Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d’Ivoire

Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d'IvoireLe lynchage médiatique de la Côte d’Ivoire exécuté pendant plus d’une décennie par le système médiatique français est un succès. L’opinion publique internationale, robotisée et culturellement prédisposée à s’enivrer des mensonges de ses dirigeants, est rapidement gagnée. Dans le même temps, l’histoire sociopolitique d’un pays pauvre très endetté d’Afrique subsaharienne est méticuleusement réécrite avec un souhait : que les Ivoiriens plient l’échine et acquiescent.

Cet ouvrage sans faux-fuyants explique la géostratégie racialiste qui se tient derrière l’assaut des médias colons et dévoile l’hypocrisie du mondialisme avare, prédateur et appauvrissant qui le sous-tend. Le jeu trouble des acteurs politiques ivoiriens se dévoile lui aussi nettement. Seules alternatives : une prise de conscience individuelle et collective et un plan de riposte concret jusqu’à la rupture totale avec l’ordre dominant.

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Gbagbo : question d’objectivité

Laurent GbagboLe discours pro-Ouattara sur la crise ivoirienne n’a pas varié d’une demi-mesure un an après le sombre 11 avril 2011. Adoubé du soutien toujours aussi solide de la grande presse internationale – qui ne juge pas nécessaire de se poser une ou deux questions quant à la dizaine d’années de coups fourrés et de crimes en tous genres soutenus silencieusement par l’Élysée – Alassane Ouattara, justifications saugrenues après justifications saugrenues, continue de se faire broder une tunique de sauveur qui n’a de sérieux que la détermination de ses communicants à vouloir à tout prix l’imposer.

Il faut reconnaitre que le projet rocambolesque fonctionne encore assez bien. Si certains Africains ont pris conscience de l’évidente manipulation qui a justifié un engagement militaire malsain afin de résoudre un simple contentieux électoral, en Europe et en Amérique, l’opinion publique reste grosso modo la même : soit elle ignore tout du sujet, soit elle estime que la Côte d’Ivoire a vécu des moments douloureux en 2011 par la faute d’un néo-führer barbare, illégalement accroché à son pouvoir et décidé, coûte que coûte, à engager son pays dans une guerre civile.

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L’État plantation

Alassane Ouattara et Laurent GbagboLes pays d’Afrique francophone en donnent rarement l’impression mais, en réalité, il existe une petite différence entre gérer un État et gérer une plantation.

Une plantation appartient à son propriétaire : il peut en faire ce qu’il veut ; il peut défricher son carré au petit matin ; il peut décider de l’exploiter, puis l’abandonner, puis le cultiver à nouveau, selon son bon vouloir. Par contre, un État est une entité publique, la propriété de millions de personnes qui érigent, symboliquement et par convenance pratique, un individu qui en prend les rênes et qui fait ce que la majorité estime être la priorité du moment.

Ce petit rappel n’est pas fortuit. Au-delà des élites, ce sont les administrés eux-mêmes, tous ceux qui élisent un responsable qu’ils se refusent ensuite à évaluer, qui en ont grand besoin.

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“Le nouvel ordre ivoirien”, par Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN par Jean-David N'Da« Replacer la crise postélectorale ivoirienne dans son contexte africain et mondial, au-delà de la confrontation entre deux hommes à laquelle l’ont réduit certaines appréciations. »

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN, de Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan mardi 24 janvier 2012.
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Plumes d’or

Plume d'orPlumes d’or aux 10 essais politiques (sur les 350 publiés sur notre plateforme) qui nous ont le plus séduits en 2011. Nous les commentons ici, par ordre chronologique, en excluant les nôtres afin que, pour une fois, charité bien ordonnée commence par autrui.

La folie d’une guerre sans gloire : à Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan BédiéWayourou Zadi-Pauyo (25 février 2011)

2011 retiendra que certains Ivoiriens ont essayé de prévenir les dégâts d’une guerre en Côte d’Ivoire, en appelant les citoyens à prendre leurs responsabilités. Exemple : ce puissant texte de Wayourou Zadi-Pauyo, qui dès sa publication sur Pensées Noires, a causé un véritable déferlement d’argumentations (notables pour leur diversité, leur qualité et leur politesse, ce qui n’est jamais gagné d’avance) que vous ne lirez malheureusement plus, notre plateforme s’étant définitivement séparée des commentaires Facebook. Néanmoins, la passion avec laquelle l’auteur accuse chacun des trois “grands” responsables politiques ivoiriens appelait surtout le peuple à entreprendre ce qui aurait certainement été une vraie révolution : dépasser les clivages partisans, dégager le trinôme président et sauver la nation. A terme, le courage populaire aura fait défaut, mais ce coup de gueule reste le point d’ancrage littéraire de l’avant 11 avril : sincère, profond, critique et poétique tout en un.

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Le mythe de l’Ivoirien paisible

Félix Houphouët-BoignyLa fin de cette année cruciale dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire s’annonce, comme prévue, sans qu’une réponse consensuelle ait été apportée à la question suivante : comment la Côte d’Ivoire est-elle tombée si bas ?

On connait les coupables officiels, selon que l’on s’abreuve du révisionnisme RHDP, du frontisme LMP ou tout simplement du bon sens. Ils s’appellent Onuci, France, Ouattara, Gbagbo et leurs subordonnées respectifs, et ils incluent également Obama, Bédié, Houphouët et même – pour certains – Koulibaly.

Cependant, outre l’irresponsabilité de la classe dirigeante dans son ensemble, qu’est-ce que la débâcle ivoirienne révèle des administrés de ce pays ? Qu’est-ce que cette crise permet de savoir de l’Ivoirien lambda, celui qui sait bavarder, insulter, mépriser et voter, généralement, par égard pour les convictions d’autrui ? Combien d’analyses s’intéressent-elles au rôle joué par le citoyen lui-même dans ce que la Côte d’Ivoire est devenue ?

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Koulibaly : épouser l’alternative

« Les hommes peuvent atteindre un but commun sans emprunter les mêmes voies. » – Amadou Hampâté Bâ

Mamadou KoulibalyRevisiter la sagesse quintessentielle d’Amadou Hampâté Bâ pourrait constituer une retraite revitalisante pour bien des Ivoiriens

En effet, la décharge émotionnelle qui a suivi le départ de Mamadou Koulibaly du Front populaire ivoirien (FPI), révèle encore, si besoin était, combien la politique politicienne, à ses heures les plus sombres, constitue le véritable cabanon dans lequel le peuple ivoirien se maintient.

La plupart des analyses qui pleuvent, adulant ou martyrisant Koulibaly, ont en commun au moins une chose : la passion. Excessive, inspirée de l’affection personnelle que les uns prétendent avoir pour Laurent Gbagbo ou motivée par le bonheur des autres qui célèbrent bien précocement la mort de son parti, l’on constate, de part et d’autre, l’assujettissement des Ivoiriens à ce jeu passionnel de la politique morbide.

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Le Grand Oral des présidents ivoiriens

Félix Houphouët-BoignyJour J de Grande Audience
C’est au tour des présidents ivoiriens
« Entrez donc à votre convenance
Tenez-vous là, vite, qu’on évalue votre destin
Qu’avez-vous à dire pour votre défense
Qu’avez-vous à justifier devant Mes chérubins ?
Parlez ! Et que Je n’entende ici mensonges
Que votre nature ne pollue ce Lieu Saint ! »

Le premier s’approche, alerte, pressé de prendre de l’avance. Il veut hausser les épaules, mais au regard de Gabriel, rapidement, il renonce. Il arrive en zigzagant, de part et d’autre, il se fraie un chemin. Il se présente devant le Tout-Puissant, se racle la gorge, et déroule son baratin :

« Vous savez, Divin, moi, j’étais un affairiste de type américain. Quand on m’a fait une promotion, j’ai décidé d’en faire mon gagne-pain. J’étais loin, auparavant, je savais peu de ce que le pouvoir était. Un beau jour un Blanc m’a appris qu’un vieillard, bientôt, m’appellerait. »

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La Côte d’Ivoire en marche… arrière

Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraLe slogan de tout leader politique briguant le pouvoir a pour but de faire miroiter aux électeurs sa capacité à faire avancer les choses, sa capacité à apporter plus que les gouvernants du moment, et donc sa capacité à marquer sa différence (positive) dans la gestion des affaires de l’Etat. Cet état de fait s’observe partout où un semblant de jeu démocratique à lieu. Les populations sont ainsi appelées à voter massivement pour légitimer des élections, ensuite vient la proclamation des résultats et l’exercice du pouvoir. Le maçon est au pied du mur! Sera-t-il à la hauteur de sa tache?

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Grilleurs d’arachides ? Proverbe chinois contre proverbe ivoirien

Grilleurs d'arachidesDeux peuples, deux races, deux nations, deux cultures, deux civilisations, deux histoires : les Chinois et les Ivoiriens.  Ils sont donc différents en tous genres.  Rien ne les unit.  Les premiers ont leur proverbe.  Il dit ceci : « Mieux vaut apprendre à pêcher [soi-même] que de recevoir toujours du poisson [d’autrui] ».  Ça c’est un beau proverbe.  Si je comprends bien, cela veut dire qu’il faut travailler soi-même pour être indépendant.  Ainsi, pourra-t-on être toujours rassasié à la sueur de son front sans tendre la main pour recevoir une quelconque prébende.  Cela suppose [qu’il faille] travailler, fouiller, bêcher, arracher, chercher et certainement trouver.  Il y a donc de l’intelligence à avoir, de l’endurance à maintenir, de la patience à cultiver, bien entendu de l’effort à fournir.  Et nos frères Chinois ont réalisé cet exploit inédit.  Ils n’ont pas voulu recevoir du poisson qu’ils ont appris à pêcher. Et aujourd’hui, ils pêchent et mangent tellement bien le poisson qu’ils sont les plus nombreux au monde.  Malgré leur nombre, leur poisson leur suffit et même, ils en exportent à tous les coins du monde.  Sacrés frères Chinois qui sont aujourd’hui en train de renverser le monde entier grâce à la dynamique de leur proverbe !

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Côte d’Ivoire : le piège d’une réconciliation factice

« I cannot be an optimist but I am a prisoner of hope. »
– Cornel West

Réconciliation ?La réconciliation nationale constitue, sans aucun doute, l’un des chapitres les plus controversés de la crise ivoirienne.

Après avoir été victime de négociations torpillées, de budgets surévalués, de gouvernements surpeuplés, d’accords politiques gangrenés, de célébrations ampoulées [1] et d’élections controversées, la réconciliation (qui, pour l’heure, n’a pas connu le moindre succès) réapparaît depuis “l’assaut final” du 11 avril 2011, aussi bien dans les discours officiels que les conversations populaires.

Les pro-Ouattara, heureux de leur ascension au sommet du volcan, s’y retrouvent enfin ; les pro-Gbagbo, amers devant la réalité du désappointement, y confient leur destin ; les officiers militaires, tétanisés par les effets de leur trahison, y voient leur lendemain ; les croyants, démoralisés par la pénible épreuve de foi, s’y estiment contraints.

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Le miracle économique ivoirien qui n’en était pas un

Cacao ivoirienIl est sans doute nécessaire de revenir [sur l’histoire économique de la Côte d’Ivoire] pour comprendre comment le “miracle ivoirien” en est arrivé là. Le modèle économique “libéral” choisi à l’indépendance par le Président Houphouët-Boigny ne devait-il pas offrir, par le biais de la prospérité, paix et stabilité politique, même avec un passage à la démocratie?

Il semble que bien des erreurs d’analyse entretiennent la confusion.

On a effectivement beaucoup parlé du “modèle libéral” de la Côte d’Ivoire. Ce “libéralisme” aurait consisté à développer l’avantage comparatif du pays, à savoir le cacao et le café. Par ailleurs, renonçant à la stratégie de substitution aux importations que de nombreux pays “plus à gauche” expérimentaient (de manière catastrophique), la Côte d’Ivoire importait effectivement massivement. Il semble donc que le pays d’Houphouët-Boigny ait suivi les enseignements de la théorie du commerce international de David Ricardo, vue par la plupart des économistes comme seul fondement du libre-échange entre nations, et donc du libéralisme.

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Réflexions angoissées sur l’Éburnie en dérive – Vision 4 : Laurent et Alassane ?

Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraLe rêve est-il possible?

Combien d’Ivoiriens vous ont déjà vu de près?
Combien ont bénéficié de vos largesses ou partagé votre repas?
Qui de vous deux a la capacité de ramener à la vie toutes ces personnes surprises par la mort, massacrées sans raison valable!
Combien de cadavres? Quel décompte macabre vous faut-il pour abréger les souffrances de pauvres gens qui ne demandent qu’un peu de quiétude pour chercher leur pitance quotidienne, loin des flonflons et des vrombissements de vos chevaux de fer!
A moins que votre but, le fin du fin, ne soit de régner sur nos tombes? A condition bien sûr d’être l’un ou l’autre, le dernier des Mohicans!

Vous seuls, et personne d’autre, aucune communauté internationale ou africaine, oui, je dis bien personne d’autre que vous ne peut arrêter la machine infernale, la grande faucheuse qui broie quotidiennement des enfants d’ici, rebelles ou patriotes, LMP ou RHDP, Simples citoyens Lambda, mais avant tout fils et filles de cette terre d’Éburnie.

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Réflexions angoissées sur l’Éburnie en dérive – Vision 3 : quelle jeunesse pour notre avenir ?

Charles Blé Goudé et Guillaume SoroLOUBARD contre FESCISTE, temps nouveaux pour la jeunesse ivoirienne

Une nouvelle vocation venait d’être donnée à la jeunesse.

Désœuvrée, elle pouvait se gonfler les muscles et devenir loubard.

Instruite, elle devait s’enrôler dans la FESCI (Fédération Estudiantine de Côte d’Ivoire) et militer à coups de sifflets et de machettes.

Le droit à la différence, de quoi parlez-vous?

Après l’endoctrinement au sein du MEECI (Mouvement des Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire), l’embrigadement dans la FESCI.

A prendre ou à laisser, en tout cas, circulez, il n’y a plus rien à voir, ni à découvrir dans cet Enfer, pardon cette Université.
Une terreur sans nom s’est abattue sur les amphithéâtres, désertés par tous les thésards. Vivent les « Cambodgiens » et autres « crève-la- faim », fruit d’un enseignement télévisuel. Conjoncturel moribond. Étudiant à vie comme on était Président à vie.

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Comprendre la dévaluation du Franc CFA en 1994

En 1995, le Pr. Mamadou Koulibaly analysait l’environnement bancaire qui a conduit inéluctablement à la dévaluation du Franc CFA. Son analyse permet de comprendre l’enchainement de réformes et de circonstances qui a conduit à cette mesure. Un flash-back éclairant.

Monnaie Franc CFAQuelques mécanismes de surveillance du système bancaire dans les pays africains de la Zone Franc avant la dévaluation de janvier 1994

1/ Depuis la fin des années 1980, les économistes étaient unanimes à reconnaître que le Franc CFA était surévalué, même si leurs opinions divergeaient quant à savoir quel était le taux exact de cette surévaluation. Pour une économie comme la Côte d’Ivoire, leurs estimations allaient de 50 % à 150 % alors même que le pays franchissait sa décennie d’application de Programmes d’Ajustement Structurel [PAS] avec leurs différentes mesures d’austérité et de rigueur financières.

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Se défaire du mea culpa révisionniste

« L’arme la plus puissante dans les mains des oppresseurs, est la mentalité des opprimés ! » – Steve Biko

Bal nègre à Paris (1927)Ahmadou Kourouma notait déjà, en 1968, que les brûlants soleils des indépendances n’avaient pas apporté la souveraineté pleine et entière à l’Afrique francophone. Cinquante longues et pénibles années plus tard, le magma est en fusion dans la volcanique crise ivoirienne, secouée de toutes parts par les tensions idéologiques, politiques, économiques, sociales, culturelles et religieuses, qui font dangereusement tanguer le pays vers un séisme rageur.

Tous les Ivoiriens ont leur mot à dire pour exprimer leur sincère amertume. Outre les bruyants appels à la haine qui encombrent et paniquent les esprits via les médias populaires, une véritable scission sur la cause profonde de cette triste situation est exprimée par ces quelques Ivoiriens encore assez mesurés pour rivaliser, uniquement, sur le terrain de la réflexion.

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Armée ivoirienne : républicaine ou partisane ?

Général Philippe Mangou, Chef d'Etat-Major des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'IvoireUne armée est une administration qui est chargée de la défense du territoire d’un pays. L’armée joue le rôle de défenseur de la nation, de ses intérêts et de protection de la population. Les Forces Armées de Côte d’Ivoire, anciennement Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI), regroupent quatre forces que sont les forces terrestres, la gendarmerie de Côte d’Ivoire, les forces navales et les forces aériennes.

Depuis le début de la rébellion armée de septembre 2002, ces forces ont fait corps avec les autres entités paramilitaires pour former les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), ceci dans le souci de faire un dans la défense du pays. L’armée ivoirienne est alliée aux forces armées nigérianes, angolaises, sud-africaines et à Israël qui est devenu le principal fournisseur et formateur des forces ivoiriennes.

[Aujourd’hui], notre armée est à un tournant décisif de son histoire. [Un bilan historique s’impose donc:]

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Université ivoirienne : un ‘plan Marshall’ s’impose

Université de Cocody à AbidjanAlors que les bruits de bottes s’annoncent comme un ouragan dévastateur sur la Côte d’Ivoire, les vrais enjeux de développement, qui ont fait les sujets d’affiches de campagne déployées à grands frais sur l’étendue du territoire, attendent toujours de recevoir l’attention qu’ils méritent.

L’un de ces enjeux, l’enseignement supérieur, fait l’unanimité, vu son état fiévreux, pratiquement comateux, depuis 1990, date de la première année blanche nationale. Depuis lors, qu’il s’agisse du système académique corrompu, des infrastructures vétustes ou de l’environnement surpolitisé, l’université connaît un désordre qui révolte.

I. COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ ?

Les avis sont partagés. Là où certains blâment exclusivement les mouvements estudiantins de 1990 et leur récupération par des groupes politiques, d’autres pointent du doigt la démission de l’État de Côte d’Ivoire qui a relégué les politiques d’éducation au second (voire au troisième) plan, au profit des projets économiques apparemment plus urgents.

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Biens mal acquis : les cas Houphouët-Boigny et Konan Bédié

Une contribution d’Antoine Dulin et Jean Merckaert

A sa mort en 1993, la fortune d’Houphouët-Boigny était évaluée à 11 milliards de dollars.

Les présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié de Côte d'IvoireNOTE DE LA RÉDACTION: Ce dossier de 212 pages est paru sous le titre “Biens mal acquis: à qui profite le crime ?” et publié en Juin 2009 par Antoine Dulin et Jean Merckaert sur CCFD Terre Solidaire. Le document traite des fortunes colossales accumulées par les présidents de 29 états dans le monde pendant leur règne. L’Afrique est dignement représentée avec les Présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié de Côte d’Ivoire, Omar Bongo du Gabon, Sani Abacha du Nigéria, José Eduardo Dos Santos de l’Angola, Frédérick Chiluba de Zambie, Mobutu Sese Seko du Zaire, Charles Taylor du Nigéria, Daniel Arap Moi du Kenya, Robert Mugabe du Zimbabwe, Theodoro Obiang Bguema de la Guinée Equatoriale, Denis Sassou Nguesso du Congo et Paul Biya du Cameroun. Le Président Jean-Claude Duvallier d’Haiti clos la liste des pays “noirs” de ce document.

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La Françafrique, un documentaire aseptisé ?

Le documentaire en apparence “sulfureux” fait finalement la part belle aux promesses de rupture du président Sarkozy, reprises en cœur avec Ali Bongo et participe finalement d’une occultation assez convenue de l’actualité de l’impérialisme français en Afrique.

La FrançafriqueLes 2 et 9 décembre 2010, pour la première fois, la diffusion d’un documentaire spécifiquement axé sur la Françafrique était largement médiatisée. Malgré l’horaire tardif de diffusion (23h10 en France), nombre de téléspectateurs ont ainsi pu découvrir sur France 2 des images et des témoignages sidérants sur le rôle de la France dans ses ex-colonies à partir de 1960. On peut toutefois craindre l’effet de ces deux films de Patrick Benquet sur la perception de la politique actuelle de la France en Afrique.

Une Françafrique indolore

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Démystifier Houphouët-Boigny

« Le pari est gagné, grand Houphouët-Boigny,
Les jeunes gens de Côte d’Ivoire vous remercient
Soyez loué, grand Houphouët-Boigny
Les jeunes gens de Côte d’Ivoire vous remercient
Six ans d’indépendance vous contemplent
Dans l’enceinte de tant de réalisations
Auteur de liberté de notre pays
Avec soumission
Nous vous glorifions… »

Félix Houphouët-BoignyD’une certaine façon, il est surprenant que les jeunes Ivoiriens n’aient plus à apprendre cet hymne du début des années 1960, chanté à la gloire de Félix Houphouët-Boigny, premier Président de la République de Côte d’Ivoire [1].

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Côte d’Ivoire : politologie d’une rébellion

Guillaume SoroRésumé : A la suite de travaux sur la “guerre nomade” ouest-africaine, on s’interroge ici sur la sociologie politique d’un mouvement rebelle, entre ethnicité et internationalisation. Quels écarts entre les pratiques de violence discontinue envers les civils et les discours anti-discriminations, entre épuration ethnique larvée et positions révolutionnaires ? L’étude des strates successives du mouvement rebelle, des clans et groupes qui le composent aboutit à un “diagramme de pouvoirs” qui va des communautés locales aux alliances avec les pays voisins et aux soutiens occidentaux. Mais un approfondissement de la genèse du mouvement montre en fait certains caractères “post-modernes” de telles rebellions, où la sympathie plus ou moins manipulée de médias étrangers aboutit, via un sigle au début largement artificiel (MPCI), à une véritable co-création d’un mouvement politico-militaire, dont militaires, politiques et humanitaires occidentaux se sont emparés sans recul critique – notamment en refusant de connaître l’”idéologie mandingue”, symétrique de “l’ivoirité” et justifiant par avance une violence conquérante. C’est aussi l’occasion, en termes foucaldiens, de jauger la « gouvernance par la violence » de la zone rebelle, mais aussi sa gouvernementalité : en termes d’informalisation des trafics en tous genres, de résistance des communautés villageoises, de persistance des factions militaires sous-tendues par les clivages de l’ethnicité ; enfin d’analyser les dilemmes politiques du mouvement rebelle, entre création d’un proto-Etat peu viable (ou son rattachement au Burkina), et ralliement – moyennant compensations -au processus de réintégration nationale, de désarmement et de participation au processus électoral. Analyse disponible en intégralité sur “Culture et Conflits” Politologie d’une rébellion. Une “gouvernance par la violence” au Nord de la Côte d’Ivoire ?

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Laurent Gbagbo ou la naïveté en politique

I – Introduction

Laurent GbagboObservateur attentif de la crise ivoirienne, nous sommes de ceux qui ne sont pas allés à la soupe frontiste du Gbagboïsme, ni à celle du Bédiéïsme liquéfié et encore très moins à celle de l’Alassanïsme triomphant, dont les amitiés extérieures sabrent déjà le champagne de la victoire.

Pour n’avoir appelé à voter pour aucun des protagonistes de la crise ivoirienne, nous sommes moralement à l’aise pour exprimer nos doutes, notre méfiance et bien sûr notre avis sur chaque acteur politique dont les actes concernent la survie et l’existence de la Côte d’Ivoire ainsi que celle du peuple ivoirien.

Sans être l’un de ses courtisans, nous pouvons dire qu’il y a longtemps que nous observons Mr Laurent Gbagbo et sa refondation frontiste du FPI. Ce qui nous frappe en premier dans cette tragédie ivoirienne qui est aussi la sienne, c’est la conjugaison des imprévoyances qui ont conduit la Côte d’Ivoire et les ivoiriens au bord du gouffre.

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De la fracture sociale à la fraternité nationale

« Parle — Mais ne sépare pas le Non du Oui. Donne à ta parole aussi le sens : donne-lui l’ombre […]. Il parle Vrai, celui qui dit l’Ombre. » – Paul Celan

Les armoiries de la Côte d'IvoireLa crise politico-militaire, débutée en 1999 avec le coup d’état qui a ôté du pouvoir Henri Konan Bédié, aura été la face visible d’une déchirure profonde entre les différentes classes sociales ivoiriennes.

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