Rwanda et Congo : quand BBC diffuse (enfin !) la vérité sur Paul Kagame

Qui est Paul Kagame ?

Selon l’information mainstream, la diplomatie occidentale, le cinéma hollywoodien (ex: Hôtel Rwanda) ou encore l’intelligentsia anglo-saxonne de référence (ex: le Prix Nobel américain Elie Wiesel), l’homme fort du Rwanda est le sauveur Tutsi qui, en 1994, a su contenir la terreur Hutu et mettre fin à une guerre meurtrière d’un million de ses compatriotes.

Cette version de l’histoire rwandaise, particulièrement vulgarisée dans le monde anglophone, est également la version la plus connue dans les pays d’Afrique dite francophone, où le rôle joué par l’État français dans les crises sociopolitiques des ex-colonies (?) telles que la Côte d’Ivoire laisse parfois croire aux “patriotes” africains qu’un leader noir, assez courageux pour dénoncer les manigances tropicales françaises – Kagame accuse depuis toujours la France d’être le vrai responsable du génocide – ne peut être qu’un “digne fils d’Afrique”.

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Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d’Ivoire

Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d'IvoireLe lynchage médiatique de la Côte d’Ivoire exécuté pendant plus d’une décennie par le système médiatique français est un succès. L’opinion publique internationale, robotisée et culturellement prédisposée à s’enivrer des mensonges de ses dirigeants, est rapidement gagnée. Dans le même temps, l’histoire sociopolitique d’un pays pauvre très endetté d’Afrique subsaharienne est méticuleusement réécrite avec un souhait : que les Ivoiriens plient l’échine et acquiescent.

Cet ouvrage sans faux-fuyants explique la géostratégie racialiste qui se tient derrière l’assaut des médias colons et dévoile l’hypocrisie du mondialisme avare, prédateur et appauvrissant qui le sous-tend. Le jeu trouble des acteurs politiques ivoiriens se dévoile lui aussi nettement. Seules alternatives : une prise de conscience individuelle et collective et un plan de riposte concret jusqu’à la rupture totale avec l’ordre dominant.

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RDC : la guerre oubliée

Bosco NtagandaQuel est le rapport entre un chef rebelle, Bosco Ntaganda, une poignée d’États africains, votre téléphone portable et une Playstation ? Aucun ? Détrompez-vous. La guerre au Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo est la grande oubliée des médias. Pourtant ce qui s’y passe n’est qu’un épisode d’une guerre mondiale qui déchire le coeur du continent depuis près de vingt ans. Une guerre qui aurait fait près de 6 millions de victimes, entre les combats et les maladies, sans compter des milliers de déplacés. “Mondiale” parce qu’elle dépasse les frontières de la République Démocratique du Congo. Mais pas seulement : en arrière-plan, il y a aussi les États-Unis, des multinationales, la Chine, et au bout de la chaîne, nous, consommateurs occidentaux. Pour comprendre, il faut revenir aux origines de ce conflit, qui découle du génocide rwandais de 1994 (800 000 victimes).

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Côte d’Ivoire 2020 : devenir émergent en République de Nanan

Alassane OuattaraLa République de Nanan avance à pas pesant vers 2020. Elle avance avec beaucoup de peines car elle est fouettée par une dictature caniculaire ; pire que celle de Nanan. La marche de la République de Nanan est triste comme la marche de Victor Hugo vers sa défunte fille Léopoldine Hugo. Elle n’a ni bouche pour crier, ni poing à lever en signe de protestation. Son tortionnaire l’a lié. Mais la cause est noble car ce tortionnaire lui a fait comprendre que si elle renonce à elle-même, en 2020, elle deviendra un pays émergent. C’est-à-dire que dans moins de huit ans, la République de Nanan sera comme l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et pourquoi pas la Chine ? Ceux qui salivent à l’idée d’entendre que notre pays deviendra émergent en 2020 n’ont aucunement tort. En fait, l’analphabétisme à une telle force dans cet espace que même les lettrés se laissent facilement convaincre par les arnaqueurs. Nanan nous disait qu’il existe deux types d’intelligence : celle de l’école et celle de la vie courante. Malheureusement, aucune de ces deux intelligences n’aident les fascinés à crier à l’escroquerie morale. Dommage !

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Effondrement du rêve démocratique au Mali

Rebelles Touareg au MaliLe Mali est-il menacé d’une généralisation de la charia ? Depuis le 27 juin, le nord du pays se trouve aux mains des groupes islamistes radicaux qui ont pris le contrôle des régions de Kidal, puis de Gao et de Tombouctou, soit au total près des deux tiers du territoire. Leur domination mêle exactions perpétrées au nom d’Allah et assistance aux populations démunies, celles du moins qui n’ont pas pris la fuite.

Les salafistes installés dans les trois grandes régions septentrionales distribuent argent et secours, et n’ont pas de mal à recruter parmi les jeunes chômeurs sans perspectives d’avenir. A Gao, ils fournissent carburant et denrées à prix coûtant, équipent les centres de santé, payent leurs agents… Un élu du Nord raconte qu’il a tenté de joindre le chef du mouvement islamiste radical Ançar Dine, M. Iyad Ag Ghali, pour le rencontrer. Réponse : « Je te verrai quand tu auras démissionné de ton poste. Les députés n’ont aucune légitimité face à la loi de Dieu ».

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Le combat pré-sankariste d’Amílcar Cabral

Amílcar CabralPlus de vingt ans que le frère et camarade Thomas Sankara nous a quitté dans des conditions tragiques et pénibles. Vingt ans au cours desquels les peuples africains ont du mal à se remettre du traumatisme psychologique qu’une telle expérience a généré. Le 15 octobre 1987, alors qu’il se rendait à une réunion du conseil de l’entente, il fut sauvagement assassiné. Depuis lors, le régime compradore de Blaise Compaoré a réinstauré en terre burkinabé les mécanismes d’un développement de type néo-colonial, c’est-à-dire complètement subordonné aux intérêts des puissances impérialistes occidentales. Pour avoir été l’un des premiers à jeter les bases d’une tentative réelle de déconnections du système mondial dans l’ère post-indépendance, Sankara incarnait la continuité et la mise en application dans les conditions spécifiques du Burkina Faso, de la pensée d’un des révolutionnaires les plus éminents que l’humanité ait connu en cette fin de siècle : Amílcar Cabral.

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Hollande, Ouattara et l’ivoiro-réalisme

Alassane Ouattara et François Hollande. Manifestations populaires contre la visite de Ouattara en France (juillet 2012, Paris).La récente visite officielle de Alassane Ouattara en France a été l’objet de réactions d’indignation de toutes sortes, émanant aussi bien d’individus, de groupements politiques “panafricains” que d’associations françaises qui, apparemment, espéraient beaucoup du « changement maintenant » promis par Hollande durant sa campagne présidentielle.

Sauf qu’en ce qui concerne le dossier ivoirien, le « changement » en question – c’est-à-dire, une vision et un exercice politiques radicalement distincts du modèle Sarkozy – n’a pas (encore ?) eu lieu. Ouattara a bel et bien été accueilli par le Président français avec les honneurs dûs au rang que François Hollande lui reconnait. Et hormis les déductions floues, distillées ci et là par ceux qui tentent de rapporter une “mise à pieds” de Ouattara par Hollande, rien d’autre que la version officielle faisant foi de « bonnes relations avec un pays ami » n’a filtré de ce tête-à-tête.

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Médias et information : il est temps de tourner la page

« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » – David Bohm, 1977

Presse, médiasPréambule

Si un boucher nous empoisonnait en nous vendant de la viande avariée, les consommateurs que nous sommes n’accepteraient jamais l’idée que « les choses sont comme ça » et qu’il ne nous resterait plus qu’à trouver un autre fournisseur. Mais lorsqu’une journaliste du New York Times ment sciemment sur les armes de destruction massive en Irak – et participe à l’extermination d’un million et demi d’Irakiens innocents – elle se voit simplement “remerciée” et l’affaire est classée dans le casier “déontologie”. Ici, l’impunité est quasi-totale et même revendiquée par la profession journalistique au nom d’une “liberté” qu’elle se garde bien de définir avec précision.

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Areva en Afrique ou la loi de la jungle

ArevaPrésent dans une centaine de pays, Areva dispose de la maîtrise de l’ensemble de la chaîne du nucléaire : exploitation de l’uranium, enrichissement et retraitement, ingénierie, fabrication de réacteurs et de systèmes de contrôle, maintenance. Ce « fleuron de l’industrie française » naissait le 3 septembre 2001, de la fusion de deux acteurs majeurs du secteur de l’énergie nucléaire : la Cogema (Compagnie générale des matières nucléaires) à laquelle le Commissariat à l’énergie atomique transférait en 1976 ses activités d’exploitation minière et d’enrichissement de l’uranium ; le second, Framatome, spécialisé depuis 1958 dans la fabrication de chaudières pour centrales nucléaires. Tout est en place pour la poursuite de l’exploitation de l’uranium, avec le soutien de l’Etat français et l’appui des réseaux de la Françafrique aux méthodes bien huilées.

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+ d’Afrique : quand le ridicule tue

+ d'AfriqueUne fois par semaine, grâce à Canal + Horizons, l’Afrique “francophone” se retrouve nez à nez avec un des nombreux prétendants à son homicide culturel : + d’Afrique« le talk-show 100 % africain » de la chaîne cryptée française.

Robert Brazza, son célèbre animateur Congolais, doit probablement “se faire sa p’tite tune” et vivre plus que décemment des fruits de son labeur. Bravo ! Après tout, un nègre de grand talent, point au chômage en ces temps difficiles pour les pays africains, n’est que sujet de réjouissance. Mais à quel prix ?

+ d’Afrique, aussi bien dans le style que dans le contenu, n’est qu’une forme “évoluée” – moins cruelle, mais non moins caricaturale – des “minstrel shows” américains très populaires dans l’Amérique ségrégationniste – et même au-delà –, dont le réalisateur Spike Lee se fait l’écho dans son film culte Bamboozled. Leur particularité ? Les “minstrel shows” célébraient – = singeaient de la façon la plus grotesque et méprisable qui soit – le quotidien noir-américain au grand ravissement des (télé)spectateurs Blancs.

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Afrique, CPI : une autre voie…

Mme Bensouda de la CPIPrévue initialement le 18 juin 2012 à La Haye, l’audience de confirmation des charges pesant sur l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, écarté du pouvoir avec la bénédiction de l’ONU par la France de Nicolas Sarkozy, coordonnant une coalition hétéroclite de politiciens locaux de réputation douteuse et de coupeurs de routes meurtriers, ironiquement baptisés FRCI, se tiendra donc le 13 août [2012] prochain.

Noyée dans le flot continu de la désinformation annonçant une énième guerre impérialiste menée cette fois contre la Syrie, l’actualité judiciaire internationale en provenance des Pays-Bas sera traitée selon la traditionnelle grille de lecture libérant la parole mensongère, adoptée par les médias occidentaux, permettant une réécriture permanente de l’histoire et l’imposition d’un cadre idéologique, défavorable par essence, aux intérêts des peuples dit faibles. À ce titre il convient de poser un autre point de vue, le nôtre, militant avec détermination pour une approche rééquilibrant des rapports de force Nord/Sud iniques et amoraux.

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Côte d’Ivoire, PPTE : entre illusions et arnaque

PPTEDepuis l’annonce de l’atteinte par la Côte d’Ivoire du point achèvement de l’initiative PPTE (pays pauvre très endetté), le constat est que de nombreuses interrogations se présentent. Beaucoup d’Ivoiriens ne comprennent pas ce que représente ce programme PPTE et ce qu’il implique concrètement pour leur pays et pour eux-mêmes.

Le PPTE est-il une annulation de la dette ?

Non. C’est vrai que la communication gouvernementale officielle le laisse penser. Mais c’est un abus de langage. Selon le FMI, notre “annulation de dette” porte sur un total de 7,7 milliards de dollars, dont 3,1 milliards pour le PPTE au sens strict du terme, 1,3 milliards pour les agences multilatérales liées au FMI, à la Banque Mondiale et à la BAD et enfin 3,3 milliards pour des États créanciers dits du Club de Paris. Alors peut-on penser sérieusement que ces créanciers vont faire cadeaux d’autant d’argent à la Côte d’Ivoire ? Surement pas surtout en période de crise.

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Africains, ouvrons les yeux !

Sortir du colonialismeIl nous fallait attendre que l’allégresse suscitée par la défaite de Nicolas Sarkozy soit dissipée, que les déceptions des nominations gouvernementales soient digérées, pour aborder avec sérénité le cadre dialectique sous-tendant la réflexion politique de la communauté noire en France et de sa parente d’Afrique francophone. (1)

C’est avec une affliction toute particulière que nous avons noté la tonalité des éditoriaux, le sens profond relevant des discours tenus par les intellectuels franco-africains et africains, quant aux répercussions de l’élection présidentielle française sur les destinées africaines.

Aux suppliques empruntées au cadre discursif colonial, entérinant, implicitement ou explicitement, une relation de maître à domestique, se sont accolées des analyses socio-politiques insuffisantes au regard de l’impérieux désir d’émancipation des ex-colonies francophones. Cette absence de perspicacité aurait pu prêter à sourire si elle n’avait été le référent exclusif d’une logorrhée dégradante, aporétique et velléitaire.

Quelques questions

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Côte d’Ivoire : pays pauvre très (très très) endetté – PPTE

PPTELe 30 juin 2012, comme prévu, la Côte d’Ivoire entrera dans le club très fermé des pays pauvres près endettés (PPTE), “accréditation” accordée par la Banque mondiale et le Fond monétaire international (FMI). Ce statut offre au pays de nouvelles perspectives, mais il est également source d’inquiétudes.

Plus de dix ans. Oui, plus de dix années de troubles et d’instabilité politique ont entraîné la Côte d’Ivoire dans une situation économique et sociale désastreuse. Une dette équivalant à 93,3% du produit intérieur brut (PIB). Le 170e rang en termes d’indicateur de développement humain (IDH), sur 187 pays listés. Sans compter la crise postélectorale et la guerre civile qui ont provoqué une récession de 5,8% du PIB en 2011.

Cette situation a très certainement accéléré l’entrée du pays dans le “club” des pays pauvres très endettés (PPTE). En réalité, depuis 2009, la Côte d’Ivoire a enclenché ce que l’on appelle le “point de décision”, à savoir la candidature officielle pour faire partie des PPTE. Le 30 juin, c’est le “point d’achèvement” qu’elle finalisera pour faire officiellement parti des PPTE.

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Hollande et la gauche… à l’ivoirienne

François HollandeLaissons aux politologues et autres spécialistes le soin d’une oraison funèbre détaillée – et bien méritée – du Sarkozysme. Grosso modo, la victoire de François Hollande aux présidentielles françaises de 2012 marque la fin d’un semi-cauchemar étatique qui aura surtout montré en quoi l’hyperprésidence bling-bling à l’avantage des copains du Medef est une formule néfaste pour diriger un peuple tellement affecté par la crise financière mondiale qu’il ne sait plus où parquer ses chômeurs et ses “indignés”.

Mais ce n’est pas seulement le fond socioéconomique qui a précipité la sortie de Nicolas Sarkozy. Son échec est également un échec de forme, symbolisé par une attitude incroyablement arrogante qui n’aura jamais compris qu’un peuple réclame décence et respect avant toute chose, justement parce que la majorité ne peut pas s’offrir Rolex, Chouquet’s et vacances sur le yacht privé de Vincent Bolloré.

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Ouattara, Soro : professez le pardon

Alassane Ouattara et Guillaume SoroIl est un peu tard pour le pardon ; voilà des mois que nous suivons Charles Konan Banny, avec sa Commission réconciliation et vérité ; malgré une scène touchante retransmise sur grand écran, ou l’on voit cet ancien Premier ministre s’agenouiller devant la caméra pour demander pardon, mais en tournant le dos au public duquel il attend ce pardon… Puis nous avons vu Ouattara projeter les phares sur l’Ouest, ce pays meurtri, et encourager les populations à tourner la page et à pardonner, mais sans s’impliquer lui-même, sans être concerné… Et maintenant place à Soro, qui le jour de l’ouverture du Parlement, nous joue son couplet du pénitent, humble et humain à souhait.

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Calixthe Béyala : la farce doit cesser

Calixthe Béyala, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le PenCalixthe Beyala s’écartant de son domaine d’action privilégié, le plagiat littéraire, s’est donc lancée dans une carrière politique, dans la foulée de son engagement médiatique tonitruant contre les interventions française en Côte d’Ivoire et de l’OTAN en Libye. Nul ne discutera la sincérité de ses positions concernant ces deux évènements ayant fortement ébranlé les français d’origine africaine, les procès d’intention n’étant d’aucune utilité. Cependant le verbatim de l’interview qu’elle a accordé à Christian Musampa dans le cadre de l’émission « Sans détour » sur Cameroon Voice démontre sans équivoque ses limites en tant qu’analyste politique et plus encore, la disqualifie en tant que leader auto-proclamé de la communauté afro-française.

Méconnaissance des réalités électorales et démographiques : cadre idéologique du MAF…

Ne craignant pas le ridicule Mme Beyala affirme péremptoirement que c’est l’appel de son groupuscule sans légitimité ni représentativité (le MAF) qui a amené la baisse du score de Jean-Luc Mélenchon. On ne peut soutenir et accepter de telles énormités et contresens électoraux lorsqu’on se penche avec attention et sérieux sur les réalités démographique et électorales françaises.

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L’ornière syrienne : pierre de touche des vraies bonnes résolutions

Bashar al-Assad, François Hollande, Nicolas SarkozyDeux jours avant le premier tour des élections présidentielles, François Hollande s’est cru obligé d’affirmer (sur Europe 1) qu’en cas d’intervention militaire en Syrie sous l’égide de l’ONU, la France y participerait. La troublante continuité de ces propos avec la rhétorique “va-t-en guerre” de Nicolas Sarkozy (*) – rouvrant les plaies de nos mémoires souillées d’images insoutenables – a de quoi surprendre, et inquiéter… Car ne nous y trompons pas, les pressions exercées actuellement sur le régime de Bachar al Assad relèvent de la même logique meurtrière que celle qui a légitimé l’immonde agression française contre la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo et la destruction sadique d’une Libye prospère.

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Lâches Africains !

Lâches Africains !Tant que les Africains continueront de faire de la lâcheté leur trait de caractère distinctif, absolument rien n’empêchera la triste prolifération des coups d’État militaires qui s’enchaînent depuis plus de cinq décennies dans leurs pays.

Arrêtez là si vous pensez que les politiques seront l’objet principal de ce pamphlet : nous nous adressons à vous tous, Africains d’origine, de sang ou d’intérêts, qui prétendez vous offusquer des récents coups d’État militaires au Mali et en Guinée-Bissau, comme si ces renversements étaient descendus de nulle part, ébranlant les capitales africaines avec une puissance séismique que l’être humain ne peut contrôler.

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Gbagbo : question d’objectivité

Laurent GbagboLe discours pro-Ouattara sur la crise ivoirienne n’a pas varié d’une demi-mesure un an après le sombre 11 avril 2011. Adoubé du soutien toujours aussi solide de la grande presse internationale – qui ne juge pas nécessaire de se poser une ou deux questions quant à la dizaine d’années de coups fourrés et de crimes en tous genres soutenus silencieusement par l’Élysée – Alassane Ouattara, justifications saugrenues après justifications saugrenues, continue de se faire broder une tunique de sauveur qui n’a de sérieux que la détermination de ses communicants à vouloir à tout prix l’imposer.

Il faut reconnaitre que le projet rocambolesque fonctionne encore assez bien. Si certains Africains ont pris conscience de l’évidente manipulation qui a justifié un engagement militaire malsain afin de résoudre un simple contentieux électoral, en Europe et en Amérique, l’opinion publique reste grosso modo la même : soit elle ignore tout du sujet, soit elle estime que la Côte d’Ivoire a vécu des moments douloureux en 2011 par la faute d’un néo-führer barbare, illégalement accroché à son pouvoir et décidé, coûte que coûte, à engager son pays dans une guerre civile.

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Merah, Toulouse : au-delà de toute instrumentalisation, de toute psychose et de tout amalgame…

Police française à ToulouseLa peur s’est introduite par effraction dans la campagne électorale. Elle sera sans aucun doute la grande gagnante du scrutin présidentiel à venir. Le débat public définitivement pollué, va sans doute laisser la place à l’émotion et l’instrumentalisation de tout bord. La question sociale, l’inexorable montée de la précarité et de la paupérisation d’une part de plus en plus importante des français ne trouvera certainement pas la place qu’elle mérite dans le débat public, et ne sera pas abordée sereinement. Mohamed Merah, un jeune français de 24 ans en aura décidé autrement.

Étonnement…

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Sarkozy, Merah, Toulouse : comme par hasard…

Nicolas SarkozyOn croit rêver : voilà un président de la peau duquel, hier encore, personne ne donnait bien cher – électoralement parlant, bien sûr, encore que… – ; un président en chute libre, enseveli sous une avalanche d’affaires toutes plus nauséabondes les unes que les autres ; voilà donc un président “fini”, sans avenir, propulsé du jour au lendemain sur la scène hollywoodienne des grand héros de sagas à l’ancienne, chevalier blanc des justes causes, sauveur des opprimés, justicier au grand cœur, arborant soudain la cape chatoyante des grands hommes providentiels. Du jour au lendemain, voilà Sarkozy redevenu l’homme de la situation, candidat idéal à sa propre succession à la tête d’une France menacée par l’hydre du fanatisme sanguinaire.

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Le Sarko Show aux Africains

Nicolas SarkozyLe Sarko Show était en pleine extase, hier, lundi 12 mars 2012, sur les antennes de TF1. L’invité du jour, Nicolas Sarkozy, suant à grosses gouttes bien visibles sous sa chemise décidément trop légère, s’était préparé à exploser le médiamat et dépasser de loin les performances de ses principaux adversaires, notamment François Hollande, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Sauf que les tests d’audience réalisés autour de l’émission « Parole de Candidat » annoncent 4,5 millions de téléspectateurs en moyenne (soit 19,8 % de part d’audience), c’est-à-dire, un peu moins que l’émission qui recevait Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon une semaine auparavant, qui avait été suivie par 4,7 millions de téléspectateurs. Plutôt dommage pour le président-candidat de se voir voler la vedette par la série « Cold Case » sur France 2 (6,6 millions de téléspectateurs). Mais dommage, surtout, parce que tous ces chiffres ne permettront pas de mesurer l’impact réel du Sarko Show où il devrait résonner le plus fortement : en Afrique.

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Crise ivoirienne : conflit politico-spirituel ?

Charles Konan Banny, Nicolas Sarkozy, Alassane Ouattara et Laurent GbagboLe lancement d’une « période de deuil et de purification nationale » décidée par la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) dirigée par Charles Konan Banny vient remettre au centre du débat national l’aspect le plus inconfortable pour les observateurs et critiques se targuant d’objectivité : la spiritualité.

D’entrée, la question mérite d’être posée : y a-t-il une question spirituelle qu’il faut discuter, au sujet de la crise ivoirienne ? Y a-t-il une place, dans le débat intellectuel, pour un argument objectif qui ne cloue pas au pilori tout ce qui semble relever de l’abstrait ?

Il est vrai que, traditionnellement, une critique s’exerce sur la base de faits tangibles. Les causes sont étudiées, les conséquences observées et les relations qui les unissent sont présentées : c’est ce qu’on appelle mener un raisonnement cartésien. Toute approche qui insère des données intangibles dans l’équation intellectuelle est généralement, soit ignorée, soit méprisée, soit reléguée au niveau des “faux problèmes” chers aux “illettrés”, c’est-à-dire ceux qui, déprimés du quotidien, s’abandonnent volontairement à tous les “secours” ésotériques à leur portée. Ainsi, la pensée agnostique, se définissant elle-même comme étant “objective”, est généralement celle qui domine : après tout, il est plus facile d’ignorer l’invisible que de l’argumenter sans preuves palpables.

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Abobo la guerre, le journalisme d’investigation… et les pincettes

"Abobo la guerre" de Leslie VarenneLe livre Abobo la guerre ; Côte d’Ivoire : terrain de jeu de la France et de l’ONU de la journaliste française Leslie Varenne n’a pas fini d’atteindre les rayons des librairies, depuis sa publication le 22 février 2012, que la propagande des camps politiques ivoiriens est déjà lancée, chacun essayant de faire dire à l’auteur ce qui lui semble être le plus satisfaisant.

Abobo la guerre, fruit apparent d’une “investigation de terrain” (*), mérite d’être parcouru avec circonspection, justement parce qu’il ne dit pas tout à fait ce que les uns et les autres croient (ou veulent faire croire). Non, le livre ne fait ni l’apologie de Laurent Gbagbo (contrairement, par exemple, au fameux livre Côte d’Ivoire : le coup d’État de Charles Onana, qui prend clairement position), ni celle de Alassane Ouattara.

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FPI : kaput ?

Miaka OuretoLe Front populaire ivoirien (FPI), par la voix de son président Miaka Oureto, a encore frappé de son nombrilisme patenté et inscrit une énième preuve de son manque de vision au panthéon du bêtisier politique ivoirien.

En juin 2011, son refus de l’opposition avait justifié que la plupart de ses militants rejettent en bloc toutes les suggestions d’acceptation de la nouvelle donne politique ivoirienne, en refusant mordicus la notion même d’autocritique. On le disait à l’époque : il ne s’agissait pas de légitimer un pouvoir criminel qui, du reste, n’attend du FPI aucune légitimation. Il s’agissait simplement de développer une certaine maturité politique, capable de lire les nouveaux signaux, de s’adapter en conséquence et de mener une opposition pleinement consciente de ses responsabilités vis-à-vis du peuple. C’était le moins que l’on pouvait espérer de responsables politiques ayant passé une décennie au pouvoir, mais qui n’avaient jamais imaginé se voir déguerpir manu militari par la Force Licorne française.

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Saint Mélenchon et le patriotisme moribond

Jean-Luc MélenchonLa déferlante patriotique ivoirienne a fait son choix : Jean-Luc Mélenchon sera son prochain président. Ou plutôt celui de la France, mais apparemment, il n’y a pas grande différence. Elle l’a décidé comme tel, elle l’exige pratiquement, elle mène une campagne Mélenchon en ligne et explique pourquoi à qui veut l’entendre.

Qu’un citoyen français d’origine africaine décide de voter Mélenchon, rien de bien troublant. L’homme est candidat et tous ceux qui ne se refusent pas l’avantage d’une double-nationalité (même en criant haro sur la Françafrique) ont le droit d’admirer l’homme politique d’extrême-gauche.

Mais que des citoyens ivoiriens, arborant certificats de nationalité oranges et passeports verts, vivant à Paris, à Agadir ou à Bouaflé, s’empressent de battre campagne pour Mélenchon, laisse franchement pantois.

Comment Jean-Luc Mélenchon (dont la plupart de ses nouveaux supporters ne peuvent pas citer, sauf Google, une seule ligne de son projet de société) est-il devenu Saint Mélenchon, l’espoir de tout un mouvement ? Grâce aux deux cents mots que voici, tenus le 6 février dernier :

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L’État plantation

Alassane Ouattara et Laurent GbagboLes pays d’Afrique francophone en donnent rarement l’impression mais, en réalité, il existe une petite différence entre gérer un État et gérer une plantation.

Une plantation appartient à son propriétaire : il peut en faire ce qu’il veut ; il peut défricher son carré au petit matin ; il peut décider de l’exploiter, puis l’abandonner, puis le cultiver à nouveau, selon son bon vouloir. Par contre, un État est une entité publique, la propriété de millions de personnes qui érigent, symboliquement et par convenance pratique, un individu qui en prend les rênes et qui fait ce que la majorité estime être la priorité du moment.

Ce petit rappel n’est pas fortuit. Au-delà des élites, ce sont les administrés eux-mêmes, tous ceux qui élisent un responsable qu’ils se refusent ensuite à évaluer, qui en ont grand besoin.

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“Le nouvel ordre ivoirien”, par Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN par Jean-David N'Da« Replacer la crise postélectorale ivoirienne dans son contexte africain et mondial, au-delà de la confrontation entre deux hommes à laquelle l’ont réduit certaines appréciations. »

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN, de Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan mardi 24 janvier 2012.
Disponible dans toutes les librairies.
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Visitez nouvelordreivoirien.com pour plus d’infos.
Lisez et faites lire LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN.

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Alassane Ouattara et l’enjeu des terres arables en Côte d’Ivoire

Alassane Ouattara et George SorosL’enlisement de la crise ivoirienne, dans un contexte de fracture sociopolitique abyssale, a fermé les yeux de la majorité de la population aux vrais enjeux qui se précisent dans ce pays phare d’Afrique de l’Ouest.

Un de ces enjeux, l’accaparement des terres arables, est bien loin de nourrir les débats politiques continuellement personnalisés dont sont friands les Ivoiriens. Pourtant, parmi les causes de la guerre menée par la France en Côte d’Ivoire pour installer Alassane Ouattara à la tête du pays, l’accaparement des terres arables occupe une position centrale. Non seulement ses conséquences risquent d’être plus dommageables qu’une éventuelle dévaluation du franc CFA, mais de façon pratique, si le projet aboutit, il dépossèdera les Ivoiriens du bien le plus précieux qu’ils possédaient jusqu’ici : leur terre.

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Plumes d’or

Plume d'orPlumes d’or aux 10 essais politiques (sur les 350 publiés sur notre plateforme) qui nous ont le plus séduits en 2011. Nous les commentons ici, par ordre chronologique, en excluant les nôtres afin que, pour une fois, charité bien ordonnée commence par autrui.

La folie d’une guerre sans gloire : à Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan BédiéWayourou Zadi-Pauyo (25 février 2011)

2011 retiendra que certains Ivoiriens ont essayé de prévenir les dégâts d’une guerre en Côte d’Ivoire, en appelant les citoyens à prendre leurs responsabilités. Exemple : ce puissant texte de Wayourou Zadi-Pauyo, qui dès sa publication sur Pensées Noires, a causé un véritable déferlement d’argumentations (notables pour leur diversité, leur qualité et leur politesse, ce qui n’est jamais gagné d’avance) que vous ne lirez malheureusement plus, notre plateforme s’étant définitivement séparée des commentaires Facebook. Néanmoins, la passion avec laquelle l’auteur accuse chacun des trois “grands” responsables politiques ivoiriens appelait surtout le peuple à entreprendre ce qui aurait certainement été une vraie révolution : dépasser les clivages partisans, dégager le trinôme président et sauver la nation. A terme, le courage populaire aura fait défaut, mais ce coup de gueule reste le point d’ancrage littéraire de l’avant 11 avril : sincère, profond, critique et poétique tout en un.

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CPI : l’occasion d’humilité

Laurent GbagboLaurent Gbagbo a donc été transféré à la CPI en dépit des promesses de “frémissements” des responsables LMP, en dépit des “revendications” de ses avocats et conseillers et en dépit de la colère de ses affidés. Comme au 11 avril dernier, il a été saisi manu militari et convoyé là où la “communauté internationale” souhaitait le voir depuis une décennie.

Que dire qui n’a déjà été dit ?

Les réactions des uns et des autres ont toutes été lues… ou presque. Impossible de circonscrire la déferlante émoussée ou enchantée, qui aura d’ailleurs confirmé ce que l’on savait déjà de la scène politique ivoirienne : à gauche, quelques militants rêveurs espèrent toujours se réveiller au petit matin du 11 avril 2011 pour changer le cours de l’Histoire ; à droite, quelques militants dozos continuent d’applaudir les combines les plus iniques de leur “fétiche”, bêtement, comme ils le font depuis le 19 septembre 2002.

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De Cheikh Anta Diop à Sylvia Serbin: quelle réaction au révisionnisme occidental ?

Sylvia Serbin, journaliste et historienne afro-antillaiseL’histoire est à la fois connue et méconnue : une journaliste et historienne afro-antillaise entreprend des recherches sur les femmes noires qui ont vécu de l’Antiquité au début du XXe siècle et qui ont joué un rôle précieux dans l’histoire de l’Afrique, des États-Unis, des Antilles et de Madagascar. Elle en fait un livre unique en son genre, acclamé notamment au Brésil et au Canada et reçoit pour saluer la qualité de ses travaux… le Prix Nobel d’Histoire ? Le Pulitzer ? Le Goncourt ? Non. Sylvia Serbin a récolté, de sa volonté de marquer d’une pierre blanche la place des Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire, un revers cinglant fomenté par un son propre éditeur, devenu une épopée judiciaire laborieuse et humiliante.

Bienvenue dans le monde du révisionnisme de l’histoire, de la littérature et de la culture négro-africaine.

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Franc CFA : et si Gbagbo avait écouté Koulibaly ?

Mamadou Koulibaly et Laurent GbagboLa dévaluation du franc CFA aurait-elle été d’actualité en novembre 2011, dix-sept ans après celle de 1994, si une réflexion sérieuse sur le franc CFA avait été apportée sous Laurent Gbagbo ? Cette question serait-elle l’objet de vives polémiques, aujourd’hui, si un nucleus, constitué de spécialistes locaux, avait été mis en place par le régime Gbagbo, non pas hâtivement, pendant la crise postélectorale, avec un ou deux prêcheurs de “nouvelle monnaie” sur les plateaux de la RTI, mais depuis 2000, puisque tel était écrit noir sur blanc dans le projet de société de la Refondation ?

On ne peut discuter ce sujet sans parler de Mamadou Koulibaly. Et bien sûr, on nous targuera encore de “LIDERship”… comme s’il était criminel de se poser les bonnes questions. On nous parlera peut-être même de “traitrise”, comme si l’urgence résidait dans la diabolisation émotionnelle d’un acteur politique entièrement libre de ses décisions. Or il y a urgence ailleurs…

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Du mépris papal en Afrique noire

Benoit XVISimple coïncidence que le Pape Benoît XVI effectue sa seconde visite africaine au soir d’une année particulièrement douloureuse pour le continent noir ? Et que, de Cotonou, il demande à l’Afrique « d’entrer dans la modernité », un peu, comme hier, le “bon samaritain” Nicolas Sarkozy appelait l’Afrique à entrer dans l’Histoire ?

Voici ce que nous offrent deux hommes, deux professions, deux visions que l’on disait bien distinctes : une même affliction de circonstance qui lamente les dégâts visibles et fait l’impasse sur les causes profondes qui ont mené le continent où il est.

Certains organes de presse ivoiriens ont déjà tenté une récupération hasardeuse des déclarations apostoliques sur la Côte d’Ivoire, y voyant précipitamment un désaveu de la méthode ouattariste. Ce n’est que pur opportunisme journalistique ; mais surtout, ces analyses taisent ce que personne en Afrique ne veut accepter : comme Obama, comme Sarkozy, comme l’ensemble du système néocolonialiste clairement “dopé” depuis janvier 2011, Benoît XVI, tout Pape qu’il est, n’en a cure du sort des Africains.

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L’esprit néocolonisé

Thomas Sankara« La plus grande difficulté rencontrée est constituée par l’esprit de néocolonisé qu’il y a dans ce pays. Nous avons été colonisés par un pays, la France, qui nous a donné certaines habitudes. Et pour nous, réussir dans la vie, avoir le bonheur, c’est essayer de vivre comme en France, comme le plus riche des Français. Si bien que les transformations que nous voulons opérer rencontrent des obstacles, des freins. »

Si Thomas Sankara avait déjà compris, en 1984, les vrais enjeux qui s’imposent à l’Afrique francophone, un quart de siècle plus tard, ses propos valent tout leur pesant de coton burkinabè, tant les pays de la sous-région continuent de patauger bien loin des rives de l’émancipation.

Au Burkina Faso, mais aussi et surtout en Côte d’Ivoire, l’esprit néocolonisé qui anime les populations rend caduc chaque velléité d’affranchissement qui nait. Les dégâts sociopolitiques et économiques résultant du savoir-faire gaulois appelé Françafrique sont quasiment indénombrables : ce système carcéral est clairement le malheur des pays de la sous-région.

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Le mythe de l’Ivoirien paisible

Félix Houphouët-BoignyLa fin de cette année cruciale dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire s’annonce, comme prévue, sans qu’une réponse consensuelle ait été apportée à la question suivante : comment la Côte d’Ivoire est-elle tombée si bas ?

On connait les coupables officiels, selon que l’on s’abreuve du révisionnisme RHDP, du frontisme LMP ou tout simplement du bon sens. Ils s’appellent Onuci, France, Ouattara, Gbagbo et leurs subordonnées respectifs, et ils incluent également Obama, Bédié, Houphouët et même – pour certains – Koulibaly.

Cependant, outre l’irresponsabilité de la classe dirigeante dans son ensemble, qu’est-ce que la débâcle ivoirienne révèle des administrés de ce pays ? Qu’est-ce que cette crise permet de savoir de l’Ivoirien lambda, celui qui sait bavarder, insulter, mépriser et voter, généralement, par égard pour les convictions d’autrui ? Combien d’analyses s’intéressent-elles au rôle joué par le citoyen lui-même dans ce que la Côte d’Ivoire est devenue ?

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Libérer Laurent Gbagbo : entre vouloir, pouvoir et devoir

Laurent GbagboLe dossier Laurent Gbagbo demeure le point focal de l’actualité politique ivoirienne, au même titre que le processus de réconciliation nationale auquel il est lié. Et pour cause : l’homme d’État qui a été capturé, humilié et jeté en prison, sans ménagement, au terme d’un conflit armé meurtrier de milliers d’Ivoiriens, a été l’objet d’un transfert à la Cour pénale internationale (CPI) particulièrement controversé, car nonobstant l’opinion des millions de citoyens qui se réclament de lui et qui n’entendent pas se réclamer d’autrui. Encore moins après avoir vu la France de Sarkozy s’engouffrer dans le contentieux électoral ivoirien, en dévoilant la “solution démocratique” la plus efficace qu’elle ait pu trouver : la bombe.

C’est donc à la fois inquiet et amer que les partisans de Laurent Gbagbo expriment leur volonté première : voir leur leader recouvrir sa liberté d’être humain, tout simplement, peu importe ce qui pourrait lui être reproché.

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Gilbert

Gilbert Aké N'GboS’il est vrai que l’on juge une nation à la manière dont elle traite ses plus démunis, il est aussi vrai qu’une nation qui se respecte est une qui valorise ses sommités. Pour certains, les sommités ivoiriennes sont celles qui caracolent dans des cargos militaires, déambulant dans les rues d’Abidjan kalachnikovs en bandoulière. Ou bien celles qui gesticulent leur maîtrise plus que parfaite du coupé-décalé. Ou encore celles qui apparaissent à la une de Life magazine. Ou même celles qui virevoltent leur dextérité footbalistique dans les défenses adverses. Elles sont les plus visibles ; elles doivent donc être celles qui méritent le plus de respect.

Cependant, les sociétés en phase avec elles-mêmes donnent une définition moins superficielle de la notion de sommité. Une sommité est une personne respectable et effectivement respectée, aussi bien par ses paires que par ses adversaires. Une personne d’une telle humilité qu’elle impose même à ses ennemis de la reconnaître comme telle. En Côte d’Ivoire, il existe quelques-unes de ces sommités. On connaît bien celles du football et du reggae ; on ignore tout de celles qui affolent non pas les foules mais les facultés.

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Menteurs “patriotes”, déguerpissez!

Alain Toussaint et Charles Blé GoudéGeorge Orwell ne croyait pas si bien dire quand il estimait au début du XXe siècle que « la politique, par sa nature même, implique violence et mensonge ». On peut en être sûr, la maxime ne vieillira pas de sitôt, à l’allure où va la politique politicienne ivoirienne, qui voit tous les camps mener leurs combats – les plus respectables ou les plus sots – par la voie royale de la propagande mensongère.

Relative au camp Ouattara, on ne s’en émeut plus vraiment. Mais que vaut, à l’opposé, l’attitude de la “galaxie patriotique”, cette nébuleuse qui a bradé la sacralité de son combat depuis belle lurette et s’est muée en un mouvement essentiellement constitué de mystificateurs bavards, couards et corrompus ? Au vu des méthodes les plus abjectes que certains de ses membres ont décidé d’emprunter, on se demande bien sur quelle base on devrait leur conférer, à eux, plus de respect qu’on ne donne aux barbouzes qui tiennent actuellement le pouvoir en otage.

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L’emploi à l’ère du pacte colonial : selon que vous serez Noir ou Blanc…

« Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi… J’aurais pu être noir. » – Ray Charles

L'emploi à l'ère du pacte colonialLa France aime se plaindre de l’Afrique “boulet”, mais elle n’hésite pas à réprimer l’émergence de nouvelles classes politiques et de générations voulant extirper le continent de la médiocrité dans laquelle il a volontairement été maintenu par les anciennes puissances coloniales.

Ceci s’applique aussi bien au secteur public que privé. Alors que les entreprises françaises implantées en Afrique se plaignent constamment du mauvais niveau de leurs employés locaux, ce sont les mêmes qui répugnent à embaucher des nationaux remarquables, compétents et bardés de diplômes des meilleures universités occidentales et africaines. Et quand bien même elles les recrutent, elles leur offrent des rémunérations ridicules, leur imposant en sus des supérieurs hiérarchiques expatriés aux qualifications et aux états de service bien souvent douteux ou laissant à désirer.

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Politique ivoirienne : le plan B

Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan BédiéA l’embouchure des vociférations tumultueuses émanant des plus militaires des militants LMP et RHDP, s’inscrit en lettres capitales le besoin pour chacune de ces formations de s’interroger sur le seul point qu’elles se refusent : le Plan B.

Quel est le Plan B de la coalition de partis politiques qui forment le mouvement LMP ? Quel est le Plan B des tendances regroupées sous la bannière RHDP ? Quel est le Plan B des formations politiques ivoiriennes qui prétendent toutes conduire les Ivoiriens vers le meilleur que l’avenir leur réserve ? Et qui, pour se faire, investissent toutes leurs énergies dans le prolongement à l’infini de la carrière politique de leurs leaders du moment ?

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Ce que la Libye avait accompli, ce qui a été détruit

Mouammar Khadafi« Il n’y a pas de lendemain » dans le cadre d’une rébellion d’Al-Qaïda financée par l’OTAN. Alors qu’un gouvernement rebelle “pro-démocratique” a été établi, le pays a été détruit. Avec la propagande de guerre en toile de fond, les réussites économiques et sociales de la Libye des trente dernières années ont été brutalement ruinées: « La Jamahiriya arabe libyenne a un niveau de vie élevé et un solide apport calorique quotidien de 3144 par habitant. Le pays a fait des progrès sur le plan de la santé publique et depuis 1980, le taux de mortalité infantile a chuté de 70 à 19 sur mille naissances vivantes. L’espérance de vie est passée de 61 à 74 ans durant la même période. (cf. FAO, Rome, Profil de la Libye) ».

Selon des secteurs de la “gauche progressiste” ayant endossé le mandat de la responsabilité de protéger de l’OTAN, « l’ambiance en Libye, particulièrement à Tripoli, est celui d’un sentiment d’euphorie, partout. Les gens sont incroyablement excités à l’idée de repartir à zéro. Il y a vraiment une sensation de renaissance, une impression que leurs vie recommencent ». (cf. DemocracyNow.org du 14 septembre 2011). On présente simplement les rebelles comme des « libérateurs ». Le rôle principal des terroristes affiliés à Al-Qaïda dans les rangs des rebelles n’est pas mentionné.

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Etre un président africain est une malédiction

Jacques Chirac et Blaise CompaoréEtre un Chef d’Etat en Afrique, n’est point une sinécure, à moins d’être un homme sans coeur, un ectoplasme sans âme, une coquille décorative, une plante en plastique pour donner l’impression à un environnement misérable que tout n’est pas si mal dans un monde odieux!

Oui, être un dirigeant Africain est une malédiction. C’est pactiser avec le diable et ses cornes. C’est brader la joie de vivre de son peuple pour un plateau de feuilles de vignes desséchées! C’est tout, sauf une charge intéressante, un déshonneur pour le devenir de ceux qui porteront votre nom maudit pour des siècles! C’est tout, c’est rien, sauf à se satisfaire des voitures climatisées, de jolies maisons frigorifiques, tandis que croupissent dans la misère les quatre-vingt dix neuf pour cent du reste de la population. Etre un Président Africain est une mauditation; c’est accepter d’écraser les siens avec la bénédiction des autres; c’est être un caca-chien, un caca-poule et accepter la tête baissée, l’échine à ras terre d’être traité de dictateur, de spoliateur, d’être charrié et moqué par ceux-là même qui vous ont nommé à travers des élections truquées, des coups d’etats masqués en élection, des vrais fausses révolution à la libyenne. Finalement, être un chef Africain, c’est devenir ce que je ne souhaite pas à mes pires ennemis!

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La mesure de l’indignation

« Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux […] La pire des attitudes est l’indifférence, dire ‘je n’y peux rien, je me débrouille’. En vous comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes indispensables: la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence. (1) » – Stéphane Hessel

La mesure de l'indignationStéphane Hessel, survivant des camps de concentration Nazi devenu diplomate français, a causé un choc littéraire mondial, en octobre 2010, quand il a publié, à 93 ans, Indignez-vous !, un petit livre de 19 pages sur la nécessité de révolte contre l’injustice sociale, vendu à plus de 3,5 millions d’exemplaires.

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Non Paris

Une contribution de Bernard B. Dadié

Nicolas SarkozyL’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, à Paris, Washington ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au Nord et au Sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité.

« Ne pleure pas, ma compagne. Moi, je sais que mon pays qui souffre tant saura défendre son indépendance et sa liberté » (Lumumba – in Hélène Tournaire; Livre Noir du Congo). Salut et merci à tous ces Blancs parmi lesquels les Amis des Noirs qui depuis des années ne cessent de lutter pour la liberté et le respect des Noirs. Salut à tous ces Blancs qui refusèrent d’être évacués par Paris lors du bombardement de notre pays par les Etats généraux de la Colonisation. C’est à l’heure d’une certaine indépendance, contraire à ses intérêts que Paris brûle tout.

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L’Afrique francophone est en retard sur sa voisine anglophone

Afrique francophone contre Afrique anglophoneL’Afrique francophone est à la traîne quand on la compare à son homologue anglophone. C’est la tendance qui se dessine sur les 10 dernières années et que mesurent tous les indices de développement économique.

L’écart inquiétant qui se creuse entre l’Afrique de l’Ouest francophone et l’Afrique de l’Est essentiellement anglophone se voit d’abord à travers les chiffres de la croissance. Les pays membres de la communauté de l’Afrique de l’Est (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Burundi, Rwanda) croissent bien plus vite (5,4 % l’an en moyenne sur la décennie) que les pays membres de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) dont la croissance moyenne est seulement de 3,4 %.

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Gbagbo : l’hypocrisie qui ne dit mot

Laurent GbagboPersonne dans le camp LMP n’ose le dire publiquement mais le malaise n’en est pas moins présent. La défense légale de Laurent Gbagbo, aussi experte qu’elle puisse être, est principalement constituée de quatre avocats – Jacques Vergès, Roland Dumas, Marcel Ceccaldi et Emmanuel Altit – qui ont en commun au moins deux choses : ils sont de race blanche et de nationalité française.

Et alors ? Simple détail ? Pure coïncidence ? Pas si vite. Le choix de cette équipe n’est pas aussi anodin qu’il en a l’air et amène même à se poser certaines questions d’ordre stratégique et géopolitique.

En effet, l’adage courant rappelle que c’est au pied du mur que l’on voit le maçon. Appliqué au camp Gbagbo, le pied du mur est l’arène politique nationale dans laquelle il dénonce, depuis plus d’une décennie, l’ingérence de la France officielle dans les affaires politiques ivoiriennes. Il est évident que cette dénonciation se justifie depuis le 19 septembre 2002 et encore plus depuis le 11 avril 2011. Mais les actes posés sur le terrain juridique sont-ils conformes aux intentions affichées?

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Françafrique : honte à l’Afrique

I – La Françafrique, une France à fric

FrançafriqueHonte à l’Afrique. Honte à l’Afrique de nourrir ses bourreaux. Jamais la Françafrique, le plus extraordinaire pacte de corruption des élites françaises et africaines à l’échelle continental, n’a autant mérité son nom de “France à fric”, une structure ad hoc pour pomper le fric par la vampirisation des Africains pour la satisfaction de la veulerie française. Aberrant et Odieux.

Honte à l’Afrique. Cinq siècles d’esclavage pour un tel résultat. Pour continuer à entretenir à grands frais l’un de ses colonisateurs les plus implacables, la France, l’un de ses tortionnaires les plus effrontés, Jean Marie Le Pen. Sans la moindre pudeur pour les victimes de la traité négrière, de l’esclavage, des zoos ethnologiques… les bougnoules, les dogues noirs de la République?

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Pourquoi Alassane Ouattara et Guillaume Soro risquent la CPI

Alassane Ouattara et Guillaume SoroAprès l’intervention militaire d’Abidjan en avril dernier, l’ONUCI et au-delà le Système des Nations Unies, ont renoué avec leur pire travers: ainsi l’Histoire rappelle  que l’action du contingent international au Congo a été, en 1960, extrêmement ambigue, notamment en se faisant le relais des intérêts américano-belges, et contribuant à créer la situation qui a  livré Patrice Lumumba à ses bourreaux.

Poussant à des élections mal préparées et sans désarmement des rebelles (l’ONUCI a tenu sous le boisseau un rapport interne qui, dès fin 2010, dénonçait cette situation), le Représentant du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire, [Young-Jin] Choi, a fait plus: proclamant, dans une séquence bien réglée par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis , [Alassane] Ouattara élu (au lieu de certifier l’élection comme le prévoyaient les Accords de Ouagadougou) depuis son quartier général du Golf, il a monté une sanglante opération militaire pour renverser le régime de Laurent Gbagbo sous les bombes.

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L’émergence au galop

Alassane OuattaraFaut-il croire les dirigeants ivoiriens quand ils ambitionnent de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020 ? L’idée est séduisante et la communication encore plus alléchante mais, dans le fond, est-ce vraiment envisageable ? L’analyse suivante étudie la question en analysant les contraintes et les conditions de l’émergence.

Le terme “pays émergent” qualifie l’essor fulgurant des pays que l’on disait hier “en voie de développement” qui sont arrivés, dans un laps de temps relativement court, à poster des taux de croissance comparables à ceux des pays développés. Ces pays – notamment la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique, l’Indonésie, le Chili etc. – sont souvent cités comme étant ceux où les États ont réussi à engager des réformes structurelles efficaces qui ont résulté en une industrialisation notable de leurs économies et en l’accroissement qualitatif de leur niveau de vie.

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L’Ennemi : des vrais enjeux au Moyent-Orient

Assaut de l'ambassade d'Israël au Caire le 09 Septembre 2011Au lendemain de la prise d’assaut de l’ambassade israélienne au Caire par une foule déchaînée, et pour bien saisir les enjeux de ce qui se passe au Moyen-Orient, il importe de ne pas perdre de vue quelques repères.

Les révoltes du “printemps arabe” ont été largement suscitées et entretenues par l’Occident, les États-Unis en tête. Mettant à profit l’usure du pouvoir des dirigeants en place – notamment en Tunisie et en Égypte – dans un contexte d’insatisfaction générale, les Tartuffes de l’Empire sont venus à point nommé se poser auprès des populations concernées en champions de leurs aspirations légitimes à la démocratie. La recette est fort simple: il suffit de relayer, à grand renfort de propagande médiatique, l’écho du mécontentement populaire, puis de livrer en pâture à des foules habilement téléguidées les “dictateurs” que les Occidentaux eux-mêmes ont portés et maintenus au pouvoir pendant des décennies.

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L’amour version Ouattara

Alassane OuattaraLa légende romaine rapporte que l’empereur Marc Aurèle, parcourant quotidiennement les rues de Rome, avait à ses côtés un fidèle serviteur dont la seule fonction était de lui répéter à longueur de journée : « vous n’êtes qu’un homme, vous n’êtes qu’un homme ». Cette méthode était celle que le souverain avait trouvée pour éviter que l’adoration de ses sujets ne lui donne une idée de lui-même en déphasage avec la réalité.

Qui pour jouer ce rôle auprès du souverain Ouattara 1er ? L’amnésique Hamed Bakayoko ? L’énigmatique Sidy Diallo ? Le prolifique Asalfo ? L’homme en a bien besoin, lui dont le narcissisme ne souffre d’aucune imperfection. Remarquable tout de même, non ? Que l’on puisse avoir un tel parcours professionnel, un parcours “blanc Dominique”, cliché parfait, que vingt années d’empoisonnement de la quiétude ivoirienne laissent sans remords aucuns, malgré les actes les plus inhumains qu’on a soi-même commandité.

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SarkAdo : le poids de la vertu

Alassane Ouattara et Nicolas SarkozyIl était une fois un putschiste félon qui, en l’espace de deux mois à l’hôtel du Golf, parvint à “claquer” 452 milliards de Fcfa (689 millions d’euros), prélevés en toute illégalité sur le compte ivoirien de la BCEAO, après avoir, huit années durant, présidé au détournement par la rébellion qu’il animait de 40% des ressources de l’État ivoirien.

Et voilà que le plus hypocritement du monde alarmé par l’augmentation du nombre de fonctionnaires (de 92.000 à 132.700) pendant la période où il fomentait et menait sa sanglante guerre civile (de 2000 à 2010), le putschiste félon part en guerre contre le gaspillage, et décide arbitrairement d’annuler 120 concours administratifs.

Devinez donc ce qui se cache derrière la métamorphose de ce flambeur sanguinaire en champion de la saine gestion, pourfendeur du gaspillage et prodigue en économies ?

Simplement, la réalité d’un pays aux finances publiques ruinées par la folie meurtrière du système SarkAdo…

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Ce que le 11 septembre m’a appris

La guerre en Irak suite au 11 SeptembreLes attentats du 11 septembre 2001, avec le recul, ne m’auront appris qu’une chose: c’est que nous autres libéraux sommes minoritaires et des gens bien à plaindre. Il suffit, dix ans après, de contempler l’abrutissement collectif que ces attaques ont provoqué et surtout la riposte qui les a suivi, pour se rendre compte de l’idéalisme béat dans lequel beaucoup d’entre nous ont vécu. Cette décennie aura permis de mettre les choses au clair: la plupart des gens ne pensent pas comme “nous”.

Non, la “majorité des gens” ne croît pas qu’il est indigne et misérable de juger quelqu’un sur sa seule appartenance ethnique ou religieuse supposée. Les périodes, si bien documentées, de lynchages publics, de chasses aux sorcières, d’agressions verbales et physiques de personnes réputées appartenir au “mauvais groupe” que l’on croyait définitivement révolus, malgré “quelques rechutes” épisodiques, n’ont jamais disparu. Dans l’enthousiasme stupide pour la Guerre en Irak, l’exaltation hystérique de la virilité militaire et du patriotisme au lendemain de ces attaques, il entrait une bonne part d’envie de sang, de volonté de lyncher par procuration.

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Fais dodo, homme noir, fais dodo…

Fais dodo, homme noir, fais dodo...Pendant que tu dors, moi je fais mon trou: comme un rat je grignote par petits bouts, brutalement et efficacement tes greniers, tes territoires, ta liberté de pensée, ton intégrité. Je suis glouton alors je ne vais sûrement pas  m’arrêter de si tôt.

Tu comprends, moi j’ai des enfants  qui sont exigeants: ils se plaignent tout le temps, ils font grève, ils réclament toujours plus, ils refusent que j’augmente leurs impôts, ils me surveillent et me demandent des comptes, mais surtout ils m’élisent alors il faut que je leur fasse plaisir et je m’assure de leur avenir en plus du mien, alors continue à dormir surtout…

C’est de ta faute aussi: tu as trop pour toi! Toutes ces richesses naturelles dont tu ne te sers pas, dont tu ne connais même pas la véritable valeur, moi j’en ai besoin. Je n’en ai pas, mais  une grande partie de mon économie est basée sur elles alors je suis obligé de te les “acheter” à MON prix bien sur, puisque de toute façon c’est moi qui sait  les transformer alors…

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L’Afrique que le monde veut ordonner

« La crise est mondiale. Il faut que nous lui apportions une réponse mondiale. Et j’en appelle à tous les gouvernements. Aucun d’entre nous n’en sortira en faisant sa propre politique dans son coin, isolé de ce que font les autres. […] On ira ensemble, vers ce nouvel ordre mondial. Et personne, je dis bien personne, ne pourra s’y opposer. Car à travers le monde, les forces au service du changement sont considérablement plus fortes que les conservatismes et les immobilismes. » (1)

Le nouvel ordre mondial en AfriqueEn rétrospective, ces propos de Nicolas Sarkozy, prononcés en 2009, étaient prémonitoires de la furia occidentale qui allait désormais s’abattre sur toutes les velléités indépendantistes jugées antagonistes au nouvel ordre mondial.

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Sarkozy, l’Otan et la Libye : détruire pour posséder

Nicolas SarkozyIl fut un temps où le Droit portait en soi le respect de l’égale dignité de tous les humains; un temps où on réclamait la liberté au nom du Droit, au nom du Droit associé ontologiquement aux valeurs de justice et d’équité. Le Droit était alors cette force morale mobilisable, mobilisée pour contester toutes les dominations impériales, toutes les iniquités et oppressions; le Droit était ce bouclier, cet étendard haut brandi pour affirmer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Que ce temps-là semble, hélas, aujourd’hui lointain, éloigné!

Désormais seule la force des bombes est fondement du Droit; désormais, seule la volonté de toute-puissance de quelques uns est Loi fondamentale: retour aux temps du code colonial élevant le droit du plus fort en droit naturel. Le message est clairement énoncé dans le fracas des bombes jetées sur Tripoli: le Droit, dorénavant, peuples du monde, c’est selon le caprice, c’est selon le bon vouloir, c’est selon les intérêts des plus puissants. N’est dorénavant juste, légitime que ce qui correspond et répond aux intérêts des puissances du jour; la seule parole globale, juridique, autorisée et contraignante pour tous est désormais, exclusivement celle des pays surarmés.

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Insalubrité : le phoenix abidjanais

Anne OulotoQui ne connait le mythe du phoenix qui meurt et renait de ses cendres ?

La ville d’Abidjan, hier littéralement “sous les cendres” suite aux bombardements de l’aviation française est témoin aujourd’hui du défilé des rouleaux-compresseurs, camions bennes et autres chargeurs sur roues censés la purifier de toute la misère dont elle a hérité de la Refondation. Mission salutaire en effet ! Quel Abidjanais au chômage, qui croule sous le poids des factures d’électricité récemment majorées et le prix des denrées alimentaires en hausse, n’aimerait-il pas vivre dans une cité saine et reluisante qui représente avec fierté la dynamique d’un pays en voie d’émergence ? Pas question que l’insalubrité soit une fatalité en Afrique, parait-il. Pas lieu donc de s’offusquer de la mission si vertueuse dont témoignent ces commerces “bulldozérés”, ces habitations écroulées, cette Rue des Jardins défigurée et ce marché de Yopougon Sicogi rasé. La beauté d’Abidjan n’a pas de prix et le phoenix est en gestation : bon gré, mal gré, il est grand temps !

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Les racines africaines de la langue française

« La langue est comme le sol: elle conserve les traces du passé. En la fouillant, on y découvre des vestiges de temps révolus, de peuples disparus, de coutumes oubliées. »

Léopold Sédar SenghorLe vocabulaire français est issu à 90% de la langue latine, cela est connu! Mais il n’y a pas que des mots latins dans la langue française. En effet, plusieurs mots de par leur racine africaine ont enrichi cette langue au cours de son histoire. Faisons honneur à ces termes africains qui ont réussit à s’implanter dans la langue de Molière avec un petit tour d’horizon sur ces mots-voyageurs en provenance d’Afrique!

Commençons par le mot Chimpanzé. Ce terme vient de la République Démocratique du Congo, “kivili-chimpenze” qui signifie “grand singe” en langue Tchiluba. Il fut importé en français par le naturaliste Guy de La Brosse en 1638 sous la forme “quimpezé”.

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S’émanciper de l’esclavage mental, Ch.10 – Bernard Blin Dadié

NOTE DE LA RÉDACTION: nous introduisons une série de réflexions inaltérables de grands penseurs, sur la question de l’émancipation des peuples Noirs. Objectif: créer une prise de conscience quant aux enjeux actuels de l’Afrique face à l’oppression occidentale du moment.

« Emancipate yourself from mental slavery, none but ourselves can free our minds! » – Bob Marley

S'émanciper de l'esclavage mental: Bernard Blin DadiéLa Guerre aux Sans-culottes (version intégrale du 09 août 2011)

N’est-il pas temps de cesser de jouer avec la vie des peuples? Ascension, honneurs… certes, pour quelques-uns; mais qui a jamais parlé des nuits sans sommeil, des traumas subis par le plus grand nombre ? De nos cauchemars et des séquelles que nous porterons à vie?

Le baptême du feu, nous le subissons depuis le temps des caravelles. La guerre, pour la domination d’un continent, nous la connaissons. Nous ne cessons d’en être les cibles.

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La défaite de l’Occident en Libye et son déclin idéologique

Mouamar Khadafi contre l'OccidentLorsque le 19 Mars 2011 la France a largué sur Tripoli ses premières bombes, plusieurs éléments concordants étaient réunis pour affirmer qu’il s’agissait d’un vrai suicide politique de l’Occident. Tout d’abord parce que le mensonge derrière le prétexte de déclarer la guerre contre la Libye était gros comme un éléphant. Ensuite parce que l’Occident n’a pas les moyens financiers pour déclarer la guerre à la planète et le pire est que ses dirigeants l’ignorent encore. On passe ainsi très facilement de l’usure de la crédibilité de l’Occident au ridicule devant les nouveaux pays émergents qui ont déjà pris le flambeau du relai de la leadership mondiale. Lorsqu’on accumule les mensonges à Paris, à Londres et à Washington sur la guerre en Libye, se demande-t-on un seul instant quel est l’impact dévastateur de ces contrevérités sur le plan de l’image et de la crédibilité de l’Occident à Moscou, à Pékin ou à Brasilia ?

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À l’école de la sorcellerie politique

Alassane Ouattara écrit sa version des Misérables de Victor HugoTriste réalité que celle d’un pays où même les morts sont des instruments de communication politique.

On avait cru, bien naïvement, que l’après-guerre allait peu à peu faire renaitre dans le cœur des Ivoiriens, un minimum d’humanisme. On a même cru, à l’annonce d’un accident aussi spectaculaire que dramatique, que son timing à la veille d’une fête nationale, allait offrir l’occasion tardive mais effective, de pleurer toutes les pertes en vies humaines de ces derniers mois.

C’était décidément mal connaitre la “nouvelle Côte d’Ivoire”. Dans ce pays, qui est passé maitre dans l’art de la mystification, les morts ne sont plus que de simples morts, mais bel et bien des vecteurs de militantisme.

Hier, trois mille personnes, au bas mot, sont tombées sous les balles meurtrières des “libérateurs”, habillés pour la circonstance de leurs riches tenues frappées d’amulettes ou d’armoiries françaises. Et l’État qui est sorti des cendres de cette orgie funeste n’a pas jugé nécessaire de leur accorder une once de respect.

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Bravo Ping ?

Jean Ping, Président de la Commission de l'Union AfricaineTous ont salué. Tous ont fait les éloges de Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine, lors de sa 17è session ordinaire qui s’est tenue début juillet à Malabo. Tous ont applaudi la fessée qu’il a octroyée à la Cour Pénale Internationale. Tous ont ovationné sa détermination à dire ce qui est, ont affirmé que « gbê est mieux que drap », ont clamé même que l’Afrique se réveille enfin et que désormais un chat est un chat !

Et nous donc dans tout cela ?

Oh oui, nous aussi nous réjouissons de cette dénonciation. Nous aussi notons le courage qu’il faut avoir, pour dire, sous les projecteurs, et en référence aux États-Unis, que « sur la base d’un mensonge, on est arrivé en Irak où il y a eu 1,5 millions de morts ». Nous aussi apprécions le doigté de celui ou celle qui a concocté le café matinal de notre héros africain du jour, lui donnant le tonus nécessaire pour décocher, avec une force qu’on ne lui connaissait guère, une succession de baffes à Luis Moreno Ocampo, procureur-vedette du CPI.

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La naiveté ivoirienne 08 : mais… les gens sont mauvais !

La naiveté ivoirienne 08Ce bout de phrase, vous l’avez certainement déjà entendu ou prononcé. La méchanceté ou la forme qu’elle prend dans les circonstances qui provoquent cette exclamation surgit sous vos yeux, hideuse et dégoutante. Mais les gens sont mauvais ! Découverte sur le tard ou espoir que des poches de non-méchanceté auraient résisté à l’inondation de vilenies et de cruautés ?

Les gens sont mauvais. Et ils le resteront. Avant le 11 Avril 2011, ce jour là et après. Comme l’air que l’on respire, la méchanceté et tout ce qui s’apparente à ce terme générique est partout mais les naïfs que nous sommes, sont toujours étonnés de la voir assise dans des lieux insoupçonnés, matrice d’aberrations incongrues ou motrice de dureté, de malveillance ou de saloperies. Bienvenue sur la Côte des Mal Gens, nom ancien de la Côte d’ivoire donné par des explorateurs que l’on ne saurait soupçonner de malfaisance, de malice ou de malignité. Bienvenue Alice, mais ce n’est pas ici le pays des Merveilles.

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Quand la diaspora sénégalaise en France se mobilise contre Abdoulaye Wade

Mouvement de contestation contre Abdoulaye WadePour des raisons historiques et culturelles, Paris est sans doute la ville où la présence de la diaspora sénégalaise est la plus forte. C’est aussi à Paris que celle-ci est l’une des plus diversifiées : entre les vendeurs à la sauvette sous la Tour Eiffel et les brillants avocats et consultants des plus prestigieux cabinets de la capitale, en passant par les centaines d’étudiants et les milliers d’immigrés de longue date. Il n’est donc guère surprenant que la crise politique et sociale du pays, qui s’est notamment cristallisée avec les événements des 23 et 27 juin, y ait eu un écho particulièrement retentissant. En réalité, plus qu’un simple écho, la diaspora sénégalaise à Paris est un des acteurs majeurs de la mobilisation contre le projet de réforme constitutionnel du Président Abdoulaye Wade et pour le départ de ce dernier du pouvoir.

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Billonneries et autres âneries

Jean-Louis Billon« L’Afrique Noire veut un redémarrage ! », selon Jean-Louis Billon, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire.

C’est tout un programme ! Toute une pensée, certainement, de l’étoffe de ces riches argumentations qui éclairent l’opinion sur comment sortir l’Afrique sub-saharienne des ténèbres de la pauvreté.

Cependant, l’analyse de sa récente allocution, prononcée le 15 juillet dernier, lors de la visite de François Fillon à Abidjan, appelle à se demander si l’Afrique doit s’esclaffer, si elle doit s’inquiéter, ou si elle doit se mettre à pleurer.

Et pour cause. Le discours, « un peu long » selon son auteur, est d’une éloquence tellement servile, qu’il frise l’excellence des récitals nègres d’antan à la gloire des maîtres blancs.

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Koulibaly : épouser l’alternative

« Les hommes peuvent atteindre un but commun sans emprunter les mêmes voies. » – Amadou Hampâté Bâ

Mamadou KoulibalyRevisiter la sagesse quintessentielle d’Amadou Hampâté Bâ pourrait constituer une retraite revitalisante pour bien des Ivoiriens

En effet, la décharge émotionnelle qui a suivi le départ de Mamadou Koulibaly du Front populaire ivoirien (FPI), révèle encore, si besoin était, combien la politique politicienne, à ses heures les plus sombres, constitue le véritable cabanon dans lequel le peuple ivoirien se maintient.

La plupart des analyses qui pleuvent, adulant ou martyrisant Koulibaly, ont en commun au moins une chose : la passion. Excessive, inspirée de l’affection personnelle que les uns prétendent avoir pour Laurent Gbagbo ou motivée par le bonheur des autres qui célèbrent bien précocement la mort de son parti, l’on constate, de part et d’autre, l’assujettissement des Ivoiriens à ce jeu passionnel de la politique morbide.

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La tentation coloniale

Alassane Ouattara et François FillonQuels que soient les arguments mis en avant pour arbitrer le différend postélectoral entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, il n’en demeure pas moins que l’armée française a été contrainte par le pouvoir politique à la plus importante opération depuis la guerre d’Algérie et la sanglante opération de répression contre l’Union des Populations du Cameroun (UPC), au Cameroun.

Et ce dans des circonstances encore floues, tant dans la préparation en amont de l’opération avec la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) et avec l’ex-rébellion, bras armé du pouvoir d’Alassane Ouattara, que dans le bombardement d’objectifs plus symboliques que militaires.

Tous les observateurs savent bien, une fois le drame retombé, que le bombardement de la Présidence et de la résidence présidentielle d’un pays étranger n’entre pas dans le cadre d’un quelconque mandat onusien! Quand les armes lourdes, les tanks et les hélicoptères d’assaut des deux corps expéditionnaires occidentaux tirent sur de tels objectifs (résidence, présidence, hôpital et supermarché, foule de jeunes civils voulant servir de «bouclier humain», etc.), qui pourrait croire à l’application de la résolution 1975, censée protéger les civils?

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Le silence des moutons

« Je marche avec les miens / Combien te diront la même chose ? » – Shurik’n (Les Miens, 1997)

Le silence des moutonsL’amitié. Fruit jadis porteur de confiance. Fruit tantôt vecteur de suffisance. On le savait. Ce qu’on savait moins, c’est l’inutilité de l’amitié ou sa fébrilité dans les moments malsains.

Réconcilier les Ivoiriens sans aucune envie de réconciliation est devenu le cri d’alarme. Le saint refrain.

Oublié le tri des armes, le prix des armes, le cri, en larmes, des corps brûlés. Des corps déchiquetés. Reconstruisons. Reconstruisons. Vite, vite, jetons brique, ciment et sable, béton surarmé sur la mémoire du quotidien.

Quel quotidien ? Le quotidien ivoirien. Le quotidien malsain. Le quotidien qui se terre, se tait, qui virevolte en conjectures désodorisantes et qui politique et discoure, marchandant le bien contre le mal, le mal contre le pire, le pire contre lui-même…

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Le 14 Juillet ou le retour impitoyable du colon

François Fillon, Premier Ministre françaisLe 14 Juillet 2011 est la date de l’arrivée du Premier Ministre français en Côte d’Ivoire. Au-delà des élucubrations diplomatiques dont nous connaissons bien les motifs sous-jacents, je vois dans cette visite le retour en force du colon dans son pré carré, qu’il n’avait du reste jamais quitté. Je ne m’oppose outre mesure à l’arrivée d’une quelconque personnalité chez nous, bien au contraire. De toutes les façons, que je le veuille ou pas, la globalisation a ses règles, dont les “visites diplomatiques” en tout genre où les faiseurs de monde et les rois ne restent jamais chez eux.

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La naiveté ivoirienne 07 : Malachie, combien de divisions (2è partie)

La naiveté ivoirienne 07C’est Malraux qui a dit – ou qui a prédit que « le 21 ème siècle serait spirituel ou ne serait pas ». La société ivoirienne est spirituelle. Elle est surtout religieuse avec le lot d’incohérences que les religions savent formater chez leurs adeptes. Dans la première partie de cet article sur le rôle du l’outrecuidance des prophètes dans la crise que nous connaissons, il faut bien comprendre que ces courtiers de l’inaccompli ont joué avec le feu.

Ils ont surfé sur la fibre religieuse d’un pays dont l’hymne national, écrit par un prêtre catholique et un prédicateur protestant salue une terre d’espérance, et parle même, dans ses strophes, d’espérance promise à l’humanité. On ne peut pas reprocher à un hymne national d’être grandiloquent et emphatique. On peut reprocher à des dirigeants religieux d’avoir nourri des illusions de messianité sans nous donner les moyens de nous faire respecter comme Israël. Résultat des courses : des ogres ont désossé notre pays. Et des monstres passent toutes les églises du pays au peigne fin en répétant le prétexte en or que la guerre leur a fourni « Nous cherchons des caches d’armes ». L’Eternel des Armées, L’Eternel désarmé ?

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La naiveté ivoirienne 06 : Malachie, combien de divisions (1ère partie)

La naiveté ivoirienne 06Tous ceux qui ont fait un voyage en République Démocratique du Congo (RDC) se sont émerveillés devant cette pierre semi-précieuse verte qui fait le bonheur des artisans et des touristes: la malachite. Les années 2010 et 2011 auront été marquées par une épidémie du même nom: la malachite; du nom de Malachie, un de ces prophètes pentecôtistes dont le nom sera durablement associé aux événements sociopolitiques de la Côte d’Ivoire moderne.

L’auteur de ces lignes, lecteur assidu des textes bibliques a très tôt choisi d’ignorer textes et bandes sonores de la coqueluche des milieux chrétiens. L’Histoire étant une amusante répétition de “nouveautés”, nous répondions à nos amis que le livre de Malachie dans la Bible avait vraisemblablement plus de teneur que les prédictions de celui à qui bien de croyants avaient décidé de suspendre le destin de la Côte d’Ivoire…

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La bouche qui tue : Blé Goudé, toi aussi… tais-toi !

Charles Blé GoudéAgrippé au toit découvert d’un 4×4 roulant à dix kilomètres à l’heure, le regard intrépide, le poing en l’air, le défi inscrit dans le timbre: telle est l’image que je conserve des heures les plus valeureuses du combat patriotique de Charles Blé Goudé.

C’était en 2004. Novembre 2004. Devant la Présidence. Vous savez l’histoire. Opération Dignité. Général Poncet. Huit soldats français, parait-il, tués. Chirac enragé. Aéronefs ruinés. Gbagbo au journal télévisé. Appelant au calme devant la française férocité. Puis Blé Goudé…

Deux jours plus tard, devant la tour d’Ivoire, des snipers survoltés fusillaient des Ivoiriens aux mains nues, légitimant à chacune de leur rafale la résistance contre l’impérialisme qui tue. Et “Zadi Gbapè”, le “Général”, le “Ministre de la Rue”, le ministre tout court, donnait des insomnies profondes, d’abord à tout ce qu’il y avait d’Onucieurs, puis de Golfeurs, à l’Hôtel électoral ivoirien.

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La naiveté ivoirienne 05 : le parti de Dieu

La naiveté ivoirienne 05Dix ans de pouvoir, cinq mois de crise post électorale. Disons le tout net. Nous avons été naïfs mais puisque les balles chargées de restaurer la démocratie nous ont épargnés, trouvons du temps pour revenir sur notre traumatisme collectif. Notre douloureuse introspection se poursuit avec la peine qui accompagne tous les voyages au fond de soi- on s’y découvre avec des mobiles et des masques intérieurs d’une laideur froide de film d’horreur. Cette descente vers notre monde intérieur est faite de rencontres avec toutes sortes de démons, de fantômes ou d’« atotoh » comme nous appelons ici ces gens qui, bien que censés être décédés, s’invitent dans nos funérailles ou dans le lit d’un hôtel de passe. Ah, que Dieu nous aide !

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La naiveté ivoirienne 04 : les pays zamis

La naiveté ivoirienne 04Les lieux affectés aux soins ont rarement le confort d’un cinq étoiles et même quand les promoteurs d’une clinique sortent le grand jeu-à vos frais bien sûr-l’odeur et l’ambiance « hôpital » sont là pour vous montrer qu’ici on saigne, on soigne, on guérit, on pleure, on meure. C’est pour cela que l’on baisse toujours la voix quand on parle dans un hôpital : la vie et la mort se côtoient, et se guettent et même la Grande Faucheuse épie carrément les simples visiteurs que nous sommes.

Dans la Côte d’Ivoire post bellum, cette cohabitation de ce qui donne la vie et de ce qui donne la mort est encore réelle malgré les incantations qui décorent le discours officiel. Ces lignes sur notre naïveté aussi thérapeutiques qu’elles peuvent être, résonnent encore de l’écho des cris, des peurs et des pleurs de ces cinq mois où nous y avons vraiment cru, où nous étions à deux doigts d’y arriver ! Eh Dieu ! Fantastique, le Dieu qu’évoquent les vainqueurs pour le remercier de ses merveilles ! Fidèle, le Dieu qu’invoquent les perdants et les perdus pour rappeler qu’il a le dernier mot. Comme s’il l’ignorait.

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La naiveté ivoirienne 03 : les bêtes sauvages ont voté

La naiveté ivoirienne 03Il est des mots lourds à prononcer. Mais la légèreté ou la convenance en politique veulent qu’après le rituel de la campagne de sensibilisation budgétivore, les chants sur la paix retrouvée, le discours du sous-préfet et les accolades télévisuelles, l’on puisse proclamer « Tout va bien maintenant » ! Naïveté, quand tu nous tiens !

Il est douloureux de dire « J’ai été naïf ». Pourtant la posologie de la trithérapie offerte par les vainqueurs-dialogue, vérité et réconciliation- suppose un aveu de sérologie positive. Comme avec le SIDA, on n’en parle pas en se frappant la poitrine. On a honte d’avoir été naïf et les paroles pleines de miel sur la « nouvelle Côte d’Ivoire » cachent mal le fiel des rugissements des nouveaux rois de la savane et de la forêt.

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La naiveté ivoirienne 02 : du popcorn à la licorne

La naiveté ivoirienne 02Notre voyage de guérison a commencé, plus coûteux et plus pénible que les pèlerinages réguliers qui alimentent des flux et reflux démographiques et financiers entre la Côte d’Ivoire et les camps de prière du Ghana et du Nigeria. Ce voyage vers une sorte de convalescence d’abord puis vers le bien-être peut-être se fait sous perfusion avec de l’espoir dans les ballons et avec les béquilles de la résignation, la peur au ventre et la mort dans l’âme, nous qui avions une attente quasi messianique de la Côte d’Ivoire iconique et bucolique de notre hymne national. La dignité n’a pas été relevée et nous marchons non pas comme de « fiers Ivoiriens » mais tête basse après une campagne électorale qui a eu la longueur d’un match de football avec prolongation et des tirs d’armes lourdes pour penalties !

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La naiveté ivoirienne 01 : je sais que vous n’allez pas aimer

La naiveté ivoirienne 01Nous sommes des millions à avoir tenu dans nos mains des manuels didactiques qui se proposaient de nous conduire vers la Terre Promise de l’anglais, de l’espagnol ou de quelque autre savoir moderne. Combien sommes-nous à avoir franchi les 40 étapes magiques qui étaient censées nous donner la nécessaire glossolalie que les recruteurs, impitoyables, recherchent dans nos CV et détectent dans les entretiens d’embauche.

Parlez-vous anglais? Nous sommes des millions à avoir, pour notre propre condamnation, bredouillé « small, small ».

Et voici donc qu’on nous propose un cours en 40 leçons sur la naïveté. S’agit-il vraiment de cela? Vous n’êtes pas naïfs pour croire qu’il existe des êtres humains soucieux d’améliorer leur niveau de naïveté!

Devenir plus naïf? LOL! Comme diraient les internautes. Bien sûr que non.

Ce petit parcours est une séance cathartique d’autodérision: rire de nos naïvetés pour en guérir définitivement. Inch Allah! Si le chat est là!

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La Côte d’Ivoire en marche… arrière

Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraLe slogan de tout leader politique briguant le pouvoir a pour but de faire miroiter aux électeurs sa capacité à faire avancer les choses, sa capacité à apporter plus que les gouvernants du moment, et donc sa capacité à marquer sa différence (positive) dans la gestion des affaires de l’Etat. Cet état de fait s’observe partout où un semblant de jeu démocratique à lieu. Les populations sont ainsi appelées à voter massivement pour légitimer des élections, ensuite vient la proclamation des résultats et l’exercice du pouvoir. Le maçon est au pied du mur! Sera-t-il à la hauteur de sa tache?

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Côte d’Ivoire : l’état des massacres

Civils "pro-Gbagbo" emprisonnés par les FRCI d'Alassane OuattaraVillages incendiés, habitants brûlés vifs, paysans traqués en brousse – par centaines. Et parfois plus: un millier lors de l’entrée des pro-Ouattara à Duékoué, à l’Ouest du pays. Crime de guerre ou crime contre l’humanité?

Mais aussi des quartiers entiers d’Abidjan pillés, des militants pro-Gbagbo assassinés tous les jours pour leur nom, leur âge, leur ethnie (l’ethnocide au Sud concerne en particulier les Bétés, Attiés et Guérés), par centaines, sans compter les torturés ou les liquidés de l’Hôtel du Golf, siège du nouveau pouvoir et base de ses escadrons de la mort.

Trois fois plus de morts – de 3000 à 5000 cadavres – pour les deux mois d’Alassane Ouattara, ce héros de l’Occident, que pendant les 10 ans de la gouvernance de Laurent Gbagbo! Où sont les humanitaires et leurs relais, les dénonciations politiques à Paris et les résolutions de l’ONU?

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FPI : le refus de l’opposition

Mamadou KoulibalyLe sociologue français Alfred Sauvy écrivait en 1978 dans La tragédie du pouvoir que « la démocratie ne consiste pas à s’unir mais à savoir se diviser ».

Ce principe démocratique explique le nécessaire antagonisme entre pouvoir et opposition politique; il attribue à l’opposition une place bien distincte de celle tellement méprisée sous nos tropiques, qu’elle est devenue le souffre-douleur de ceux qui tiennent le pouvoir le temps d’un quinquennat.

En Côte d’Ivoire, le paysage politique redessiné depuis l’arrestation de Laurent Gbagbo a plongé le Front populaire ivoirien (FPI) dans une posture d’opposant qu’il n’avait pas envisagé et qu’il refuse toujours d’accepter. La manifestation de ce désenchantement est visible à travers la recherche effrénée d’un “coupable”, d’une personne à qui l’on pourrait attribuer, en dehors du couple Ouattara-Sarkozy, la responsabilité des déboires actuels du régime déchu.

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Côte d’Ivoire, Libye : Sarkozy et la déraison des bombardements

Nicolas Sarkozy et Mouamar KadhafiNous vivons un temps bizarre, un temps féroce, un temps en concubinage avec la cruauté la plus sauvage; un temps qui tue, qui assassine, qui massacre au nom de la raison démocratique, au nom de la raison humaniste. Raison démocratique ethnocentrée, égocentrique, auto-décrétée humaniste ; raison débordante de mépris, délirante d’arrogance, exaltée, érigée en absolu du vrai et du bien; raison fanatique, fanatisée et donc fatalement meurtrière; raison qui nomme sans ambages tout pouvoir en dehors de la domination de Paris, de Washington et de Bruxelles, pouvoir despotique, pouvoir dictatorial, cancer radical à extirper.

Et malheur au pouvoir ainsi désigné : l’odeur de la mort mise en scène, théâtralisée, organisée, n’est pas loin. Le rituel? La désinformation d’abord: le dit pouvoir est satanisé, injurié, sali, abaissé, rabaissé, bestialisé, maudit, désigné comme la figure absolue du Mal, la figure menaçante, la figure de ce qui nous menace, la figure qui menace “nos valeurs”. Accusé; il est accusé de tous les maux du monde; il est criminalisé, criminalisé à partir des faits traficotés ou tout simplement inventés, fabriqués; il est criminalisé et condamné sans pourvoi ni appel, condamné à coups de fatwa démocratiques diffusées sur tous les écrans du monde, condamné à la peine capitale, condamné aux flammes de l’enfer.

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Consommer du Marine Le Pen… avec modération

Marine Le PenMarine Le Pen, présidente du Front national (FN) français, a récemment décroché deux uppercuts à Alassane Ouattara, en affirmant sans sourciller, les 27 et 29 mai dernier, sur les plateaux de France 2 et de France Info, que « Monsieur Ouattara doit répondre des crimes qui ont été incontestablement commis par son armée » et qu’elle est « pour la suppression du FMI » vu que « partout où il est intervenu, ça a été un drame économique ».

Sans sombrer dans la naïveté suicidaire qui applaudit, sans crier gare, les propos de la candidate déclarée à la présidentielle française de 2012, il y a lieu de reconnaitre la lucidité de l’héritière de Jean-Marie Le Pen.

L’ancien leader du FN, controversé à souhait, reste surtout mémorable pour avoir donné la peur de sa vie à l’intelligentsia politique française, en noyant durablement la carrière politique de Lionel Jospin au terme du premier tour des présidentielles de 1995, et en créant un vent de panique devenu victoire de type “soviétique” pour Jacques Chirac, au second tour.

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Côte d’Ivoire : un gateau de 2 milliards d’euros pour les patrons français

Nicolas Sarkozy, Martin Bouygues et Alassane OuattaraComment la France va céder une partie de la dette ivoirienne aux patrons français

Les chiffres des promesses d’aide au développement à la Côte d’I­voire donnent le tournis. Dès la mise à l’écart de Laurent Gbagbo, la Commission Européenne annonçait 180 millions d’euros d’aide pour rétablir le pays et le gouvernement français mettait 400 millions sur la table. Cette dernière enveloppe comprend trois parties : les salaires de mars et avril des fonctionnaires ivoiriens, le règlement d’une grosse facture d’eau et d’électricité à Bouygues et l’apurement des arriérés de la Côte d’Ivoire auprès de la Banque Africaine de Développement et de la Banque Mondiale. Un coup de pouce qui devrait aider le pays à atteindre, d’ici à un an, le point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).

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Ce qu’il ne faut plus faire en Côte d’Ivoire

« Seul l’avenir est grand, parce qu’il est avenir, nous pouvons l’invoquer, nous pouvons le convoquer, nous pouvons le domestiquer, comme une bête féroce qui vient vers nous » – Joseph Ki-Zerbo

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Henri Konan BédiéI – À force de jouer avec le feu

Les dirigeants politiques ivoiriens ont conduits leur pays à la ruine plongeant leur peuple dans un désespoir sans nom qui laisse leur pays sans horizon. Cette guerre dont la Côte d’Ivoire fut le théâtre a affaibli l’immunité de la nation ivoirienne et provoqué dans ses murs les fissures à travers lesquelles vont s’engouffrer des vents porteurs de tempêtes qui peuvent provoquer l’explosion du pays.

C’est dans cet esprit qu’il faut confirmer l’inviolabilité de la Côte d’Ivoire, de sa souveraineté ainsi que de son indépendance. Cela passe par la restauration de l’unité du pays afin de prendre toutes les dispositions susceptibles de favoriser la reconstruction du pays et le retour des réfugiés dans les régions d’où la guerre les a expulsé.

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Libye : Abdoulaye Wade, pauvre imbécile !

Abdoulaye WadeConsternation, agacement et colère… saines m’envahissent au moment où j’écris ce petit billet. Le président Sénégalais, ce vieux croulant d’Abdoulaye Wade qui veut faire du Sénégal du président-poète Léopold Sédar Senghor une dynastie, est attendu ce jeudi [9 juin 2011] à Benghazi. C’est la première visite d’un Chef d’Etat étranger dans le fief de la rébellion libyenne. Il fallait bien sûr que ce soit cet imbécile. Le Sénégal qui serait sa propriété, avait reconnu fin mai le Conseil National de Transition (CNT), l’organe politique des renégats de Benghazi, comme seul représentant « légitime » de la Libye, comme l’ont fait la France, l’Italie, le Royaume-Uni, le Qatar, la Jordanie, Malte et l’Espagne. Tiens, un pays africain, la Gambie de Yahya Jammeh, l’idiot utile qui a refusé de reconnaître le nouveau pouvoir ivoirien d’Alassane Dramane Ouattara, l’a aussi fait. Et que dire du Qatar et de la Jordanie, des pays arabes ? Honteux !

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La face cachée du néocolonialisme : pays à vendre

La face cachée du néocolonialismeNéocolonialisme: tentatives d’une ex-puissance coloniale de maintenir par des moyens détournés ou cachés la domination économique ou culturelle sur ses anciennes colonies après leur indépendance.

Fondé sur des politiques commerciales, économiques et financières qui de facto permettent un contrôle des pays du tiers-monde, les anciennes puissances colonisatrices tentent par ces moyens d’y maintenir leur présence, notamment en ce qui concerne l’accès aux matières premières.

Par extension, le terme néocolonianisme est utilisé pour qualifier les politiques d’institutions financières internationales comme la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International ou le G8, qui, par leur choix d’accorder ou non des prêts ou des aides économiques, contraignent les pays pauvres à prendre des mesures structurelles qui accroissent la pauvreté tout en favorisant les intérêts financiers des pays riches et des multinationales.

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La stratégie de la diversion

Alassane Ouattara, Nicolas SarkozyElément primordial du contrat social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

Cette stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

« Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. »

1 – Le mensonge

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Comprendre la recolonisation française de la Côte d’Ivoire

Nicolas Sarkozy donnant son discours à Abidjan-Port Bouët en Mai 2011Une rétrospective rapide pour camper le cadre

Le 11 Avril 2011, le coup d’Etat le plus long de l’histoire des nations, entamé dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, trouve son épilogue avec la capture de M. Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises et sa remise entre les mains des rebelles auto-stoppeurs qui tentaient de le renverser depuis onze ans sans succès.

Le 5 Mai 2011, cinquante-six ans jour pour jour après la fameuse Conférence constitutive des Non-alignés de Bandoeng, M. Alassane Dramane Ouattara, chef de la rébellion, obtient aux forceps du Conseil Constitutionnel ivoirien – qui avait déjà investi et installé M. Laurent Gbagbo dans ses fonctions pour cinq ans! – sa proclamation au titre de cinquième président de la jeune République.

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L’indépendance morale : un préalable pour l’Afrique francophone

L'indépendance morale de l'Afrique francophoneAu-delà des frontières hexagonales qui l’ont circonscrite au règlement de compte politique, l’affaire Dominique Strauss-Kahn sonne l’urgence pour les États d’Afrique francophone d’entamer, avec diligence, la conquête de leur indépendance morale.

En effet, la politique française, dont la côte ouest-africaine est intoxiquée depuis que René Caillé a entrepris de visiter Tombouctou en 1828, n’a pu échapper, cette fois-ci, à sa mise à pied publique maintes fois repoussée, de même qu’à son examen critique maintes fois galvaudé. Et tous les deux soulignent ce que l’on savait déjà : la société française est malade et avec elle sa morale. C’est d’ailleurs un constat qui pourrait s’étendre à toutes les facettes de l’héritage français en Afrique : celui-ci, déjà conspué pour sa propension à la falsification chronique, a vocation à asservir quelque peuple le croise sur son chemin. Mais, l’analyse du capital moral français investi en Afrique urge, surtout, parce qu’il constitue un mal pernicieux capable d’effacer le peu qui reste des valeurs culturelles africaines.

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Côte d’Ivoire : faut-il juger Sarkozy pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ?

« L’homme n’est pas ce qu’il cache. Il est ce qu’il fait. » – André Malraux

Nicolas Sarkozy et le sang africainHitler dit : « Homme, tu n’es qu’un numéro, et ce numéro s’appelle zéro ». Ouattara dit : « Gbagbo n’est rien ». Même vision du monde, même regard sur les hommes. Vision d’ailleurs partagée, dans une certaine mesure, par Napoléon bis, le paternel de Ouattara. Que dit en effet Sarkozy, puisque c’est de lui qu’il s’agit, que dit Sarkozy en attaquant la Côte d’Ivoire avec toute la brutalité et la bestialité de ses hélicos et chars ? Il dit que l’Afrique n’est rien, que l’Afrique n’est en définitive que son objet, un objet modelable et corvéable à merci, un objet sans volonté propre, appelé à se soumettre aux ultimes désirs de la France ! « La démocratie comme je l’entends ou le sang coulera ! » dit-il, en somme.

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Otages, sauvez-vous ! L’ignominie de l’hommage de Nicolas Sarkozy à Philippe Rémond

Alassane Ouattara, Nicolas Sarkozy et Philippe RémondN’étaient le visage et la voix de notre frère en humanité Philippe Rémond, l’un de ceux grâce auxquels, en ces temps de ténèbres, un citoyen français peut encore s’honorer de l’être, elle aurait de quoi faire frémir, l’ovation qui a salué l’engagement pris par Nicolas Sarkozy, dans son adresse aux ressortissants français d’Abidjan, à maintenir sur place les forces armées françaises.

Bien sûr, en l’absence d’images montrant la foule, on peut aisément l’imaginer noyautée par une clique payée pour faire la “claque” à ce moment clé du discours. Mais quoi qu’il en soit, l’écho de cette ovation retentira longtemps dans la mémoire africaine : Sarkozy aurait voulu aggraver le porte-à-faux de la communauté française en Côte d’Ivoire qu’il ne s’y serait pas pris plus sournoisement.

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Et si l’homme Africain était responsable de la soumission de l’Afrique ?

Les chaines des AfricainsPeut-être serait-il temps d’aborder le problème par le fond, oui par son dessous et non ses artifices. L’Afrique est en voie de recolonisation; il ne s’agit point d’une fiction, mais d’une réalité connue de tous… Ses dirigéants sont clairement désignés par les Occidentaux. Des dirigéants ? Un mot trop abrupt pour désigner ces pantins sans colonne vertébrale aucune et dont le pouvoir sur les peuples abrutis par des croyances mystiques, semblent venir des tréfonds des enfers de toutes les religions connus et inconnus et qui charroient dans leur sang toutes les maléfices du monde. Et ils sont chargés de faciliter le travail aux envahisseurs sans foi ni loi, qui cliquent des menottes invisibles aux mains de tout espoir, l’enfermant pour l’éternité. Et ils font bien leur travail nos chefs. Ils bradent les richesses par brassée et en détails, en gros et aux enchères, tout en entretenant des réseaux françafricains, bas-ventralement soumis à leurs désidératas.

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France : l’heure de trembler

Dominique Strauss-Kahn et Nicolas SarkozyL’arrestation de Dominique Strauss-Kahn, indépendamment de la question de sa culpabilité dans ce fait divers sordide, devrait renvoyer tous les rêveurs de la classe politique française et leurs millions d’électeurs potentiels au principe de réalité : est-il raisonnable d’envisager de confier la plus haute charge de l’État à un personnage dont l'”addiction” au sexe (l’expression n’est pas de moi) est aujourd’hui ouvertement évoquée dans les médias ? Dans la vie courante, cela lui vaudrait d’être considéré comme un délinquant potentiel, ou en tout cas une personne à risque. Il est vrai que dans l’univers où elle évolue, la bande de joyeux drilles qui se cooptent allègrement les uns les autres aux postes-clés de l’État-major global, échappe généralement aux règles imposées au commun des mortels.

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Sarkozyland : sexe, crime et argent !

Dominique Strauss-Kahn et Nicolas SarkozySexe-Crime-Argent: tels sont les leçons à retenir du quinquennat de Sarkozy. Que de scandales depuis que cet homme a accédé à la magistrature suprême en France ! Le racisme et l’islamophobie clairement affichés par le régime du Président français ont disloqué le tissus social à tel point que les français Noirs et Blancs n’arrivent plus à se regarder dans les yeux. La confiance à voler en éclats de verres déchiquetant les bons souvenirs du passé ; la solidarité est partie faire trois petits tours chez le diable, – à chacun ses problèmes – ; quant à la fraternité, les Noirs se demandent si ce mot a signifié quelquechose, l’espace d’un cillement, dans l’esprit de leurs compatriotes Blancs… Et ce d’autant plus fortement, qu’ils attendent que le peuple de France se lève comme un seul pour dénoncer le génocide du peuple Ivoirien, ou encore cette guerre insolite menée contre la Libye, un État d’Afrique souverain… Et ils attendent toujours, que les partis de Gauche condamnent, que les journalistes mettent en exergue cette souffrance d’une partie de la population française, car des milliers d’Ivoiriens touchés sont aussi des Français !

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Côte d’Ivoire : crimes d’État, terreur totale et silence complice des médias français

« Car il est des silences coupables, plus assassins qu’aucune parole, qu’aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d’alibi aux crimes contre l’humanité. » – Martin Niemöeller

Alassane OuattaraIl sera dit un jour que l’obscur Alassane Ouattara fut un homme qui a versé beaucoup de sang ivoirien. Il sera dit un jour que cet homme était en contrat, en alliance, et ce, depuis ses débuts, avec les pires ennemis de l’Afrique, les mitrailleurs et les renifleurs aux griffes de feu, les fauves renifleurs et avaleurs d’or et de diamant, de cuivre et d’uranium, de cacao et de café, de coton et de pétrole…

Il sera dit un jour qu’il y avait dans ce Ouattara-là une résonnance de ces hommes qui se battent non pas pour le triomphe d’un quelconque héroïque et majestueux principe, mais pour autre chose ; tout à fait autre chose.

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L’Afrique a-t-elle conscience des nouveaux plans de l’universalisme occidental ?

Afrique et mondialisationAu vu des derniers développements de l’actualité internationale, réformer la pratique de la diplomatie devient, peut-être, une nécessité. Les enjeux nouveaux, la politique extérieure nouvelle, la remise en question de l’esprit et de la lettre des bases qui gouvernent la pratique du relationnel en diplomatie, de même que l’innovation dans les procédés en gouvernance internationale dictent, naturellement, une lettre et une pratique appropriées.

[Cela] ne remet nullement en cause les nécessités qui découlent des relations internationales, et des rigueurs de la souveraineté exercée par les Etats, en général, et, en particulier par l’Afrique qui devra consolider, sans complexe et avec plénitude, son positionnement.

Quelle attitude observer, par exemple, devant la politique de la peur déployée par le capitalisme ?

La nouvelle intelligence imposée par la mondialisation et les risques qui participent de la crise persistante et de son corollaire, la décroissance, commandent, désormais, une conduite dont la substance intègre, essentiellement, le recours au juste milieu.

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Après le Conseil Constitutionnel ivoirien : revenir à la raison

Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara« Libérez Gbagbo ! »
« On veut Gbagbo ! »
« Pas de négociations sans Gbagbo ! »
« C’est Gbagbo le président ! »
« Yao N’Dré est un traitre ! »

Que d’injonctions péremptoires et d’accusations virulentes sont entendues et lues ci et là depuis la capture de Laurent Gbagbo par l’armée française, sa remise aux troupes de Ouattara et sa séquestration illégale à Korhogo. Et l’arrêt rendu hier par le Conseil Constitutionnel, qui proclame Alassane Dramane Ouattara Président de la République de Côte d’Ivoire, n’est pas venu calmer l’intense vague de révolte qui anime les partisans de Laurent Gbagbo, qu’ils soient Ivoiriens ou pas, loin de là !

Mais si l’émotion suscitée par les événements auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée depuis plusieurs mois est compréhensible, il faut cependant savoir, à un moment donné, raison garder.

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Petites histoires des colonies françaises…

NOTE DE LA RÉDACTION: La bande-dessinée « La petite histoire des colonies » de Gregory Jarry et Otto T. retrace avec humour et précision l’aventure coloniale française, bien trop méconnue. Aux dires de ses éditeurs, ce livre est un livre sain, qui remet les choses à leur place. Il est amusant et convient aux enfants, généralement mal renseignés sur ces questions. Fortement recommandé.

Petite histoire des colonies françaises, tome 1: L'Amérique françaiseLe 1er tome, L’Amérique Française passe en revue cinq siècles de colonisation en rentrant bien dans les détails, pour qu’on ne loupe pas un seul aspect positif. Dans ce tome, le lecteur sera surpris de découvrir les bienfaits que les ancêtres [Français] ont apportés en Amérique et dans les Antilles.

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Osama Bin Laden et Mouammar Khadafi : la normalisation de l’assassinat politique

Osama Bin LadenDans la même semaine, nous apprenons que l’OTAN a tenté d’assassiner le colonel Mouhammar Khadafi en bombardant sa résidence et qu’un commando de la CIA a bel et bien réussi à assassiner Ousama Ben Laden. Certains commentateurs ont discuté de la pertinence politique d’exécuter Ben Laden plutôt que de le capturer. D’autres se sont questionnés sur l’à-propos de publier ou non les photos du défunt ou d’avoir largué son cadavre à la mer. J’ai même entendu une dame déplorer sur les ondes radio-canadiennes que le cadavre d’Oussama Ben Laden n’ait pas été ramené aux États-Unis en guise de trophée. Je n’ai cependant entendu personne remettre en question la légitimité ou la moralité de l’assassinat politique comme pratique établie.

À mon point de vue, qu’il soit ou non qualifié de “politique” et endossé par la population et par les médias, un assassinat reste un assassinat, au même titre que celui commandé par la mafia ou par un rival jaloux. Et je refuse d’y souscrire, ne serait-ce que de façon silencieuse.

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Afrique : une liberté de la presse en danger de mort

La presse en dangerEn cherchant des données sur la « Journée mondiale de la liberté de la presse » sur internet, force est de constater que la palme du monopole des déclarations revient à la France et ses médias, ainsi qu’aux Nations-Unies. Les dictateurs locaux font aussi leurs guignolries, la part du lion difficile à dompter qui leur revient, de la couverture d’une des grandes mascarades de ce début du deuxième cinquantenaire des Indépendances néo-coloniales : une désinformation rampante et institutionnalisée dans les pays africains et dans le monde.

Après la récente et très grave dérive militaire néocoloniale en Côte d’Ivoire, largement soutenue par des médias clairement désinformants, et une presse française elle-même mise sous une pression inacceptable depuis l’accession de Sarkozy à la Présidence française, nous sommes en droit de nous interroger sur le destin toujours plus sombre de cette liberté de la presse violentée au quotidien en Afrique, et mise à mal plus gravement que jamais.

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Aide de la France à la Côte d’Ivoire: dette souveraine extérieure et rachat du patriotisme économique

Aide de la France à l'AfriqueUne aide exceptionnelle de 580 millions d’Euros [environ 380 milliards de FCFA] sous la forme de prêt souverain a été accordée aux autorités gouvernementales ivoiriennes par l’Union Européenne dont 400 millions d’Euros provenant de la France. Payer les fonctionnaires, effectuer des dépenses sociales d’urgenc,  suite au chaos relevant des affrontements militaires, rembourser les arriérés d’intérêts d’emprunts à l’égard d’institutions financières et sur le marché des euro-obligations, sont les raisons évoquées par les représentants des ministères français des affaires étrangères et de la coopération dans la mise en place de cette aide budgétaire.

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Côte d’Ivoire : le piège d’une réconciliation factice

« I cannot be an optimist but I am a prisoner of hope. »
– Cornel West

Réconciliation ?La réconciliation nationale constitue, sans aucun doute, l’un des chapitres les plus controversés de la crise ivoirienne.

Après avoir été victime de négociations torpillées, de budgets surévalués, de gouvernements surpeuplés, d’accords politiques gangrenés, de célébrations ampoulées [1] et d’élections controversées, la réconciliation (qui, pour l’heure, n’a pas connu le moindre succès) réapparaît depuis “l’assaut final” du 11 avril 2011, aussi bien dans les discours officiels que les conversations populaires.

Les pro-Ouattara, heureux de leur ascension au sommet du volcan, s’y retrouvent enfin ; les pro-Gbagbo, amers devant la réalité du désappointement, y confient leur destin ; les officiers militaires, tétanisés par les effets de leur trahison, y voient leur lendemain ; les croyants, démoralisés par la pénible épreuve de foi, s’y estiment contraints.

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Bokassa explique l’Afrique Centrale dévalisée par la France

Jean Bedel Bokassa et Valéry Giscard d'EstaingDans ce film de 52 minutes, l’on peut constater comment l’Afrique Centrale a été dévalisée de ses matières premières (or, uranium, ivoire, diamants…) par la France de Valéry Giscard D’Estaing avec l’aide de la Suisse. Ce documentaire, interdit dans les grands médias, témoigne de l’état de “ressource exploitable” du continent africain… Voici l’une de ces histoires qui ont émaillé la politique africaine, racontée par l’un de ses principaux acteurs, Jean-Bédel Bokassa.

  • Par Lionel Chomarat
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L’armée française ne gagne que contre les Nègres

Armée française au port d'Abidjan (avril 2011)[Laurent] Gbagbo, comme [Salvator] Allende dans le palais de la Moneda au Chili en 1973, encerclé par les valets de l’impérialisme français, est resté. Là où tout le monde se serait enfui, Gbagbo est resté ! Avec sa femme, ses enfants et sa mère ! Parce qu’il est le seul président reconnu par la Constitution ivoirienne, parce qu’il n’a pas un appartement qui l’attend à Londres, à New York ou à Paris. Et pourquoi risquer l’arrestation s’il avait des milliards dans les banques suisses ? Il est resté pour vivre jusqu’au bout La Tragédie du Roi Christophe, et pour qu’enfin “le masque tombe” et que l’on découvre [Alassane] Ouattara, l’homme qui arrive au pouvoir dans un char français ; le président de l’ONU, celui qui comme sa femme est un étranger à la solde des puissances de l’extérieur. Car qui d’autre qu’un étranger, plutôt que de procéder au recompte des voix que Gbagbo appelait de tous ses vœux, aurait fait appel à une armée de mercenaires pour tirer sur son peuple ?!

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Côte d’Ivoire : l’hiver colonial

« Le retour “décomplexé” de l’impérialisme français, avec son maître nord-américain en embuscade, place les Ivoiriens et les populations d’Afrique face à un devoir de lucidité. »

Hiver colonial français en Côte d'IvoireAprès une semaine de bombardements sur Abidjan et le massacre de milliers de civils, l’État français a capturé Laurent Gbagbo. L’objectif est immuable: contrôler ce pays pétrolier par l’imposition d’une pseudo-démocratie acquise à la spoliation de son riche sous-sol au profit de l’Occident.

Se cachant derrière des Nations Unies à la solde des Etats-Unis, le shérif français a revalidé un vieux concept nord-américain: la démocratie s’impose de l’extérieur. A coups de trucages électoraux, de propagande médiatique et de missiles dernier cri! Par ses crimes de guerre en Afrique, la France de Sarkozy est définitivement entrée dans l’Histoire. Comme une puissance coloniale névrosée qui s’accroche “à son rang”, en écrasant dans le sang toute velléité d’indépendance…

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La faim du silence

Une contribution de Ange Kassi

Operation Licorne en Côte d'IvoireSilence, on tue sous mandat
crimes sous mandat jugés dans le silence
Le prix de la démocratie
achetée en sang de peuples
qui ont cru au vote
qui ont pensé au recomptage comme dans toute dispute électorale
Mais
A quoi bon ?
quand leur sang vaut mieux que la vérité
Ils ont donné leur vie
au rythme des obus et des balles
pour que leur âme qui s’élève regarde
du haut
le fruit de leur labeur souillé et spolié
« Mieux vaut chercher un refuge en l’Eternel
que de se confier en l’homme »
1975 n’est pas une année
c’est un viol de la liberté
Qui tue ?
ce silence qui protège les civils en tuant
Ironie de cette protection silencieuse ponctuée de derniers gémissements
plus forts que le bruit des obus et des balles
Mais
1994 n’est pas 2011
2011 est un silence assourdissant
les bottes de la vérité sont aux portes
quand la vérité se présentera
je me demande ce qu’ils diront
car même la honte ne sera plus là pour les recouvrir
les rois ne seront pas nus
car nus, ils le sont

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Ave Gbagbo ! Ceux qui t’ont vu partir te saluent…

Laurent GbagboD’aucuns ne comprennent pas qu’en plein XXIème siècle, il se trouve encore des Africains pour douter de la profondeur de l’amitié franco-africaine. L’amour que la France nourrit pour l’Afrique est pour le meilleur et pour le pire. Seules les “mauvaises langues” persistent à s’imaginer que dans cet attelage, la France s’arroge le meilleur en confinant l’Afrique au pire. Mais peut-être vaut-il mieux pécher par lucidité que par imbécillité. La Cote d’Ivoire donne en effet la pleine mesure de l’immense amour que la France des libertés, de la fraternité et de l’égalité nourrit pour l’Afrique : un amour un peu écarlate, il est vrai. Mais le rouge vif des roses ne symbolise-t-il pas l’éclat de l’amour qu’on témoigne à l’objet aimé ?

L’amour de la France pour l’Afrique est donc si rouge et si vif qu’il se confirme comme un amour négrophage, si carnassier qu’il fait de la France une grande puissance hémophage.

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La manipulation médiatique occidentale : l’Europe

« L’homme contemporain court le risque de devenir un ignorant bourré d’information » – Ignacio Ramonet

Ignacio RamonetVous dites que « le journalisme traditionnel se désintègre complètement ».

Ignacio Ramonet. Oui, parce qu’il est attaqué de toutes parts. D’abord il y a l’impact d’Internet. Il est clair qu’Internet, en créant un continent médiatique inédit, a produit un journalisme nouveau (blogs, pure players, leaks.) directement en concurrence avec le journalisme traditionnel. Ensuite, il y a ce qu’on pourrait appeler la “crise habituelle” du journalisme, qui préexistait à la situation actuelle, c’est-à-dire la perte de crédibilité, directement liée à l’accélération générale des médias ; la consanguinité entre un certain nombre de journalistes et d’hommes politiques. Le tout suscitant une méfiance générale du public. Enfin, il y a la crise économique qui provoque une chute très importante de la publicité, principale source de financement des médias privés. Ce qui entraîne de lourdes difficultés de fonctionnement pour les rédactions.

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Ouattarakozy

Nicolas Sarkozy et Alassane OuattaraLes hommes politiques, les hautes instances qui ont élu dans leurs urnes onusiennes Alassane Ouattara, sont comptables désormais du comportement criminel des troupes du premier chef d’état élu, en toute indépendance coloniale, par la communauté internationale. Le premier éjecteur étant, allez savoir pourquoi, Nicolas Sarkozy !

L’avenir, dont les indiscrétions percent toujours les plus épais silences nous révélera peut-être, une nuit sombre d’aveux, les raisons de cette affection fraternelle pour le général en chef des « dozos », ces chasseurs traditionnels du nord, qui ne ratent jamais le gibier.

Sans prendre parti, ni pour l’élu de l’intérieur, ni pour l’élu de l’extérieur, les saints étant rarement au pouvoir, on ne peut ignorer les cadavres des mille morts de Duékoué, les populations massacrées, jetées dans les puits, la fusillade le dimanche 3 avril, de dix fuyards, blottis dans la cathédrale San Pedro, l’incendie des villages du ministre Blé Goudé et du footballeur Didier Drogba, l’assassinat de Philippe Remond, professeur, français, et ami de Gbagbo, mort pour cette seule raison.

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9 bonnes façons de tuer un Ivoirien

IvoiriensL’Ivoirien, c’est cette espère rare, teigneuse, têtue, tenace, d’une franchise insolente, difficile à comprendre et à apprivoiser, qui n’aime pas vivre en cage et adore les grands rassemblements.

Pour pouvoir abattre cette espèce dangereuse qui tend à contaminer tout ceux qui l’approche de sa fièvre de liberté, voici 9 bonnes façons d’agir sans trop prendre de risque et sans trop se salir les mains.

1- FERMEZ LEURS BANQUES

C’est connu, les plus grandes vertus de l’homme ne résiste pas à la pauvreté. Comment se rebeller quand on a faim, soif et que tout est inaccessible par manque d’argent? Un ivoirien pauvre, est un ivoirien à moitié mort…mais certains ont suffisamment d’argent cachés sous leur lit, dans un canari ou dans un coffre fort, donc il en restera toujours.

2- BLOQUEZ LES PRODUITS PÉTROLIERS

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Sarkozy en “racaille” de guerre, passe la Côte d’Ivoire au Karsher sans mandat de l’ONU

Nicolas SarkozyAujourd’hui, en Côte d’Ivoire, Nicolas Sakozy a mis en œuvre une forme de “solution finale”, en écho à son fameux Discours de Dakar de 2007 sur « l’Homme africain n’st pas assez renré dans l’Histoire ». Demain, Sarkozy doit faire un discours sur Césaire, grand défenseur du Peuple Noir au Panthéon, alors qu’il donne du canon contre l’armée ivoirienne à Abidjan. Césaire doit se retourner dans sa tombe !? Et les soi-disant “hommes et femmes d’Etat africains” se terrent, même au Gabon. Aucune réaction de Mamboundou, de Ping ou de Mba Obame. C’est dire !? Que sont les grandes figures de nos pays, devenues ? L’argent et le pouvoir ne suffisent pas, comme nous l’a montré Mandela.

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Les vraies raisons de la guerre de l’Occident contre la Libye et son impact en Afrique

La guerre en LybieA) LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE EN LIBYE

1) Premier satellite Africain RASCOM 1

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes: assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance. Pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio Wimax.

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Comprendre la dévaluation du Franc CFA en 1994

En 1995, le Pr. Mamadou Koulibaly analysait l’environnement bancaire qui a conduit inéluctablement à la dévaluation du Franc CFA. Son analyse permet de comprendre l’enchainement de réformes et de circonstances qui a conduit à cette mesure. Un flash-back éclairant.

Monnaie Franc CFAQuelques mécanismes de surveillance du système bancaire dans les pays africains de la Zone Franc avant la dévaluation de janvier 1994

1/ Depuis la fin des années 1980, les économistes étaient unanimes à reconnaître que le Franc CFA était surévalué, même si leurs opinions divergeaient quant à savoir quel était le taux exact de cette surévaluation. Pour une économie comme la Côte d’Ivoire, leurs estimations allaient de 50 % à 150 % alors même que le pays franchissait sa décennie d’application de Programmes d’Ajustement Structurel [PAS] avec leurs différentes mesures d’austérité et de rigueur financières.

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Message à André Silver Konan

NOTE DE LA RÉDACTION : ce message, envoyé à notre rédaction par son auteur, fait suite à la “déclaration” du 22 mars 2011, d’André Silver Konan, journaliste-écrivain, intitulée “Epitre n°2 à Laurent Gbagbo: Vous êtes mal barré”, publiée dans Le Nouveau Réveil.

André Silver KonanCher frère,

Je suis même tenté de dire cher petit frère sans vouloir tomber dans le grandfrèrisme africain,

En première intention, je ne voulais pas réagir à ton article pour des raisons que je trouve inutile d’évoquer. Mon intention n’est nullement d’entamer une polémique parce que nous ne nous connaissons pas personnellement. Je réagis par rapport à ce que j’ai lu, par rapport à tes idées, par rapport à ton approche, par rapport à tes réactions.

Je n’ai aucune connaissance de ton “Epitre n°1. Néanmoins, en lisant cet article intitulé “Epitre 2″, je peux m’imaginer ce que la première partie était.

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Abidjan brûle t-il ? Alassane Ouattara et la méthode Malaparte contre Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraQui dirige la guerre civile contre le régime de Laurent Gbagbo? Peut-être faudrait-il dire Guillaume Soro, tant l’option militaire lui reste assignée, dans un jeu de rôle peut être réglé avec son mentor et “Président”, Alassane Dramane Ouattara, si ce n’est le nouveau “Général” Ibrahim Coulibaly (ex-garde du corps de Ouattara et éphémère leader de la rébellion) selon la dernière rumeur? Ou bien faut-il mettre aussi en ligne l’ONUCI et surtout la Force Licorne? Tant certaines techniques de guérilla urbaine se trouvent alliées visiblement à cette vieille tradition de la “guerre révolutionnaire”, tout ce savoir pratique sur les émeutes et comment les réprimer, le contrôle des communautés villageoises et le perpétuel renseignement, lié via l’Infanterie de Marine, à la tradition coloniale la plus classique, considérons donc Ouattara comme un emblème, le Signifiant d’un “intellectuel collectif” et voyons comment il applique la théorie à la chose militaire.

Alassane Ouattara et la conquête du pouvoir

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L’Afrique doit s’unir

Kwame N'krumah et Félix Houphouët-BoignyLa médiation de l’Union Africaine en Côte d’Ivoire a été soumise à rude épreuve. Deux thèses se sont opposées au sein du panel. Jacob Zuma, le président Sud-Africain, souhaitait une transition d’un an devant aboutir à des élections libres et transparentes. [Blaise] Compaoré, le président Burkinabé, dont la proposition a été retenue à la majorité du panel (3 voix contre 2), proposait un partage du pouvoir avec Alassane Ouattara comme Président. Si une fumée blanche est sortie du conclave d’Addis-Abeba, l’espoir d’une solution pacifique s’éloigne jour après jour en Côte d’Ivoire.

[En effet,] l’option de partage du pouvoir, la moins incongrue des options proposées jusque-là, arrive trop tard. La guerre en Côte d’Ivoire est bien-là, avec son flot incessant d’innocents abattus, de civils égorgés ou brûlés vifs et des milliers de déplacés.

Au moment où l’Houphouétisme, revisité à coups de kalachnikov, espère un retour au palais [présidentiel], un devoir d’inventaire de cette pensée s’impose aux Ivoiriens.

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La crise ivoirienne ou le prélude de la guerre Chine contre Occident en Afrique

La Chine contre l'Occident en Afrique?Depuis le début de la crise ivoirienne, tout et son contraire ou presque ont été dits. Les Occidentaux soutiennent presque tous M. Ouattara (qu’ils appellent “Président élu”), alors que les Africains soutiennent presque tous le président sortant Gbagbo (qu’ils désignent par “Président Réélu”). Au-delà des choix partisans pour l’un ou l’autre (…), il est intéressant de constater qu’il y a une autre bataille, celle-là à distance, qui est en train de se jouer entre la Chine et l’Occident en Côte d’Ivoire. A travers des appuis militaires directs ou indirects…

L’Occident défend une vieille idée de l’Afrique dans laquelle il contrôle tout à travers ses hommes de mains et s’accommodent volontiers d’une misère de masse. La Chine est celle qui veut changer la donne et faire de l’Afrique la vitrine de sa puissance économique et militaire hors d’Asie. Ce qui froisse fortement l’Union Européenne et les Etas-Unis. Mais ces derniers ont-ils la force et l’énergie pour résister longtemps au rouleau compresseur chinois qui a malencontreusement décidé de faire de l’Afrique un des piliers de sa superpuissance en construction ? Exactement comme les Etats-Unis avaient fait de l’Europe il y a 66 ans ?

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La Côte d’Ivoire à travers le prisme occidental

Guy LabertitAvant la réunion au sommet de l’Union Africaine qui doit définir, le 10 mars, les mesures contraignantes qui seront mises en œuvre pour une sortie politique de la crise post électorale en Côte d’Ivoire, quelques rappels s’imposent pour mieux comprendre pourquoi une simple élection présidentielle dans un Etat d’Afrique suscite l’engagement déterminé de la France, des Etats-Unis et du monde occidental en faveur d’un candidat Alassane Ouattara, son adversaire Laurent Gbagbo étant diabolisé par les mêmes. Ce dernier peut compter sur les Etats africains les plus puissants de l’espace non francophone, à l’image de l’Afrique du Sud et de l’Angola, mais à la notoire exception du Nigéria dans l’orbite de Washington. La Russie et dans une moindre mesure la Chine traînent le plus souvent des pieds à l’ONU.

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Côte d’Ivoire : la logique de l’absurde ?

L’interdiction temporaire annoncée par Ouattara de l’exportation de cacao va faire surtout l’affaire des spéculateurs, notamment la société Armajaro qui a acquis, en juillet 2010, 20% de la production ivoirienne et 15 % des stocks mondiaux. Cette société a investi 1 milliard de dollars et en tirera un profit substantiel à la suite de cette décision de Ouattara, dont le beau-fils, Loïc Folloroux, 35 ans, n’est autre que le directeur Afrique.

Peirre SanéLe scénario du pire, l’intervention armée de l’extérieur, ayant semble-t-il été écarté, voici que se déploie sans peur des contradictions la stratégie de l’absurde.

On nous promet un “étouffement économique et financier” de la Côte d’Ivoire: interdiction d’exportation du cacao, interdiction faite aux banques de “coopérer” avec le régime de Laurent Gbagbo, interdiction de paiement des salaires des fonctionnaires et des soldats, gel des avoirs d’individus et de sociétés nationales et privées, restrictions de déplacements, autant d’actions à la légalité pour le moins douteuse.

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Opération Licorne en Côte d’Ivoire : 500 millions d’Euros par an. Voici pourquoi.

L'Opération Licorne française en Côte d'IvoireRésumé : Le présent travail porte sur l’intervention militaire française en Côte d’Ivoire. Il s’est donné un double défi théorique et pratique: d’abord analyser les motivations de l’engagement militaire d’une puissance étrangère dans un conflit domestique, élaborer un modèle analytique à partir de la géopolitique nouvelle, puis l’apprécier à la lumière de l’ntervention militaire de la France en Côte d’Ivoire.

L’intervention française a fait l’objet de moult spéculations pour la plupart narratives voire pamphlétaires. L’originalité de cet article réside dans la capacité de son auteur à systématiser les motivations de la France en s’appuyant sur la dynamique du dehors par une analyse multidimensionnelle et pluri-scalaire. En se focalisant sur des déterminants géopolitiques précis, l’auteur a mis en lumière les considérations idéologiques souvent occultées dans les écrits sur la question. Prenant le contrepied des chercheurs qui tendent à marginaliser le rôle de l’Afrique dans la mondialisation économique, l’auteur a montré l’importance stratégique de l’espace africain, et ivoirien en particulier, pour les grandes puissances qui justifient davantage l’opération Licorne. Il en conclut que cette opération est capitale tant pour la France que pour la Côte d’Ivoire et les pays de la zone Franc CFA.

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Se défaire du mea culpa révisionniste

« L’arme la plus puissante dans les mains des oppresseurs, est la mentalité des opprimés ! » – Steve Biko

Bal nègre à Paris (1927)Ahmadou Kourouma notait déjà, en 1968, que les brûlants soleils des indépendances n’avaient pas apporté la souveraineté pleine et entière à l’Afrique francophone. Cinquante longues et pénibles années plus tard, le magma est en fusion dans la volcanique crise ivoirienne, secouée de toutes parts par les tensions idéologiques, politiques, économiques, sociales, culturelles et religieuses, qui font dangereusement tanguer le pays vers un séisme rageur.

Tous les Ivoiriens ont leur mot à dire pour exprimer leur sincère amertume. Outre les bruyants appels à la haine qui encombrent et paniquent les esprits via les médias populaires, une véritable scission sur la cause profonde de cette triste situation est exprimée par ces quelques Ivoiriens encore assez mesurés pour rivaliser, uniquement, sur le terrain de la réflexion.

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A la France : abandonnez-nous !

Niangoran Bouah donne une réponse à la question du départ français et européen [des pays africains], dans un véritable cri du coeur, enregistré peu avant sa mort en 2005.

Georges Niangoran BouahParce que nous sommes des enchaînés.
Si l’Europe pouvait nous laisser la liberté,
même nous abandonner,
nous aimerions ça !

L’Afrique est aujourd’hui la poubelle de l’humanité,
ce qu’on ne veut pas ailleurs, on envoie en Afrique,
ce qui est périmé ailleurs, on envoie en Afrique,
ce qui ne va pas ailleurs, on envoie en Afrique,
Le continent entier, avec son peuple, est considéré un peu comme la poubelle.
Certains même avancent l’idée
qu’on peut se passer aujourd’hui de l’Afrique,
on peut faire une croix sur l’Afrique.

Mais je crois que c’est l’Europe qui nous retarde,
c’est l’Europe qui fait que nous n’avançons pas,
c’est l’Europe qui nous entrave, de tous temps d’ailleurs,
depuis la traite des nègres jusqu’à aujourd’hui.
Si nous avions été laissés tranquilles,
si on nous avait abandonnés,
on aurait trouvé de nous-mêmes une voie vers le développement.

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Propagande, mensonge, intox : qui va se négliger ?

« En politique, on ne flétrit le mensonge d’hier que pour flatter le mensonge d’aujourd’hui. » – Jean Rostand

Laurent GbagboÀ la guerre comme à la guerre !

Cette maxime du XVIIIe siècle illustre parfaitement la dérive propagandiste qui s’allie au nombrilisme politique et à l’asphyxie économique pour terroriser le peuple ivoirien en 2011.

On connait déjà le leitmotiv des grands médias occidentaux : Laurent Gbagbo est l’unique cause de la crise ivoirienne ; Alassane Ouattara en est l’unique victime. Ce parti-pris purement fantaisiste et délibérément subjectif est la face visible de la stratégie de défense des intérêts françafricains auxquels l’Élysée s’accroche désespérément. Depuis la “Choitification” des élections en Novembre 2010, cette stratégie, savamment orchestrée, connait son apogée avec le lynchage médiatique initié par la cohorte Agence France Presse, Radio France International et France 24 et ses satellites à travers le monde, qui se sont érigés en médias pro-Ouattara.

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Quelle France pour l’Afrique de demain ?

France et Afrique de demainEtat des lieux

La France doit faire table rase de ses anciennes notions de partenariat avec l’Afrique, telles que la colonisation, la coopération des années 1960 à 1980 et la négligence et le dédain de 1980 à 2000.

Le réveil, depuis 2000 de son intérêt pour le continent africain, est essentiellement du à une inquiétude quant à la menace de perte de ses sources d’approvisionnement en matières premières, menace induite par des pays émergents comme la Chine et l’Inde. Malheureusement, cette reprise de conscience de la France ne dispose plus des hommes capables de comprendre et d’orienter un nouveau partenariat avec les pays africains. Les hommes et les femmes qui sont aux « affaires africaines » actuellement, ne connaissent pas ce continent ou si peu. Certains y sont nés mais l’ont quitté très jeunes, d’autres n’y ont jamais vécu et se contentent d’utiliser les recettes post-coloniales des années 1960, évidemment inadaptées à la situation actuelle sur le terrain.

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La souveraineté monétaire des pays africains

PDF Français

« Le franc CFA maintient la zone franc en dehors de la mondialisation. Il est un frein au développement. » – Mamadou Koulibaly

Pr. Mamadou KoulibalyAu cours de cette conférence initiée par l’Association « Repères », je m’efforcerai de défendre la thèse suivante : Alors que les constitutions africaines proclament la souveraineté de leurs Etats et de leurs peuples, dans les faits, aucun d’entre eux ne décide de manière souveraine de sa politique économique. Ils demeurent soumis à la prééminence des contraintes venues de l’extérieur.

J’appuierai essentiellement mon exposé sur l’analyse de la souveraineté monétaire dans la Zone Franc. Les aberrations du système conduisent à des conséquences déconcertantes économiquement telles que des banques accumulant des surliquidités sur des marchés où les entreprises privées et les particuliers manquent d’accès aux crédits et où les Etats trouvent facilement financement.

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La France ne comprend plus l’Afrique

Nicolas Sarkozy, Président françaisLa chute brutale de Ben Ali a provoqué la stupeur dans tout le Maghreb. Son départ en catastrophe le 14 janvier dans un avion à destination de l’Arabie saoudite a tout autant étonné. Les moins surpris par cette «révolution du jasmin» n’ont pas été les autorités françaises —alors que la France est sensée est une très grande connaisseuse des réalités tunisiennes.

Plus de 1.000 entreprises françaises sont installées à Tunis et 25.000 Français vivent dans cet ancien protectorat où un million de Français prennent chaque année des vacances. Et pourtant, il semble bien que la France n’ait rien vu venir du ras-le-bol populaire face à un président au pouvoir sans partage depuis 23 ans. Véritable dictature dans laquelle les journalistes tunisiens et étrangers étaient empêchés d’exercer leur profession et toute la population bâillonnée, sans que cela gêne outre mesure les dirigeants français. De Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, ils ne manquaient jamais de faire l’éloge du «modèle tunisien», de cette «belle démocratie» où l’opposition avait été brisée (seuls les partis aux ordres avaient le droit à une existence légale; ainsi, il était sûr d’être réélu avec 90% des suffrages lors de chaque présidentielle, les autres candidats ayant fréquemment la sagesse d’appeler à voter pour Ben Ali), et où, en 2002, Ben Ali avait ouvert la voie à une présidence à vie.

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A stand against a UN-backed war in the Ivory Coast

The United Nations are unfair!In the tripolarization of the Ivory Coast’s political landscape between former president Henri Konan Bédié, former prime minister Alassane Dramane Ouattara, and sitting president Laurent Gbagbo, the general opinion’s flawed tendency to perceive either one of these individuals as half-gods holding the miraculous key to peace and 3-meals-a-day for the 21-million-strong population of the West African country has morphed from an amusing farce to a severe impediment to the peaceful resolution of the post-electoral deadlock and, by extension, of the 20-year crisis the country has been enduring.

This vasly erroneous perception, compounded by acute pressures from powerful neo-colonialist interests (namely from France and the peon institutions it manipulates, i.e. the United Nations Security Council and the ECOWAS), fuels the dangerous escalation of the Ivorian crisis while simultaneously misguiding their strategic allocation of diplomatic influence in the direction of an all-out civil war.

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Crise ivoirienne : Georges Soros, membre occulte de la nébuleuse ?

“La démocratie et la société ouverte ne peuvent être imposées que de l’extérieur, parce que le principe de souveraineté fait obstacle à l’ingérence extérieure. (…) Certes, il est difficile de s’ingérer dans les affaires intérieures de pays souverains, mais il est important de reconnaître le problème.” – Georges Soros

Georges SorosLe conflit post-électoral [que connait] la Côte d’Ivoire dépasse largement le microcosme politique ivoirien, [à en croire certaines analyses]. On connaît les amitiés internationales d’Alassane Ouattara dont Dominique Strauss-Kahn, Nicolas Sarkozy et tout le gratin politique français. Il ne faudrait cependant pas oublier un nom très peu évoqué dans le dossier ivoirien: George Soros, multimilliardaire américain né en Hongrie en 1930 et chantre de la globalisation, dont la fortune est issue de manœuvres spéculatives.

Selon La Lettre du Continent du 25 novembre 2010, relatif au financement de la campagne [d’Alassane Ouattara à la présidentielle ivoirienne]:

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La façade délabrée de l’impérialisme français

Odile TobnerL’antienne que certains nous chantent depuis plus de dix ans maintenant, c’est que la France a abandonné l’Afrique à son triste sort après s’être dévouée à la coloniser par pure abnégation humaniste.

Notons que les mêmes, dont la cohérence rationnelle n’est pas le fort, entonnent par ailleurs le couplet sur la théorie darwiniste de la libre compétition des espèces. Si un seul État dans l’histoire avait jamais fait quoi que ce soit qui ne relève pas exclusivement de ses intérêts, quitte bien sûr à se draper dans le discours vertueux adéquat, cela se saurait. Force est de constater au contraire que la présence de l’armée et des intérêts français en Afrique se fait de plus en plus voyante, ne serait-ce que par les mutiples pataquès qu’une ingérence obstinée l’amène à exhiber. Ce qui est presque fini, c’est le temps de l’opacité totale et du mensonge insolent.

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La Françafrique, un documentaire aseptisé ?

Le documentaire en apparence “sulfureux” fait finalement la part belle aux promesses de rupture du président Sarkozy, reprises en cœur avec Ali Bongo et participe finalement d’une occultation assez convenue de l’actualité de l’impérialisme français en Afrique.

La FrançafriqueLes 2 et 9 décembre 2010, pour la première fois, la diffusion d’un documentaire spécifiquement axé sur la Françafrique était largement médiatisée. Malgré l’horaire tardif de diffusion (23h10 en France), nombre de téléspectateurs ont ainsi pu découvrir sur France 2 des images et des témoignages sidérants sur le rôle de la France dans ses ex-colonies à partir de 1960. On peut toutefois craindre l’effet de ces deux films de Patrick Benquet sur la perception de la politique actuelle de la France en Afrique.

Une Françafrique indolore

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Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances baffouées ?

Gaston KelmanVous me connaissez. Je n’ai jamais été ni le céroféraire ni le thuriféraire d’un afrocentrisme militant, parce que tous les centrismes sont naïfs, et nocifs, et stériles. Je n’ai jamais supporté une Afrique tournée vers un passé qui ne se concevrait que dans l’âge d’or des pyramides ou l’âge de cendres de la colonisation et de l’esclavage. J’ai pu – ou su – crier à Douala que la France ne devait rien au Cameroun quand on se placerait sous cet éclairage des relations passées. Avec Frantz Fanon, j’ai dit que je n’étais pas prisonnier de l’histoire, que je n’y cherchais pas un sens à ma destinée. J’ai toujours brandi le Hic et Nunc comme la règle, l’équerre et le compas qui traçaient les lignes de ma conduite et de ma relation à autrui. C’est ce Hic et Nunc qui m’autorise aujourd’hui à dire avec Aimé Césaire «fin à ce scandale» mais aussi «this scandal must be put to an end», pour me faire comprendre du maître de l’Outre-Atlantique ; à ne pas rester sourd à tant de souffrance et de dignité bafouées ; à me demander – pure question de rhétorique – quelle position aurait prise le défenseur de la liberté, de la justice et de l’Algérie meurtrie, Frantz Fanon?

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Comment asphyxier l’économie ivoirienne

Alassane OuattaraLa crise politique ivoirienne vient de mettre à jour son système d’exploitation du peuple, en adjoignant à la propagande médiatique et à la menace militaire, l’artillerie financière. Alassane Ouattara, inspiré par la récente décision d’une Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) franchement pathétique [1], ne lésine pas sur la recette. À l’image de ce bon vieux Gargamel, il sait comment introduire les épices politiques existantes, pincer le nerf de la guerre, le voir s’enfler, puis le laisser exploser, à la barbe d’un schtroumpf Gbagbo abasourdi.

La position de l’UEMOA est hara-kiri et dénuée de la plus mineure des acuités économiques, vu le poids de la Côte d’Ivoire dans l’union. Et Ouattara le sait parfaitement [2]. Seulement, en maniant avec dextérité le “béssé” [3] financier, il tente de porter un coup fatal à son “frère Laurent”. Pour ce faire, il cloisonne la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et désorganise le système hautement crucial de la compensation bancaire, nécessaire au transfert de fonds et au maintien de l’équilibre débit-crédit, d’une banque à une autre.

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Le complot de Bozizé et Patassé contre le peuple Centrafricain

Ange-Félix Patassé et François BozizéBangui, 2h du matin. L’heure de la proclamation officielle des résultats du scrutin du 23 janvier dernier approche. Les jeunes banguissois sont en ébullition dans les quartiers depuis plusieurs jours, et la colère gronde. Et pour cause. Ils en ont plus qu’assez de la misère dans laquelle ils sont maintenus par un pouvoir prédateur et égocentrique à outrance. Ils en ont assez du chômage massif, du manque chronique d’eau potable et d’électricité dans un pays où il pleut dix mois sur douze, du manque de perspectives d’avenir qu’ils sont en droit de s’attendre de la part d’un pouvoir qu’ils auraient parait-il élu librement et démocratiquement en 2005.

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Sarkozy, l’ennemi des espoirs démocratiques africains

Nicolas SarkozyPendant le mois de soulèvements populaires qui a débouché sur la première révolution du monde arabe, Sarkozy et son gouvernement n’ont cessé de soutenir le tyran Ben Ali et son régime décadent. Confirmant une vieille tradition de la politique française en Afrique : l’entretien de complicités de toutes natures avec les pires dictatures pourvu que cela rapporte de manière sonnante et trébuchante. Pour le reste, on oscillera entre fermer les yeux ou mentir sur la confiscation totale des libertés, les exécutions sommaires, la torture ou la spoliation mafieuse. De la Côte d’Ivoire à la Tunisie, le bonimenteur Sarkozy ne porte désormais qu’un seul costume : celui d’ennemi public n°1 des aspirations démocratiques des peuples d’Afrique…

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Au-delà de Gbagbo : l’Afrique

L’Union européenne fait la force coloniale. La France, qui a perdu la cote mais tient tant à l’ivoire, fait du braconnage politique

Afrique« La vraie passion du XXème siècle, c’est la servitude », écrit Camus à propos de notre époque, laquelle « n’offre à choisir que des conformismes ». Or comme toute passion, celle de la servitude est souffrance et produit doublement des patients, soit qu’on s’acharne à asservir les autres, soit qu’on se résigne à l’asservissement. L’on ne s’étonnera sans doute plus que les nations qui se sont autoproclamées propriétaires du monde, et qui de ce fait expriment bien de la souffrance, s’activent, à leur insu parfois, à produire de la souffrance en multipliant des risques de servitude génocidaire chaque fois que leurs intérêts sont interpellés.

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Franc CFA : les vertiges de l’affranchissement

« L’affranchissement ne s’improvise pas, encore moins le développement. Travaillons à la promotion d’un “made in Côte d’Ivoire” pour soutenir [d’abord] l’économie. »

Francs CFAOn entend de façon persistante que nous devons battre notre monnaie. Et oui ! « Le Ghana a sa monnaie, la Guinée a sa monnaie, tous les petits pays d’Afrique ont leur monnaie, pourquoi pas nous ? »

C’est en substance ce qu’on entend depuis un certain temps, de façon persistante, dans nos entourages, mais aussi par des élites ivoiriennes. J’ai été comme beaucoup d’Ivoiriens frappé par le nationalisme et le désir d’affranchissement de nos actuels gouvernants. Courage ! Courage ! Je loue leur courage. Et nous avons de très bons économistes dans ce sillage. De ces élites, nous avons le plus souvent entendu les dénonciations de pratiques colonialistes sur la gestion de nos réserves de changes au trésor français. Mais, comme le dit si bien la fable de La Fontaine, « La raison du plus fort est toujours la meilleure… nous l’allons montrer tout à l’heure ».

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La mort de Laurent Gbagbo : pouvions-nous faire autrement ?

Laurent GbagboIl n’est pas question de politique fiction. Il ne s’agit pas non plus de revenir sur le contentieux électoral en Côte d’Ivoire. D’autres l’ont déjà fait ici ou ailleurs. Il est question du sort d’un pays, la Côte d’Ivoire et au-delà d’un continent, l’Afrique.

« A mes enfants que je laisse et que je ne verrai plus, je voudrais dire que l’avenir du Congo est beau. J’attends de vous, comme de tous les Congolais, d’accomplir votre devoir sacré. »

Cette dernière lettre de Patrice Lumumba, écrite dans la province de Katanga, quelques heures avant son exécution, nous parvient cinquante ans plus tard.

Elle nous interpelle, non pas parce que le projet d’assassinat de Lumumba fut rédigé par la Belgique et les Etats-Unis, avec la complicité des Nations unies, mais parce qu’il fut exécuté par des Congolais, des Africains.

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Côte d’Ivoire : Choi révèle avoir subi des pressions du camp Ouattara…

Cette vidéo, en anglais, est un briefing de M. Young-Jin Choi, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire et patron de l’ONUCI, en date du 18 janvier 2011, devant la presse internationale, représentée par les organes suivants: Top Radio News Service, National Press, The Wall Street Journal, Associated Press et BBC. M. Choi est dans la polémique pour avoir certifié les résultats à l’élection présidentielle ivoirienne et donné le candidat du RHDP, M. Alassane Ouattara, vainqueur, ce que conteste le camp de M. Laurent Gbagbo.

Chronologie des révélations de M. Choi :

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Démystifier Houphouët-Boigny

« Le pari est gagné, grand Houphouët-Boigny,
Les jeunes gens de Côte d’Ivoire vous remercient
Soyez loué, grand Houphouët-Boigny
Les jeunes gens de Côte d’Ivoire vous remercient
Six ans d’indépendance vous contemplent
Dans l’enceinte de tant de réalisations
Auteur de liberté de notre pays
Avec soumission
Nous vous glorifions… »

Félix Houphouët-BoignyD’une certaine façon, il est surprenant que les jeunes Ivoiriens n’aient plus à apprendre cet hymne du début des années 1960, chanté à la gloire de Félix Houphouët-Boigny, premier Président de la République de Côte d’Ivoire [1].

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Côte d’Ivoire : politologie d’une rébellion

Guillaume SoroRésumé : A la suite de travaux sur la “guerre nomade” ouest-africaine, on s’interroge ici sur la sociologie politique d’un mouvement rebelle, entre ethnicité et internationalisation. Quels écarts entre les pratiques de violence discontinue envers les civils et les discours anti-discriminations, entre épuration ethnique larvée et positions révolutionnaires ? L’étude des strates successives du mouvement rebelle, des clans et groupes qui le composent aboutit à un “diagramme de pouvoirs” qui va des communautés locales aux alliances avec les pays voisins et aux soutiens occidentaux. Mais un approfondissement de la genèse du mouvement montre en fait certains caractères “post-modernes” de telles rebellions, où la sympathie plus ou moins manipulée de médias étrangers aboutit, via un sigle au début largement artificiel (MPCI), à une véritable co-création d’un mouvement politico-militaire, dont militaires, politiques et humanitaires occidentaux se sont emparés sans recul critique – notamment en refusant de connaître l’”idéologie mandingue”, symétrique de “l’ivoirité” et justifiant par avance une violence conquérante. C’est aussi l’occasion, en termes foucaldiens, de jauger la « gouvernance par la violence » de la zone rebelle, mais aussi sa gouvernementalité : en termes d’informalisation des trafics en tous genres, de résistance des communautés villageoises, de persistance des factions militaires sous-tendues par les clivages de l’ethnicité ; enfin d’analyser les dilemmes politiques du mouvement rebelle, entre création d’un proto-Etat peu viable (ou son rattachement au Burkina), et ralliement – moyennant compensations -au processus de réintégration nationale, de désarmement et de participation au processus électoral. Analyse disponible en intégralité sur “Culture et Conflits” Politologie d’une rébellion. Une “gouvernance par la violence” au Nord de la Côte d’Ivoire ?

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Laurent Gbagbo ou la naïveté en politique

I – Introduction

Laurent GbagboObservateur attentif de la crise ivoirienne, nous sommes de ceux qui ne sont pas allés à la soupe frontiste du Gbagboïsme, ni à celle du Bédiéïsme liquéfié et encore très moins à celle de l’Alassanïsme triomphant, dont les amitiés extérieures sabrent déjà le champagne de la victoire.

Pour n’avoir appelé à voter pour aucun des protagonistes de la crise ivoirienne, nous sommes moralement à l’aise pour exprimer nos doutes, notre méfiance et bien sûr notre avis sur chaque acteur politique dont les actes concernent la survie et l’existence de la Côte d’Ivoire ainsi que celle du peuple ivoirien.

Sans être l’un de ses courtisans, nous pouvons dire qu’il y a longtemps que nous observons Mr Laurent Gbagbo et sa refondation frontiste du FPI. Ce qui nous frappe en premier dans cette tragédie ivoirienne qui est aussi la sienne, c’est la conjugaison des imprévoyances qui ont conduit la Côte d’Ivoire et les ivoiriens au bord du gouffre.

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L’ONU recolonise l’Afrique

OnuciPauvre Afrique, hier, on lui imposait ses dictateurs, aujourd’hui, on lui choisit ses “démocrates”. Les rappeurs, ces Prévert des nouveaux temps, viennent d’inventer un néologisme qui fait fureur d’un bout à l’autre du continent : la démocrature. Entendez, ce système hybride (le visage de la démocratie, le corps diabolique de la dictature) qui a le don de déchaîner les passions et d’ajouter à la confusion.

Qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire, qui les a perdues en Guinée ? Cette question qui a l’air d’embraser l’univers n’a aucun sens dans les faubourgs de Conakry et d’Abidjan où, bon an, mal an, la vie politique n’aura jamais qu’un seul régime, la disette, et une seule loi : “tout ce qui n’est pas obligatoire est interdit”, pour reprendre le fameux mot de Léon Campo. Là-bas, on préfère d’expérience les mauvaises élections aux guerres civiles bien réussies. Mieux vaut encore Bokassa et Mobutu que les drames du Liberia ou de la Sierra Leone ! La bête humaine s’habitue à l’enfer du despotisme, certainement pas aux massacres à la rwandaise !

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Les élections de Côte d’Ivoire : chronique d’un échec annoncé

Peirre SanéCe devait être des élections qui allaient permettre de mettre fin à la crise, de tourner enfin la page du legs de Félix Houphouët-Boigny et d’engager la Côte d’Ivoire sur le chemin de la paix et du développement. Cela aura été en tous les cas les élections africaines les plus longuement et méticuleusement préparées qui ont impliqué depuis les accords de Marcoussis en janvier 2003 (1) un nombre impressionnant d’acteurs : le pouvoir, la rébellion armée, les partis politiques ivoiriens, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine, la France, l’Union européenne, la Francophonie, les Nations Unies sans oublier les médiateurs successifs (le Togolais Gnassingbé Eyadema, le Sud-africain Thabo Mbeki et le Burkinabè Blaise Compaoré…).

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De la fracture sociale à la fraternité nationale

« Parle — Mais ne sépare pas le Non du Oui. Donne à ta parole aussi le sens : donne-lui l’ombre […]. Il parle Vrai, celui qui dit l’Ombre. » – Paul Celan

Les armoiries de la Côte d'IvoireLa crise politico-militaire, débutée en 1999 avec le coup d’état qui a ôté du pouvoir Henri Konan Bédié, aura été la face visible d’une déchirure profonde entre les différentes classes sociales ivoiriennes.

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