoire. A travers des appuis militaires directs ou indirects…

L’Occident défend une vieille idée de l’Afrique dans laquelle il contrôle tout à travers ses hommes de mains et s’accommodent volontiers d’une misère de masse. La Chine est celle qui veut changer la donne et faire de l’Afrique la vitrine de sa puissance économique et militaire hors d’Asie. Ce qui froisse fortement l’Union Européenne et les Etas-Unis. Mais ces derniers ont-ils la force et l’énergie pour résister longtemps au rouleau compresseur chinois qui a malencontreusement décidé de faire de l’Afrique un des piliers de sa superpuissance en construction ? Exactement comme les Etats-Unis avaient fait de l’Europe il y a 66 ans ?

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La Côte d’Ivoire à travers le prisme occidental

Guy LabertitAvant la réunion au sommet de l’Union Africaine qui doit définir, le 10 mars, les mesures contraignantes qui seront mises en œuvre pour une sortie politique de la crise post électorale en Côte d’Ivoire, quelques rappels s’imposent pour mieux comprendre pourquoi une simple élection présidentielle dans un Etat d’Afrique suscite l’engagement déterminé de la France, des Etats-Unis et du monde occidental en faveur d’un candidat Alassane Ouattara, son adversaire Laurent Gbagbo étant diabolisé par les mêmes. Ce dernier peut compter sur les Etats africains les plus puissants de l’espace non francophone, à l’image de l’Afrique du Sud et de l’Angola, mais à la notoire exception du Nigéria dans l’orbite de Washington. La Russie et dans une moindre mesure la Chine traînent le plus souvent des pieds à l’ONU.

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Côte d’Ivoire : la logique de l’absurde ?

L’interdiction temporaire annoncée par Ouattara de l’exportation de cacao va faire surtout l’affaire des spéculateurs, notamment la société Armajaro qui a acquis, en juillet 2010, 20% de la production ivoirienne et 15 % des stocks mondiaux. Cette société a investi 1 milliard de dollars et en tirera un profit substantiel à la suite de cette décision de Ouattara, dont le beau-fils, Loïc Folloroux, 35 ans, n’est autre que le directeur Afrique.

Peirre SanéLe scénario du pire, l’intervention armée de l’extérieur, ayant semble-t-il été écarté, voici que se déploie sans peur des contradictions la stratégie de l’absurde.

On nous promet un “étouffement économique et financier” de la Côte d’Ivoire: interdiction d’exportation du cacao, interdiction faite aux banques de “coopérer” avec le régime de Laurent Gbagbo, interdiction de paiement des salaires des fonctionnaires et des soldats, gel des avoirs d’individus et de sociétés nationales et privées, restrictions de déplacements, autant d’actions à la légalité pour le moins douteuse.

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Restitution d’avoirs volés à l’Afrique : quelle justice pour quelle efficacité ?

AfriqueSuite aux révélations sur les avoirs volés de Hosni Moubarak (70 milliards de dollars) et Ben Ali (5 milliards de dollars), des autorités gouvernementales et judiciaires occidentales, notamment, vont devoir réagir dès lors que la question de restitution leur sera posée. C’est une politique de remédiation qui, jusqu’ici, reste très en dessous des attentes au regard de la suite réservée dans le passé aux affaires du même acabit. Il serait inexact de ne pas reconnaître que la grammaire des réformes du système financier international ne cesse de grossir pour faire face aux phénomènes de blanchiment, d’évasion fiscale et de recel des deniers publics détournés. Mais quel que soit le sens de la réflexion à ce sujet, il s’ensuit qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire pour transformer ce système qui fait rituellement recours à la justice réparatrice, au demeurant, injuste et inefficace pour ce volet précis.

Déni de justice réparatrice

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Propagande, mensonge, intox : qui va se négliger ?

« En politique, on ne flétrit le mensonge d’hier que pour flatter le mensonge d’aujourd’hui. » – Jean Rostand

Laurent GbagboÀ la guerre comme à la guerre !

Cette maxime du XVIIIe siècle illustre parfaitement la dérive propagandiste qui s’allie au nombrilisme politique et à l’asphyxie économique pour terroriser le peuple ivoirien en 2011.

On connait déjà le leitmotiv des grands médias occidentaux : Laurent Gbagbo est l’unique cause de la crise ivoirienne ; Alassane Ouattara en est l’unique victime. Ce parti-pris purement fantaisiste et délibérément subjectif est la face visible de la stratégie de défense des intérêts françafricains auxquels l’Élysée s’accroche désespérément. Depuis la “Choitification” des élections en Novembre 2010, cette stratégie, savamment orchestrée, connait son apogée avec le lynchage médiatique initié par la cohorte Agence France Presse, Radio France International et France 24 et ses satellites à travers le monde, qui se sont érigés en médias pro-Ouattara.

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Le spectre de la guerre civile en Libye : des dominos au chaos

Mouammar Kadhafi Selon la “doxa“, les Etats riches en pétrole et faiblement peuplés devaient rester en marge des révoltes arabes qui secouent le Grand Moyen-Orient. L’insurrection en Libye et le risque d’une guerre civile invalident la thèse. Le cours des événements remet en cause l’absurde scénario d’un Kadhafi repenti et la chute de ce régime, voire le déchirement de la Libye, interpellent les Etats européens. Leurs dirigeants, les opinions publiques aussi, doivent rompre avec le pavlovisme linguistique pour préempter les logiques de chaos qui menacent en Méditerranée.

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En Afrique, tous les chemins mènent à la liberté

Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Henri Konan BédiéSur le continent africain, la démocratie a cruellement besoin d’être approfondie au-delà d’élections multipartites périodiques. La crise post électorale en Côte d’Ivoire enseigne, une nouvelle fois, que le suffrage universel n’est qu’une forme superficielle de la démocratie.

En effet, les élections attendues depuis 6 ans, présentées comme le sésame de la paix n’ont conduit qu’à la confusion d’une situation inédite au monde réunissant deux présidents de la république qui s’affrontent. Chacun ayant à son actif des irrégularités. Chacun ayant des raisons de croire qu’il est sorti vainqueur des urnes. Aucun n’ayant la mesure de sa responsabilité dans une situation qui est avant tout préjudiciable aux populations. Les orgueils figent le dialogue à demain, lorsque le nombre croissant de morts pourra susciter un flash d’humilité de la part de ces dirigeants qui oublient qu’ils ne sont que les serviteurs des populations qu’ils oppriment.

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La France ne comprend plus l’Afrique

Nicolas Sarkozy, Président françaisLa chute brutale de Ben Ali a provoqué la stupeur dans tout le Maghreb. Son départ en catastrophe le 14 janvier dans un avion à destination de l’Arabie saoudite a tout autant étonné. Les moins surpris par cette «révolution du jasmin» n’ont pas été les autorités françaises —alors que la France est sensée est une très grande connaisseuse des réalités tunisiennes.

Plus de 1.000 entreprises françaises sont installées à Tunis et 25.000 Français vivent dans cet ancien protectorat où un million de Français prennent chaque année des vacances. Et pourtant, il semble bien que la France n’ait rien vu venir du ras-le-bol populaire face à un président au pouvoir sans partage depuis 23 ans. Véritable dictature dans laquelle les journalistes tunisiens et étrangers étaient empêchés d’exercer leur profession et toute la population bâillonnée, sans que cela gêne outre mesure les dirigeants français. De Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, ils ne manquaient jamais de faire l’éloge du «modèle tunisien», de cette «belle démocratie» où l’opposition avait été brisée (seuls les partis aux ordres avaient le droit à une existence légale; ainsi, il était sûr d’être réélu avec 90% des suffrages lors de chaque présidentielle, les autres candidats ayant fréquemment la sagesse d’appeler à voter pour Ben Ali), et où, en 2002, Ben Ali avait ouvert la voie à une présidence à vie.

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A stand against a UN-backed war in the Ivory Coast

The United Nations are unfair!In the tripolarization of the Ivory Coast’s political landscape between former president Henri Konan Bédié, former prime minister Alassane Dramane Ouattara, and sitting president Laurent Gbagbo, the general opinion’s flawed tendency to perceive either one of these individuals as half-gods holding the miraculous key to peace and 3-meals-a-day for the 21-million-strong population of the West African country has morphed from an amusing farce to a severe impediment to the peaceful resolution of the post-electoral deadlock and, by extension, of the 20-year crisis the country has been enduring.

This vasly erroneous perception, compounded by acute pressures from powerful neo-colonialist interests (namely from France and the peon institutions it manipulates, i.e. the United Nations Security Council and the ECOWAS), fuels the dangerous escalation of the Ivorian crisis while simultaneously misguiding their strategic allocation of diplomatic influence in the direction of an all-out civil war.

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Crise ivoirienne : Georges Soros, membre occulte de la nébuleuse ?

“La démocratie et la société ouverte ne peuvent être imposées que de l’extérieur, parce que le principe de souveraineté fait obstacle à l’ingérence extérieure. (…) Certes, il est difficile de s’ingérer dans les affaires intérieures de pays souverains, mais il est important de reconnaître le problème.” – Georges Soros

Georges SorosLe conflit post-électoral [que connait] la Côte d’Ivoire dépasse largement le microcosme politique ivoirien, [à en croire certaines analyses]. On connaît les amitiés internationales d’Alassane Ouattara dont Dominique Strauss-Kahn, Nicolas Sarkozy et tout le gratin politique français. Il ne faudrait cependant pas oublier un nom très peu évoqué dans le dossier ivoirien: George Soros, multimilliardaire américain né en Hongrie en 1930 et chantre de la globalisation, dont la fortune est issue de manœuvres spéculatives.

Selon La Lettre du Continent du 25 novembre 2010, relatif au financement de la campagne [d’Alassane Ouattara à la présidentielle ivoirienne]:

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La Françafrique, un documentaire aseptisé ?

Le documentaire en apparence “sulfureux” fait finalement la part belle aux promesses de rupture du président Sarkozy, reprises en cœur avec Ali Bongo et participe finalement d’une occultation assez convenue de l’actualité de l’impérialisme français en Afrique.

La FrançafriqueLes 2 et 9 décembre 2010, pour la première fois, la diffusion d’un documentaire spécifiquement axé sur la Françafrique était largement médiatisée. Malgré l’horaire tardif de diffusion (23h10 en France), nombre de téléspectateurs ont ainsi pu découvrir sur France 2 des images et des témoignages sidérants sur le rôle de la France dans ses ex-colonies à partir de 1960. On peut toutefois craindre l’effet de ces deux films de Patrick Benquet sur la perception de la politique actuelle de la France en Afrique.

Une Françafrique indolore

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Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances baffouées ?

Gaston KelmanVous me connaissez. Je n’ai jamais été ni le céroféraire ni le thuriféraire d’un afrocentrisme militant, parce que tous les centrismes sont naïfs, et nocifs, et stériles. Je n’ai jamais supporté une Afrique tournée vers un passé qui ne se concevrait que dans l’âge d’or des pyramides ou l’âge de cendres de la colonisation et de l’esclavage. J’ai pu – ou su – crier à Douala que la France ne devait rien au Cameroun quand on se placerait sous cet éclairage des relations passées. Avec Frantz Fanon, j’ai dit que je n’étais pas prisonnier de l’histoire, que je n’y cherchais pas un sens à ma destinée. J’ai toujours brandi le Hic et Nunc comme la règle, l’équerre et le compas qui traçaient les lignes de ma conduite et de ma relation à autrui. C’est ce Hic et Nunc qui m’autorise aujourd’hui à dire avec Aimé Césaire «fin à ce scandale» mais aussi «this scandal must be put to an end», pour me faire comprendre du maître de l’Outre-Atlantique ; à ne pas rester sourd à tant de souffrance et de dignité bafouées ; à me demander – pure question de rhétorique – quelle position aurait prise le défenseur de la liberté, de la justice et de l’Algérie meurtrie, Frantz Fanon?

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Des dictateurs trop peu inquiétés

Les Présidents Chirac (France) et Compaoré (Burkina Faso) en 2004Il va de soi que les grands textes internationaux, comme la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme ou le Pacte des droits économiques, sociaux et culturels doivent être respectés par tous les pays les ayant ratifiés. Pourtant, force est de constater de grandes disparités entre les traitements réservés à des dirigeants comme Zine el-Abidine Ben Ali, Jean-Claude Duvalier, Thomas Sankara ou Patrice Lumumba.

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Comment asphyxier l’économie ivoirienne

Alassane OuattaraLa crise politique ivoirienne vient de mettre à jour son système d’exploitation du peuple, en adjoignant à la propagande médiatique et à la menace militaire, l’artillerie financière. Alassane Ouattara, inspiré par la récente décision d’une Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) franchement pathétique [1], ne lésine pas sur la recette. À l’image de ce bon vieux Gargamel, il sait comment introduire les épices politiques existantes, pincer le nerf de la guerre, le voir s’enfler, puis le laisser exploser, à la barbe d’un schtroumpf Gbagbo abasourdi.

La position de l’UEMOA est hara-kiri et dénuée de la plus mineure des acuités économiques, vu le poids de la Côte d’Ivoire dans l’union. Et Ouattara le sait parfaitement [2]. Seulement, en maniant avec dextérité le “béssé” [3] financier, il tente de porter un coup fatal à son “frère Laurent”. Pour ce faire, il cloisonne la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et désorganise le système hautement crucial de la compensation bancaire, nécessaire au transfert de fonds et au maintien de l’équilibre débit-crédit, d’une banque à une autre.

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Côte d’Ivoire : la démocratie au bazooka ?

Une contribution d’Achille Mbembe et Célestin Monga

Dans les conditions actuelles où l’on est sommé de choisir une partie contre l’autre selon l’impératif de la lutte à mort, il est difficile de dire quoi que ce soit sur la crise ivoirienne, ses causes historiques, ses significations pour l’Afrique postcoloniale, les modalités de sa possible résolution et ses conséquences sur l’équilibre de la sous-région sans susciter un déchaînement incontrôlé de passions, voire la violence des partisans des deux camps.

Achille MbembeRaison et vociférations

Il est pourtant impératif d’apporter autant de clarté que possible sur ses enjeux ; de chercher à entendre raison, au-delà des tragiques événements au cours desquels des civils déjà fort appauvris perdent la vie dans des combats de rue, pendant que les chefs des factions bénéficient de protection et jouissent de toutes sortes d’immunités.

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Au-delà de Gbagbo : l’Afrique

L’Union européenne fait la force coloniale. La France, qui a perdu la cote mais tient tant à l’ivoire, fait du braconnage politique

Afrique« La vraie passion du XXème siècle, c’est la servitude », écrit Camus à propos de notre époque, laquelle « n’offre à choisir que des conformismes ». Or comme toute passion, celle de la servitude est souffrance et produit doublement des patients, soit qu’on s’acharne à asservir les autres, soit qu’on se résigne à l’asservissement. L’on ne s’étonnera sans doute plus que les nations qui se sont autoproclamées propriétaires du monde, et qui de ce fait expriment bien de la souffrance, s’activent, à leur insu parfois, à produire de la souffrance en multipliant des risques de servitude génocidaire chaque fois que leurs intérêts sont interpellés.

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Lettre ouverte aux juristes africains

Lettre ouverte aux juristes africains pour protester contre la violation caractérisée de la souveraineté de l’Etat de Côte d’Ivoire et pour l’honneur de l’Afrique.

Mesdames et Messieurs les Juristes du Continent africain, Chers Collègues,

Comme vous tous, j’ai constaté avec amertume et consternation les critiques ouvertement formulées par un fonctionnaire des Nations Unies et le Chef de l’Etat français à peine une heure après son prononcé à l’encontre d’une décision judiciaire rendue par le Conseil Constitutionnel de l’Etat souverain de Côte d’Ivoire.

Sans prendre partie le moins du monde en faveur ni contre la décision du Conseil Constitutionnel, de la CEI, de l’un ou l’autre des candidats ivoiriens, il est de notre devoir de relever:

1°/ qu’il n’appartient pas à un fonctionnaire d’une organisation internationale ni à un Chef d’Etat étranger de considérer comme quantité négligeable la décision prise par une instance judiciaire d’un Etat indépendant ;

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La mort de Laurent Gbagbo : pouvions-nous faire autrement ?

Laurent GbagboIl n’est pas question de politique fiction. Il ne s’agit pas non plus de revenir sur le contentieux électoral en Côte d’Ivoire. D’autres l’ont déjà fait ici ou ailleurs. Il est question du sort d’un pays, la Côte d’Ivoire et au-delà d’un continent, l’Afrique.

« A mes enfants que je laisse et que je ne verrai plus, je voudrais dire que l’avenir du Congo est beau. J’attends de vous, comme de tous les Congolais, d’accomplir votre devoir sacré. »

Cette dernière lettre de Patrice Lumumba, écrite dans la province de Katanga, quelques heures avant son exécution, nous parvient cinquante ans plus tard.

Elle nous interpelle, non pas parce que le projet d’assassinat de Lumumba fut rédigé par la Belgique et les Etats-Unis, avec la complicité des Nations unies, mais parce qu’il fut exécuté par des Congolais, des Africains.

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Côte d’Ivoire : l’absence de vision politique responsable du chaos

Laurent GbagboLe 2 mai 2010, à la clôture de la fête de la liberté organisée par le Front Populaire Ivoirien (FPI), le Président Gbagbo a prononcé un discours dont un passage ne manquait pas d’interpeller. En effet, il affirmait que la vision en politique ne servait à rien car la politique, selon lui « c’est mettre le pied droit devant le pied gauche, puis le pied gauche devant le pied droit et ainsi de suite ». Les militants du FPI répétaient alors en cœur « le pied droit devant le pied gauche puis le pied gauche devant le pied droit ». Cette bonne humeur dissimulait pourtant une faille importante dans les choix de leur leader. Le fait de naviguer à vue a contribué à conduire le pays dans la violence et l’enlisement consécutifs à un processus électoral bâclé alors même que le thème de la 20ème fête de la liberté était : « Gagner les élections pour une Côte d’Ivoire libre indépendante et souveraine. »

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Côte d’Ivoire : Choi révèle avoir subi des pressions du camp Ouattara…

Cette vidéo, en anglais, est un briefing de M. Young-Jin Choi, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire et patron de l’ONUCI, en date du 18 janvier 2011, devant la presse internationale, représentée par les organes suivants: Top Radio News Service, National Press, The Wall Street Journal, Associated Press et BBC. M. Choi est dans la polémique pour avoir certifié les résultats à l’élection présidentielle ivoirienne et donné le candidat du RHDP, M. Alassane Ouattara, vainqueur, ce que conteste le camp de M. Laurent Gbagbo.

Chronologie des révélations de M. Choi :

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Côte d’Ivoire : politologie d’une rébellion

Guillaume SoroRésumé : A la suite de travaux sur la “guerre nomade” ouest-africaine, on s’interroge ici sur la sociologie politique d’un mouvement rebelle, entre ethnicité et internationalisation. Quels écarts entre les pratiques de violence discontinue envers les civils et les discours anti-discriminations, entre épuration ethnique larvée et positions révolutionnaires ? L’étude des strates successives du mouvement rebelle, des clans et groupes qui le composent aboutit à un “diagramme de pouvoirs” qui va des communautés locales aux alliances avec les pays voisins et aux soutiens occidentaux. Mais un approfondissement de la genèse du mouvement montre en fait certains caractères “post-modernes” de telles rebellions, où la sympathie plus ou moins manipulée de médias étrangers aboutit, via un sigle au début largement artificiel (MPCI), à une véritable co-création d’un mouvement politico-militaire, dont militaires, politiques et humanitaires occidentaux se sont emparés sans recul critique – notamment en refusant de connaître l’”idéologie mandingue”, symétrique de “l’ivoirité” et justifiant par avance une violence conquérante. C’est aussi l’occasion, en termes foucaldiens, de jauger la « gouvernance par la violence » de la zone rebelle, mais aussi sa gouvernementalité : en termes d’informalisation des trafics en tous genres, de résistance des communautés villageoises, de persistance des factions militaires sous-tendues par les clivages de l’ethnicité ; enfin d’analyser les dilemmes politiques du mouvement rebelle, entre création d’un proto-Etat peu viable (ou son rattachement au Burkina), et ralliement – moyennant compensations -au processus de réintégration nationale, de désarmement et de participation au processus électoral. Analyse disponible en intégralité sur “Culture et Conflits” Politologie d’une rébellion. Une “gouvernance par la violence” au Nord de la Côte d’Ivoire ?

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Laurent Gbagbo ou la naïveté en politique

I – Introduction

Laurent GbagboObservateur attentif de la crise ivoirienne, nous sommes de ceux qui ne sont pas allés à la soupe frontiste du Gbagboïsme, ni à celle du Bédiéïsme liquéfié et encore très moins à celle de l’Alassanïsme triomphant, dont les amitiés extérieures sabrent déjà le champagne de la victoire.

Pour n’avoir appelé à voter pour aucun des protagonistes de la crise ivoirienne, nous sommes moralement à l’aise pour exprimer nos doutes, notre méfiance et bien sûr notre avis sur chaque acteur politique dont les actes concernent la survie et l’existence de la Côte d’Ivoire ainsi que celle du peuple ivoirien.

Sans être l’un de ses courtisans, nous pouvons dire qu’il y a longtemps que nous observons Mr Laurent Gbagbo et sa refondation frontiste du FPI. Ce qui nous frappe en premier dans cette tragédie ivoirienne qui est aussi la sienne, c’est la conjugaison des imprévoyances qui ont conduit la Côte d’Ivoire et les ivoiriens au bord du gouffre.

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L’ONU recolonise l’Afrique

OnuciPauvre Afrique, hier, on lui imposait ses dictateurs, aujourd’hui, on lui choisit ses “démocrates”. Les rappeurs, ces Prévert des nouveaux temps, viennent d’inventer un néologisme qui fait fureur d’un bout à l’autre du continent : la démocrature. Entendez, ce système hybride (le visage de la démocratie, le corps diabolique de la dictature) qui a le don de déchaîner les passions et d’ajouter à la confusion.

Qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire, qui les a perdues en Guinée ? Cette question qui a l’air d’embraser l’univers n’a aucun sens dans les faubourgs de Conakry et d’Abidjan où, bon an, mal an, la vie politique n’aura jamais qu’un seul régime, la disette, et une seule loi : “tout ce qui n’est pas obligatoire est interdit”, pour reprendre le fameux mot de Léon Campo. Là-bas, on préfère d’expérience les mauvaises élections aux guerres civiles bien réussies. Mieux vaut encore Bokassa et Mobutu que les drames du Liberia ou de la Sierra Leone ! La bête humaine s’habitue à l’enfer du despotisme, certainement pas aux massacres à la rwandaise !

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Les élections de Côte d’Ivoire : chronique d’un échec annoncé

Peirre SanéCe devait être des élections qui allaient permettre de mettre fin à la crise, de tourner enfin la page du legs de Félix Houphouët-Boigny et d’engager la Côte d’Ivoire sur le chemin de la paix et du développement. Cela aura été en tous les cas les élections africaines les plus longuement et méticuleusement préparées qui ont impliqué depuis les accords de Marcoussis en janvier 2003 (1) un nombre impressionnant d’acteurs : le pouvoir, la rébellion armée, les partis politiques ivoiriens, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine, la France, l’Union européenne, la Francophonie, les Nations Unies sans oublier les médiateurs successifs (le Togolais Gnassingbé Eyadema, le Sud-africain Thabo Mbeki et le Burkinabè Blaise Compaoré…).

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De la fracture sociale à la fraternité nationale

« Parle — Mais ne sépare pas le Non du Oui. Donne à ta parole aussi le sens : donne-lui l’ombre […]. Il parle Vrai, celui qui dit l’Ombre. » – Paul Celan

Les armoiries de la Côte d'IvoireLa crise politico-militaire, débutée en 1999 avec le coup d’état qui a ôté du pouvoir Henri Konan Bédié, aura été la face visible d’une déchirure profonde entre les différentes classes sociales ivoiriennes.

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