Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d’Ivoire

Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d'IvoireLe lynchage médiatique de la Côte d’Ivoire exécuté pendant plus d’une décennie par le système médiatique français est un succès. L’opinion publique internationale, robotisée et culturellement prédisposée à s’enivrer des mensonges de ses dirigeants, est rapidement gagnée. Dans le même temps, l’histoire sociopolitique d’un pays pauvre très endetté d’Afrique subsaharienne est méticuleusement réécrite avec un souhait : que les Ivoiriens plient l’échine et acquiescent.

Cet ouvrage sans faux-fuyants explique la géostratégie racialiste qui se tient derrière l’assaut des médias colons et dévoile l’hypocrisie du mondialisme avare, prédateur et appauvrissant qui le sous-tend. Le jeu trouble des acteurs politiques ivoiriens se dévoile lui aussi nettement. Seules alternatives : une prise de conscience individuelle et collective et un plan de riposte concret jusqu’à la rupture totale avec l’ordre dominant.

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Ouattara, Soro : professez le pardon

Alassane Ouattara et Guillaume SoroIl est un peu tard pour le pardon ; voilà des mois que nous suivons Charles Konan Banny, avec sa Commission réconciliation et vérité ; malgré une scène touchante retransmise sur grand écran, ou l’on voit cet ancien Premier ministre s’agenouiller devant la caméra pour demander pardon, mais en tournant le dos au public duquel il attend ce pardon… Puis nous avons vu Ouattara projeter les phares sur l’Ouest, ce pays meurtri, et encourager les populations à tourner la page et à pardonner, mais sans s’impliquer lui-même, sans être concerné… Et maintenant place à Soro, qui le jour de l’ouverture du Parlement, nous joue son couplet du pénitent, humble et humain à souhait.

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Gouvernance de Ouattara : autant en emporte la bêtise

Adama Toungara et Alassane OuattaraAlors que les populations ivoiriennes sont encore en proie à des délestages dans plusieurs zones du pays, le gouvernement de Alassane Ouattara, par la voix de son ministre de l’Énergie Adama Toungara, se joue de la souffrance des Ivoiriens.

Dans une récente déclaration, ce dernier a tenté de justifier les jours difficiles qui attendent les Ivoiriens et, par la même occasion, a dédouané son mentor de toute responsabilité, le présentant plutôt comme “Super Ouattara”, l’homme qui, en moins d’un an, a fait de la Côte d’Ivoire un havre de paix, de joie et de bonheur parfait.

À bien comprendre le ministre, la population ivoirienne devrait même se réjouir des délestages qu’elle subit. Et pour cause : ils sont la preuve que le grand docteur ès-sciences économiques travaille. En fait, il travaille tellement bien depuis son arrivée au pouvoir que la Côte d’Ivoire totalise, en moins d’un an, près de 6000 milliards de francs CFA de dettes, alors que le point d’achèvement de l’initiative PPTE est censé conduire à l’effacement de 6500 milliards sur un total de 10 000 milliards de francs CFA de dettes.

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Abobo la guerre, le journalisme d’investigation… et les pincettes

"Abobo la guerre" de Leslie VarenneLe livre Abobo la guerre ; Côte d’Ivoire : terrain de jeu de la France et de l’ONU de la journaliste française Leslie Varenne n’a pas fini d’atteindre les rayons des librairies, depuis sa publication le 22 février 2012, que la propagande des camps politiques ivoiriens est déjà lancée, chacun essayant de faire dire à l’auteur ce qui lui semble être le plus satisfaisant.

Abobo la guerre, fruit apparent d’une “investigation de terrain” (*), mérite d’être parcouru avec circonspection, justement parce qu’il ne dit pas tout à fait ce que les uns et les autres croient (ou veulent faire croire). Non, le livre ne fait ni l’apologie de Laurent Gbagbo (contrairement, par exemple, au fameux livre Côte d’Ivoire : le coup d’État de Charles Onana, qui prend clairement position), ni celle de Alassane Ouattara.

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“Le nouvel ordre ivoirien”, par Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN par Jean-David N'Da« Replacer la crise postélectorale ivoirienne dans son contexte africain et mondial, au-delà de la confrontation entre deux hommes à laquelle l’ont réduit certaines appréciations. »

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN, de Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan mardi 24 janvier 2012.
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Abidjan : bonjour la route

Patrick AchiQuelques jours passés en Alassanie, dominion français de la côte ouest africaine, convaincront même les plus sceptiques sur la diligence avec laquelle la route abidjanaise est en train d’être remise dans des habits dignes d’une capitale économique.

On comprend mieux les « ADO a goudronné ! » dont nous parlions en octobre dernier. Ils expriment l’enthousiasme de citadins complètement dégoutés de l’état de dégradation du réseau routier abidjanais, trop longtemps “abandonné” à son triste sort… Mais voilà qu’aujourd’hui, les travaux de réfection de la route sont tellement avancés qu’ils causent même de gigantesques embouteillages par endroit ; le sacrifice requis pour pouvoir, enfin, bénéficier d’un bitume conséquent.

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Libérer Laurent Gbagbo : entre vouloir, pouvoir et devoir

Laurent GbagboLe dossier Laurent Gbagbo demeure le point focal de l’actualité politique ivoirienne, au même titre que le processus de réconciliation nationale auquel il est lié. Et pour cause : l’homme d’État qui a été capturé, humilié et jeté en prison, sans ménagement, au terme d’un conflit armé meurtrier de milliers d’Ivoiriens, a été l’objet d’un transfert à la Cour pénale internationale (CPI) particulièrement controversé, car nonobstant l’opinion des millions de citoyens qui se réclament de lui et qui n’entendent pas se réclamer d’autrui. Encore moins après avoir vu la France de Sarkozy s’engouffrer dans le contentieux électoral ivoirien, en dévoilant la “solution démocratique” la plus efficace qu’elle ait pu trouver : la bombe.

C’est donc à la fois inquiet et amer que les partisans de Laurent Gbagbo expriment leur volonté première : voir leur leader recouvrir sa liberté d’être humain, tout simplement, peu importe ce qui pourrait lui être reproché.

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Pourquoi Alassane Ouattara et Guillaume Soro risquent la CPI

Alassane Ouattara et Guillaume SoroAprès l’intervention militaire d’Abidjan en avril dernier, l’ONUCI et au-delà le Système des Nations Unies, ont renoué avec leur pire travers: ainsi l’Histoire rappelle  que l’action du contingent international au Congo a été, en 1960, extrêmement ambigue, notamment en se faisant le relais des intérêts américano-belges, et contribuant à créer la situation qui a  livré Patrice Lumumba à ses bourreaux.

Poussant à des élections mal préparées et sans désarmement des rebelles (l’ONUCI a tenu sous le boisseau un rapport interne qui, dès fin 2010, dénonçait cette situation), le Représentant du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire, [Young-Jin] Choi, a fait plus: proclamant, dans une séquence bien réglée par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis , [Alassane] Ouattara élu (au lieu de certifier l’élection comme le prévoyaient les Accords de Ouagadougou) depuis son quartier général du Golf, il a monté une sanglante opération militaire pour renverser le régime de Laurent Gbagbo sous les bombes.

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L’amour version Ouattara

Alassane OuattaraLa légende romaine rapporte que l’empereur Marc Aurèle, parcourant quotidiennement les rues de Rome, avait à ses côtés un fidèle serviteur dont la seule fonction était de lui répéter à longueur de journée : « vous n’êtes qu’un homme, vous n’êtes qu’un homme ». Cette méthode était celle que le souverain avait trouvée pour éviter que l’adoration de ses sujets ne lui donne une idée de lui-même en déphasage avec la réalité.

Qui pour jouer ce rôle auprès du souverain Ouattara 1er ? L’amnésique Hamed Bakayoko ? L’énigmatique Sidy Diallo ? Le prolifique Asalfo ? L’homme en a bien besoin, lui dont le narcissisme ne souffre d’aucune imperfection. Remarquable tout de même, non ? Que l’on puisse avoir un tel parcours professionnel, un parcours “blanc Dominique”, cliché parfait, que vingt années d’empoisonnement de la quiétude ivoirienne laissent sans remords aucuns, malgré les actes les plus inhumains qu’on a soi-même commandité.

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Ivoiriens, sentez-vous cette puanteur ?

Eléphant mort et hyèneSentez-vous cette puanteur sur Abidjan et dans toute la Côte d’Ivoire? Pire que la lagune Ebrié en pleine saison des pluies. Depuis plusieurs mois, une odeur pestilentielle et insupportable se propage dans nos villes et nos villages. Tel un nuage digne du temps de Moise, cette nébuleuse s’infiltre partout: dans les maisons, les esprits, les relations familiales, le travail et même dans les cimetières.

Les hyènes sont lâchées! Elles attaquent, pillent, tuent, estropient, spolient puis justifient impunément leurs actes innommables de dépeçage de cette nation à coup de « c’est au nom de la démocratie », laissant derrière elles cette sensation de terreur infinie, d’angoisse qui colle à la peau comme la mort qui est leur synonyme.

Sentez-vous l’odeur de ces chacals assoiffés de ressources naturelles ivoiriennes, qui se jettent sur sa jugulaire économique pour lui sucer le sang Petroleum jusqu’à la lie, ne lui laissant aucune chance de se relever, car ayant postés des vautours Licorniens et Onuciens qui veillent inlassablement sur cette dépouille agonisante de l’Eburnie?

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À l’école de la sorcellerie politique

Alassane Ouattara écrit sa version des Misérables de Victor HugoTriste réalité que celle d’un pays où même les morts sont des instruments de communication politique.

On avait cru, bien naïvement, que l’après-guerre allait peu à peu faire renaitre dans le cœur des Ivoiriens, un minimum d’humanisme. On a même cru, à l’annonce d’un accident aussi spectaculaire que dramatique, que son timing à la veille d’une fête nationale, allait offrir l’occasion tardive mais effective, de pleurer toutes les pertes en vies humaines de ces derniers mois.

C’était décidément mal connaitre la “nouvelle Côte d’Ivoire”. Dans ce pays, qui est passé maitre dans l’art de la mystification, les morts ne sont plus que de simples morts, mais bel et bien des vecteurs de militantisme.

Hier, trois mille personnes, au bas mot, sont tombées sous les balles meurtrières des “libérateurs”, habillés pour la circonstance de leurs riches tenues frappées d’amulettes ou d’armoiries françaises. Et l’État qui est sorti des cendres de cette orgie funeste n’a pas jugé nécessaire de leur accorder une once de respect.

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Le retour des diamants de la honte

Blood diamondsEn autorisant le pays à commercialiser ses gemmes, le processus de Kimberley, qui vise à empêcher que les pierres précieuses financent les guerres et les guérillas, s’est décrédibilisé. Au grand dam des ONG, mais aussi des industriels du secteur.

Les diamants de la guerre (ou “blood diamonds”, c’est-à-dire “diamants de sang”, en anglais) ont commencé à attirer l’attention à la fin des années 1990. Des groupes humanitaires avaient démontré que les scintillants diamants que De Beers [la compagnie sud-africaine contrôle entre 60 % et 70 % de la production mondiale de diamants bruts] et consorts vantaient en Occident comme le symbole de l’amour éternel servaient à financer des exactions sanguinaires en Angola, au Liberia, en République Démocratique du Congo (RDC), en Sierra Leone [puis en Côte d’Ivoire, ndlr].

Les groupes rebelles dans ces pays s’appropriaient les diamants et les écoulaient sur le marché international pour financer leur opération de déstabilisation. Le processus de Kimberley a été créé en 2003 pour s’attaquer à ce phénomène.

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Ces malheureux au pouvoir

Guillaume Soro, Ahoussou Jeannot, Gon Coulibaly, Hamed BakayokoPauvre ami, notre monde est peuplé d’êtres indignes, aux apparences trompeuses, donneurs de leçons impénitents, hâbleurs. A les en croire, ils sont les seuls à être au-dessus de la mêlée, portant vestes et cravates acquis au détriment des structures que l’Etat leur a donné mission de développer.

Observe-les, dans les assemblées, toujours la flatterie à la bouche pour faire oublier leur incompétence; apprenant leurs leçons de choses quotidiennes pour épater l’entourage et camoufler de la sorte leur incapacité. Tout changement susceptible de pouvoir faire basculer les sièges sur lesquels ils sont vissés avec la ferme intention de ne jamais s’en faire éjecter les conduits à des actes de reptation dégradante; proposant au nouveau venu des services extras professionnels. Ils écœurent par l’acharnement à se rendre incontournable, mais ils n’en ont cure.

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Décadence éthique et morale ; perte des valeurs sociales et humaines en Côte d’Ivoire

Décadence éthique et morale en Côte d'IvoireNous jetons ici un regard neutre sur notre société en pleine crise et que nous ne devons pas laisser mourir. Il nous faut la sauver coûte que coûte car c’est le seul bien dont nous disposons.

I/ Un constat douloureux

Les discours officiels nous disent devant micros et cameras que la Côte d’Ivoire vient de loin, même de très loin, à l’image du Shéol israélien de l’ère préchrétienne. Mais ces mêmes discours ne nous (pré)disent pas surtout qu’elle risque encore d’aller très loin, au sens péjoratif du terme. C’est d’ailleurs l’un des rares discours politiciens et diplomatiques tenus devant micros et caméras qui colle à la réalité des faits et qui est donc vrai.

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La naiveté ivoirienne 08 : mais… les gens sont mauvais !

La naiveté ivoirienne 08Ce bout de phrase, vous l’avez certainement déjà entendu ou prononcé. La méchanceté ou la forme qu’elle prend dans les circonstances qui provoquent cette exclamation surgit sous vos yeux, hideuse et dégoutante. Mais les gens sont mauvais ! Découverte sur le tard ou espoir que des poches de non-méchanceté auraient résisté à l’inondation de vilenies et de cruautés ?

Les gens sont mauvais. Et ils le resteront. Avant le 11 Avril 2011, ce jour là et après. Comme l’air que l’on respire, la méchanceté et tout ce qui s’apparente à ce terme générique est partout mais les naïfs que nous sommes, sont toujours étonnés de la voir assise dans des lieux insoupçonnés, matrice d’aberrations incongrues ou motrice de dureté, de malveillance ou de saloperies. Bienvenue sur la Côte des Mal Gens, nom ancien de la Côte d’ivoire donné par des explorateurs que l’on ne saurait soupçonner de malfaisance, de malice ou de malignité. Bienvenue Alice, mais ce n’est pas ici le pays des Merveilles.

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La tentation coloniale

Alassane Ouattara et François FillonQuels que soient les arguments mis en avant pour arbitrer le différend postélectoral entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, il n’en demeure pas moins que l’armée française a été contrainte par le pouvoir politique à la plus importante opération depuis la guerre d’Algérie et la sanglante opération de répression contre l’Union des Populations du Cameroun (UPC), au Cameroun.

Et ce dans des circonstances encore floues, tant dans la préparation en amont de l’opération avec la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) et avec l’ex-rébellion, bras armé du pouvoir d’Alassane Ouattara, que dans le bombardement d’objectifs plus symboliques que militaires.

Tous les observateurs savent bien, une fois le drame retombé, que le bombardement de la Présidence et de la résidence présidentielle d’un pays étranger n’entre pas dans le cadre d’un quelconque mandat onusien! Quand les armes lourdes, les tanks et les hélicoptères d’assaut des deux corps expéditionnaires occidentaux tirent sur de tels objectifs (résidence, présidence, hôpital et supermarché, foule de jeunes civils voulant servir de «bouclier humain», etc.), qui pourrait croire à l’application de la résolution 1975, censée protéger les civils?

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Le silence des moutons

« Je marche avec les miens / Combien te diront la même chose ? » – Shurik’n (Les Miens, 1997)

Le silence des moutonsL’amitié. Fruit jadis porteur de confiance. Fruit tantôt vecteur de suffisance. On le savait. Ce qu’on savait moins, c’est l’inutilité de l’amitié ou sa fébrilité dans les moments malsains.

Réconcilier les Ivoiriens sans aucune envie de réconciliation est devenu le cri d’alarme. Le saint refrain.

Oublié le tri des armes, le prix des armes, le cri, en larmes, des corps brûlés. Des corps déchiquetés. Reconstruisons. Reconstruisons. Vite, vite, jetons brique, ciment et sable, béton surarmé sur la mémoire du quotidien.

Quel quotidien ? Le quotidien ivoirien. Le quotidien malsain. Le quotidien qui se terre, se tait, qui virevolte en conjectures désodorisantes et qui politique et discoure, marchandant le bien contre le mal, le mal contre le pire, le pire contre lui-même…

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La naiveté ivoirienne 07 : Malachie, combien de divisions (2è partie)

La naiveté ivoirienne 07C’est Malraux qui a dit – ou qui a prédit que « le 21 ème siècle serait spirituel ou ne serait pas ». La société ivoirienne est spirituelle. Elle est surtout religieuse avec le lot d’incohérences que les religions savent formater chez leurs adeptes. Dans la première partie de cet article sur le rôle du l’outrecuidance des prophètes dans la crise que nous connaissons, il faut bien comprendre que ces courtiers de l’inaccompli ont joué avec le feu.

Ils ont surfé sur la fibre religieuse d’un pays dont l’hymne national, écrit par un prêtre catholique et un prédicateur protestant salue une terre d’espérance, et parle même, dans ses strophes, d’espérance promise à l’humanité. On ne peut pas reprocher à un hymne national d’être grandiloquent et emphatique. On peut reprocher à des dirigeants religieux d’avoir nourri des illusions de messianité sans nous donner les moyens de nous faire respecter comme Israël. Résultat des courses : des ogres ont désossé notre pays. Et des monstres passent toutes les églises du pays au peigne fin en répétant le prétexte en or que la guerre leur a fourni « Nous cherchons des caches d’armes ». L’Eternel des Armées, L’Eternel désarmé ?

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La naiveté ivoirienne 06 : Malachie, combien de divisions (1ère partie)

La naiveté ivoirienne 06Tous ceux qui ont fait un voyage en République Démocratique du Congo (RDC) se sont émerveillés devant cette pierre semi-précieuse verte qui fait le bonheur des artisans et des touristes: la malachite. Les années 2010 et 2011 auront été marquées par une épidémie du même nom: la malachite; du nom de Malachie, un de ces prophètes pentecôtistes dont le nom sera durablement associé aux événements sociopolitiques de la Côte d’Ivoire moderne.

L’auteur de ces lignes, lecteur assidu des textes bibliques a très tôt choisi d’ignorer textes et bandes sonores de la coqueluche des milieux chrétiens. L’Histoire étant une amusante répétition de “nouveautés”, nous répondions à nos amis que le livre de Malachie dans la Bible avait vraisemblablement plus de teneur que les prédictions de celui à qui bien de croyants avaient décidé de suspendre le destin de la Côte d’Ivoire…

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La bouche qui tue : Blé Goudé, toi aussi… tais-toi !

Charles Blé GoudéAgrippé au toit découvert d’un 4×4 roulant à dix kilomètres à l’heure, le regard intrépide, le poing en l’air, le défi inscrit dans le timbre: telle est l’image que je conserve des heures les plus valeureuses du combat patriotique de Charles Blé Goudé.

C’était en 2004. Novembre 2004. Devant la Présidence. Vous savez l’histoire. Opération Dignité. Général Poncet. Huit soldats français, parait-il, tués. Chirac enragé. Aéronefs ruinés. Gbagbo au journal télévisé. Appelant au calme devant la française férocité. Puis Blé Goudé…

Deux jours plus tard, devant la tour d’Ivoire, des snipers survoltés fusillaient des Ivoiriens aux mains nues, légitimant à chacune de leur rafale la résistance contre l’impérialisme qui tue. Et “Zadi Gbapè”, le “Général”, le “Ministre de la Rue”, le ministre tout court, donnait des insomnies profondes, d’abord à tout ce qu’il y avait d’Onucieurs, puis de Golfeurs, à l’Hôtel électoral ivoirien.

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La naiveté ivoirienne 05 : le parti de Dieu

La naiveté ivoirienne 05Dix ans de pouvoir, cinq mois de crise post électorale. Disons le tout net. Nous avons été naïfs mais puisque les balles chargées de restaurer la démocratie nous ont épargnés, trouvons du temps pour revenir sur notre traumatisme collectif. Notre douloureuse introspection se poursuit avec la peine qui accompagne tous les voyages au fond de soi- on s’y découvre avec des mobiles et des masques intérieurs d’une laideur froide de film d’horreur. Cette descente vers notre monde intérieur est faite de rencontres avec toutes sortes de démons, de fantômes ou d’« atotoh » comme nous appelons ici ces gens qui, bien que censés être décédés, s’invitent dans nos funérailles ou dans le lit d’un hôtel de passe. Ah, que Dieu nous aide !

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La naiveté ivoirienne 04 : les pays zamis

La naiveté ivoirienne 04Les lieux affectés aux soins ont rarement le confort d’un cinq étoiles et même quand les promoteurs d’une clinique sortent le grand jeu-à vos frais bien sûr-l’odeur et l’ambiance « hôpital » sont là pour vous montrer qu’ici on saigne, on soigne, on guérit, on pleure, on meure. C’est pour cela que l’on baisse toujours la voix quand on parle dans un hôpital : la vie et la mort se côtoient, et se guettent et même la Grande Faucheuse épie carrément les simples visiteurs que nous sommes.

Dans la Côte d’Ivoire post bellum, cette cohabitation de ce qui donne la vie et de ce qui donne la mort est encore réelle malgré les incantations qui décorent le discours officiel. Ces lignes sur notre naïveté aussi thérapeutiques qu’elles peuvent être, résonnent encore de l’écho des cris, des peurs et des pleurs de ces cinq mois où nous y avons vraiment cru, où nous étions à deux doigts d’y arriver ! Eh Dieu ! Fantastique, le Dieu qu’évoquent les vainqueurs pour le remercier de ses merveilles ! Fidèle, le Dieu qu’invoquent les perdants et les perdus pour rappeler qu’il a le dernier mot. Comme s’il l’ignorait.

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La naiveté ivoirienne 03 : les bêtes sauvages ont voté

La naiveté ivoirienne 03Il est des mots lourds à prononcer. Mais la légèreté ou la convenance en politique veulent qu’après le rituel de la campagne de sensibilisation budgétivore, les chants sur la paix retrouvée, le discours du sous-préfet et les accolades télévisuelles, l’on puisse proclamer « Tout va bien maintenant » ! Naïveté, quand tu nous tiens !

Il est douloureux de dire « J’ai été naïf ». Pourtant la posologie de la trithérapie offerte par les vainqueurs-dialogue, vérité et réconciliation- suppose un aveu de sérologie positive. Comme avec le SIDA, on n’en parle pas en se frappant la poitrine. On a honte d’avoir été naïf et les paroles pleines de miel sur la « nouvelle Côte d’Ivoire » cachent mal le fiel des rugissements des nouveaux rois de la savane et de la forêt.

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La naiveté ivoirienne 02 : du popcorn à la licorne

La naiveté ivoirienne 02Notre voyage de guérison a commencé, plus coûteux et plus pénible que les pèlerinages réguliers qui alimentent des flux et reflux démographiques et financiers entre la Côte d’Ivoire et les camps de prière du Ghana et du Nigeria. Ce voyage vers une sorte de convalescence d’abord puis vers le bien-être peut-être se fait sous perfusion avec de l’espoir dans les ballons et avec les béquilles de la résignation, la peur au ventre et la mort dans l’âme, nous qui avions une attente quasi messianique de la Côte d’Ivoire iconique et bucolique de notre hymne national. La dignité n’a pas été relevée et nous marchons non pas comme de « fiers Ivoiriens » mais tête basse après une campagne électorale qui a eu la longueur d’un match de football avec prolongation et des tirs d’armes lourdes pour penalties !

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La naiveté ivoirienne 01 : je sais que vous n’allez pas aimer

La naiveté ivoirienne 01Nous sommes des millions à avoir tenu dans nos mains des manuels didactiques qui se proposaient de nous conduire vers la Terre Promise de l’anglais, de l’espagnol ou de quelque autre savoir moderne. Combien sommes-nous à avoir franchi les 40 étapes magiques qui étaient censées nous donner la nécessaire glossolalie que les recruteurs, impitoyables, recherchent dans nos CV et détectent dans les entretiens d’embauche.

Parlez-vous anglais? Nous sommes des millions à avoir, pour notre propre condamnation, bredouillé « small, small ».

Et voici donc qu’on nous propose un cours en 40 leçons sur la naïveté. S’agit-il vraiment de cela? Vous n’êtes pas naïfs pour croire qu’il existe des êtres humains soucieux d’améliorer leur niveau de naïveté!

Devenir plus naïf? LOL! Comme diraient les internautes. Bien sûr que non.

Ce petit parcours est une séance cathartique d’autodérision: rire de nos naïvetés pour en guérir définitivement. Inch Allah! Si le chat est là!

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Afrique : mais où sont passées les oppositions politiques ?

Quelle opposition en Afrique?Les sociétés du continent africain sont traversées par une vague de contestation vis-à-vis des autorités qui les dirigent d’une ampleur historique. En Afrique du Nord, des pouvoirs autoritaires, corrompus et sclérosés ont été remis en cause et renversés (Tunisie, Egypte partiellement) par des soulèvements populaires. La Libye continue à être le théâtre d’une telle contestation et, dans des contextes différents, l’Algérie et le Maroc n’échappent par à la règle. L’onde de choc de ce mouvement populaire de rébellion s’est étendue à l’Afrique subsaharienne, qui connait en cette année 2011 une série d’élections qui auraient dû canaliser cette contestation. Les processus électoraux de la Guinée Conakry ou de la Côte d’Ivoire ont cristallisé des revendications politiques vieilles de plusieurs décennies qui ont enfin trouvé à s’exprimer, mais de manière violente, surtout en Côte d’Ivoire. Au Nigeria, le processus électoral n’a pas permis de réconcilier les élites et la jeunesse urbaine pauvre, le scrutin opposant un cacique du parti au pouvoir incarnant tous les travers de la démocratie nigériane à un ancien putschiste. Conséquence : les élections nigérianes ont de nouveau été entachées de violences et de tueries. D’autres scrutins, moins médiatisés, ont avalisé sans trop de remous la perpétuation du pouvoir en place (Centrafrique, Tchad, Djibouti).

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Abidjan : la grande saison des pluies

Alassane Ouattara sous la pluie ivoirienneLe mois de juin est celui de la grande saison des pluies béni par les agriculteurs et maudit par les citadins. À Abidjan, on en sait quelquechose : chaque année, au gré des inondations et des morts, on redécouvre ce qui apparait comme une fatalité, avec la même perplexité que l’année précédente. Mais au-delà du branle-bas d’envergure que les torrents de pluies créent, juin 2011 a ceci de particulier qu’il offre en même temps la pleine vision de la décadence de la Côte d’Ivoire “Ouattara-unifiée”.

Tous les “démocrates” euphoriques au soir du 11 avril dernier, qui croyaient que la baraka légendaire du “Bravetchè” allait accoucher d’une “nouvelle Côte d’Ivoire” vierge de tension et de Refondation, sont rapidement en train de déchanter. Engloutis sous les eaux de la désillusion torrentielle, esseulés comme ce Vendredi de Robinson Crusoé sur les ilots de trottoir restants, noyés avec leurs véhicules dans les lagunes artificielles qui naissent à chaque carrefour, ils font face à la cruelle réalité du juin politique ivoirien. Et pendant ce temps brumeux, il existe encore quelques météorologues qui annoncent, carte des nuages politiques en main, le « retour effectif de la paix », et des températures bien plus affectueuses pour demain.

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La Côte d’Ivoire en marche… arrière

Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraLe slogan de tout leader politique briguant le pouvoir a pour but de faire miroiter aux électeurs sa capacité à faire avancer les choses, sa capacité à apporter plus que les gouvernants du moment, et donc sa capacité à marquer sa différence (positive) dans la gestion des affaires de l’Etat. Cet état de fait s’observe partout où un semblant de jeu démocratique à lieu. Les populations sont ainsi appelées à voter massivement pour légitimer des élections, ensuite vient la proclamation des résultats et l’exercice du pouvoir. Le maçon est au pied du mur! Sera-t-il à la hauteur de sa tache?

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Côte d’Ivoire : l’état des massacres

Civils "pro-Gbagbo" emprisonnés par les FRCI d'Alassane OuattaraVillages incendiés, habitants brûlés vifs, paysans traqués en brousse – par centaines. Et parfois plus: un millier lors de l’entrée des pro-Ouattara à Duékoué, à l’Ouest du pays. Crime de guerre ou crime contre l’humanité?

Mais aussi des quartiers entiers d’Abidjan pillés, des militants pro-Gbagbo assassinés tous les jours pour leur nom, leur âge, leur ethnie (l’ethnocide au Sud concerne en particulier les Bétés, Attiés et Guérés), par centaines, sans compter les torturés ou les liquidés de l’Hôtel du Golf, siège du nouveau pouvoir et base de ses escadrons de la mort.

Trois fois plus de morts – de 3000 à 5000 cadavres – pour les deux mois d’Alassane Ouattara, ce héros de l’Occident, que pendant les 10 ans de la gouvernance de Laurent Gbagbo! Où sont les humanitaires et leurs relais, les dénonciations politiques à Paris et les résolutions de l’ONU?

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Après le Conseil Constitutionnel ivoirien : revenir à la raison

Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara« Libérez Gbagbo ! »
« On veut Gbagbo ! »
« Pas de négociations sans Gbagbo ! »
« C’est Gbagbo le président ! »
« Yao N’Dré est un traitre ! »

Que d’injonctions péremptoires et d’accusations virulentes sont entendues et lues ci et là depuis la capture de Laurent Gbagbo par l’armée française, sa remise aux troupes de Ouattara et sa séquestration illégale à Korhogo. Et l’arrêt rendu hier par le Conseil Constitutionnel, qui proclame Alassane Dramane Ouattara Président de la République de Côte d’Ivoire, n’est pas venu calmer l’intense vague de révolte qui anime les partisans de Laurent Gbagbo, qu’ils soient Ivoiriens ou pas, loin de là !

Mais si l’émotion suscitée par les événements auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée depuis plusieurs mois est compréhensible, il faut cependant savoir, à un moment donné, raison garder.

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Réflexions angoissées sur l’Éburnie en dérive – Vision 4 : Laurent et Alassane ?

Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraLe rêve est-il possible?

Combien d’Ivoiriens vous ont déjà vu de près?
Combien ont bénéficié de vos largesses ou partagé votre repas?
Qui de vous deux a la capacité de ramener à la vie toutes ces personnes surprises par la mort, massacrées sans raison valable!
Combien de cadavres? Quel décompte macabre vous faut-il pour abréger les souffrances de pauvres gens qui ne demandent qu’un peu de quiétude pour chercher leur pitance quotidienne, loin des flonflons et des vrombissements de vos chevaux de fer!
A moins que votre but, le fin du fin, ne soit de régner sur nos tombes? A condition bien sûr d’être l’un ou l’autre, le dernier des Mohicans!

Vous seuls, et personne d’autre, aucune communauté internationale ou africaine, oui, je dis bien personne d’autre que vous ne peut arrêter la machine infernale, la grande faucheuse qui broie quotidiennement des enfants d’ici, rebelles ou patriotes, LMP ou RHDP, Simples citoyens Lambda, mais avant tout fils et filles de cette terre d’Éburnie.

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Réflexions angoissées sur l’Éburnie en dérive – Vision 3 : quelle jeunesse pour notre avenir ?

Charles Blé Goudé et Guillaume SoroLOUBARD contre FESCISTE, temps nouveaux pour la jeunesse ivoirienne

Une nouvelle vocation venait d’être donnée à la jeunesse.

Désœuvrée, elle pouvait se gonfler les muscles et devenir loubard.

Instruite, elle devait s’enrôler dans la FESCI (Fédération Estudiantine de Côte d’Ivoire) et militer à coups de sifflets et de machettes.

Le droit à la différence, de quoi parlez-vous?

Après l’endoctrinement au sein du MEECI (Mouvement des Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire), l’embrigadement dans la FESCI.

A prendre ou à laisser, en tout cas, circulez, il n’y a plus rien à voir, ni à découvrir dans cet Enfer, pardon cette Université.
Une terreur sans nom s’est abattue sur les amphithéâtres, désertés par tous les thésards. Vivent les « Cambodgiens » et autres « crève-la- faim », fruit d’un enseignement télévisuel. Conjoncturel moribond. Étudiant à vie comme on était Président à vie.

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Message à André Silver Konan

NOTE DE LA RÉDACTION : ce message, envoyé à notre rédaction par son auteur, fait suite à la “déclaration” du 22 mars 2011, d’André Silver Konan, journaliste-écrivain, intitulée “Epitre n°2 à Laurent Gbagbo: Vous êtes mal barré”, publiée dans Le Nouveau Réveil.

André Silver KonanCher frère,

Je suis même tenté de dire cher petit frère sans vouloir tomber dans le grandfrèrisme africain,

En première intention, je ne voulais pas réagir à ton article pour des raisons que je trouve inutile d’évoquer. Mon intention n’est nullement d’entamer une polémique parce que nous ne nous connaissons pas personnellement. Je réagis par rapport à ce que j’ai lu, par rapport à tes idées, par rapport à ton approche, par rapport à tes réactions.

Je n’ai aucune connaissance de ton “Epitre n°1. Néanmoins, en lisant cet article intitulé “Epitre 2″, je peux m’imaginer ce que la première partie était.

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La Côte d’Ivoire à travers le prisme occidental

Guy LabertitAvant la réunion au sommet de l’Union Africaine qui doit définir, le 10 mars, les mesures contraignantes qui seront mises en œuvre pour une sortie politique de la crise post électorale en Côte d’Ivoire, quelques rappels s’imposent pour mieux comprendre pourquoi une simple élection présidentielle dans un Etat d’Afrique suscite l’engagement déterminé de la France, des Etats-Unis et du monde occidental en faveur d’un candidat Alassane Ouattara, son adversaire Laurent Gbagbo étant diabolisé par les mêmes. Ce dernier peut compter sur les Etats africains les plus puissants de l’espace non francophone, à l’image de l’Afrique du Sud et de l’Angola, mais à la notoire exception du Nigéria dans l’orbite de Washington. La Russie et dans une moindre mesure la Chine traînent le plus souvent des pieds à l’ONU.

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Côte d’Ivoire : la logique de l’absurde ?

L’interdiction temporaire annoncée par Ouattara de l’exportation de cacao va faire surtout l’affaire des spéculateurs, notamment la société Armajaro qui a acquis, en juillet 2010, 20% de la production ivoirienne et 15 % des stocks mondiaux. Cette société a investi 1 milliard de dollars et en tirera un profit substantiel à la suite de cette décision de Ouattara, dont le beau-fils, Loïc Folloroux, 35 ans, n’est autre que le directeur Afrique.

Peirre SanéLe scénario du pire, l’intervention armée de l’extérieur, ayant semble-t-il été écarté, voici que se déploie sans peur des contradictions la stratégie de l’absurde.

On nous promet un “étouffement économique et financier” de la Côte d’Ivoire: interdiction d’exportation du cacao, interdiction faite aux banques de “coopérer” avec le régime de Laurent Gbagbo, interdiction de paiement des salaires des fonctionnaires et des soldats, gel des avoirs d’individus et de sociétés nationales et privées, restrictions de déplacements, autant d’actions à la légalité pour le moins douteuse.

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Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances baffouées ?

Gaston KelmanVous me connaissez. Je n’ai jamais été ni le céroféraire ni le thuriféraire d’un afrocentrisme militant, parce que tous les centrismes sont naïfs, et nocifs, et stériles. Je n’ai jamais supporté une Afrique tournée vers un passé qui ne se concevrait que dans l’âge d’or des pyramides ou l’âge de cendres de la colonisation et de l’esclavage. J’ai pu – ou su – crier à Douala que la France ne devait rien au Cameroun quand on se placerait sous cet éclairage des relations passées. Avec Frantz Fanon, j’ai dit que je n’étais pas prisonnier de l’histoire, que je n’y cherchais pas un sens à ma destinée. J’ai toujours brandi le Hic et Nunc comme la règle, l’équerre et le compas qui traçaient les lignes de ma conduite et de ma relation à autrui. C’est ce Hic et Nunc qui m’autorise aujourd’hui à dire avec Aimé Césaire «fin à ce scandale» mais aussi «this scandal must be put to an end», pour me faire comprendre du maître de l’Outre-Atlantique ; à ne pas rester sourd à tant de souffrance et de dignité bafouées ; à me demander – pure question de rhétorique – quelle position aurait prise le défenseur de la liberté, de la justice et de l’Algérie meurtrie, Frantz Fanon?

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La mort de Laurent Gbagbo : pouvions-nous faire autrement ?

Laurent GbagboIl n’est pas question de politique fiction. Il ne s’agit pas non plus de revenir sur le contentieux électoral en Côte d’Ivoire. D’autres l’ont déjà fait ici ou ailleurs. Il est question du sort d’un pays, la Côte d’Ivoire et au-delà d’un continent, l’Afrique.

« A mes enfants que je laisse et que je ne verrai plus, je voudrais dire que l’avenir du Congo est beau. J’attends de vous, comme de tous les Congolais, d’accomplir votre devoir sacré. »

Cette dernière lettre de Patrice Lumumba, écrite dans la province de Katanga, quelques heures avant son exécution, nous parvient cinquante ans plus tard.

Elle nous interpelle, non pas parce que le projet d’assassinat de Lumumba fut rédigé par la Belgique et les Etats-Unis, avec la complicité des Nations unies, mais parce qu’il fut exécuté par des Congolais, des Africains.

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Côte d’Ivoire : Choi révèle avoir subi des pressions du camp Ouattara…

Cette vidéo, en anglais, est un briefing de M. Young-Jin Choi, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire et patron de l’ONUCI, en date du 18 janvier 2011, devant la presse internationale, représentée par les organes suivants: Top Radio News Service, National Press, The Wall Street Journal, Associated Press et BBC. M. Choi est dans la polémique pour avoir certifié les résultats à l’élection présidentielle ivoirienne et donné le candidat du RHDP, M. Alassane Ouattara, vainqueur, ce que conteste le camp de M. Laurent Gbagbo.

Chronologie des révélations de M. Choi :

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Côte d’Ivoire : politologie d’une rébellion

Guillaume SoroRésumé : A la suite de travaux sur la “guerre nomade” ouest-africaine, on s’interroge ici sur la sociologie politique d’un mouvement rebelle, entre ethnicité et internationalisation. Quels écarts entre les pratiques de violence discontinue envers les civils et les discours anti-discriminations, entre épuration ethnique larvée et positions révolutionnaires ? L’étude des strates successives du mouvement rebelle, des clans et groupes qui le composent aboutit à un “diagramme de pouvoirs” qui va des communautés locales aux alliances avec les pays voisins et aux soutiens occidentaux. Mais un approfondissement de la genèse du mouvement montre en fait certains caractères “post-modernes” de telles rebellions, où la sympathie plus ou moins manipulée de médias étrangers aboutit, via un sigle au début largement artificiel (MPCI), à une véritable co-création d’un mouvement politico-militaire, dont militaires, politiques et humanitaires occidentaux se sont emparés sans recul critique – notamment en refusant de connaître l’”idéologie mandingue”, symétrique de “l’ivoirité” et justifiant par avance une violence conquérante. C’est aussi l’occasion, en termes foucaldiens, de jauger la « gouvernance par la violence » de la zone rebelle, mais aussi sa gouvernementalité : en termes d’informalisation des trafics en tous genres, de résistance des communautés villageoises, de persistance des factions militaires sous-tendues par les clivages de l’ethnicité ; enfin d’analyser les dilemmes politiques du mouvement rebelle, entre création d’un proto-Etat peu viable (ou son rattachement au Burkina), et ralliement – moyennant compensations -au processus de réintégration nationale, de désarmement et de participation au processus électoral. Analyse disponible en intégralité sur “Culture et Conflits” Politologie d’une rébellion. Une “gouvernance par la violence” au Nord de la Côte d’Ivoire ?

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L’ONU recolonise l’Afrique

OnuciPauvre Afrique, hier, on lui imposait ses dictateurs, aujourd’hui, on lui choisit ses “démocrates”. Les rappeurs, ces Prévert des nouveaux temps, viennent d’inventer un néologisme qui fait fureur d’un bout à l’autre du continent : la démocrature. Entendez, ce système hybride (le visage de la démocratie, le corps diabolique de la dictature) qui a le don de déchaîner les passions et d’ajouter à la confusion.

Qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire, qui les a perdues en Guinée ? Cette question qui a l’air d’embraser l’univers n’a aucun sens dans les faubourgs de Conakry et d’Abidjan où, bon an, mal an, la vie politique n’aura jamais qu’un seul régime, la disette, et une seule loi : “tout ce qui n’est pas obligatoire est interdit”, pour reprendre le fameux mot de Léon Campo. Là-bas, on préfère d’expérience les mauvaises élections aux guerres civiles bien réussies. Mieux vaut encore Bokassa et Mobutu que les drames du Liberia ou de la Sierra Leone ! La bête humaine s’habitue à l’enfer du despotisme, certainement pas aux massacres à la rwandaise !

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Les élections de Côte d’Ivoire : chronique d’un échec annoncé

Peirre SanéCe devait être des élections qui allaient permettre de mettre fin à la crise, de tourner enfin la page du legs de Félix Houphouët-Boigny et d’engager la Côte d’Ivoire sur le chemin de la paix et du développement. Cela aura été en tous les cas les élections africaines les plus longuement et méticuleusement préparées qui ont impliqué depuis les accords de Marcoussis en janvier 2003 (1) un nombre impressionnant d’acteurs : le pouvoir, la rébellion armée, les partis politiques ivoiriens, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine, la France, l’Union européenne, la Francophonie, les Nations Unies sans oublier les médiateurs successifs (le Togolais Gnassingbé Eyadema, le Sud-africain Thabo Mbeki et le Burkinabè Blaise Compaoré…).

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De la fracture sociale à la fraternité nationale

« Parle — Mais ne sépare pas le Non du Oui. Donne à ta parole aussi le sens : donne-lui l’ombre […]. Il parle Vrai, celui qui dit l’Ombre. » – Paul Celan

Les armoiries de la Côte d'IvoireLa crise politico-militaire, débutée en 1999 avec le coup d’état qui a ôté du pouvoir Henri Konan Bédié, aura été la face visible d’une déchirure profonde entre les différentes classes sociales ivoiriennes.

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