Rwanda et Congo : quand BBC diffuse (enfin !) la vérité sur Paul Kagame

Qui est Paul Kagame ?

Selon l’information mainstream, la diplomatie occidentale, le cinéma hollywoodien (ex: Hôtel Rwanda) ou encore l’intelligentsia anglo-saxonne de référence (ex: le Prix Nobel américain Elie Wiesel), l’homme fort du Rwanda est le sauveur Tutsi qui, en 1994, a su contenir la terreur Hutu et mettre fin à une guerre meurtrière d’un million de ses compatriotes.

Cette version de l’histoire rwandaise, particulièrement vulgarisée dans le monde anglophone, est également la version la plus connue dans les pays d’Afrique dite francophone, où le rôle joué par l’État français dans les crises sociopolitiques des ex-colonies (?) telles que la Côte d’Ivoire laisse parfois croire aux “patriotes” africains qu’un leader noir, assez courageux pour dénoncer les manigances tropicales françaises – Kagame accuse depuis toujours la France d’être le vrai responsable du génocide – ne peut être qu’un “digne fils d’Afrique”.

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Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d’Ivoire

Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d'IvoireLe lynchage médiatique de la Côte d’Ivoire exécuté pendant plus d’une décennie par le système médiatique français est un succès. L’opinion publique internationale, robotisée et culturellement prédisposée à s’enivrer des mensonges de ses dirigeants, est rapidement gagnée. Dans le même temps, l’histoire sociopolitique d’un pays pauvre très endetté d’Afrique subsaharienne est méticuleusement réécrite avec un souhait : que les Ivoiriens plient l’échine et acquiescent.

Cet ouvrage sans faux-fuyants explique la géostratégie racialiste qui se tient derrière l’assaut des médias colons et dévoile l’hypocrisie du mondialisme avare, prédateur et appauvrissant qui le sous-tend. Le jeu trouble des acteurs politiques ivoiriens se dévoile lui aussi nettement. Seules alternatives : une prise de conscience individuelle et collective et un plan de riposte concret jusqu’à la rupture totale avec l’ordre dominant.

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Côte d’Ivoire 2020 : devenir émergent en République de Nanan

Alassane OuattaraLa République de Nanan avance à pas pesant vers 2020. Elle avance avec beaucoup de peines car elle est fouettée par une dictature caniculaire ; pire que celle de Nanan. La marche de la République de Nanan est triste comme la marche de Victor Hugo vers sa défunte fille Léopoldine Hugo. Elle n’a ni bouche pour crier, ni poing à lever en signe de protestation. Son tortionnaire l’a lié. Mais la cause est noble car ce tortionnaire lui a fait comprendre que si elle renonce à elle-même, en 2020, elle deviendra un pays émergent. C’est-à-dire que dans moins de huit ans, la République de Nanan sera comme l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et pourquoi pas la Chine ? Ceux qui salivent à l’idée d’entendre que notre pays deviendra émergent en 2020 n’ont aucunement tort. En fait, l’analphabétisme à une telle force dans cet espace que même les lettrés se laissent facilement convaincre par les arnaqueurs. Nanan nous disait qu’il existe deux types d’intelligence : celle de l’école et celle de la vie courante. Malheureusement, aucune de ces deux intelligences n’aident les fascinés à crier à l’escroquerie morale. Dommage !

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Université de Côte d’Ivoire : réhabiliter le maître et l’élève

Étudiants à l'Université d'AbidjanDans quel nouveau cadre du point de vue comportemental, les étudiants doivent-ils évoluer pour mériter le savoir de leurs maîtres ?

L’espoir qu’a suscité le vent de la démocratie en Afrique dans les années 90, a duré le temps d’une étincelle avec un syndicalisme révolutionnaire dans nos universités qui a négativement déteint sur le comportement des étudiants. Ce vent s’est vite transformé en ouragan avec une série de violence inouïe qui a bouleversé le rapport de valeur à l’Université.

En Cote d’Ivoire, on a pu assister a des scènes surréalistes : des enseignants ont été violentés, agressés, traînés à même le sol par des étudiants au nom du ‘‘droit’’ à la démocratie. Pour comprendre ces dérives regrettables, il convient peut être d’analyser le statut adopté par les associations d’étudiants : “le syndicat”.

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Université d’Abidjan : du baraquement provisoire au monument ?

Université FHB d'Abidjan - Photo du haut : entrée principale de l'université - Photo du bas : façade de la présidence de l’université en train d'être réhabilitéeAu-delà des considérations partisanes, il faut constater en toute objectivité que l’Université Félix Houphouët-Boigny (ex Université de Cocody), à l’image des autres universités, a une belle apparence après sa réhabilitation.

L’Université de Côte d’Ivoire qui était un monument à sa création est devenu un baraquement provisoire depuis les années 90. En effet, depuis deux décennies, un baraquement provisoire qui servait de système académique ne permettait ni aux étudiants ni aux enseignants de maximiser leurs compétences :  aucune programmation rigoureuse, des amphithéâtres touffus, les travaux dirigés (TD) étaient devenus des cours magistraux, les années académiques duraient au moins 17 mois au lieu de 9 mois et les années invalidées de fait étaient devenues une institution par défaut. Résultats de ce désordre organisé : formation au rabais, diplômes dévalués, clochardisation intellectuelle, vision misérabiliste de l’étudiant.

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Les business schools : un enjeu stratégique pour l’Afrique

Business SchoolsEn pensant à cette chronique, il m’est tout de suite venu à l’esprit une analyse publiée par le spécialiste en intelligence économique, Guy Gweth, avec qui je participais dernièrement à une émission radio.

Elle s’intitulait : « Dieu et les négociateurs africains ». Guy Gweth, qui dirige le cabinet Knowdys, écrivait dans les colonnes du journal Les Afriques ceci :

« […] Environ 40% des représentants africains francophones qui arrivent au siège de l’ONU ignorent que leurs collègues des grandes puissances tiennent une fiche de leurs identité, situation familiale, parcours académique et professionnel, ainsi qu’une cartographie de leurs réseaux. Cette fiche a vocation à être encore plus détaillée et régulièrement actualisée si la cible siège comme membre non permanent au Conseil de Sécurité. L’objectif de ces fiches ? Identifier et mettre à jour les forces et faiblesses exploitables en cas de négociation. En langage diplomatique, «ils se tiennent au courant ». Ce schéma est quasiment identique dans la négociation des grands contrats internationaux. Mais « les chefs d’entreprises africains préfèrent se fier à des forces ancestrales ou à Dieu pour être sûrs de gagner », souligne un analyste. Autant ils peinent à appliquer des techniques d’influence, autant ils se refusent à déployer des dispositifs de contre-influence dans leurs stratégies de négociation.

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Hollande, Ouattara et l’ivoiro-réalisme

Alassane Ouattara et François Hollande. Manifestations populaires contre la visite de Ouattara en France (juillet 2012, Paris).La récente visite officielle de Alassane Ouattara en France a été l’objet de réactions d’indignation de toutes sortes, émanant aussi bien d’individus, de groupements politiques “panafricains” que d’associations françaises qui, apparemment, espéraient beaucoup du « changement maintenant » promis par Hollande durant sa campagne présidentielle.

Sauf qu’en ce qui concerne le dossier ivoirien, le « changement » en question – c’est-à-dire, une vision et un exercice politiques radicalement distincts du modèle Sarkozy – n’a pas (encore ?) eu lieu. Ouattara a bel et bien été accueilli par le Président français avec les honneurs dûs au rang que François Hollande lui reconnait. Et hormis les déductions floues, distillées ci et là par ceux qui tentent de rapporter une “mise à pieds” de Ouattara par Hollande, rien d’autre que la version officielle faisant foi de « bonnes relations avec un pays ami » n’a filtré de ce tête-à-tête.

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Médias et information : il est temps de tourner la page

« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » – David Bohm, 1977

Presse, médiasPréambule

Si un boucher nous empoisonnait en nous vendant de la viande avariée, les consommateurs que nous sommes n’accepteraient jamais l’idée que « les choses sont comme ça » et qu’il ne nous resterait plus qu’à trouver un autre fournisseur. Mais lorsqu’une journaliste du New York Times ment sciemment sur les armes de destruction massive en Irak – et participe à l’extermination d’un million et demi d’Irakiens innocents – elle se voit simplement “remerciée” et l’affaire est classée dans le casier “déontologie”. Ici, l’impunité est quasi-totale et même revendiquée par la profession journalistique au nom d’une “liberté” qu’elle se garde bien de définir avec précision.

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Université d’Abidjan : la corruption et la chienlit ont la peau dure

L'université de Cocody à AbidjanDepuis la fermeture de l’université de Cocody et la délocalisation de son service “scolarité” au CIRES [Centre ivoirien de recherches économiques et sociales, sis à Abidjan, Cocody, route de l’Hôtel Ivoire ; ndlr], une chienlit qui ne dit son nom s’y est installée, alors que les étudiants croyaient en avoir fini avec les vieux démons du service “scolarité” de “l’ancienne” université. Ainsi pour avoir recours aux différents services de la dite scolarité, l’étudiant doit être prêt à un véritable parcours du combattant. Enquête.

Corruption à ciel ouvert : payer pour se faire établir un relevé de notes et une attestation

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+ d’Afrique : quand le ridicule tue

+ d'AfriqueUne fois par semaine, grâce à Canal + Horizons, l’Afrique “francophone” se retrouve nez à nez avec un des nombreux prétendants à son homicide culturel : + d’Afrique« le talk-show 100 % africain » de la chaîne cryptée française.

Robert Brazza, son célèbre animateur Congolais, doit probablement “se faire sa p’tite tune” et vivre plus que décemment des fruits de son labeur. Bravo ! Après tout, un nègre de grand talent, point au chômage en ces temps difficiles pour les pays africains, n’est que sujet de réjouissance. Mais à quel prix ?

+ d’Afrique, aussi bien dans le style que dans le contenu, n’est qu’une forme “évoluée” – moins cruelle, mais non moins caricaturale – des “minstrel shows” américains très populaires dans l’Amérique ségrégationniste – et même au-delà –, dont le réalisateur Spike Lee se fait l’écho dans son film culte Bamboozled. Leur particularité ? Les “minstrel shows” célébraient – = singeaient de la façon la plus grotesque et méprisable qui soit – le quotidien noir-américain au grand ravissement des (télé)spectateurs Blancs.

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Afrique : produire sa propre énergie sur une initiative communautaire, c’est possible !

Énergie en AfriqueCombien d’Africains sont blasés par les coupures d’électricité et délestages intempestifs ? Du Sénégal à l’Ethiopie, en passant par la Côte d’Ivoire ou le Mali, les africains subissent, encore en 2012, les nombreux problèmes d’approvisionnement en électricité.

Comment venir à bout des problèmes d’approvisionnement en électricité qui ne devraient pas exister au 21e siècle ? Les communautés peuvent attendre que les gouvernements agissent et mettent par exemple en place leurs divers projets d’interconnexions à plus ou moins long terme… Ou alors elles peuvent s’organiser et lancer leurs propres projets à petite échelle.

C’est la deuxième option qu’une communauté rurale du centre du Kenya a choisi, déterminée à mettre un terme à son problème d’approvisionnement en électricité. Elle a réussi à produire sa propre énergie, venant progressivement à bout des obstacles et des écueils après quelques faux départs, en partie grâce au soutien de l’ONG GVEP International, selon un communiqué de Mayda BAKRI (membre de l’ONG GVEP) parvenu à Next-Afrique.

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Afrique, CPI : une autre voie…

Mme Bensouda de la CPIPrévue initialement le 18 juin 2012 à La Haye, l’audience de confirmation des charges pesant sur l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, écarté du pouvoir avec la bénédiction de l’ONU par la France de Nicolas Sarkozy, coordonnant une coalition hétéroclite de politiciens locaux de réputation douteuse et de coupeurs de routes meurtriers, ironiquement baptisés FRCI, se tiendra donc le 13 août [2012] prochain.

Noyée dans le flot continu de la désinformation annonçant une énième guerre impérialiste menée cette fois contre la Syrie, l’actualité judiciaire internationale en provenance des Pays-Bas sera traitée selon la traditionnelle grille de lecture libérant la parole mensongère, adoptée par les médias occidentaux, permettant une réécriture permanente de l’histoire et l’imposition d’un cadre idéologique, défavorable par essence, aux intérêts des peuples dit faibles. À ce titre il convient de poser un autre point de vue, le nôtre, militant avec détermination pour une approche rééquilibrant des rapports de force Nord/Sud iniques et amoraux.

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Côte d’Ivoire, PPTE : entre illusions et arnaque

PPTEDepuis l’annonce de l’atteinte par la Côte d’Ivoire du point achèvement de l’initiative PPTE (pays pauvre très endetté), le constat est que de nombreuses interrogations se présentent. Beaucoup d’Ivoiriens ne comprennent pas ce que représente ce programme PPTE et ce qu’il implique concrètement pour leur pays et pour eux-mêmes.

Le PPTE est-il une annulation de la dette ?

Non. C’est vrai que la communication gouvernementale officielle le laisse penser. Mais c’est un abus de langage. Selon le FMI, notre “annulation de dette” porte sur un total de 7,7 milliards de dollars, dont 3,1 milliards pour le PPTE au sens strict du terme, 1,3 milliards pour les agences multilatérales liées au FMI, à la Banque Mondiale et à la BAD et enfin 3,3 milliards pour des États créanciers dits du Club de Paris. Alors peut-on penser sérieusement que ces créanciers vont faire cadeaux d’autant d’argent à la Côte d’Ivoire ? Surement pas surtout en période de crise.

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Comment défendre les enfants handicapés africains ?

Enfants handicapés africains« Les droits de l’enfant handicapé : le devoir de protéger, de promouvoir et de réaliser ». Tel est le thème retenu pour la célébration de l’enfant africain, édition 2012. Cette année, comme l’indique le thème, il s’agira de mettre en lumière l’enfant victime de handicap et sa place dans la société. La société n’a-t-elle pas en effet un devoir de responsabilité vis-à-vis de ces enfants ? Doit-on les laisser se débrouiller tous seuls avec leurs parents dans un milieu qui leur est trop souvent hostile ? Car si le handicap entraîne une stigmatisation dans tous les milieux, il faut reconnaître qu’en Afrique, les pesanteurs socioculturelles fragilisent davantage la condition des handicapés.

Les “enfants serpents”

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La trahison des clercs… ivoiriens : de l’excessive politisation des intellectuels de Côte d’Ivoire

Mamadou KoulibalyEn 1927, dans son classique La trahison des clercs, le philosophe français Julien Benda sonnait une alarme des plus retentissantes à l’endroit des intellectuels français. Il les exhortait à se défaire de leurs passions politiciennes, afin de mener à bien leur mission critique et la mettre au service de la société.

Le chef-d’œuvre de Benda pourrait servir à tous les intellectuels de langue française, notamment les intellectuels ivoiriens [1]. En effet, le constat de la conversion massive des élites intellectuelles ivoiriennes en responsables politiques est un des plus déplaisants pour ces quelques personnes qui espèrent encore un contre-pouvoir apolitique citoyen.

Cette reconversion n’est pas récente. Après 1960, le contexte postcolonial requérait de doter le pays en cadres nationaux capables de prendre le relais de l’administration française, notamment dans le domaine de l’éducation. La vision de Houphouët-Boigny était de prioriser la formation des élites en les envoyant dans l’Hexagone, afin qu’elles renforcent leurs capacités déjà acquises à la jeune université d’Abidjan.

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Côte d’Ivoire : pays pauvre très (très très) endetté – PPTE

PPTELe 30 juin 2012, comme prévu, la Côte d’Ivoire entrera dans le club très fermé des pays pauvres près endettés (PPTE), “accréditation” accordée par la Banque mondiale et le Fond monétaire international (FMI). Ce statut offre au pays de nouvelles perspectives, mais il est également source d’inquiétudes.

Plus de dix ans. Oui, plus de dix années de troubles et d’instabilité politique ont entraîné la Côte d’Ivoire dans une situation économique et sociale désastreuse. Une dette équivalant à 93,3% du produit intérieur brut (PIB). Le 170e rang en termes d’indicateur de développement humain (IDH), sur 187 pays listés. Sans compter la crise postélectorale et la guerre civile qui ont provoqué une récession de 5,8% du PIB en 2011.

Cette situation a très certainement accéléré l’entrée du pays dans le “club” des pays pauvres très endettés (PPTE). En réalité, depuis 2009, la Côte d’Ivoire a enclenché ce que l’on appelle le “point de décision”, à savoir la candidature officielle pour faire partie des PPTE. Le 30 juin, c’est le “point d’achèvement” qu’elle finalisera pour faire officiellement parti des PPTE.

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Ouattara, Soro : professez le pardon

Alassane Ouattara et Guillaume SoroIl est un peu tard pour le pardon ; voilà des mois que nous suivons Charles Konan Banny, avec sa Commission réconciliation et vérité ; malgré une scène touchante retransmise sur grand écran, ou l’on voit cet ancien Premier ministre s’agenouiller devant la caméra pour demander pardon, mais en tournant le dos au public duquel il attend ce pardon… Puis nous avons vu Ouattara projeter les phares sur l’Ouest, ce pays meurtri, et encourager les populations à tourner la page et à pardonner, mais sans s’impliquer lui-même, sans être concerné… Et maintenant place à Soro, qui le jour de l’ouverture du Parlement, nous joue son couplet du pénitent, humble et humain à souhait.

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Un régime parlementaire pour les pays d’Afrique

ParlementLes violations de l’Etat de droit en Afrique

Aides publiques détournées, atteintes majeures au droit de propriété, bureaucratie, clanisme, clientélisme, corruption effrénée, dictatures, guerres endémiques, militarisme, népotisme, parti unique, planisme, protectionnisme, tribalisme, et finalement pauvreté persistante : tel est le cruel constat qui peut être effectué du continent africain depuis maintenant de longues décennies. Toutefois, sauf à verser dans le holisme, mêler les différents pays africains dans un tout indistinct serait plus que superficiel. Le Botswana n’est pas le Zimbabwe, le Maroc n’est pas l’Ethiopie, et les difficultés culminent pour l’essentiel dans bon nombre de pays de l’Afrique sub-saharienne.

Quoi qu’il en soit, les chiffres, eux aussi, sont implacables. Publié chaque année depuis 1995 par le Think Tank américain Heritage Foundation l’indice de la liberté économique – qui comprend les libertés financière, d’entreprise, du commerce, de ne pas être pressuré par les prélèvements obligatoires, du contrôle de la taille du gouvernement, d’avoir une monnaie indépendante, d’investir, de protéger les droits de propriété, de s’émanciper de la corruption, et de contrat sur le marché du travail – est toujours au plus bas dans la plupart des Etats africains (1).

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Gbagbo : question d’objectivité

Laurent GbagboLe discours pro-Ouattara sur la crise ivoirienne n’a pas varié d’une demi-mesure un an après le sombre 11 avril 2011. Adoubé du soutien toujours aussi solide de la grande presse internationale – qui ne juge pas nécessaire de se poser une ou deux questions quant à la dizaine d’années de coups fourrés et de crimes en tous genres soutenus silencieusement par l’Élysée – Alassane Ouattara, justifications saugrenues après justifications saugrenues, continue de se faire broder une tunique de sauveur qui n’a de sérieux que la détermination de ses communicants à vouloir à tout prix l’imposer.

Il faut reconnaitre que le projet rocambolesque fonctionne encore assez bien. Si certains Africains ont pris conscience de l’évidente manipulation qui a justifié un engagement militaire malsain afin de résoudre un simple contentieux électoral, en Europe et en Amérique, l’opinion publique reste grosso modo la même : soit elle ignore tout du sujet, soit elle estime que la Côte d’Ivoire a vécu des moments douloureux en 2011 par la faute d’un néo-führer barbare, illégalement accroché à son pouvoir et décidé, coûte que coûte, à engager son pays dans une guerre civile.

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Afrique : il faut instruire le peuple

Education en AfriqueL’instruction joue un rôle prépondérant dans le progrès d’une nation. Ce fait est une vérité reconnue même  par les religions au point que le christianisme dans son livre fondateur affirme : « mon peuple périt parce qu’il lui manque la connaissance ». Cette vérité est d’autant plus évidente pour l’Afrique qu’elle explique en grande partie son état actuel de sous développement chronique. En d’autres mots, l’instruction telle qu’elle est organisée et diffusée actuellement sur le continent ne saurait booster son développement.

La part belle à l’enseignement généraliste

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La fatalité du service client en Côte d’Ivoire

MTN, SGBCI, Orange, Moov et CIEQuestion pour un client ivoirien : quel est le point commun entre votre banque, votre opérateur mobile, votre mairie et votre clinique préférée ?

Fastoche : le service client ! Ou plutôt l’anti-service, le non-service, le contre-service client, c’est-à-dire, cette disposition que l’on croirait supra-humaine tant elle est antipathique à tous ceux qui sont censés l’exercer.

Cas d’école : avez-vous déjà essayé d’expliquer à un conseiller client de MTN ou de Orange que votre WiBox/LiveBox s’est arrêtée de fonctionner au beau milieu d’un téléchargement, que votre réseau est subitement devenu défaillant et que le débit qui vous a été garanti et facturé comptant est inexplicablement lent ? Non ? Eh bien, si vous décidez de contacter le serveur vocal mis à votre disposition et que vous avez la patience, vingt minutes plus tard, de continuer à attendre “quelques instants”, votre appel sera éventuellement transmis à un spécialiste de l’après-vente basé… à Dakar… ou ailleurs, bien loin de la Côte d’Ivoire ! Qui vous proposera bien gentiment “qu’on vous rappelle”, mais qui ne vous dira jamais quand. C’est que, le pauvre, il ne le sait pas vraiment. Avec un peu de chance, on vous contactera trois à cinq jours plus tard, après que vous ayez vous-mêmes choisi de contacter l’amie d’un ami qui connaît une amie chez MTN ou Orange. Ou alors, solution anti-exaspération (?) : rendez-vous en agence !

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Le Sarko Show aux Africains

Nicolas SarkozyLe Sarko Show était en pleine extase, hier, lundi 12 mars 2012, sur les antennes de TF1. L’invité du jour, Nicolas Sarkozy, suant à grosses gouttes bien visibles sous sa chemise décidément trop légère, s’était préparé à exploser le médiamat et dépasser de loin les performances de ses principaux adversaires, notamment François Hollande, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Sauf que les tests d’audience réalisés autour de l’émission « Parole de Candidat » annoncent 4,5 millions de téléspectateurs en moyenne (soit 19,8 % de part d’audience), c’est-à-dire, un peu moins que l’émission qui recevait Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon une semaine auparavant, qui avait été suivie par 4,7 millions de téléspectateurs. Plutôt dommage pour le président-candidat de se voir voler la vedette par la série « Cold Case » sur France 2 (6,6 millions de téléspectateurs). Mais dommage, surtout, parce que tous ces chiffres ne permettront pas de mesurer l’impact réel du Sarko Show où il devrait résonner le plus fortement : en Afrique.

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Crise ivoirienne : conflit politico-spirituel ?

Charles Konan Banny, Nicolas Sarkozy, Alassane Ouattara et Laurent GbagboLe lancement d’une « période de deuil et de purification nationale » décidée par la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) dirigée par Charles Konan Banny vient remettre au centre du débat national l’aspect le plus inconfortable pour les observateurs et critiques se targuant d’objectivité : la spiritualité.

D’entrée, la question mérite d’être posée : y a-t-il une question spirituelle qu’il faut discuter, au sujet de la crise ivoirienne ? Y a-t-il une place, dans le débat intellectuel, pour un argument objectif qui ne cloue pas au pilori tout ce qui semble relever de l’abstrait ?

Il est vrai que, traditionnellement, une critique s’exerce sur la base de faits tangibles. Les causes sont étudiées, les conséquences observées et les relations qui les unissent sont présentées : c’est ce qu’on appelle mener un raisonnement cartésien. Toute approche qui insère des données intangibles dans l’équation intellectuelle est généralement, soit ignorée, soit méprisée, soit reléguée au niveau des “faux problèmes” chers aux “illettrés”, c’est-à-dire ceux qui, déprimés du quotidien, s’abandonnent volontairement à tous les “secours” ésotériques à leur portée. Ainsi, la pensée agnostique, se définissant elle-même comme étant “objective”, est généralement celle qui domine : après tout, il est plus facile d’ignorer l’invisible que de l’argumenter sans preuves palpables.

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Gouvernance de Ouattara : autant en emporte la bêtise

Adama Toungara et Alassane OuattaraAlors que les populations ivoiriennes sont encore en proie à des délestages dans plusieurs zones du pays, le gouvernement de Alassane Ouattara, par la voix de son ministre de l’Énergie Adama Toungara, se joue de la souffrance des Ivoiriens.

Dans une récente déclaration, ce dernier a tenté de justifier les jours difficiles qui attendent les Ivoiriens et, par la même occasion, a dédouané son mentor de toute responsabilité, le présentant plutôt comme “Super Ouattara”, l’homme qui, en moins d’un an, a fait de la Côte d’Ivoire un havre de paix, de joie et de bonheur parfait.

À bien comprendre le ministre, la population ivoirienne devrait même se réjouir des délestages qu’elle subit. Et pour cause : ils sont la preuve que le grand docteur ès-sciences économiques travaille. En fait, il travaille tellement bien depuis son arrivée au pouvoir que la Côte d’Ivoire totalise, en moins d’un an, près de 6000 milliards de francs CFA de dettes, alors que le point d’achèvement de l’initiative PPTE est censé conduire à l’effacement de 6500 milliards sur un total de 10 000 milliards de francs CFA de dettes.

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Abobo la guerre, le journalisme d’investigation… et les pincettes

"Abobo la guerre" de Leslie VarenneLe livre Abobo la guerre ; Côte d’Ivoire : terrain de jeu de la France et de l’ONU de la journaliste française Leslie Varenne n’a pas fini d’atteindre les rayons des librairies, depuis sa publication le 22 février 2012, que la propagande des camps politiques ivoiriens est déjà lancée, chacun essayant de faire dire à l’auteur ce qui lui semble être le plus satisfaisant.

Abobo la guerre, fruit apparent d’une “investigation de terrain” (*), mérite d’être parcouru avec circonspection, justement parce qu’il ne dit pas tout à fait ce que les uns et les autres croient (ou veulent faire croire). Non, le livre ne fait ni l’apologie de Laurent Gbagbo (contrairement, par exemple, au fameux livre Côte d’Ivoire : le coup d’État de Charles Onana, qui prend clairement position), ni celle de Alassane Ouattara.

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FPI : kaput ?

Miaka OuretoLe Front populaire ivoirien (FPI), par la voix de son président Miaka Oureto, a encore frappé de son nombrilisme patenté et inscrit une énième preuve de son manque de vision au panthéon du bêtisier politique ivoirien.

En juin 2011, son refus de l’opposition avait justifié que la plupart de ses militants rejettent en bloc toutes les suggestions d’acceptation de la nouvelle donne politique ivoirienne, en refusant mordicus la notion même d’autocritique. On le disait à l’époque : il ne s’agissait pas de légitimer un pouvoir criminel qui, du reste, n’attend du FPI aucune légitimation. Il s’agissait simplement de développer une certaine maturité politique, capable de lire les nouveaux signaux, de s’adapter en conséquence et de mener une opposition pleinement consciente de ses responsabilités vis-à-vis du peuple. C’était le moins que l’on pouvait espérer de responsables politiques ayant passé une décennie au pouvoir, mais qui n’avaient jamais imaginé se voir déguerpir manu militari par la Force Licorne française.

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Aller jusqu’au bout : le résistant et le désenchantement permanent

« Le patriotisme, ce n’est pas le fait de croire aveuglement aux choses que nos leaders nous disent et font. Cela n’est rien d’autre que la stupidité qui permet de remplacer le sens de quelques grands concepts par des mots vides aux accents abrutissants et mis à la disposition de lâches flagorneurs. » – Lawrence W. Reed

Manifestation "patriotique" d'Ivoiriens à la CPIVoilà presqu’un an que le régime de la Refondation est tombé sous les feux d’une coalition internationale ayant porté Alassane Ouattara au pouvoir. La Côte d’Ivoire connaît depuis un climat politique délétère et chaque jour sa dégradation menace d’altérer le climat politique national de manière profonde, durable et générale. Le désarroi et l’inquiétude viennent de ce que la Côte d’Ivoire a depuis longtemps perdu des pratiques politiques qui l’avaient longtemps fait passer pour une exception, dans un continent dont bien des régimes politiques ont eu du mal à se plier aux exigences de l’Etat de droit et à de saines et incontestables compétitions électorales. Alassane Ouattara se comporte comme un roi, décidant tout seul de tout.

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Libérer les Africains des enclos

Libérez les AfricainsL’année 2011 qui vient de s’écouler a vu sur le continent africain au moins douze élections présidentielles. Cette année 2012, sept pays se préparent pour le même type d’élection plus six législatives qui vont se dérouler dans un contexte de risque de violence. En effet, les élections se suivent avec le même degré de violence et de ce fait, n’ont pas encore montré clairement qu’elles suffisent à conduire à la prospérité, à la stabilité et à la paix. Bien au contraire le processus des transitions démocratiques initié au milieu des années 90 n’est pas encore achevé. Bien souvent, ces transitions se prolongent en état régulier excluant ainsi tout choix du peuple.

La vie politique africaine, après quarante années de partis uniques, a débouché sur un multipartisme qui montre ses limites. Tout se passe dans une consternante continuité et les élites qui avaient jadis ardemment revendiqué les libertés politiques n’ont pas été capables de conduire les Etats à la démocratie. D’évidence ; le multipartisme n’est pas la seule clé de la démocratie. Chaque élection sur le continent le prouve.

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Saint Mélenchon et le patriotisme moribond

Jean-Luc MélenchonLa déferlante patriotique ivoirienne a fait son choix : Jean-Luc Mélenchon sera son prochain président. Ou plutôt celui de la France, mais apparemment, il n’y a pas grande différence. Elle l’a décidé comme tel, elle l’exige pratiquement, elle mène une campagne Mélenchon en ligne et explique pourquoi à qui veut l’entendre.

Qu’un citoyen français d’origine africaine décide de voter Mélenchon, rien de bien troublant. L’homme est candidat et tous ceux qui ne se refusent pas l’avantage d’une double-nationalité (même en criant haro sur la Françafrique) ont le droit d’admirer l’homme politique d’extrême-gauche.

Mais que des citoyens ivoiriens, arborant certificats de nationalité oranges et passeports verts, vivant à Paris, à Agadir ou à Bouaflé, s’empressent de battre campagne pour Mélenchon, laisse franchement pantois.

Comment Jean-Luc Mélenchon (dont la plupart de ses nouveaux supporters ne peuvent pas citer, sauf Google, une seule ligne de son projet de société) est-il devenu Saint Mélenchon, l’espoir de tout un mouvement ? Grâce aux deux cents mots que voici, tenus le 6 février dernier :

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L’État plantation

Alassane Ouattara et Laurent GbagboLes pays d’Afrique francophone en donnent rarement l’impression mais, en réalité, il existe une petite différence entre gérer un État et gérer une plantation.

Une plantation appartient à son propriétaire : il peut en faire ce qu’il veut ; il peut défricher son carré au petit matin ; il peut décider de l’exploiter, puis l’abandonner, puis le cultiver à nouveau, selon son bon vouloir. Par contre, un État est une entité publique, la propriété de millions de personnes qui érigent, symboliquement et par convenance pratique, un individu qui en prend les rênes et qui fait ce que la majorité estime être la priorité du moment.

Ce petit rappel n’est pas fortuit. Au-delà des élites, ce sont les administrés eux-mêmes, tous ceux qui élisent un responsable qu’ils se refusent ensuite à évaluer, qui en ont grand besoin.

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“Le nouvel ordre ivoirien”, par Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN par Jean-David N'Da« Replacer la crise postélectorale ivoirienne dans son contexte africain et mondial, au-delà de la confrontation entre deux hommes à laquelle l’ont réduit certaines appréciations. »

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN, de Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan mardi 24 janvier 2012.
Disponible dans toutes les librairies.
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Lisez et faites lire LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN.

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Naissance d’une tyrannie

Alassane Ouattara : Meeting du FPI, 21 janvier 2012Samedi 21 Janvier 2012 était un jour de fête pour l’Afrique : celui de l’ouverture de la 28ème Coupe d’Afrique des Nations de football, organisée conjointement par le Gabon et la Guinée Equatoriale, qui n’ont pourtant pas toujours eu des rapports amicaux, comme en témoigne le différend territorial qui oppose jusqu’à présent les deux pays à propos de l’île de Mbanié.

Samedi 21 janvier 2012 était également la date choisie par le Front populaire ivoirien (Fpi), parti créé par l’ex-président Laurent Gbagbo, pour « faire sa rentrée politique » à la place Ficgayo de Yopougon. Dans une escalade verbale par médias interposés, les organisateurs promettaient d’aller «jusqu’au bout », d’en faire « une démonstration de force » et une manifestation de soutien « au vrai président de la Côte d’Ivoire déporté à La Haye ».

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Accès à l’eau potable : les raisons du calvaire des Abidjanais

Eau potableL’accès à l’eau potable est devenu préoccupant à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, occasionnant un vrai supplice pour de nombreux ménages. En plein troisième millénaire, la mégapole ivoirienne présente des allures de gros villages, avec le tableau de femmes, de jeunes femmes et d’hommes chargés de cuvettes et bidons qui arpentent les rues tôt le matin ou au crépuscule en quête du précieux liquide. Un tiers des populations n’est en effet pas régulièrement fourni en eau potable. Et pourtant, l’insuffisance de la nappe phréatique à couvrir les besoins de la population est à écarter, du fait de la bonne pluviométrie dans le sud ivoirien. Selon AQUASTAT, la pluviométrie annuelle dans le sud ivoirien dépasse les 1500 mm. L’Office national de l’eau potable (ONEP) ne remet pas en cause la suffisance de la nappe ou un défaut de pluviométrie. Quelles sont alors les causes réelles de cette situation déplorable et quelles solutions à court ou à long terme pour soulager les ménages ?

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Le libéralisme : seule alternative crédible pour l’Afrique

Freedom ?On entend de manière récurrente des intellectuels se prononcer sur le problème de la pauvreté en Afrique qui perdure après plus d’un demi-siècle d’indépendance. Les débats sont passionnés et les voix africaines se multiplient pour dénoncer, s’insurger et certaines proposent des solutions. Sur les problèmes, tous sont unanimes : l’Afrique souffre encore aujourd’hui d’une forte domination des anciennes puissances coloniales et, dans les zones francophones regroupant les anciennes colonies françaises, la domination est plus vive encore à travers la monnaie (le franc CFA), les bases militaires, les réseaux dits françafricains qui incluent des entreprises multinationales protégées ; domination acceptée et même soutenue par des dirigeants africains malléables à souhait. Les populations africaines sont ainsi maintenues en captivité à la fois par un système de domination mondiale mais également par leurs propres dirigeants. Tel est le constat unanime. Généralement au banc des accusés on trouve au premier rang le trio capitalisme-mondialisation-néo libéralisme.

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Alassane Ouattara et l’enjeu des terres arables en Côte d’Ivoire

Alassane Ouattara et George SorosL’enlisement de la crise ivoirienne, dans un contexte de fracture sociopolitique abyssale, a fermé les yeux de la majorité de la population aux vrais enjeux qui se précisent dans ce pays phare d’Afrique de l’Ouest.

Un de ces enjeux, l’accaparement des terres arables, est bien loin de nourrir les débats politiques continuellement personnalisés dont sont friands les Ivoiriens. Pourtant, parmi les causes de la guerre menée par la France en Côte d’Ivoire pour installer Alassane Ouattara à la tête du pays, l’accaparement des terres arables occupe une position centrale. Non seulement ses conséquences risquent d’être plus dommageables qu’une éventuelle dévaluation du franc CFA, mais de façon pratique, si le projet aboutit, il dépossèdera les Ivoiriens du bien le plus précieux qu’ils possédaient jusqu’ici : leur terre.

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Plumes d’or

Plume d'orPlumes d’or aux 10 essais politiques (sur les 350 publiés sur notre plateforme) qui nous ont le plus séduits en 2011. Nous les commentons ici, par ordre chronologique, en excluant les nôtres afin que, pour une fois, charité bien ordonnée commence par autrui.

La folie d’une guerre sans gloire : à Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan BédiéWayourou Zadi-Pauyo (25 février 2011)

2011 retiendra que certains Ivoiriens ont essayé de prévenir les dégâts d’une guerre en Côte d’Ivoire, en appelant les citoyens à prendre leurs responsabilités. Exemple : ce puissant texte de Wayourou Zadi-Pauyo, qui dès sa publication sur Pensées Noires, a causé un véritable déferlement d’argumentations (notables pour leur diversité, leur qualité et leur politesse, ce qui n’est jamais gagné d’avance) que vous ne lirez malheureusement plus, notre plateforme s’étant définitivement séparée des commentaires Facebook. Néanmoins, la passion avec laquelle l’auteur accuse chacun des trois “grands” responsables politiques ivoiriens appelait surtout le peuple à entreprendre ce qui aurait certainement été une vraie révolution : dépasser les clivages partisans, dégager le trinôme président et sauver la nation. A terme, le courage populaire aura fait défaut, mais ce coup de gueule reste le point d’ancrage littéraire de l’avant 11 avril : sincère, profond, critique et poétique tout en un.

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Abidjan : bonjour la route

Patrick AchiQuelques jours passés en Alassanie, dominion français de la côte ouest africaine, convaincront même les plus sceptiques sur la diligence avec laquelle la route abidjanaise est en train d’être remise dans des habits dignes d’une capitale économique.

On comprend mieux les « ADO a goudronné ! » dont nous parlions en octobre dernier. Ils expriment l’enthousiasme de citadins complètement dégoutés de l’état de dégradation du réseau routier abidjanais, trop longtemps “abandonné” à son triste sort… Mais voilà qu’aujourd’hui, les travaux de réfection de la route sont tellement avancés qu’ils causent même de gigantesques embouteillages par endroit ; le sacrifice requis pour pouvoir, enfin, bénéficier d’un bitume conséquent.

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Législatives ivoiriennes : tous perdants

Mamadou Koulibaly (LIDER), Alassane Ouattara (RDR), Laurent Gbagbo (FPI), Henri Konan Bédié (PDCI)Aux souvenirs d’une amie française qui, pendant les présidentielles de 2010, nous interpellait sur la question démocratique ivoirienne, nous admettons, bien malheureusement, que la démocratie est encore à son stade infantile en Côte d’Ivoire.

Oui, nous nous souvenons de 1990, du vent de l’Est, des conférences nationales et de la naissance officielle du multipartisme. C’était les premiers biberons. Mais depuis, la croissance démocratique ivoirienne s’est drastiquement estompée, en hoquetant lourdement, à chaque instant de son véritable test : les élections.

En fait, depuis que le terme “élection” est entré dan le jargon politique national, il ne s’est pas passé une seule traitre élection digne de ce nom en Côte d’Ivoire. Ni sous le parti unique, où le vainqueur était connu d’avance ; ni au tournant du millénaire, quand le vainqueur devait réclamer son dû “dans la rue” ; ni aujourd’hui, où la “victoire” dépend essentiellement de la position de France 24 sur la question.

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L’État de droit pour les nuls

Alassane OuattaraSi l’on écoute les discours et déclarations, l’Etat de droit semble avoir été placé sur la feuille de route des nouvelles autorités ivoiriennes. Le rétablissement de l’Etat de droit. C’est un objectif annoncé depuis la campagne des présidentielles de 2010. Huit mois après la prise de pouvoir, il est important de faire un bilan des avancées dans ce domaine. Ce bilan est incontournable bien qu’il soit douloureux et donne le vertige. Nous sommes loin, très loin de ce que l’on appelle Etat de droit, au point que l’on peut légitimement s’interroger sur le contenu du concept en terre ivoirienne.

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Didier Drogba : droit d’honneur

Didier DrogbaOn lisait récemment la prière en ligne de cet internaute se réclamant de Laurent Gbagbo, qui espérait que les Eléphants soient éliminés au premier tour de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (CAN), afin qu’Alassane Ouattara n’en tire aucun dividende politique.

C’était peut-être une boutade, mais secrètement, tel est le vœu d’une grande partie des Ivoiriens. Après tout, l’équipe nationale de football n’a-t-elle pas essuyé échecs après échecs, entre 2006 et 2010, malgré une armada de talents dont rêvent toutes les équipes du continent ? Les résultats footballistiques de la Côte d’Ivoire n’ont-ils pas été largement en-deçà des espérances et des chansons sur mesure de Magic System ? Et cela, malgré les moyens matériels et financiers quasiment outranciers et le soutien indéfectible de Laurent Gbagbo – qui disait à l’époque que le football était la mission première de tout Ministre des Sports ivoirien ? Mais puisque l’équipe n’a pas assuré sous Gbagbo, il faut qu’elle échoue sous Ouattara : voilà, en substance, ce que beaucoup d’Ivoiriens souhaitent.

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CPI, Gbagbo : le temps d’un jugement

Laurent Gbagbo à la CPI5 décembre 2011, CPI : la première apparition d’un Laurent Gbagbo visiblement éreinté mais déterminé à jouer son va-tout juridique a clairement requinqué tous ses partisans. Depuis ce jour, la ferveur militante s’est à nouveau emparée des rangs, laissant entendre une pléthore de « ça va aller ! » et de « hauts les cœurs ! » qui en disent long sur la joie de tout ce beau monde à revoir “son Président”.

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CPI : l’occasion d’humilité

Laurent GbagboLaurent Gbagbo a donc été transféré à la CPI en dépit des promesses de “frémissements” des responsables LMP, en dépit des “revendications” de ses avocats et conseillers et en dépit de la colère de ses affidés. Comme au 11 avril dernier, il a été saisi manu militari et convoyé là où la “communauté internationale” souhaitait le voir depuis une décennie.

Que dire qui n’a déjà été dit ?

Les réactions des uns et des autres ont toutes été lues… ou presque. Impossible de circonscrire la déferlante émoussée ou enchantée, qui aura d’ailleurs confirmé ce que l’on savait déjà de la scène politique ivoirienne : à gauche, quelques militants rêveurs espèrent toujours se réveiller au petit matin du 11 avril 2011 pour changer le cours de l’Histoire ; à droite, quelques militants dozos continuent d’applaudir les combines les plus iniques de leur “fétiche”, bêtement, comme ils le font depuis le 19 septembre 2002.

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Franc CFA : et si Gbagbo avait écouté Koulibaly ?

Mamadou Koulibaly et Laurent GbagboLa dévaluation du franc CFA aurait-elle été d’actualité en novembre 2011, dix-sept ans après celle de 1994, si une réflexion sérieuse sur le franc CFA avait été apportée sous Laurent Gbagbo ? Cette question serait-elle l’objet de vives polémiques, aujourd’hui, si un nucleus, constitué de spécialistes locaux, avait été mis en place par le régime Gbagbo, non pas hâtivement, pendant la crise postélectorale, avec un ou deux prêcheurs de “nouvelle monnaie” sur les plateaux de la RTI, mais depuis 2000, puisque tel était écrit noir sur blanc dans le projet de société de la Refondation ?

On ne peut discuter ce sujet sans parler de Mamadou Koulibaly. Et bien sûr, on nous targuera encore de “LIDERship”… comme s’il était criminel de se poser les bonnes questions. On nous parlera peut-être même de “traitrise”, comme si l’urgence résidait dans la diabolisation émotionnelle d’un acteur politique entièrement libre de ses décisions. Or il y a urgence ailleurs…

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Ushahidi, Akendewa et l’implication citoyenne

Akendewa et UshahidiLa question sécuritaire ivoirienne est fortement préoccupante. Il y a quelques jours, le 24 novembre, le Ministère des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques a transmis un courrier électronique qui lisait : « Des cas de vols de voiture sur la route, d’incursion dans des logements avec vol et menaces sont régulièrement rapportés. A cet effet, le  Ministère de l’Intérieur de Côte d’Ivoire vient de mettre en place des contacts d’urgence pour signaler un abus, une violence, une agression : Téléphone : 100. Courriel : 100@interieur.gouv.ci. Merci de faire suivre ce message à vos contacts ».

Voilà qui est fait. Comme quoi, l’insécurité galopante ne peut plus être niée, même pour faire croire en un paradis abidjanais qui n’existe point. D’où vient-elle ? De la violence postélectorale promise aux pays d’Afrique francophone, tant que la France voudra s’infiltrer, “par amitié”, pour “l’aider”. Et, plus directement, d’une prison civile abidjanaise, qui s’est vidée en février/mars dernier, comme par enchantement, de ses six mille locataires. Et qui, malgré les promesses gouvernementales et la fameuse base de données de l’ONUCI, attend toujours de les retrouver.

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Du mépris papal en Afrique noire

Benoit XVISimple coïncidence que le Pape Benoît XVI effectue sa seconde visite africaine au soir d’une année particulièrement douloureuse pour le continent noir ? Et que, de Cotonou, il demande à l’Afrique « d’entrer dans la modernité », un peu, comme hier, le “bon samaritain” Nicolas Sarkozy appelait l’Afrique à entrer dans l’Histoire ?

Voici ce que nous offrent deux hommes, deux professions, deux visions que l’on disait bien distinctes : une même affliction de circonstance qui lamente les dégâts visibles et fait l’impasse sur les causes profondes qui ont mené le continent où il est.

Certains organes de presse ivoiriens ont déjà tenté une récupération hasardeuse des déclarations apostoliques sur la Côte d’Ivoire, y voyant précipitamment un désaveu de la méthode ouattariste. Ce n’est que pur opportunisme journalistique ; mais surtout, ces analyses taisent ce que personne en Afrique ne veut accepter : comme Obama, comme Sarkozy, comme l’ensemble du système néocolonialiste clairement “dopé” depuis janvier 2011, Benoît XVI, tout Pape qu’il est, n’en a cure du sort des Africains.

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L’esprit néocolonisé

Thomas Sankara« La plus grande difficulté rencontrée est constituée par l’esprit de néocolonisé qu’il y a dans ce pays. Nous avons été colonisés par un pays, la France, qui nous a donné certaines habitudes. Et pour nous, réussir dans la vie, avoir le bonheur, c’est essayer de vivre comme en France, comme le plus riche des Français. Si bien que les transformations que nous voulons opérer rencontrent des obstacles, des freins. »

Si Thomas Sankara avait déjà compris, en 1984, les vrais enjeux qui s’imposent à l’Afrique francophone, un quart de siècle plus tard, ses propos valent tout leur pesant de coton burkinabè, tant les pays de la sous-région continuent de patauger bien loin des rives de l’émancipation.

Au Burkina Faso, mais aussi et surtout en Côte d’Ivoire, l’esprit néocolonisé qui anime les populations rend caduc chaque velléité d’affranchissement qui nait. Les dégâts sociopolitiques et économiques résultant du savoir-faire gaulois appelé Françafrique sont quasiment indénombrables : ce système carcéral est clairement le malheur des pays de la sous-région.

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Le mythe de l’Ivoirien paisible

Félix Houphouët-BoignyLa fin de cette année cruciale dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire s’annonce, comme prévue, sans qu’une réponse consensuelle ait été apportée à la question suivante : comment la Côte d’Ivoire est-elle tombée si bas ?

On connait les coupables officiels, selon que l’on s’abreuve du révisionnisme RHDP, du frontisme LMP ou tout simplement du bon sens. Ils s’appellent Onuci, France, Ouattara, Gbagbo et leurs subordonnées respectifs, et ils incluent également Obama, Bédié, Houphouët et même – pour certains – Koulibaly.

Cependant, outre l’irresponsabilité de la classe dirigeante dans son ensemble, qu’est-ce que la débâcle ivoirienne révèle des administrés de ce pays ? Qu’est-ce que cette crise permet de savoir de l’Ivoirien lambda, celui qui sait bavarder, insulter, mépriser et voter, généralement, par égard pour les convictions d’autrui ? Combien d’analyses s’intéressent-elles au rôle joué par le citoyen lui-même dans ce que la Côte d’Ivoire est devenue ?

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Libérer Laurent Gbagbo : entre vouloir, pouvoir et devoir

Laurent GbagboLe dossier Laurent Gbagbo demeure le point focal de l’actualité politique ivoirienne, au même titre que le processus de réconciliation nationale auquel il est lié. Et pour cause : l’homme d’État qui a été capturé, humilié et jeté en prison, sans ménagement, au terme d’un conflit armé meurtrier de milliers d’Ivoiriens, a été l’objet d’un transfert à la Cour pénale internationale (CPI) particulièrement controversé, car nonobstant l’opinion des millions de citoyens qui se réclament de lui et qui n’entendent pas se réclamer d’autrui. Encore moins après avoir vu la France de Sarkozy s’engouffrer dans le contentieux électoral ivoirien, en dévoilant la “solution démocratique” la plus efficace qu’elle ait pu trouver : la bombe.

C’est donc à la fois inquiet et amer que les partisans de Laurent Gbagbo expriment leur volonté première : voir leur leader recouvrir sa liberté d’être humain, tout simplement, peu importe ce qui pourrait lui être reproché.

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Gilbert

Gilbert Aké N'GboS’il est vrai que l’on juge une nation à la manière dont elle traite ses plus démunis, il est aussi vrai qu’une nation qui se respecte est une qui valorise ses sommités. Pour certains, les sommités ivoiriennes sont celles qui caracolent dans des cargos militaires, déambulant dans les rues d’Abidjan kalachnikovs en bandoulière. Ou bien celles qui gesticulent leur maîtrise plus que parfaite du coupé-décalé. Ou encore celles qui apparaissent à la une de Life magazine. Ou même celles qui virevoltent leur dextérité footbalistique dans les défenses adverses. Elles sont les plus visibles ; elles doivent donc être celles qui méritent le plus de respect.

Cependant, les sociétés en phase avec elles-mêmes donnent une définition moins superficielle de la notion de sommité. Une sommité est une personne respectable et effectivement respectée, aussi bien par ses paires que par ses adversaires. Une personne d’une telle humilité qu’elle impose même à ses ennemis de la reconnaître comme telle. En Côte d’Ivoire, il existe quelques-unes de ces sommités. On connaît bien celles du football et du reggae ; on ignore tout de celles qui affolent non pas les foules mais les facultés.

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La réconciliation en question

Réconciliation nationale?Réconciliation. Le mot à la mode en Côte d’Ivoire. Il revient à toutes les sauces. Les tenants du pouvoir et leurs adversaires d’hier font comme si la réconciliation était une affaire essentiellement religieuse: il suffit pour s’en convaincre de prêter attention à la terminologie utilisée à longueur de journée: pardon, repentance… La réconciliation va bien au-delà de cela et contrairement à ce que pensent certains, il ne suffit pas d’en parler pour que ça se passe. C’est un sujet difficile, dont le galvaudage n’est pas seulement irritant, mais également dangereux.

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Menteurs “patriotes”, déguerpissez!

Alain Toussaint et Charles Blé GoudéGeorge Orwell ne croyait pas si bien dire quand il estimait au début du XXe siècle que « la politique, par sa nature même, implique violence et mensonge ». On peut en être sûr, la maxime ne vieillira pas de sitôt, à l’allure où va la politique politicienne ivoirienne, qui voit tous les camps mener leurs combats – les plus respectables ou les plus sots – par la voie royale de la propagande mensongère.

Relative au camp Ouattara, on ne s’en émeut plus vraiment. Mais que vaut, à l’opposé, l’attitude de la “galaxie patriotique”, cette nébuleuse qui a bradé la sacralité de son combat depuis belle lurette et s’est muée en un mouvement essentiellement constitué de mystificateurs bavards, couards et corrompus ? Au vu des méthodes les plus abjectes que certains de ses membres ont décidé d’emprunter, on se demande bien sur quelle base on devrait leur conférer, à eux, plus de respect qu’on ne donne aux barbouzes qui tiennent actuellement le pouvoir en otage.

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L’Afrique, le continent humilié

Mouammar Khadafi et Laurent GbagboLundi 11 avril 2011, sorti groggy de la résidence présidentielle, pilonnée plusieurs jours durant par l’armée française, livré à la furie de ses adversaires, Laurent Gbagbo est déporté sans ménagement et emprisonné au Nord de la Côte d’Ivoire.
Jeudi 20 octobre 2011, sorti hagard de son convoi détruit par un bombardement de l’Otan, Mouammar Kadhafi effectue son chemin de croix, le visage ensanglanté, lynché par des adversaires déchaînés. Ils finiront par l’exécuter d’une balle dans la tête à Syrte, sa ville natale.
Deux images unanimement saluées par la démocratie occidentale. Deux images choquantes pour l’Afrique. Images d’humiliation de deux chefs d’Etat. Images d’humiliation d’un continent.

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L’emploi à l’ère du pacte colonial : selon que vous serez Noir ou Blanc…

« Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi… J’aurais pu être noir. » – Ray Charles

L'emploi à l'ère du pacte colonialLa France aime se plaindre de l’Afrique “boulet”, mais elle n’hésite pas à réprimer l’émergence de nouvelles classes politiques et de générations voulant extirper le continent de la médiocrité dans laquelle il a volontairement été maintenu par les anciennes puissances coloniales.

Ceci s’applique aussi bien au secteur public que privé. Alors que les entreprises françaises implantées en Afrique se plaignent constamment du mauvais niveau de leurs employés locaux, ce sont les mêmes qui répugnent à embaucher des nationaux remarquables, compétents et bardés de diplômes des meilleures universités occidentales et africaines. Et quand bien même elles les recrutent, elles leur offrent des rémunérations ridicules, leur imposant en sus des supérieurs hiérarchiques expatriés aux qualifications et aux états de service bien souvent douteux ou laissant à désirer.

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Une affaire de réconciliation nationale

Charles Konan Banny“Réconciliation nationale”; voilà près d’une décennie que tu hantes nos quotidiens, que tu squattes nos esprits et nos médias, et que tu martyrises nos tympans. Certes, la réconciliation est un idéal à poursuivre, mais qui se réconcilie avec qui, pour quelle raison et dans quel but?

Diderot ne disait-il pas que « lorsque les haines ont éclaté toutes les réconciliations sont fausses » (cf. Principe de politique des Souverains)? Souvenons-nous que se réconcilier, c’est se remettre d’accord ensemble lorsqu’on est en de mauvais termes? Pourtant, depuis le pompeux Forum de Réconciliation Nationale du 11 octobre 2001, fort est de constater qu’en lieu et place de se remettre d’accord ensemble, les acteurs politiques ivoiriens se sont immergés dans un océan de violences, d’hypocrisie et de mensonge. Notre pays s’illustre une fois de plus par ses exceptions on ne peut plus particulières; une fois de plus il demeure unique en son genre, l’unique nation où un conflit armé éclate quelque mois après un forum de réconciliation nationale.

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Politique ivoirienne : le plan B

Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan BédiéA l’embouchure des vociférations tumultueuses émanant des plus militaires des militants LMP et RHDP, s’inscrit en lettres capitales le besoin pour chacune de ces formations de s’interroger sur le seul point qu’elles se refusent : le Plan B.

Quel est le Plan B de la coalition de partis politiques qui forment le mouvement LMP ? Quel est le Plan B des tendances regroupées sous la bannière RHDP ? Quel est le Plan B des formations politiques ivoiriennes qui prétendent toutes conduire les Ivoiriens vers le meilleur que l’avenir leur réserve ? Et qui, pour se faire, investissent toutes leurs énergies dans le prolongement à l’infini de la carrière politique de leurs leaders du moment ?

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Etre un président africain est une malédiction

Jacques Chirac et Blaise CompaoréEtre un Chef d’Etat en Afrique, n’est point une sinécure, à moins d’être un homme sans coeur, un ectoplasme sans âme, une coquille décorative, une plante en plastique pour donner l’impression à un environnement misérable que tout n’est pas si mal dans un monde odieux!

Oui, être un dirigeant Africain est une malédiction. C’est pactiser avec le diable et ses cornes. C’est brader la joie de vivre de son peuple pour un plateau de feuilles de vignes desséchées! C’est tout, sauf une charge intéressante, un déshonneur pour le devenir de ceux qui porteront votre nom maudit pour des siècles! C’est tout, c’est rien, sauf à se satisfaire des voitures climatisées, de jolies maisons frigorifiques, tandis que croupissent dans la misère les quatre-vingt dix neuf pour cent du reste de la population. Etre un Président Africain est une mauditation; c’est accepter d’écraser les siens avec la bénédiction des autres; c’est être un caca-chien, un caca-poule et accepter la tête baissée, l’échine à ras terre d’être traité de dictateur, de spoliateur, d’être charrié et moqué par ceux-là même qui vous ont nommé à travers des élections truquées, des coups d’etats masqués en élection, des vrais fausses révolution à la libyenne. Finalement, être un chef Africain, c’est devenir ce que je ne souhaite pas à mes pires ennemis!

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Le sens des responsabilités

Marthe Amon Agoh et Mamadou KoulibalyQu’est devenu le sens des responsabilités en Côte d’Ivoire ?

On savait ce pays comme envouté par un esprit de haine, de jalousie et de violence. On savait que certains des mouvements politiques ivoiriens en avaient fait un fonds de commerce depuis leur création. On savait même que ces pratiques avaient accouché d’une guerre meurtrière de trois mille personnes au bas mot. Mais on savait moins que certains des citoyens les plus respectés de ce pays allaient finalement ôter leurs tailleurs et costumes et pénétrer dans l’arène des gladiateurs démocratiques, armés d’épées verbales aux tranchants potentiellement néfastes.

Ainsi, comme si les Ivoiriens en avaient vraiment besoin, voici le désamour entre les partis LIDER et FPI en train de prendre des allures de guerre fratricide particulièrement inquiétante. Les opinions diffèrent sur les raisons qui ont occasionné le départ de Mamadou Koulibaly du parti créé par Laurent Gbagbo mais, de grâce, devait-on en arriver là ?

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La mesure de l’indignation

« Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux […] La pire des attitudes est l’indifférence, dire ‘je n’y peux rien, je me débrouille’. En vous comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes indispensables: la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence. (1) » – Stéphane Hessel

La mesure de l'indignationStéphane Hessel, survivant des camps de concentration Nazi devenu diplomate français, a causé un choc littéraire mondial, en octobre 2010, quand il a publié, à 93 ans, Indignez-vous !, un petit livre de 19 pages sur la nécessité de révolte contre l’injustice sociale, vendu à plus de 3,5 millions d’exemplaires.

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Non Paris

Une contribution de Bernard B. Dadié

Nicolas SarkozyL’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, à Paris, Washington ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au Nord et au Sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité.

« Ne pleure pas, ma compagne. Moi, je sais que mon pays qui souffre tant saura défendre son indépendance et sa liberté » (Lumumba – in Hélène Tournaire; Livre Noir du Congo). Salut et merci à tous ces Blancs parmi lesquels les Amis des Noirs qui depuis des années ne cessent de lutter pour la liberté et le respect des Noirs. Salut à tous ces Blancs qui refusèrent d’être évacués par Paris lors du bombardement de notre pays par les Etats généraux de la Colonisation. C’est à l’heure d’une certaine indépendance, contraire à ses intérêts que Paris brûle tout.

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Naufrage d’une nation

Laurent GbagboPROLOGUE DE FABIEN D’ALMEIDA : Récemment, PENSÉES NOIRES – la plateforme qui vous a offert l’inaltérable “J’ai entendu parler de Lumumba, mais j’ai vu Gbagbo” – publiait un papier intitulé “Gbagbo : l’hypocrisie qui ne dit mot“, qui a fait pleuvoir sur le web un torrent de commentaires plus ou moins violents et pas forcément très critiques sur le problème posé. Au moment où ceux qui s’auto-attribuent le titre de “patriotes ivoiriens” dénonçent le 6è mois d’incarcération de Laurent Gbagbo en réclamant sa libération sans condition, et au moment où certains de leurs leaders estiment que “c’est le seul débat qui compte” au temps T, nous pensons au contraire qu’il est plus que nécessaire et opportun de mener une réflexion profonde sur les incongruités propres au camp LMP qui ont justement permis de déboucher au 11 avril dernier. Aussi, nous vous proposons, ci-dessous, de revisiter cette contribution de Mahalia Ntéby, “Naufrage d’une nation”, initialement publiée dans AgoraVox le 30 avril 2007 – c’est-à-dire moins de deux mois après la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou – qui tentait déjà, à l’époque, d’attirer l’attention sur le laissez-aller “Woodyen”. Nous l’avons déjà dit: « Le camp Laurent Gbagbo n’aime pas se voir dans le miroir de ses propres incongruités ». Cependant, nous croyons que se voiler la face est un exercice antithétique à la libre expression démocratique et que l’autocritique réfléchie est plus à même de faire avancer un combat qui, au-delà d’un individu précis, concerne l’avenir de liberté d’une communauté d’Ivoiriens et d’Africains. PENSÉES NOIRES s’inscrit en toute in-dé-pen-dan-ce dans cette mission. Il n’est ni trop tôt, ni trop tard pour chacun de mener cette introspection. 

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L’Afrique francophone est en retard sur sa voisine anglophone

Afrique francophone contre Afrique anglophoneL’Afrique francophone est à la traîne quand on la compare à son homologue anglophone. C’est la tendance qui se dessine sur les 10 dernières années et que mesurent tous les indices de développement économique.

L’écart inquiétant qui se creuse entre l’Afrique de l’Ouest francophone et l’Afrique de l’Est essentiellement anglophone se voit d’abord à travers les chiffres de la croissance. Les pays membres de la communauté de l’Afrique de l’Est (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Burundi, Rwanda) croissent bien plus vite (5,4 % l’an en moyenne sur la décennie) que les pays membres de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) dont la croissance moyenne est seulement de 3,4 %.

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Gbagbo : l’hypocrisie qui ne dit mot

Laurent GbagboPersonne dans le camp LMP n’ose le dire publiquement mais le malaise n’en est pas moins présent. La défense légale de Laurent Gbagbo, aussi experte qu’elle puisse être, est principalement constituée de quatre avocats – Jacques Vergès, Roland Dumas, Marcel Ceccaldi et Emmanuel Altit – qui ont en commun au moins deux choses : ils sont de race blanche et de nationalité française.

Et alors ? Simple détail ? Pure coïncidence ? Pas si vite. Le choix de cette équipe n’est pas aussi anodin qu’il en a l’air et amène même à se poser certaines questions d’ordre stratégique et géopolitique.

En effet, l’adage courant rappelle que c’est au pied du mur que l’on voit le maçon. Appliqué au camp Gbagbo, le pied du mur est l’arène politique nationale dans laquelle il dénonce, depuis plus d’une décennie, l’ingérence de la France officielle dans les affaires politiques ivoiriennes. Il est évident que cette dénonciation se justifie depuis le 19 septembre 2002 et encore plus depuis le 11 avril 2011. Mais les actes posés sur le terrain juridique sont-ils conformes aux intentions affichées?

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La CPI, une cour d’injustice internationale

Luis Moreno Ocampo, Prosécuteur à la CPIElaborée après les massacres de la seconde guerre mondiale, l’idée d’une justice internationale a pris forme en 1998 avec l’adoption du statut de Rome qui crée la Cour Pénale Internationale (CPI). Treize ans après, l’esprit du statut de Rome a fait long feu. Certains pays (Chine, Israël, Inde …) n’ont pas signé le statut. D’autres (USA, Russie …) l’ont fait mais refusent tout processus de ratification.

La France qui a signé et ratifié le statut de Rome, s’est longtemps singularisée en se soustrayant à la compétence de la Cour pour l’une des catégories de crimes qui sont de son ressort: les crimes de guerre. Mettant ainsi à l’abri de toute poursuite internationale, les crimes de guerre commis par des soldats français en territoire étranger. La loi d’adaptation d’août 2010 n’a pas fait taire toutes les critiques.

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Françafrique : honte à l’Afrique

I – La Françafrique, une France à fric

FrançafriqueHonte à l’Afrique. Honte à l’Afrique de nourrir ses bourreaux. Jamais la Françafrique, le plus extraordinaire pacte de corruption des élites françaises et africaines à l’échelle continental, n’a autant mérité son nom de “France à fric”, une structure ad hoc pour pomper le fric par la vampirisation des Africains pour la satisfaction de la veulerie française. Aberrant et Odieux.

Honte à l’Afrique. Cinq siècles d’esclavage pour un tel résultat. Pour continuer à entretenir à grands frais l’un de ses colonisateurs les plus implacables, la France, l’un de ses tortionnaires les plus effrontés, Jean Marie Le Pen. Sans la moindre pudeur pour les victimes de la traité négrière, de l’esclavage, des zoos ethnologiques… les bougnoules, les dogues noirs de la République?

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Let’s talk about sex

Jeune couple noirIl y a des mythes urbains qui ont la dent dure et qui semblent transcender les générations. Deux sont particulièrement communs, surtout dans les communautés occidentales, au sujet des Noirs: la première idée reçue est que les hommes noirs sont tous des “étalons” et la deuxième que toutes les femmes noires sont des Jézabel en puissance ne demandant qu’ à satisfaire, avec dextérité, tous les désirs de ces messieurs qui n’en demandent pas mieux d’ailleurs.

Les pistes de danse des boites de nuit ou autres tripots sont un excellent observatoire de ces pseudo-aptitudes sexuelles: voyez ces gentlemen enlacer ces donzelles au son de zouk langoureux, ne laissant aucune chance à la moindre molécule d’air de circuler et se trémoussant d’une manière parfois si explicite que même Don Juan en aurait rougi de gêne! Quant aux dames elles ne sont pas en reste entre les coups de reins  à la Tschala Muana et les déhanchements sensuels à en faire pâlir toutes les danseuses du ventre du Sahel. Que de comportements évocateurs des plaisirs à venir! L’on pourrait dès lors affirmer que tout ce beau monde est parfaitement éduqué sur  les “choses de la vie intime” et cela depuis au moins l’adolescence. Et bien que nenni! Malheureusement!

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Pauvre Bédié

Henri Konan BédiéSi l’histoire politique de la Côte d’Ivoire devait être réécrite, Félix Houphouët-Boigny aurait-il porté son choix sur Henri Konan Bédié pour lui succéder ?

Si l’on s’en tient aux récentes confidences de Frédéric Grah Mel (biographe du premier président ivoirien) à Jeune Afrique, le Vieux avait déjà décidé, au soir de sa vie, de “parquer” non seulement son Premier ministre Ouattara mais également son président de l’Assemblée nationale Konan Bédié. On ne saura jamais vraiment pourquoi mais toutes les conjectures sont permises. La nôtre ? Le Vieux craignait certainement que tout le travail accompli sous sa férule ne soit dilapidé par l‘incapacité de ses deux “petits” à assurer une relève paisible.

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Pourquoi Alassane Ouattara et Guillaume Soro risquent la CPI

Alassane Ouattara et Guillaume SoroAprès l’intervention militaire d’Abidjan en avril dernier, l’ONUCI et au-delà le Système des Nations Unies, ont renoué avec leur pire travers: ainsi l’Histoire rappelle  que l’action du contingent international au Congo a été, en 1960, extrêmement ambigue, notamment en se faisant le relais des intérêts américano-belges, et contribuant à créer la situation qui a  livré Patrice Lumumba à ses bourreaux.

Poussant à des élections mal préparées et sans désarmement des rebelles (l’ONUCI a tenu sous le boisseau un rapport interne qui, dès fin 2010, dénonçait cette situation), le Représentant du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire, [Young-Jin] Choi, a fait plus: proclamant, dans une séquence bien réglée par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis , [Alassane] Ouattara élu (au lieu de certifier l’élection comme le prévoyaient les Accords de Ouagadougou) depuis son quartier général du Golf, il a monté une sanglante opération militaire pour renverser le régime de Laurent Gbagbo sous les bombes.

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L’émergence au galop

Alassane OuattaraFaut-il croire les dirigeants ivoiriens quand ils ambitionnent de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020 ? L’idée est séduisante et la communication encore plus alléchante mais, dans le fond, est-ce vraiment envisageable ? L’analyse suivante étudie la question en analysant les contraintes et les conditions de l’émergence.

Le terme “pays émergent” qualifie l’essor fulgurant des pays que l’on disait hier “en voie de développement” qui sont arrivés, dans un laps de temps relativement court, à poster des taux de croissance comparables à ceux des pays développés. Ces pays – notamment la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique, l’Indonésie, le Chili etc. – sont souvent cités comme étant ceux où les États ont réussi à engager des réformes structurelles efficaces qui ont résulté en une industrialisation notable de leurs économies et en l’accroissement qualitatif de leur niveau de vie.

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Restons sérieux

Alassane Ouattara à l'ONU (septembre 2011)Alassane Ouattara sait-il que courant 2010, du 26 au 28 avril exactement, le secteur privé ivoirien au grand complet a tenu un séminaire de trois jours à Yamoussoukro dans le but d’étudier sur tous les angles la possibilité de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent ? Alassane Ouattara sait-il que ce projet, initié par le Patronat ivoirien, qui a vu la participation de l’État de Côte d’Ivoire – oui, c’était bien un État et non un “clan” que Laurent Gbagbo dirigeait – représenté pour la circonstance par Moussa Dosso, ex et actuel ministre de l’industrie et de la promotion du secteur privé, a accouché de conclusions et de directives précises sur comment y arriver ? Alassane Ouattara sait-il que les différents ateliers qui ont meublé ce conclave ont déterminé qu’il est peu probable, voire carrément impossible, que la Côte d’Ivoire atteigne cet objectif avant le terme d’une génération entière de trente ans. Et qu’en conséquence, le secteur privé ivoirien a baptisé son programme Côte d’Ivoire 2040 ?

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Côte d’Ivoire : pauvreté et responsabilités individuelles

Pauvreté en Côte d'IvoireLa Côte d’Ivoire court, depuis plusieurs années, derrière la reconnaissance internationale de son statut de pays pauvre très endetté, afin d’obtenir, dit-elle, les moyens de renouer avec la croissance et d’impulser son développement [1].

Si le qualificatif “très endetté”, qui figure clairement dans cette appellation, n’arrive toujours pas à convaincre les autorités politiques de l’incongruité du mécanisme de la dette publique auquel elles souscrivent, le terme “pauvre” ne semble pas non plus amener les gouvernants ou même les gouvernés à véritablement sonder les nouvelles réalités qui s’imposent à eux.

Qu’est-ce que la pauvreté en Côte d’Ivoire ?

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Le ballet religieux

Marie (???)Ainsi une nouvelle prophétie annonciatrice de la délivrance du peuple ivoirien du pharaon Ouattara aurait été annoncée sur les ondes d’une radio pleine d’espoir et de lendemains meilleurs pour la Côte d’Ivoire.

Alléluia ! Aveu pour aveu, l’idée en elle-même n’est pas pour nous déplaire, d’autant plus qu’il est question ici de l’Armée du Salut, composée de véritables sauveurs, pas de ces ostrogoths rouge-chaussetés et vert-cagoulés qui parcourent les rues d’Abidjan et discourent façon Agatha à Francis Bebey. En tout cas, à force de l’entendre, nous connaissons bien le refrain : le jour de gloire n’est plus si loin et le pays connaitre sa rédemption. Seule surprise : le message cette fois-ci n’émane pas d’un pasteur de confession évangélique mais d’un prêtre catholique, à savoir, l’abbé Désiré N’guessan, vicaire de la paroisse Sainte Cécile d’Abidjan.

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Abidjan : politiques de déguerpissement

Abidjan : politiques de déguerpissementEn Côte d’Ivoire, jamais une opération de lutte contre l’insalubrité publique n’aura été aussi controversée que celle lancée le 29 juillet 2011 par le gouvernement Ouattara. En effet, « Abidjan ville propre » est l’occasion de vives polémiques, de palabres et de règlements de compte entre personnes physiques et morales qui, pourtant, partagent un seul et même objectif : vivre décemment.

Quels sont donc les arguments en opposition et quels sont les vrais enjeux de la question ?

Le premier argument se veut pratique. Il justifie l’opération par la nécessité de solutionner, définitivement, un problème d’hygiène environnementale qui n’a que trop duré. De ce point de vue, Abidjan est une poubelle à ciel ouvert, indigne du “temps d’Houphouët”, qu’il faut réordonner. Aussi, point nécessaire de planification, de communication et de dédommagements. « Dura lex, sed lex » : il faut appliquer la loi dans toute sa rigueur et “frapper fort”, de manière à décourager toutes les velléités futures de désordre urbain. Peu importent les injonctions tardives, les applications brutales et le traumatisme social, il faut nettoyer Abidjan et il faut le faire sur le champ.

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Une prière très africaine

La ponctualité en AfriqueNous sommes nombreux à avoir fait ou entendu la prière suivante: « Seigneur, presse le pas de ceux qui sont encore en route ». C’est la prière des salles de culte quasi-vides. C’est l’ardente intercession que font des organisateurs mal organisés. C’est le cri de cœur d’un pasteur qui va devoir faire son sermon à des chaises vides plutôt qu’à des fidèles qui, bloqués quelque part sur le chemin, auraient besoin que le Tout-Puissant presse leurs pas…

Tous nous avons fait ou entendu cette prière qui est très africaine. L’avantage de l’expérience et de nombreux voyages dans les cinq continents me permettent de dire que, dans les centaines de réunions auxquelles il m’a été donné de participer dans des églises du Costa Rica à la Chine, je n’ai pas entendu ce genre de prières ou est-ce peut-être un manque d’attention.

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Sous-développement du continent noir : en réalité, les Africains sont des paresseux !

La paresse au travail« Seul le travail paie ! ». Les Africains semblent n’avoir pas compris la profondeur de cette maxime qui a fondé le développement individuel et collectif des grandes nations. Lorsque l’on remonte le fil de la construction des nations les plus avancées sur la planète, Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, France, Italie, Japon, Allemagne, Russie, l’on s’aperçoit aisément qu’il n’y a pas eu de répit dans leur élan de bâtir la richesse et améliorer les conditions de vie des populations sous l’instigation de leurs gouvernants, aux régimes différents mais aux ambitions similaires pour la destinée de la patrie. Tout ce qui forge actuellement leur suprématie repose en grande partie sur la vertu du travail. La révolution industrielle en Angleterre, la révolution française, la conquête de l’Ouest américain… sont autant d’exemples qui témoignent que « c’est l’homme qui donne avant tout un sens à sa vie ».

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L’amour version Ouattara

Alassane OuattaraLa légende romaine rapporte que l’empereur Marc Aurèle, parcourant quotidiennement les rues de Rome, avait à ses côtés un fidèle serviteur dont la seule fonction était de lui répéter à longueur de journée : « vous n’êtes qu’un homme, vous n’êtes qu’un homme ». Cette méthode était celle que le souverain avait trouvée pour éviter que l’adoration de ses sujets ne lui donne une idée de lui-même en déphasage avec la réalité.

Qui pour jouer ce rôle auprès du souverain Ouattara 1er ? L’amnésique Hamed Bakayoko ? L’énigmatique Sidy Diallo ? Le prolifique Asalfo ? L’homme en a bien besoin, lui dont le narcissisme ne souffre d’aucune imperfection. Remarquable tout de même, non ? Que l’on puisse avoir un tel parcours professionnel, un parcours “blanc Dominique”, cliché parfait, que vingt années d’empoisonnement de la quiétude ivoirienne laissent sans remords aucuns, malgré les actes les plus inhumains qu’on a soi-même commandité.

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SarkAdo : le poids de la vertu

Alassane Ouattara et Nicolas SarkozyIl était une fois un putschiste félon qui, en l’espace de deux mois à l’hôtel du Golf, parvint à “claquer” 452 milliards de Fcfa (689 millions d’euros), prélevés en toute illégalité sur le compte ivoirien de la BCEAO, après avoir, huit années durant, présidé au détournement par la rébellion qu’il animait de 40% des ressources de l’État ivoirien.

Et voilà que le plus hypocritement du monde alarmé par l’augmentation du nombre de fonctionnaires (de 92.000 à 132.700) pendant la période où il fomentait et menait sa sanglante guerre civile (de 2000 à 2010), le putschiste félon part en guerre contre le gaspillage, et décide arbitrairement d’annuler 120 concours administratifs.

Devinez donc ce qui se cache derrière la métamorphose de ce flambeur sanguinaire en champion de la saine gestion, pourfendeur du gaspillage et prodigue en économies ?

Simplement, la réalité d’un pays aux finances publiques ruinées par la folie meurtrière du système SarkAdo…

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Fais dodo, homme noir, fais dodo…

Fais dodo, homme noir, fais dodo...Pendant que tu dors, moi je fais mon trou: comme un rat je grignote par petits bouts, brutalement et efficacement tes greniers, tes territoires, ta liberté de pensée, ton intégrité. Je suis glouton alors je ne vais sûrement pas  m’arrêter de si tôt.

Tu comprends, moi j’ai des enfants  qui sont exigeants: ils se plaignent tout le temps, ils font grève, ils réclament toujours plus, ils refusent que j’augmente leurs impôts, ils me surveillent et me demandent des comptes, mais surtout ils m’élisent alors il faut que je leur fasse plaisir et je m’assure de leur avenir en plus du mien, alors continue à dormir surtout…

C’est de ta faute aussi: tu as trop pour toi! Toutes ces richesses naturelles dont tu ne te sers pas, dont tu ne connais même pas la véritable valeur, moi j’en ai besoin. Je n’en ai pas, mais  une grande partie de mon économie est basée sur elles alors je suis obligé de te les “acheter” à MON prix bien sur, puisque de toute façon c’est moi qui sait  les transformer alors…

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Ivoiriens de l’Onuci, vous avez du sang sur les mains !

Young-Jin Choi de l'ONUCIChers Onuciens (permettez-moi ce néologisme car vous parler requiert une terminologie appropriée),

Maintenant que la responsabilité de l’Onuci est clairement établie dans le cataclysme politique ivoirien – grâce à l’affairisme patenté de votre Young-Jin Choi que les livres d’histoire n’oublieront jamais – comment vous sentez-vous, vous Ivoiriens qui travaillez pour le compte de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire ?

Coupables ? Responsables ? Fiers ? Indifférents ?

Pour mieux cerner votre comportement, permettez un instant que nous analysions les conditions de votre recrutement.

Votre chère mission s’est déployée en Côte d’Ivoire en mars 2004, suite à l’incapacité de la Minuci à gérer efficacement la guerre entamée depuis septembre 2002. C’est Laurent Gbagbo lui-même qui avait cru bon, en son temps, de vous faire appel pour aider à résoudre la crise militaire ivoirienne de façon pacifique. On le sait, vos médias tentent aujourd’hui un révisionnisme de circonstance ; mais vous savez bien que l’Onuci est née de la volonté – ou de la naïveté – de Laurent Gbagbo. En clair, vous lui devez votre carrière… mais nous y reviendrons.

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L’Afrique que le monde veut ordonner

« La crise est mondiale. Il faut que nous lui apportions une réponse mondiale. Et j’en appelle à tous les gouvernements. Aucun d’entre nous n’en sortira en faisant sa propre politique dans son coin, isolé de ce que font les autres. […] On ira ensemble, vers ce nouvel ordre mondial. Et personne, je dis bien personne, ne pourra s’y opposer. Car à travers le monde, les forces au service du changement sont considérablement plus fortes que les conservatismes et les immobilismes. » (1)

Le nouvel ordre mondial en AfriqueEn rétrospective, ces propos de Nicolas Sarkozy, prononcés en 2009, étaient prémonitoires de la furia occidentale qui allait désormais s’abattre sur toutes les velléités indépendantistes jugées antagonistes au nouvel ordre mondial.

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Spéculateurs de tous les pays, unissez-vous !

SpéculateursPar une attitude proche du réflexe, dès qu’un problème économique se présente, on pointe du doigt le libre-échange, le marché et les spéculateurs. Ils seraient à la base de tous les maux. Le libre-échange n’est pourtant pas ce monstre sans tête qui tenterait de nous dominer, le libre échange c’est nous, c’est l’extension naturelle de nos activités. Le spéculateur c’est nous aussi lorsque nous tentons de prévoir et d’anticiper demain. Tout cela procède plus de la nature profonde de l’homme que de la domination informe d’un système qui nous dépasserait. Cette analyse de Nicolas Madelenat di Florio, philosophe, chercheur, conduit à une réflexion de fond et à un rejet de nos idées reçues. Le libéralisme n’est pas inhumain, le libéralisme c’est nous puisque ce système nous place au cœur du progrès.

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La jeunesse africaine et sa place dans la société

Jeune femme africaineCombien d’adultes africains disent « en fait, je n’aime pas le travail que je fais. Mes choix d’études et de carrière m’ont été imposés par mes parents; il est trop tard pour changer de voie maintenant! » ?

Combien ont enduré de longues et pénibles années d’études supérieures pour finalement obtenir un diplôme, une qualification qui ne leur permettra jamais de s’épanouir sur un plan personnel et ne sera qu’un moyen d’avoir du pain sur la table ou d’atteindre un certain statut social?

Rares sont ceux ou celles qui se sont sentis totalement libres de leurs décisions et peuvent maintenant assumer leurs succès et leurs erreurs sur le plan professionnel, se sachant pleinement responsables de leur situation présente.

La jeunesse: un poids… économique?

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FPI : la conscience de l’opposition

Laurent GbagboLe FPI serait-il en train de se réveiller de sa torpeur ? Il y a peu, au constat de la distance inavouée mais belle et bien perceptible qui sépare la base et le leadership du parti, nous nous demandions si ses militants prendraient un jour conscience de sa position actuelle ou bien s’ils continueraient de se dispenser d’une autocritique publique des années de “refondation” de l’appareil politique ivoirien.

Cette prise de conscience est enfin là. Elle aura pris le temps de l’indignation devant la capture inacceptable de Laurent Gbagbo, du refus de porter la nouvelle tenue de l’opposant, du malaise de la direction intérimaire dans ses prises de position, pour finalement se révéler via l’analyse avertie du sociologue Dédy Séri. L’enseignant-chercheur, dans un exposé intitulé Le péché de Laurent Gbagbo : avoir voulu décastiser le monde – datant du 7 août 2011 – se propose, à partir du projet de société du parti, de dresser le bilan du système de la Refondation. Il entend également rendre hommage « aux dignitaires LMP déportés dans le Goulag ivoirien », en argumentant une thèse qui « se veut aussi un rempart contre l’oubli et l’aliénation sous toutes leurs formes, à un moment de l’histoire nationale où, croyant le FPI mort et sur le point d’être enterré, des cannibales de tout acabit jubilent dans le secret espoir de pouvoir s’emparer de son corps ».

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Sarkozy, l’Otan et la Libye : détruire pour posséder

Nicolas SarkozyIl fut un temps où le Droit portait en soi le respect de l’égale dignité de tous les humains; un temps où on réclamait la liberté au nom du Droit, au nom du Droit associé ontologiquement aux valeurs de justice et d’équité. Le Droit était alors cette force morale mobilisable, mobilisée pour contester toutes les dominations impériales, toutes les iniquités et oppressions; le Droit était ce bouclier, cet étendard haut brandi pour affirmer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Que ce temps-là semble, hélas, aujourd’hui lointain, éloigné!

Désormais seule la force des bombes est fondement du Droit; désormais, seule la volonté de toute-puissance de quelques uns est Loi fondamentale: retour aux temps du code colonial élevant le droit du plus fort en droit naturel. Le message est clairement énoncé dans le fracas des bombes jetées sur Tripoli: le Droit, dorénavant, peuples du monde, c’est selon le caprice, c’est selon le bon vouloir, c’est selon les intérêts des plus puissants. N’est dorénavant juste, légitime que ce qui correspond et répond aux intérêts des puissances du jour; la seule parole globale, juridique, autorisée et contraignante pour tous est désormais, exclusivement celle des pays surarmés.

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Insalubrité : le phoenix abidjanais

Anne OulotoQui ne connait le mythe du phoenix qui meurt et renait de ses cendres ?

La ville d’Abidjan, hier littéralement “sous les cendres” suite aux bombardements de l’aviation française est témoin aujourd’hui du défilé des rouleaux-compresseurs, camions bennes et autres chargeurs sur roues censés la purifier de toute la misère dont elle a hérité de la Refondation. Mission salutaire en effet ! Quel Abidjanais au chômage, qui croule sous le poids des factures d’électricité récemment majorées et le prix des denrées alimentaires en hausse, n’aimerait-il pas vivre dans une cité saine et reluisante qui représente avec fierté la dynamique d’un pays en voie d’émergence ? Pas question que l’insalubrité soit une fatalité en Afrique, parait-il. Pas lieu donc de s’offusquer de la mission si vertueuse dont témoignent ces commerces “bulldozérés”, ces habitations écroulées, cette Rue des Jardins défigurée et ce marché de Yopougon Sicogi rasé. La beauté d’Abidjan n’a pas de prix et le phoenix est en gestation : bon gré, mal gré, il est grand temps !

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Abidjan ville propre : de la théorie à la pratique

Operation de déguerpissement à Abidjan (2011)Les baraquements et autres constructions anarchiques ont longtemps fait l’objet de dénonciation. Les maires ont toujours eu du mal à faire déguerpir les commerçants installés de façon anarchique aux abords des routes en raison des différentes pressions exercées par les mouvements de société civile qui se sont souvent opposés aux opérations de déguerpissement.

En effet, de telles opérations posent toujours un problème social: la gestion des déguerpis, notamment leur recasement sur d’autres sites. Que deviennent ces malheureuses populations une fois déguerpies? Qu’en est-il de leurs capitaux et de leurs fonds de commerce perdus? Quelles solutions d’échange proposer à ces populations pour ne pas faire d’elles des laissées pour compte? Voici en somme quelques interrogations qui reviennent à chaque fois que des opérations d’assainissement des rues ont lieu dans les villes ivoiriennes, en l’occurrence Abidjan.

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Des “révélations” de mariage chez les femmes africaines

« Dieu m’a révélé qui sera mon mari. »
« Voici le mari que Dieu m’a montré. »
« Un homme de Dieu m’a annoncé que je vais bientôt me marier. »

Mariage ?Les “révélations” prénuptiales supposées être d’essence divine sont en passe de devenir une véritable institution en Afrique subsaharienne.

Dans les communautés religieuses en général et dans les milieux chrétiens en particulier, combien n’ont pas entendu une variante de ces prédictions d’un bonheur conjugal “imminent”, auxquelles souscrivent sans hésitation nombre de nos sœurs en quête légitime d’un “foyer” ? Cette conviction apparemment anodine, répétée comme formule partout et par toutes, et censée justifier une attention particulière pour l’homme sur qui le regard se pose, est devenue un phénomène de mode dont les conséquences tournent souvent au drame.

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Dialogue et opinion salvatrice

DialogueIl n’y a pas si longtemps, les deux camps politiques LMP et RHDP, sûrs de leur légitimité et convaincus de leur infaillibilité, échangeaient menaces et angoisses par soldats et militants interposés, tout en affichant à la télévision une apparente fraternité. On connaît la suite de ce poker menteur : les leaders politiques ont conjugué leurs jusqu’au-boutismes respectifs, donnant l’occasion à la “communauté internationale” de “s’interposer” et de conduire la Côte d’Ivoire à l’épisode le plus tragique de son histoire.

Une des causes de cette tragédie est bien le dialogue de sourds qui a prévalu pendant toute la crise postélectorale. Plus proche d’un monologue, il s’est aujourd’hui mué en un quasi-silence qui a fini par déteindre sur le peuple ivoirien, révélant des compatriotes qui se regardent en chiens de faïence et ne se parlent que lorsqu’ils sont face à eux-mêmes ou à un compadre militant.

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Abidjan : et si l’opération de salubrité publique cachait en réalité un “business” juteux ?

Anne OulotoDepuis l’avènement du nouveau régime ivoirien, il s’observe une véritable frénésie à remettre “de l’ordre” dans nos rues, dans notre cadre de vie et notre environnement. Une opération que nous saluons à certains égards; notamment en ce qui concerne la mise en coupe réglée des conducteurs de mini cars “gbaka” et de taxis intercommunaux “wôrô-wôrô” – notoirement indisciplinés – ainsi que des commerçants ambulants sur des voies essentielles comme le Boulevard Mitterrand, à Adjamé Renault, depuis les échangeurs de la Gare Nord de la Sotra jusqu’aux 220 logements.

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Comment sortir l’éducation africaine de sa crise ?

Jeunes élèves africainsL’éducation ne joue pas son rôle moteur dans la société africaine. Cette clé de l’avenir est oubliée au présent par l’Afrique dans sa marche vers la croissance et le développement. Ce déplorable oubli trouve sa raison dans les choix politiques des gouvernants depuis l’aube des indépendances. Les systèmes éducatifs jugés trop étatiques montrent que les investissements accordés à des écoles publiques ont entrainé la baisse du niveau général des élèves, l’incompétence des enseignants, l’échec scolaire. Quelles sont les causes de l’échec en Afrique et quelles en sont les solutions?

Le constat du désastre éducatif africain

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S’émanciper de l’esclavage mental, Ch.10 – Bernard Blin Dadié

NOTE DE LA RÉDACTION: nous introduisons une série de réflexions inaltérables de grands penseurs, sur la question de l’émancipation des peuples Noirs. Objectif: créer une prise de conscience quant aux enjeux actuels de l’Afrique face à l’oppression occidentale du moment.

« Emancipate yourself from mental slavery, none but ourselves can free our minds! » – Bob Marley

S'émanciper de l'esclavage mental: Bernard Blin DadiéLa Guerre aux Sans-culottes (version intégrale du 09 août 2011)

N’est-il pas temps de cesser de jouer avec la vie des peuples? Ascension, honneurs… certes, pour quelques-uns; mais qui a jamais parlé des nuits sans sommeil, des traumas subis par le plus grand nombre ? De nos cauchemars et des séquelles que nous porterons à vie?

Le baptême du feu, nous le subissons depuis le temps des caravelles. La guerre, pour la domination d’un continent, nous la connaissons. Nous ne cessons d’en être les cibles.

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Ivoiriens, sentez-vous cette puanteur ?

Eléphant mort et hyèneSentez-vous cette puanteur sur Abidjan et dans toute la Côte d’Ivoire? Pire que la lagune Ebrié en pleine saison des pluies. Depuis plusieurs mois, une odeur pestilentielle et insupportable se propage dans nos villes et nos villages. Tel un nuage digne du temps de Moise, cette nébuleuse s’infiltre partout: dans les maisons, les esprits, les relations familiales, le travail et même dans les cimetières.

Les hyènes sont lâchées! Elles attaquent, pillent, tuent, estropient, spolient puis justifient impunément leurs actes innommables de dépeçage de cette nation à coup de « c’est au nom de la démocratie », laissant derrière elles cette sensation de terreur infinie, d’angoisse qui colle à la peau comme la mort qui est leur synonyme.

Sentez-vous l’odeur de ces chacals assoiffés de ressources naturelles ivoiriennes, qui se jettent sur sa jugulaire économique pour lui sucer le sang Petroleum jusqu’à la lie, ne lui laissant aucune chance de se relever, car ayant postés des vautours Licorniens et Onuciens qui veillent inlassablement sur cette dépouille agonisante de l’Eburnie?

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Démocratie : la “force des urnes” ?

Urne électoraleDans une démocratie, la majorité exprimée par les urnes s’impose à une minorité plus ou moins importante. Alors qu’en Afrique et singulièrement en Côte d’Ivoire le pouvoir repose sur un seul homme, les divisions et les frustrations dans le clan des “perdants” sont d’une importance qui met en péril la réconciliation. La cohésion sociale pourrait cependant être retrouvée si l’intervention de l’Etat était réduite et si les populations recouvraient leurs libertés en ayant la possibilité d’entreprendre et d’être propriétaires. Dans un cadre libéral, l’individu existe en tant que tel et non plus seulement à travers l’identification à l’Etat et donc, selon la conception africaine, à un petit groupe de dirigeants. La liberté ne doit plus être analysée comme un outil réservé aux Occidentaux mais comme le pilier de la réconciliation, de la paix durable et au-delà, du progrès.

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À l’école de la sorcellerie politique

Alassane Ouattara écrit sa version des Misérables de Victor HugoTriste réalité que celle d’un pays où même les morts sont des instruments de communication politique.

On avait cru, bien naïvement, que l’après-guerre allait peu à peu faire renaitre dans le cœur des Ivoiriens, un minimum d’humanisme. On a même cru, à l’annonce d’un accident aussi spectaculaire que dramatique, que son timing à la veille d’une fête nationale, allait offrir l’occasion tardive mais effective, de pleurer toutes les pertes en vies humaines de ces derniers mois.

C’était décidément mal connaitre la “nouvelle Côte d’Ivoire”. Dans ce pays, qui est passé maitre dans l’art de la mystification, les morts ne sont plus que de simples morts, mais bel et bien des vecteurs de militantisme.

Hier, trois mille personnes, au bas mot, sont tombées sous les balles meurtrières des “libérateurs”, habillés pour la circonstance de leurs riches tenues frappées d’amulettes ou d’armoiries françaises. Et l’État qui est sorti des cendres de cette orgie funeste n’a pas jugé nécessaire de leur accorder une once de respect.

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FPI : le malaise de l’opposition

Ahoua Don MelloLes refus inconsidérés sont souvent sources de malaise. Posez la question au FPI, dont la base militante ne sait vraiment plus à quel saint se vouer, depuis que l’alchimie Ouattariste du “régner pour mieux diviser”, est en en train de semer trouble et confusion dans ses rangs.

Il y a encore peu, un certain Mamadou Koulibaly était “traitre”, “ennemi” et autres hyperboles que la paresse intellectuelle pouvait fomenter. Pourquoi alors le FPI n’est-il pas en train de vomir, de la même façon, le récent président par intérim qu’il a désigné ?

Parole de Miaka Oureto, ledit président, en réponse au discours du 07 août prononcé par Alassane Ouattara : « Si le Président de la République ouvre son cœur pour dire que nous devons aller à la réconciliation, qu’il lance cet appel à ses frères et sœurs du FPI et de LMP exilés au Ghana, c’est une main tendue qu’il faut saisir (…) Cela veut dire que (ceux) qui rentreraient ne seraient plus poursuivis ».

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Chômage et entreprenariat des jeunes en Côte d’Ivoire

Jeunesse au chômageLe chômage des jeunes : les causes

L’instabilité politique que connait la Côte d’Ivoire depuis la fin des années 1990s, qui a atteint son paroxysme avec la récente crise postélectorale, continue de laisser des séquelles, au nombre desquelles le chômage des jeunes. Celui-ci a atteint des proportions déconcertantes dans un contexte de pauvreté généralisée. Les licenciements massifs, les délocalisations et fermeture d’entreprises, les pillages et destructions des moyens de production de milliers de petits opérateurs économiques, conduisent à faire le constat de la perte de nombreux emplois, dont 120 000 directement liés à la crise postélectorale selon la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire. A ce titre, l’Agence d’Etudes et de Promotion de l’Emploi (AGEPE) relève que les jeunes de moins de 35 ans qui constituent de façon structurelle plus de 64% de la population sont frappés d’un taux de chômage estimé à environ 25 %. C’est-à-dire le 1/4 des forces vives du pays.

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Où en sont les démocraties en Afrique ?

Mamadou DioufHistorien Sénégalais, Mamadou Diouf dirige l’Institute for African Studies à la School of International and Public Affairs de l’université de Columbia (New York).

Lors du forum “Réinventer la démocratie” organisé par la République des Idées à Grenoble en mai 2009, il a participé – avec l’anthropologue Jean-Pierre Dozon – à une table-ronde sur « les expériences démocratiques en Afrique », animée par Philippe Bernard, journaliste au Monde. Les deux intervenants ont souligné que, pour bien comprendre les expériences politiques africaines, il est nécessaire de se départir des concepts et des représentations qui informent la vision de la démocratie en Europe.

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Afrique : quelles voies pour protéger l’enfance ?

Enfant africain« L’éducation comme stratégie de lutte contre les pires formes de travail des enfants», tel a été le thème choisi cette année pour marquer la célébration de la journée mondiale de lutte contre la traite et les pires formes de travail des enfants. Cette célébration nous rappelle la pénible situation des enfants dans le monde, en réaffirmant l’article 32 de la Convention des Nations Unies relatives aux droits de l’enfant: « le droit de l’enfant à être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques susceptibles de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental spirituel, moral ou social ».

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Le retour des diamants de la honte

Blood diamondsEn autorisant le pays à commercialiser ses gemmes, le processus de Kimberley, qui vise à empêcher que les pierres précieuses financent les guerres et les guérillas, s’est décrédibilisé. Au grand dam des ONG, mais aussi des industriels du secteur.

Les diamants de la guerre (ou “blood diamonds”, c’est-à-dire “diamants de sang”, en anglais) ont commencé à attirer l’attention à la fin des années 1990. Des groupes humanitaires avaient démontré que les scintillants diamants que De Beers [la compagnie sud-africaine contrôle entre 60 % et 70 % de la production mondiale de diamants bruts] et consorts vantaient en Occident comme le symbole de l’amour éternel servaient à financer des exactions sanguinaires en Angola, au Liberia, en République Démocratique du Congo (RDC), en Sierra Leone [puis en Côte d’Ivoire, ndlr].

Les groupes rebelles dans ces pays s’appropriaient les diamants et les écoulaient sur le marché international pour financer leur opération de déstabilisation. Le processus de Kimberley a été créé en 2003 pour s’attaquer à ce phénomène.

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100 jours de Ouattara : vers un nouvel ordre juridique ?

Alassane OuattaraL’Etat de droit peut se définir comme un système institutionnel dans lequel la puissance publique est soumise au droit. L’Etat de droit, c’est un Etat dans lequel les normes juridiques sont hiérarchisées de telle sorte que sa puissance s’en trouve limitée. Dans ce modèle, chaque règle tire sa validité de sa conformité aux règles supérieures. Au sommet de cet ensemble pyramidal de règle figure la Constitution, texte qui fonde l’organisation de l’État et qui garantit le respect des droits fondamentaux des personnes.

Le garant, le premier protecteur de cette Constitution est le Président de la République. Ouattara s’étant fait investir le 6 Mai 2011 comme Président de la République, c’est donc naturellement à lui que revient plus qu’à quiconque la responsabilité de protéger la Constitution et de la respecter.

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Bravo Ping ?

Jean Ping, Président de la Commission de l'Union AfricaineTous ont salué. Tous ont fait les éloges de Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine, lors de sa 17è session ordinaire qui s’est tenue début juillet à Malabo. Tous ont applaudi la fessée qu’il a octroyée à la Cour Pénale Internationale. Tous ont ovationné sa détermination à dire ce qui est, ont affirmé que « gbê est mieux que drap », ont clamé même que l’Afrique se réveille enfin et que désormais un chat est un chat !

Et nous donc dans tout cela ?

Oh oui, nous aussi nous réjouissons de cette dénonciation. Nous aussi notons le courage qu’il faut avoir, pour dire, sous les projecteurs, et en référence aux États-Unis, que « sur la base d’un mensonge, on est arrivé en Irak où il y a eu 1,5 millions de morts ». Nous aussi apprécions le doigté de celui ou celle qui a concocté le café matinal de notre héros africain du jour, lui donnant le tonus nécessaire pour décocher, avec une force qu’on ne lui connaissait guère, une succession de baffes à Luis Moreno Ocampo, procureur-vedette du CPI.

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Droit international contre droit national : le cas de la Côte d’Ivoire

2011: avènement d'un monde sans frontières?L’année 2011 serait-elle l’avènement d’un monde sans frontières ? C’est la question profonde que nous nous posons depuis le début de cette année, tant le principe de la souveraineté des Etats est piétiné. Il est important de revenir toutefois sur l’article 2 de la Charte des Nations Unies dans son ensemble, avant de poursuivre notre analyse:

L’Organisation des Nations Unies et ses Membres (…) doivent agir conformément aux principes suivants:

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Elle est debout la négraille !

Aimé Césaire

La négraille aux senteurs d’oignon frit retrouve dans son sang répandu le goût amer de la liberté
Et elle est debout la négraille

la négraille assise
inattendument debout !
debout dans la cale
debout dans les cabines
debout sur le pont
debout dans le vent
debout sous le soleil
debout dans le sang

debout
et
libre

debout et non point pauvre folle dans sa liberté et son dénuement maritimes girant en la dérive parfaite et la voici :
plus inattendument debout !
debout dans les cordages
debout à la barre
debout à la boussole
debout à la carte
debout dans les étoiles

debout
et
libre

et le navire lustral s’avancer impavide sur les eaux écroulées.

  • Elle est debout le négraille !” est extrait du Cahier d’un retour au pays natal (1956). C’est un passage situé vers la fin du recueil qui célèbre la libération de l’Afrique.
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Les albinos en Afrique

Les albinos en AfriqueLa mutation génétique qui cause l’albinisme, étrangement, est l’une de celles qui permirent la colonisation de l’Europe par l’homme moderne, il y a 35 000 ans. Sous le climat glacial de l’époque, faiblement éclairé, la peau noire de l’Homo Sapiens Sapiens l’empêche de produire suffisamment de vitamine D, nécessaire à la minéralisation des os. L’altération de sa capacité à produire de la mélanine (qui pigmente la peau, des cheveux et des yeux, entre autres), “évolution” qui se fera sur 10 000 ans [et] lui permit de s’adapter à cette région – et explique aujourd’hui, une grande partie de la différence phototypique de l’Humanité.

Dans le même temps, la mélanine aide à protéger des rayons ultraviolets. Son absence expose à des complications médicales graves: photophobie, baisse de l’acuité visuelle, myopie incorrigible par des lunettes, hypopigmentation de la rétine et de l’iris, nystagmus pathologique (mouvements spontanés et involontaires des yeux) et risques accrus de cancers cutanés.

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De la maturité démocratique du peuple Africain dans la littérature

DE LA MATURITÉ DÉMOCRATIQUE DU PEUPLE AFRICAIN DANS LA LITTÉRATURE : L’EXEMPLE DE “ON SE CHAMAILLE POUR UN SIÈGE” DE HYACINTHE KAKOU

"On se chamaille pour un siège", de Hyacinthe KakouCe qui fait la particularité de On Se Chamaille Pour Un Siège (1er Prix de la Meilleure Pièce Inédite au Premier Festival National du Théâtre Scolaire et Universitaire à Bouaké 1982), c’est la pertinence du thème qui en émane et qui fait de pièce une œuvre d’actualité brûlante qui garde encore toute sa saveur 30 ans après sa rédaction. En effet, le lecteur de ce chef d’œuvre théâtral est, malgré le ton fort satirique et comique, perpétuellement tourmenté au fil des 128 pages, par la question de la maturité démocratique du peuple africain. Hyacinthe Kakou, dramaturge ivoirien, l’a voulu ainsi car l’humour sert souvent d’entremise pour véhiculer plus aisément des messages aussi sensibles que ceux ayant trait à la politique…

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Côte d’Ivoire : vous avez dit démocratie ?

Alassane OuattaraAlors que les combats au nom de la démocratie ont fait trembler la Côte d’Ivoire ces derniers mois, alors que cette même démocratie a réuni un parterre impressionnant d’hommes d’Etat à Yamoussoukro autour de multiples personnalités venues du monde entier pour célébrer, le 21 mai dernier, l’investiture d’Alassane Ouattara, alors que le Président ivoirien est reçu dans divers sommets internationaux et à la Maison Blanche en tant que démocrate modèle, que disent les faits en Côte d’Ivoire? Où en sont la démocratie et l’Etat de droit tant annoncés et attendus?

[Alassane Ouattara], lors de sa prestation de serment, a juré solennellement de respecter et de défendre fidèlement la Constitution ivoirienne. Le bilan de ses premiers mois d’exercice du pouvoir conduit cependant à s’interroger car les irrégularités juridiques et les manifestations d’un glissement vers l’autocratie ne manquent pas d’éveiller l’attention et l’inquiétude.

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L’excision : cet acte d’un autre age

« Il y a des pratiques que nos ancêtres eux-mêmes s’ils revenaient à la vie trouveraient caduques et dépassées. » – Amadou Hampaté–Bâ

Excision des femmes africainesL’excision – Sujet tabou par excellence ou dont on ne parle qu’en disant « on ne fait pas ca chez nous! Ce sont les… Musulmans, ou les… Noirs, ou les… Dioulas etc. qui pratiquent ces méthodes de barbares! ».
Grossière erreur que de prendre cette position. L’excision, encore appelée Mutilations Génitales Féminines (MGF), se pratique depuis l’époque pharaonique et a même fait escale en Europe au 19è siècle, où elle était censée guérir les troubles mentaux ou du comportement! En somme, personne n’en a l’exclusivité.

Il est cependant vrai que l’Afrique semble être en tête de peloton dans cette course à l’ablation de la féminité.

Dieu a dit…

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Ces malheureux au pouvoir

Guillaume Soro, Ahoussou Jeannot, Gon Coulibaly, Hamed BakayokoPauvre ami, notre monde est peuplé d’êtres indignes, aux apparences trompeuses, donneurs de leçons impénitents, hâbleurs. A les en croire, ils sont les seuls à être au-dessus de la mêlée, portant vestes et cravates acquis au détriment des structures que l’Etat leur a donné mission de développer.

Observe-les, dans les assemblées, toujours la flatterie à la bouche pour faire oublier leur incompétence; apprenant leurs leçons de choses quotidiennes pour épater l’entourage et camoufler de la sorte leur incapacité. Tout changement susceptible de pouvoir faire basculer les sièges sur lesquels ils sont vissés avec la ferme intention de ne jamais s’en faire éjecter les conduits à des actes de reptation dégradante; proposant au nouveau venu des services extras professionnels. Ils écœurent par l’acharnement à se rendre incontournable, mais ils n’en ont cure.

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Génération Next : passons-lui le bâton

« Tant que les responsabilités politiques et l’exercice du pouvoir seront les seules voies de la réussite sociale, il n’y aura pas d’exercice réel de la démocratie. »

Marcel Zadi KessyA l’occasion de l’inauguration de la Maison de l’Entreprise organisée par le Patronat ivoirien le 21 juillet dernier, Marcel Zadi Kessy, nouveau Président du Conseil Economique et Social, a brossé un tableau réaliste des enjeux socioéconomiques de la Côte d’Ivoire de demain.

Prenant le contrepied des récentes Billonneries qui avaient jeté le discrédit sur le secteur privé ivoirien, l’ex-Président du Groupe SAUR (CIE-SODECI) a plutôt explicité le comment et le pourquoi de la suractivité politique des Ivoiriens et les conséquences que cet affairisme a eues sur l’histoire du pays.

Et probablement à son insu, le grand patron a ainsi ravivé les thèses récemment développées par deux jeunes intellectuels ivoiriens, Jean-David N’Da et Maurice Koffi, qui soulignent, d’une part, la responsabilité apolitique de l’Ivoirien et son rôle dans la société civile et, d’autre part, les facteurs de réussite sociale de la jeunesse ivoirienne.

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Développement : l’importance des liens sociaux personnels de marché

Liens sociauxLa science économique nous enseigne les vertus du marché impersonnel. En effet, si nous avions à connaître tous ceux qui ont contribué à faire notre pain quotidien avant que nous puissions le manger, nous serions tous affamés. Cependant, en même temps, lorsque nous dirigeons notre attention depuis le fonctionnement merveilleux du système économique dans son ensemble vers l’action humaine au niveau “micro”, une autre vertu du marché libre apparait dans la façon dont il nous permet de créer et de détruire des liens sociaux. Sans cette capacité, un vaste échange volontaire ne serait pas possible non plus.

Impersonnel au niveau macro

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Libérer le Franc CFA : le regard du philosophe sur la monnaie

Libérer le Franc CFALe regard du philosophe sur la monnaie et singulièrement sur le Franc CFA ne peut que compléter efficacement le regard de l’économiste. Quels sont les liens entre une monnaie et l’identité nationale ? Le monopole étatique sur la monnaie est-il fondé et intangible ? Au-delà, le monopole de la France sur le Franc CFA est-il moral ? Quelles autres voies plus libérales pourraient redonner aux populations leur souveraineté ? Alors que l’internet et la téléphonie mobile progressent de manière exponentielle en Afrique, la monnaie électronique pourrait -elle signer la libération de la Zone Franc particulièrement exposée à la domination étrangère ?

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Décadence éthique et morale ; perte des valeurs sociales et humaines en Côte d’Ivoire

Décadence éthique et morale en Côte d'IvoireNous jetons ici un regard neutre sur notre société en pleine crise et que nous ne devons pas laisser mourir. Il nous faut la sauver coûte que coûte car c’est le seul bien dont nous disposons.

I/ Un constat douloureux

Les discours officiels nous disent devant micros et cameras que la Côte d’Ivoire vient de loin, même de très loin, à l’image du Shéol israélien de l’ère préchrétienne. Mais ces mêmes discours ne nous (pré)disent pas surtout qu’elle risque encore d’aller très loin, au sens péjoratif du terme. C’est d’ailleurs l’un des rares discours politiciens et diplomatiques tenus devant micros et caméras qui colle à la réalité des faits et qui est donc vrai.

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La naiveté ivoirienne 08 : mais… les gens sont mauvais !

La naiveté ivoirienne 08Ce bout de phrase, vous l’avez certainement déjà entendu ou prononcé. La méchanceté ou la forme qu’elle prend dans les circonstances qui provoquent cette exclamation surgit sous vos yeux, hideuse et dégoutante. Mais les gens sont mauvais ! Découverte sur le tard ou espoir que des poches de non-méchanceté auraient résisté à l’inondation de vilenies et de cruautés ?

Les gens sont mauvais. Et ils le resteront. Avant le 11 Avril 2011, ce jour là et après. Comme l’air que l’on respire, la méchanceté et tout ce qui s’apparente à ce terme générique est partout mais les naïfs que nous sommes, sont toujours étonnés de la voir assise dans des lieux insoupçonnés, matrice d’aberrations incongrues ou motrice de dureté, de malveillance ou de saloperies. Bienvenue sur la Côte des Mal Gens, nom ancien de la Côte d’ivoire donné par des explorateurs que l’on ne saurait soupçonner de malfaisance, de malice ou de malignité. Bienvenue Alice, mais ce n’est pas ici le pays des Merveilles.

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Il était une fin… le Front Populaire Ivoirien ?

« Ce que je veux savoir avant tout, ce n’est pas si vous avez échoué, mais si vous avez su accepter votre échec » – Abraham Lincoln

Laurent GbagboLe relativisme qui caractérise nos sociétés modernes affirme que « toute croyance est fragile et que toute interprétation du monde est bonne à être déconstruite ». Dès lors, il induit la multiplication des rapports de forces et des batailles : aucun repère n’est davantage valable qu’un autre, aucun objectif clair ne se dégage, les mots eux-mêmes perdent de leur substance.

En Cote d’Ivoire les mots deviennent de plus en plus vides de sens. L’opposition politique cherche à se réorganiser sur les restes du pouvoir déchu de la Refondation. Les positions tranchées entre les Refondateurs, resté fidèles aux idéaux de la Refondation, et les Refondus, qui se sont laissés enivrés par l’argent et le pouvoir suscite chez l’observateur un certains nombres de réflexions qu’il convient d’exposer. Le but de la démarche n’est pas tant de prendre position pour un camp contre l’autre mais plutôt de faire en sorte que les opinions laissent place aux arguments. Le but final de tous étant le même : donner au pouvoir en place une opposition crédible et digne d’elle.

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Billonneries et autres âneries

Jean-Louis Billon« L’Afrique Noire veut un redémarrage ! », selon Jean-Louis Billon, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire.

C’est tout un programme ! Toute une pensée, certainement, de l’étoffe de ces riches argumentations qui éclairent l’opinion sur comment sortir l’Afrique sub-saharienne des ténèbres de la pauvreté.

Cependant, l’analyse de sa récente allocution, prononcée le 15 juillet dernier, lors de la visite de François Fillon à Abidjan, appelle à se demander si l’Afrique doit s’esclaffer, si elle doit s’inquiéter, ou si elle doit se mettre à pleurer.

Et pour cause. Le discours, « un peu long » selon son auteur, est d’une éloquence tellement servile, qu’il frise l’excellence des récitals nègres d’antan à la gloire des maîtres blancs.

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Koulibaly : épouser l’alternative

« Les hommes peuvent atteindre un but commun sans emprunter les mêmes voies. » – Amadou Hampâté Bâ

Mamadou KoulibalyRevisiter la sagesse quintessentielle d’Amadou Hampâté Bâ pourrait constituer une retraite revitalisante pour bien des Ivoiriens

En effet, la décharge émotionnelle qui a suivi le départ de Mamadou Koulibaly du Front populaire ivoirien (FPI), révèle encore, si besoin était, combien la politique politicienne, à ses heures les plus sombres, constitue le véritable cabanon dans lequel le peuple ivoirien se maintient.

La plupart des analyses qui pleuvent, adulant ou martyrisant Koulibaly, ont en commun au moins une chose : la passion. Excessive, inspirée de l’affection personnelle que les uns prétendent avoir pour Laurent Gbagbo ou motivée par le bonheur des autres qui célèbrent bien précocement la mort de son parti, l’on constate, de part et d’autre, l’assujettissement des Ivoiriens à ce jeu passionnel de la politique morbide.

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La tentation coloniale

Alassane Ouattara et François FillonQuels que soient les arguments mis en avant pour arbitrer le différend postélectoral entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, il n’en demeure pas moins que l’armée française a été contrainte par le pouvoir politique à la plus importante opération depuis la guerre d’Algérie et la sanglante opération de répression contre l’Union des Populations du Cameroun (UPC), au Cameroun.

Et ce dans des circonstances encore floues, tant dans la préparation en amont de l’opération avec la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) et avec l’ex-rébellion, bras armé du pouvoir d’Alassane Ouattara, que dans le bombardement d’objectifs plus symboliques que militaires.

Tous les observateurs savent bien, une fois le drame retombé, que le bombardement de la Présidence et de la résidence présidentielle d’un pays étranger n’entre pas dans le cadre d’un quelconque mandat onusien! Quand les armes lourdes, les tanks et les hélicoptères d’assaut des deux corps expéditionnaires occidentaux tirent sur de tels objectifs (résidence, présidence, hôpital et supermarché, foule de jeunes civils voulant servir de «bouclier humain», etc.), qui pourrait croire à l’application de la résolution 1975, censée protéger les civils?

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Le Grand Oral des présidents ivoiriens

Félix Houphouët-BoignyJour J de Grande Audience
C’est au tour des présidents ivoiriens
« Entrez donc à votre convenance
Tenez-vous là, vite, qu’on évalue votre destin
Qu’avez-vous à dire pour votre défense
Qu’avez-vous à justifier devant Mes chérubins ?
Parlez ! Et que Je n’entende ici mensonges
Que votre nature ne pollue ce Lieu Saint ! »

Le premier s’approche, alerte, pressé de prendre de l’avance. Il veut hausser les épaules, mais au regard de Gabriel, rapidement, il renonce. Il arrive en zigzagant, de part et d’autre, il se fraie un chemin. Il se présente devant le Tout-Puissant, se racle la gorge, et déroule son baratin :

« Vous savez, Divin, moi, j’étais un affairiste de type américain. Quand on m’a fait une promotion, j’ai décidé d’en faire mon gagne-pain. J’étais loin, auparavant, je savais peu de ce que le pouvoir était. Un beau jour un Blanc m’a appris qu’un vieillard, bientôt, m’appellerait. »

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Le silence des moutons

« Je marche avec les miens / Combien te diront la même chose ? » – Shurik’n (Les Miens, 1997)

Le silence des moutonsL’amitié. Fruit jadis porteur de confiance. Fruit tantôt vecteur de suffisance. On le savait. Ce qu’on savait moins, c’est l’inutilité de l’amitié ou sa fébrilité dans les moments malsains.

Réconcilier les Ivoiriens sans aucune envie de réconciliation est devenu le cri d’alarme. Le saint refrain.

Oublié le tri des armes, le prix des armes, le cri, en larmes, des corps brûlés. Des corps déchiquetés. Reconstruisons. Reconstruisons. Vite, vite, jetons brique, ciment et sable, béton surarmé sur la mémoire du quotidien.

Quel quotidien ? Le quotidien ivoirien. Le quotidien malsain. Le quotidien qui se terre, se tait, qui virevolte en conjectures désodorisantes et qui politique et discoure, marchandant le bien contre le mal, le mal contre le pire, le pire contre lui-même…

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Le 14 Juillet ou le retour impitoyable du colon

François Fillon, Premier Ministre françaisLe 14 Juillet 2011 est la date de l’arrivée du Premier Ministre français en Côte d’Ivoire. Au-delà des élucubrations diplomatiques dont nous connaissons bien les motifs sous-jacents, je vois dans cette visite le retour en force du colon dans son pré carré, qu’il n’avait du reste jamais quitté. Je ne m’oppose outre mesure à l’arrivée d’une quelconque personnalité chez nous, bien au contraire. De toutes les façons, que je le veuille ou pas, la globalisation a ses règles, dont les “visites diplomatiques” en tout genre où les faiseurs de monde et les rois ne restent jamais chez eux.

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La naiveté ivoirienne 07 : Malachie, combien de divisions (2è partie)

La naiveté ivoirienne 07C’est Malraux qui a dit – ou qui a prédit que « le 21 ème siècle serait spirituel ou ne serait pas ». La société ivoirienne est spirituelle. Elle est surtout religieuse avec le lot d’incohérences que les religions savent formater chez leurs adeptes. Dans la première partie de cet article sur le rôle du l’outrecuidance des prophètes dans la crise que nous connaissons, il faut bien comprendre que ces courtiers de l’inaccompli ont joué avec le feu.

Ils ont surfé sur la fibre religieuse d’un pays dont l’hymne national, écrit par un prêtre catholique et un prédicateur protestant salue une terre d’espérance, et parle même, dans ses strophes, d’espérance promise à l’humanité. On ne peut pas reprocher à un hymne national d’être grandiloquent et emphatique. On peut reprocher à des dirigeants religieux d’avoir nourri des illusions de messianité sans nous donner les moyens de nous faire respecter comme Israël. Résultat des courses : des ogres ont désossé notre pays. Et des monstres passent toutes les églises du pays au peigne fin en répétant le prétexte en or que la guerre leur a fourni « Nous cherchons des caches d’armes ». L’Eternel des Armées, L’Eternel désarmé ?

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La naiveté ivoirienne 06 : Malachie, combien de divisions (1ère partie)

La naiveté ivoirienne 06Tous ceux qui ont fait un voyage en République Démocratique du Congo (RDC) se sont émerveillés devant cette pierre semi-précieuse verte qui fait le bonheur des artisans et des touristes: la malachite. Les années 2010 et 2011 auront été marquées par une épidémie du même nom: la malachite; du nom de Malachie, un de ces prophètes pentecôtistes dont le nom sera durablement associé aux événements sociopolitiques de la Côte d’Ivoire moderne.

L’auteur de ces lignes, lecteur assidu des textes bibliques a très tôt choisi d’ignorer textes et bandes sonores de la coqueluche des milieux chrétiens. L’Histoire étant une amusante répétition de “nouveautés”, nous répondions à nos amis que le livre de Malachie dans la Bible avait vraisemblablement plus de teneur que les prédictions de celui à qui bien de croyants avaient décidé de suspendre le destin de la Côte d’Ivoire…

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La bouche qui tue : Blé Goudé, toi aussi… tais-toi !

Charles Blé GoudéAgrippé au toit découvert d’un 4×4 roulant à dix kilomètres à l’heure, le regard intrépide, le poing en l’air, le défi inscrit dans le timbre: telle est l’image que je conserve des heures les plus valeureuses du combat patriotique de Charles Blé Goudé.

C’était en 2004. Novembre 2004. Devant la Présidence. Vous savez l’histoire. Opération Dignité. Général Poncet. Huit soldats français, parait-il, tués. Chirac enragé. Aéronefs ruinés. Gbagbo au journal télévisé. Appelant au calme devant la française férocité. Puis Blé Goudé…

Deux jours plus tard, devant la tour d’Ivoire, des snipers survoltés fusillaient des Ivoiriens aux mains nues, légitimant à chacune de leur rafale la résistance contre l’impérialisme qui tue. Et “Zadi Gbapè”, le “Général”, le “Ministre de la Rue”, le ministre tout court, donnait des insomnies profondes, d’abord à tout ce qu’il y avait d’Onucieurs, puis de Golfeurs, à l’Hôtel électoral ivoirien.

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Jeunesse ivoirienne et réussite sociale

Jeunesse ivoirienneIl est de plus en plus difficile pour un jeune de se faire sa place dans la société ivoirienne. Au fil des crises politico-socio-économiques, les opportunités de se positionner professionnellement se sont raréfiées. Et la réussite sociale qui est le rêve, le but ultime de tout jeune ayant déjà passé la moitié de son espérance de vie à faire des études, tend à devenir une gageure. Or depuis les premiers pas de l’enfant jusqu’à son âge adulte, le désir le plus ardent d’un parent est de voir sa progéniture gravir les marches de la réussite sociale.

Mais au fait… que faut-il entendre par réussite sociale ?

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Débat d’idées : la diaspora ivoirienne peut-elle impacter le développement économique de la Côte d’Ivoire ?

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Débat d'idées: la diaspora ivoirienne peut-elle impacter le développement économique de la Côte d'IvoireLa diaspora ivoirienne peut-elle impacter le développement économique de la Côte d’Ivoire ? La question a été posée à quelques observateurs nationaux et internationaux de la scène ivoirienne, qui ont bien voulu nous présenter leur analyses de la question. PENSÉES NOIRES vous propose ici sept (7) de ces réactions, en vous invitant à prolonger le débat.

1) PATRICK LABA, EXPERT FINANCIER : Bien sûr…
« La diaspora ivoirienne joue un rôle sur le développement de la Côte d’Ivoire depuis plusieurs années. »

Patrick LabaA l’échelle mondiale, la diaspora africaine épargne plus de 50 milliards de dollars par an, dont 30 milliards provenant des émigrés originaires d’Afrique subsaharienne (sources worldbank.org). La mise en place d’une structure permettant de drainer cette épargne et l’exploiter dans le cadre d’un développement socio-économique, représente une source de financement stable et à coût moindre, comparé aux financements offerts sur les marchés internationaux des capitaux. Les obligations diaspora constituent donc cette alternative de financement, d’autant plus que l’endettement bilatéral  continue de faire débat. Pour la diaspora, ces obligations leur offrent l’opportunité d’aider leur pays d’origine tout en se voyant proposer des fenêtres d’investissement. Le potentiel pour la côte d’ivoire est considérable, car elle dispose d’une diaspora assez vaste et variée géographiquement.

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La naiveté ivoirienne 05 : le parti de Dieu

La naiveté ivoirienne 05Dix ans de pouvoir, cinq mois de crise post électorale. Disons le tout net. Nous avons été naïfs mais puisque les balles chargées de restaurer la démocratie nous ont épargnés, trouvons du temps pour revenir sur notre traumatisme collectif. Notre douloureuse introspection se poursuit avec la peine qui accompagne tous les voyages au fond de soi- on s’y découvre avec des mobiles et des masques intérieurs d’une laideur froide de film d’horreur. Cette descente vers notre monde intérieur est faite de rencontres avec toutes sortes de démons, de fantômes ou d’« atotoh » comme nous appelons ici ces gens qui, bien que censés être décédés, s’invitent dans nos funérailles ou dans le lit d’un hôtel de passe. Ah, que Dieu nous aide !

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La naiveté ivoirienne 04 : les pays zamis

La naiveté ivoirienne 04Les lieux affectés aux soins ont rarement le confort d’un cinq étoiles et même quand les promoteurs d’une clinique sortent le grand jeu-à vos frais bien sûr-l’odeur et l’ambiance « hôpital » sont là pour vous montrer qu’ici on saigne, on soigne, on guérit, on pleure, on meure. C’est pour cela que l’on baisse toujours la voix quand on parle dans un hôpital : la vie et la mort se côtoient, et se guettent et même la Grande Faucheuse épie carrément les simples visiteurs que nous sommes.

Dans la Côte d’Ivoire post bellum, cette cohabitation de ce qui donne la vie et de ce qui donne la mort est encore réelle malgré les incantations qui décorent le discours officiel. Ces lignes sur notre naïveté aussi thérapeutiques qu’elles peuvent être, résonnent encore de l’écho des cris, des peurs et des pleurs de ces cinq mois où nous y avons vraiment cru, où nous étions à deux doigts d’y arriver ! Eh Dieu ! Fantastique, le Dieu qu’évoquent les vainqueurs pour le remercier de ses merveilles ! Fidèle, le Dieu qu’invoquent les perdants et les perdus pour rappeler qu’il a le dernier mot. Comme s’il l’ignorait.

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La naiveté ivoirienne 03 : les bêtes sauvages ont voté

La naiveté ivoirienne 03Il est des mots lourds à prononcer. Mais la légèreté ou la convenance en politique veulent qu’après le rituel de la campagne de sensibilisation budgétivore, les chants sur la paix retrouvée, le discours du sous-préfet et les accolades télévisuelles, l’on puisse proclamer « Tout va bien maintenant » ! Naïveté, quand tu nous tiens !

Il est douloureux de dire « J’ai été naïf ». Pourtant la posologie de la trithérapie offerte par les vainqueurs-dialogue, vérité et réconciliation- suppose un aveu de sérologie positive. Comme avec le SIDA, on n’en parle pas en se frappant la poitrine. On a honte d’avoir été naïf et les paroles pleines de miel sur la « nouvelle Côte d’Ivoire » cachent mal le fiel des rugissements des nouveaux rois de la savane et de la forêt.

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La naiveté ivoirienne 02 : du popcorn à la licorne

La naiveté ivoirienne 02Notre voyage de guérison a commencé, plus coûteux et plus pénible que les pèlerinages réguliers qui alimentent des flux et reflux démographiques et financiers entre la Côte d’Ivoire et les camps de prière du Ghana et du Nigeria. Ce voyage vers une sorte de convalescence d’abord puis vers le bien-être peut-être se fait sous perfusion avec de l’espoir dans les ballons et avec les béquilles de la résignation, la peur au ventre et la mort dans l’âme, nous qui avions une attente quasi messianique de la Côte d’Ivoire iconique et bucolique de notre hymne national. La dignité n’a pas été relevée et nous marchons non pas comme de « fiers Ivoiriens » mais tête basse après une campagne électorale qui a eu la longueur d’un match de football avec prolongation et des tirs d’armes lourdes pour penalties !

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La naiveté ivoirienne 01 : je sais que vous n’allez pas aimer

La naiveté ivoirienne 01Nous sommes des millions à avoir tenu dans nos mains des manuels didactiques qui se proposaient de nous conduire vers la Terre Promise de l’anglais, de l’espagnol ou de quelque autre savoir moderne. Combien sommes-nous à avoir franchi les 40 étapes magiques qui étaient censées nous donner la nécessaire glossolalie que les recruteurs, impitoyables, recherchent dans nos CV et détectent dans les entretiens d’embauche.

Parlez-vous anglais? Nous sommes des millions à avoir, pour notre propre condamnation, bredouillé « small, small ».

Et voici donc qu’on nous propose un cours en 40 leçons sur la naïveté. S’agit-il vraiment de cela? Vous n’êtes pas naïfs pour croire qu’il existe des êtres humains soucieux d’améliorer leur niveau de naïveté!

Devenir plus naïf? LOL! Comme diraient les internautes. Bien sûr que non.

Ce petit parcours est une séance cathartique d’autodérision: rire de nos naïvetés pour en guérir définitivement. Inch Allah! Si le chat est là!

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Afrique : mais où sont passées les oppositions politiques ?

Quelle opposition en Afrique?Les sociétés du continent africain sont traversées par une vague de contestation vis-à-vis des autorités qui les dirigent d’une ampleur historique. En Afrique du Nord, des pouvoirs autoritaires, corrompus et sclérosés ont été remis en cause et renversés (Tunisie, Egypte partiellement) par des soulèvements populaires. La Libye continue à être le théâtre d’une telle contestation et, dans des contextes différents, l’Algérie et le Maroc n’échappent par à la règle. L’onde de choc de ce mouvement populaire de rébellion s’est étendue à l’Afrique subsaharienne, qui connait en cette année 2011 une série d’élections qui auraient dû canaliser cette contestation. Les processus électoraux de la Guinée Conakry ou de la Côte d’Ivoire ont cristallisé des revendications politiques vieilles de plusieurs décennies qui ont enfin trouvé à s’exprimer, mais de manière violente, surtout en Côte d’Ivoire. Au Nigeria, le processus électoral n’a pas permis de réconcilier les élites et la jeunesse urbaine pauvre, le scrutin opposant un cacique du parti au pouvoir incarnant tous les travers de la démocratie nigériane à un ancien putschiste. Conséquence : les élections nigérianes ont de nouveau été entachées de violences et de tueries. D’autres scrutins, moins médiatisés, ont avalisé sans trop de remous la perpétuation du pouvoir en place (Centrafrique, Tchad, Djibouti).

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Vers l’autofinancement du développement en Afrique

Dead Aid, by Dambisa MoyoAvec un PIB [1] par habitant 17 fois inférieur à celui des pays avancés, l’Afrique sub-saharienne représente aujourd’hui la région la plus pauvre au Monde. Les populations de cette région ont un niveau de vie largement en dessous de ceux des pays avancés. Par ailleurs, les diagnostics sur les défis liés au développement sont connus de tous. Qu’ils soient dans le domaine de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et des infrastructures de communication et de transport, les besoins sont énormes. Dès lors, l’exécution des projets d’investissement publics identifiés requiert la disponibilité de moyens financiers importants. Où trouver ces moyens financiers dans un pays pauvre ?

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L’Afrique, la science et la technologie : un enjeu géopolitique

Sciences en AfriqueLes fondements de la construction de l’Afrique sont l’œuvre des Africains convaincus et qui ont choisi de confondre leur projet de développement individuel avec celui du continent. Loin de moi l’idée de minimiser l’apport de la diaspora, elle a joué un rôle de premier plan dans l’éveil des consciences et occupera une place centrale dans les transferts de technologies, le rayonnement intellectuel du continent et la réorientation d’une partie significative des flux financiers vers l’Afrique. Cependant, une évidence s’impose : le champ de construction de l’Afrique, c’est la terre africaine !

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Devrions-nous être fidèle pour réussir notre relation ?

CoupleTromper l’autre ou résister, tous, nous avons, à un moment de notre vie amoureuse, été confrontés à ce dilemme. D’autant qu’aujourd’hui, être infidèle n’est plus considéré comme une faute mais plutôt comme un fait anodin. N’entendons-nous pas souvent dire : « elle, c’est ma femme et l’autre c’est ma petite ». Ou encore « lui, c’est mon payeur et l’autre mon chou ». La fidélité de nos jours tend à devenir une notion dépassée, voire une entrave à la liberté de chacun. Tout le monde voudrait s’offrir un deuxième bureau pour ne pas paraître « gaou ». Dans une société qui prône l’égalité des sexes, l’ouverture d’esprit et l’absence de barrières, la fidélité peut elle être de mise ? Devrions-nous être fidèles pour réussir notre relation ?

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Nelson Mandela n’est pas Ivoirien…

Nelson MandelaUne décennie maintenant que dure le cauchemar ivoirien, presqu’une éternité. Les élections d’Octobre 2010 qui auraient dû arrêter la descente aux enfers du pays, l’ont précipité dans le chaos.

Arrivé au pouvoir dans des conditions désastreuses, le nouveau Chef d’Etat ivoirien, Alassane Ouattara promet à ses compatriotes la mise en place d’un processus de réconciliation nationale calqué sur le modèle sud-africain. Et pour de nombreux Ivoiriens, le rêve de voir, enfin réalisé, le pays et ses leaders s’inspirer de la réussite de la nation arc-en-ciel.

Dix sept ans auparavant en effet, parvenu au pouvoir après un quart de siècle passé dans les geôles de l’apartheid, Nelson Mandela décide « de combler le fossé qui sépare les Sud-Africains ». Sa première décision est d’amnistier les différentes catégories de ses compatriotes qui accomplissent des peines d’emprisonnement.

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Economie ivoirienne : quel avenir ?

Charles Diby Koffi, Ministre de l'Economie et des FinancesLe projet Un Monde Libre en collaboration avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI) et le Club Affaires Afrique (CAA) a organisé le jeudi 23 juin 2011 une rencontre autour du « Climat des Affaires en Côte d’Ivoire », à l’Assemblée Nationale française à Paris. PENSÉES NOIRES, représenté par Anna Carole Koné, a pris une part active à ces échanges, qui ont regroupé une quarantaine de participants et ont vu les présentations très instructives de Pierre Chaudron, Vice-Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire et d’Emmanuel Martin, économiste pour le compte du projet Un Monde Libre.

L’Etat de Côte d’Ivoire espère amener le pays à renouer avec la croissance économique par le biais de l’investissement. Aussi, il a récemment consenti à une aide massive sous forme de prêts, évaluée à 2 milliards d’euros et octroyée par l’Etat français et les bailleurs de fonds internationaux, dont la Banque Africaine de Développement.

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Economie ivoirienne : faisons semblant

Alassane Ouattara« Quel Ivoirien va vouloir investir dans le pays dans les conditions actuelles de chaos ? Quel investisseur étranger va prendre le risque de lancer des activités ici, alors qu’il n’y a de sécurité pour personne ? »

L’économiste Mamadou Koulibaly ne semble pas être très impressionné par les 1300 milliards de francs CFA “offerts” par les bailleurs de fonds internationaux pour reconstruire la Côte d’Ivoire. Ni par les 64 milliards de francs CFA censés être décaissés dès ce mois de juillet 2011. Ni par les 12 milliards de francs CFA sécurisés sur un fond spécial pour dédommager les entreprises privées ivoiriennes.

Pourtant, ces chiffres relayés avec diligence par la presse gouvernementale veulent acquiescer l’idée selon laquelle la Côte d’Ivoire est résolument en train d’entreprendre sa relance économique.

Mais faut-il y croire ?

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Le Procès du Caméléon

CaméléonCertains l’accusent souvent d’une grande lenteur,
Et lui reprochent de changer abusivement de couleur.
D’autres collent aussi à cet animal mythique,
L’étiquette de personnage hypocrite.
On a même développé à son sujet,
Une connotation très négative et
A titre d’exemple, tel individu qui change facilement d’opinion
Et manque de constance est traitée de caméléon.
Il en est de même pour telle autre personne réputée pour sa nonchalance,
Ne sachant faire aucune preuve de diligence.
Et pourtant, Monsieur Caméléon a toujours gardé le silence
Face à ces diffamations, et ce mépris gratuit.
Sachant que tout ce qu’il dira pourrait être retenu contre lui,
Il a laissé le soin de sa défense à son avocat.

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Les violences conjugales au sein du couple

Les violences conjugalesDans une relation de couple, équilibrée en apparence, il peut survenir à certains moments de la vie des tensions plus vives qui génèrent alors des problèmes plus ou moins importants. C’est dans le mode de résolution propre à chaque couple ainsi qu’à l’histoire de chacun des partenaires qu’une réponse adaptée sera trouvée afin de sortir de cette crise normalement passagère.

Néanmoins, dans certains cas extremes, la crise du couple n’est pas résolue ou ne peut l’être facilement, et il peut alors y avoir un risque de “violence conjugale” (verbale, physique ou autre), d’autant plus si les tensions s’accumulent et ne sont pas extériorisées par un dialogue salvateur.

Il faut donc être très vigilant pour que les problèmes du conjoint ou plus généralement ceux du couple ne prennent pas l’ascendant. L’anticipation des problèmes, par le dialogue et surtout sur la façon dont le couple pourra y faire face conjointement, est la meilleure solution pour endiguer rapidement toute détérioration potentiellement durable du climat conjugal.

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Abidjan : la grande saison des pluies

Alassane Ouattara sous la pluie ivoirienneLe mois de juin est celui de la grande saison des pluies béni par les agriculteurs et maudit par les citadins. À Abidjan, on en sait quelquechose : chaque année, au gré des inondations et des morts, on redécouvre ce qui apparait comme une fatalité, avec la même perplexité que l’année précédente. Mais au-delà du branle-bas d’envergure que les torrents de pluies créent, juin 2011 a ceci de particulier qu’il offre en même temps la pleine vision de la décadence de la Côte d’Ivoire “Ouattara-unifiée”.

Tous les “démocrates” euphoriques au soir du 11 avril dernier, qui croyaient que la baraka légendaire du “Bravetchè” allait accoucher d’une “nouvelle Côte d’Ivoire” vierge de tension et de Refondation, sont rapidement en train de déchanter. Engloutis sous les eaux de la désillusion torrentielle, esseulés comme ce Vendredi de Robinson Crusoé sur les ilots de trottoir restants, noyés avec leurs véhicules dans les lagunes artificielles qui naissent à chaque carrefour, ils font face à la cruelle réalité du juin politique ivoirien. Et pendant ce temps brumeux, il existe encore quelques météorologues qui annoncent, carte des nuages politiques en main, le « retour effectif de la paix », et des températures bien plus affectueuses pour demain.

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La Côte d’Ivoire en marche… arrière

Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraLe slogan de tout leader politique briguant le pouvoir a pour but de faire miroiter aux électeurs sa capacité à faire avancer les choses, sa capacité à apporter plus que les gouvernants du moment, et donc sa capacité à marquer sa différence (positive) dans la gestion des affaires de l’Etat. Cet état de fait s’observe partout où un semblant de jeu démocratique à lieu. Les populations sont ainsi appelées à voter massivement pour légitimer des élections, ensuite vient la proclamation des résultats et l’exercice du pouvoir. Le maçon est au pied du mur! Sera-t-il à la hauteur de sa tache?

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L’efficacité du développement : l’action de la BAD

Banque Africaine de DéveloppementLa banque africaine de développement (BAD) mesure régulièrement l’efficience de son action dans les pays auxquels elle vient en aide et a récemment publié un rapport sur les tendances du développement à l’échelle continentale.

Ainsi pour mesurer sa performance en tant qu’acteur socio-économique en Afrique, elle utilise une grille de critères relatifs aux axes clés du développement et de l’efficacité organisationnelle. Le niveau 1 mesure l’ensemble des progrès sur le plan du développement en Afrique, particulièrement dans 9 secteurs clés, notamment la croissance, la gouvernance, la prestation de services publics et le développement humain. Le second niveau évalue la contribution de la BAD dans le développement de l’Afrique en se focalisant toujours sur les 9 domaines. Le troisième niveau se veut une critique de la gestion des opérations menées par la BAD et enfin le quatrième niveau permet de juger son efficience en tant qu’organisation précisément à travers la gestion de ses opérations.

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Dark Girls : tragédie et triomphe de la femme noire

Femme Noire« Un autre individu parait : c’est un nègre de la côte occidentale d’Afrique […] La couleur [de sa peau est] entièrement noire; les cheveux ne sont plus rares et effilés, mais, au contraire, épais grossiers, laineux et poussant avec exubérance ; […] la mâchoire inférieure avance en saillie, le crâne affecte cette forme que l’on a appelée prognathe […] Les os sont déjetés en dehors, le tibia et le péroné sont, en avant, plus convexes que chez les Européens, les mollets sont très hauts […] les pieds sont très plats […] »

« Quand l’œil s’est fixé un instant sur un individu ainsi formé, l’esprit se rappelle involontairement la structure du singe […] Si après avoir examiné ces types pris dans tous les recoins du globe, on revient aux habitants de l’Europe […] on leur trouve une telle supériorité de beauté, de justesse dans la proportion des membres, de régularité dans les traits du visage […] Dans cette noblesse humaine, les Européens sont les plus éminents par la beauté des formes […] » (1)

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Côte d’Ivoire : l’état des massacres

Civils "pro-Gbagbo" emprisonnés par les FRCI d'Alassane OuattaraVillages incendiés, habitants brûlés vifs, paysans traqués en brousse – par centaines. Et parfois plus: un millier lors de l’entrée des pro-Ouattara à Duékoué, à l’Ouest du pays. Crime de guerre ou crime contre l’humanité?

Mais aussi des quartiers entiers d’Abidjan pillés, des militants pro-Gbagbo assassinés tous les jours pour leur nom, leur âge, leur ethnie (l’ethnocide au Sud concerne en particulier les Bétés, Attiés et Guérés), par centaines, sans compter les torturés ou les liquidés de l’Hôtel du Golf, siège du nouveau pouvoir et base de ses escadrons de la mort.

Trois fois plus de morts – de 3000 à 5000 cadavres – pour les deux mois d’Alassane Ouattara, ce héros de l’Occident, que pendant les 10 ans de la gouvernance de Laurent Gbagbo! Où sont les humanitaires et leurs relais, les dénonciations politiques à Paris et les résolutions de l’ONU?

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Pour une alternance générationnelle en Afrique

Abdoulaye Wade, Aziz Bouteiflika, Alpha Condé et Paul BiyaA Deauvillle lors des sommets du G8 et du G20, Nicolas Sarkozy a convié quelques Chefs d’Etats africains, d’aucuns pour saluer leur accession au pouvoir en dépit de circonstances souvent très [controversées] (Alassane Ouattara, Alpha Condé, Mahamadou Issoufou), d’autres pour leur engagement en faveur du NEPAD (Abdoulaye Wade, Abdelaziz Bouteflika notamment). Ces catégories de dirigeants représentent les deux versants d’une Afrique nouvelle : l’alternance démocratique et la vision économique fondée sur des programmes solides. L’ironie veut cependant que ces deux visions soient incarnées par des chefs d’Etat particulièrement âgés et presqu’en fin de vie pour certains : Alassane Ouattara a 69 ans, Alpha Condé 73 ans, Bouteflika 74 ans et Abdoulaye Wade officiellement 86 ans ! Seul Mahamadou Issoufou fait office d’exception avec ses 59 ans.

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Déconstruire les discours de l’afro-pessimisme et de l’afro-optimisme

Enfants africainsEn ce début de XXI° siècle, la situation du continent africain et de sa population suscite des débats passionnés et controversés. Schématiquement, les discours se structurent autour de deux pôles : les « afro-pessimistes » et les « afro-optimistes ». Les premiers posent une équation imparable : la démographie africaine est en plein boom, la population devrait doubler d’ici à 2050 pour atteindre entre 1,8 à 2 milliards d’habitants. Les économies africaines, très faiblement industrialisées, seront incapables d’accueillir cette nouvelle masse d’arrivants sur le marché du travail et les taux de chômage, déjà très fortement élevés, vont exploser.

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La jalousie dans le couple

Jalousie dans le coupleDans le début d’une relation, vous pensez que dès que l’autre est jaloux, c’est qu’il tient à vous, qu’il commence à vous aimer. Faux ! Il est en train de s’attacher, et prédateur qu’il est, il ne vous lâchera plus car, il a besoin de ce que vous lui apportez. Il n’est pas amoureux, il est dans la nécessité d’obtenir ce qu’une relation peut lui fournir : de la reconnaissance et de l’affection avec une sensation de sécurité. Et plus il a besoin de sécurité, plus il va être jaloux et très vite cela va tourner à l’obsession. Cette peur qui le ronge, parce qu’il imagine ce que serait sa vie sans vous, le pousse à devenir agressif, paranoïaque, impulsif. Il imagine les pires scenarii dans lesquels vous le trompez.

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FPI : le refus de l’opposition

Mamadou KoulibalyLe sociologue français Alfred Sauvy écrivait en 1978 dans La tragédie du pouvoir que « la démocratie ne consiste pas à s’unir mais à savoir se diviser ».

Ce principe démocratique explique le nécessaire antagonisme entre pouvoir et opposition politique; il attribue à l’opposition une place bien distincte de celle tellement méprisée sous nos tropiques, qu’elle est devenue le souffre-douleur de ceux qui tiennent le pouvoir le temps d’un quinquennat.

En Côte d’Ivoire, le paysage politique redessiné depuis l’arrestation de Laurent Gbagbo a plongé le Front populaire ivoirien (FPI) dans une posture d’opposant qu’il n’avait pas envisagé et qu’il refuse toujours d’accepter. La manifestation de ce désenchantement est visible à travers la recherche effrénée d’un “coupable”, d’une personne à qui l’on pourrait attribuer, en dehors du couple Ouattara-Sarkozy, la responsabilité des déboires actuels du régime déchu.

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Des indicateurs pour le développement en Afrique

Indicateurs économiques; ENSEA (Abidjan)

La bonne gouvernance revient constamment dans le débat actuel comme un facteur clé du développement. Nombre d’économistes et de penseurs s’accordent à dire qu’il est crucial, en Afrique et ailleurs, d’avoir des institutions fortes et indépendantes dont le bon fonctionnement favorise la prospérité. Au nombre des maux qui minent la bonne gouvernance en Afrique, on cite plus souvent le manque de sens patriotique, la corruption ou encore l’incompétence. Il est bien plus rare d’entendre que les décideurs africains connaissent mal la société qu’ils sont censés diriger, qu’il est difficile de gouverner à l’aveugle ou encore de naviguer sans tableau de bord. De quel tableau de bord parlons-nous ?

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Internet en Afrique : état des lieux

Cyber C@fé africainEntre les prémisses d’ARPANET, projet confidentiel de réseau à distance du ministère de la Défense américain, et son populaire héritier civil qu’est Internet, moins d’un demi-siècle s’est écoulé. Une période brève qui aura vu une idée visant initialement à sécuriser les communication sensibles du Pentagone dans un contexte de guerre froide se répandre progressivement à la sphère des chercheurs universitaires américains, puis in fine toucher la totalité de la planète. Une révolution comparable aux précédentes innovations (imprimerie, chemin de fer, télégraphe, électricité, automobile, télévision…)qui ont bouleversé en profondeur les modes de vie individuels.

Les statistiques disponibles peuvent témoigner de cette croissance exponentielle : 23 ordinateurs connectés au réseau ARPANET en 1971. 40 ans plus tard, le cap des 2 milliards d’internautes a été franchi à l’échelle mondiale. L’idée avant-gardiste de scientifiques s’est ainsi muée en outil de masse, transformant radicalement la façon de communiquer, échanger, commercer.

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Côte d’Ivoire, Libye : Sarkozy et la déraison des bombardements

Nicolas Sarkozy et Mouamar KadhafiNous vivons un temps bizarre, un temps féroce, un temps en concubinage avec la cruauté la plus sauvage; un temps qui tue, qui assassine, qui massacre au nom de la raison démocratique, au nom de la raison humaniste. Raison démocratique ethnocentrée, égocentrique, auto-décrétée humaniste ; raison débordante de mépris, délirante d’arrogance, exaltée, érigée en absolu du vrai et du bien; raison fanatique, fanatisée et donc fatalement meurtrière; raison qui nomme sans ambages tout pouvoir en dehors de la domination de Paris, de Washington et de Bruxelles, pouvoir despotique, pouvoir dictatorial, cancer radical à extirper.

Et malheur au pouvoir ainsi désigné : l’odeur de la mort mise en scène, théâtralisée, organisée, n’est pas loin. Le rituel? La désinformation d’abord: le dit pouvoir est satanisé, injurié, sali, abaissé, rabaissé, bestialisé, maudit, désigné comme la figure absolue du Mal, la figure menaçante, la figure de ce qui nous menace, la figure qui menace “nos valeurs”. Accusé; il est accusé de tous les maux du monde; il est criminalisé, criminalisé à partir des faits traficotés ou tout simplement inventés, fabriqués; il est criminalisé et condamné sans pourvoi ni appel, condamné à coups de fatwa démocratiques diffusées sur tous les écrans du monde, condamné à la peine capitale, condamné aux flammes de l’enfer.

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J’ai entendu parler de Lumumba, mais j’ai vu Gbagbo

Laurent GbagboPour la bien jeune génération dont je fais partie, Patrice Lumumba est un héros africain des temps immémoriaux qui nous était narré dans les livres d’histoire. Il était dit de lui qu’il était un homme de foi et que son rêve d’indépendance totale pour le Congo et pour l’Afrique était sa raison de vivre et pourtant fut la cause de sa mort.

Ainsi, j’ai entendu m’être contée son beau rêve d’indépendance totale, le sien, mais aussi celui de tout Africain. Ce peuple qui porte encore les affres de la douloureuse trilogie esclavage, travaux forcés, colonisation. Il rêvait que l’Afrique écrirait sa propre histoire et qu’elle serait au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité.

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Grilleurs d’arachides ? Proverbe chinois contre proverbe ivoirien

Grilleurs d'arachidesDeux peuples, deux races, deux nations, deux cultures, deux civilisations, deux histoires : les Chinois et les Ivoiriens.  Ils sont donc différents en tous genres.  Rien ne les unit.  Les premiers ont leur proverbe.  Il dit ceci : « Mieux vaut apprendre à pêcher [soi-même] que de recevoir toujours du poisson [d’autrui] ».  Ça c’est un beau proverbe.  Si je comprends bien, cela veut dire qu’il faut travailler soi-même pour être indépendant.  Ainsi, pourra-t-on être toujours rassasié à la sueur de son front sans tendre la main pour recevoir une quelconque prébende.  Cela suppose [qu’il faille] travailler, fouiller, bêcher, arracher, chercher et certainement trouver.  Il y a donc de l’intelligence à avoir, de l’endurance à maintenir, de la patience à cultiver, bien entendu de l’effort à fournir.  Et nos frères Chinois ont réalisé cet exploit inédit.  Ils n’ont pas voulu recevoir du poisson qu’ils ont appris à pêcher. Et aujourd’hui, ils pêchent et mangent tellement bien le poisson qu’ils sont les plus nombreux au monde.  Malgré leur nombre, leur poisson leur suffit et même, ils en exportent à tous les coins du monde.  Sacrés frères Chinois qui sont aujourd’hui en train de renverser le monde entier grâce à la dynamique de leur proverbe !

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Consommer du Marine Le Pen… avec modération

Marine Le PenMarine Le Pen, présidente du Front national (FN) français, a récemment décroché deux uppercuts à Alassane Ouattara, en affirmant sans sourciller, les 27 et 29 mai dernier, sur les plateaux de France 2 et de France Info, que « Monsieur Ouattara doit répondre des crimes qui ont été incontestablement commis par son armée » et qu’elle est « pour la suppression du FMI » vu que « partout où il est intervenu, ça a été un drame économique ».

Sans sombrer dans la naïveté suicidaire qui applaudit, sans crier gare, les propos de la candidate déclarée à la présidentielle française de 2012, il y a lieu de reconnaitre la lucidité de l’héritière de Jean-Marie Le Pen.

L’ancien leader du FN, controversé à souhait, reste surtout mémorable pour avoir donné la peur de sa vie à l’intelligentsia politique française, en noyant durablement la carrière politique de Lionel Jospin au terme du premier tour des présidentielles de 1995, et en créant un vent de panique devenu victoire de type “soviétique” pour Jacques Chirac, au second tour.

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Côte d’Ivoire : un gateau de 2 milliards d’euros pour les patrons français

Nicolas Sarkozy, Martin Bouygues et Alassane OuattaraComment la France va céder une partie de la dette ivoirienne aux patrons français

Les chiffres des promesses d’aide au développement à la Côte d’I­voire donnent le tournis. Dès la mise à l’écart de Laurent Gbagbo, la Commission Européenne annonçait 180 millions d’euros d’aide pour rétablir le pays et le gouvernement français mettait 400 millions sur la table. Cette dernière enveloppe comprend trois parties : les salaires de mars et avril des fonctionnaires ivoiriens, le règlement d’une grosse facture d’eau et d’électricité à Bouygues et l’apurement des arriérés de la Côte d’Ivoire auprès de la Banque Africaine de Développement et de la Banque Mondiale. Un coup de pouce qui devrait aider le pays à atteindre, d’ici à un an, le point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).

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Ce qu’il ne faut plus faire en Côte d’Ivoire

« Seul l’avenir est grand, parce qu’il est avenir, nous pouvons l’invoquer, nous pouvons le convoquer, nous pouvons le domestiquer, comme une bête féroce qui vient vers nous » – Joseph Ki-Zerbo

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Henri Konan BédiéI – À force de jouer avec le feu

Les dirigeants politiques ivoiriens ont conduits leur pays à la ruine plongeant leur peuple dans un désespoir sans nom qui laisse leur pays sans horizon. Cette guerre dont la Côte d’Ivoire fut le théâtre a affaibli l’immunité de la nation ivoirienne et provoqué dans ses murs les fissures à travers lesquelles vont s’engouffrer des vents porteurs de tempêtes qui peuvent provoquer l’explosion du pays.

C’est dans cet esprit qu’il faut confirmer l’inviolabilité de la Côte d’Ivoire, de sa souveraineté ainsi que de son indépendance. Cela passe par la restauration de l’unité du pays afin de prendre toutes les dispositions susceptibles de favoriser la reconstruction du pays et le retour des réfugiés dans les régions d’où la guerre les a expulsé.

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La responsabilité apolitique citoyenne

Patrick N'GouanLa Coordination de la société civile ivoirienne (CSCI) continue de prêcher, courageusement, mais dans l’indifférence générale, le besoin de son implication centrale dans le processus de réconciliation nationale. Quel dommage pour cette organisation qui, comme toutes celles du même genre, a vocation de mettre la classe politique devant ses responsabilités, afin de la contraindre à honorer ses engagements !

Malheureusement, sous le règne de la terreur où le serment gouvernemental s’écrit en lettres minuscules, l’apathie sociale, la fuite en avant citoyenne, la frilosité intellectuelle et le silence complice des uns et des autres sont les tendances populaires et les garants des dérives dictatoriales évidentes ou subtiles de l’État.

/// TEXTE INTÉGRAL DISPONIBLE DANS LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN ///

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La face cachée du néocolonialisme : pays à vendre

La face cachée du néocolonialismeNéocolonialisme: tentatives d’une ex-puissance coloniale de maintenir par des moyens détournés ou cachés la domination économique ou culturelle sur ses anciennes colonies après leur indépendance.

Fondé sur des politiques commerciales, économiques et financières qui de facto permettent un contrôle des pays du tiers-monde, les anciennes puissances colonisatrices tentent par ces moyens d’y maintenir leur présence, notamment en ce qui concerne l’accès aux matières premières.

Par extension, le terme néocolonianisme est utilisé pour qualifier les politiques d’institutions financières internationales comme la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International ou le G8, qui, par leur choix d’accorder ou non des prêts ou des aides économiques, contraignent les pays pauvres à prendre des mesures structurelles qui accroissent la pauvreté tout en favorisant les intérêts financiers des pays riches et des multinationales.

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La stratégie de la diversion

Alassane Ouattara, Nicolas SarkozyElément primordial du contrat social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

Cette stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

« Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. »

1 – Le mensonge

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Limite entre pratique esthétique et aliénation : le cheveux crépu et le retour au naturel…

Inna Modja: cheveux au naturel?Revenant sur son premier défrisage, Malcolm X lâchait les mots suivants: « Ce que je pouvais être ridicule! J’admirais dans la glace un Noir avec des cheveux “blancs” »

Un peu d’histoire servira à comprendre et cerner le canevas des propos qui suivront. Le phénomène du défrisage, ou encore du « lissage » du cheveu crépu, dans les formes qu’il emprunte depuis la fin du 19e siècle semble être lié à l’esclavage des Noirs dans les Amériques.

Le défrisage à froid – qui est la forme la plus “évoluée” du phénomène – est la dernière phase d’une technicité qui n’a eu de cesse de se perfectionner depuis la seconde moitié du 19e, lorsque les Noirs (y compris les femmes), commencent à avoir accès à l’éducation et au savoir et qu’ils vont se charger de mettre au point les différents procédés qui seront l’aboutissement des défrisants modernes, dont les contenus se distinguent essentiellement par la différence de dosage de leur teneur en ammoniaque. Cette technique révolutionnaire a été précédée du défrisage à chaud qui, lui-même, a été précédés d’ancêtres bricolés mais dont le trait commun n’a jamais cessé d’être le lissage du cheveu crépu.

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J’ai lu Tiburce Koffi…

Tiburce KoffiNOTE DE LA RÉDACTION: ce message adressé à Tiburce Koffi, journaliste et écrivain ivoirien, fait suite à son interview du 07 Juin 2011, publiée dans L’Intelligent d’Abidjan.

« La vie n’est vraiment pas linéaire »

C’est vrai M. Tiburce Koffi, c’est la dialectique de la vie qui explique que l’on change au gré ”des tsunami politiques”. C’est la non-linéarité de la vie qui fait qu’aujourd’hui votre ami Venance Konan, grand défenseur de l’Ivoirité, se retrouve aujourd’hui Directeur de Fraternité-Matin. C’est cette même non-linearité qui fait que Me Houssou Jeannot, concepteur du mandat d’arrêt international contre Alassane Ouattara [en 1996, sous la présidence d’Henri Konan Bédié] est aujourd’hui son Ministre de la Justice.

« Mais diantre, pourquoi ne me donnez-vous pas la Direction du Palais de la Culture? Moi, Tiburce Koffi, dramaturge, écrivain politique, metteur en scène etc… » [pourrait-on lire en filigrane!].

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Si Dieu n’intervient pour nous…

Jeune fille africaineSi Dieu n’intervient pour nous, nous sommes condamnés…
Condamnés aux miettes, condamnés à la misère, condamnés au larbinisme
Condamnés à demeurer dans la médiocrité, condamnés à l’infirmité
Condamnés au sous-développement, au tiers-mondisme, condamnés à vainement rêver
Condamnés à subir les trahisons, à plier sous le poids des machinations, des manipulations
Condamnés à être des sociétés avilies, méprisées, gangrenées
Condamnés à être des suppôts du mal, des goujats, des instruments d’automutilation
Condamnés à être des menteurs, des trompeurs, des falsificateurs de destinées
Condamnés à la saleté, condamnés à l’indiscipline, condamnés au reniement de nous-mêmes
Condamnés à l’irrespect, condamnés à l’ignorance, à l’incapacité, à l’impossibilité
Condamnés à la faiblesse, condamnés à la traîtrise, à l’auto-nuisance comme mode de survie
Condamnés en tant que continent, en tant que pays, en tant que communauté
Condamnés à l’inconscience, à l’inconsistance, à l’incontenance
Condamnés en tant que peuple nègres, esclavagés, alignés, terrorisés
Condamnés à l’asservissement, à la dépendance, à la mendicité
Condamnés à la facilité, à la veulerie, à la tromperie
Condamnés à la nuisance, à la méprise, à la douleur, à la fuite en avant
Condamnés à la méconnaissance de notre propre histoire
Condamnés à croire que nous sommes maudits descendants de Cham
Condamnés à nous asseoir et à regarder, à laisser faire
Condamnés à nous voir dominés, conspués, malmenés, insultés, bombardés, frappés, heurtés, déchirés, maltraités, vilipendés, accusés, violés, torturés, massacrés, suppliciés
Condamnés à voir nos terres brûlées, nos matières premières tronquées, nos richesses arrachées
Condamnés à nous comporter en lâches, en pestiférés, en malheureux, en incapables
Condamnés à être coupables de quelque crime ont nous a donné la paternité
Condamnés à être sectionnés, raccommodés, divisés, éparpillés
Condamnés à la médisance, condamnés à l’ignorance, condamnés à l’insuffisance
Condamnés à croire que la norme pour nous se dévoile aux ténèbres de l’infériorité
Condamnés à la misère, à la galère, au supplice le plus amer
Condamnés à la pauvreté, à l’indigence, à la souffrance, à la maladie, à la guerre
Condamnés à être des bêtes, des sous-hommes, des mendiants, des vauriens
Condamnés à être condamnables, et coupables, et minables, et misérables
Condamnés à constater que nous serons toujours sujets à être condamnés
Condamnés à être coupables de l’apocalypse de notre humanité.

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Des difficultés de la réconciliation entre loups et agneaux

Gardez-vous, peuples libres, de ceux qui vous offrent une vérité parfaite ; ceux là portent les germes de la dictature.

Charles Konan BannyC’est à dessein que l’auteur n’a pas effectué trop de précisions quant aux applications géographiques de ce texte. La raison en est simple ; tous les hommes ont en eux une part de barbarie et c’est dans l’acceptation commune de notre violence innée que nous saurons bâtir, partout dans le monde, une coopération utile, bonne et nécessaire à tous, sans que nul apôtre ne tente de nous sauver bien malgré nous. A l’Afrique pourtant, berceau trop vite oublié de l’humanité, j’offre ces lignes et mes meilleurs espoirs ; puisse ce souffle palpiter dans d’autres cœurs que le mien et, ainsi, dépasser les mers et les montagnes.

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Comprendre la recolonisation française de la Côte d’Ivoire

Nicolas Sarkozy donnant son discours à Abidjan-Port Bouët en Mai 2011Une rétrospective rapide pour camper le cadre

Le 11 Avril 2011, le coup d’Etat le plus long de l’histoire des nations, entamé dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, trouve son épilogue avec la capture de M. Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises et sa remise entre les mains des rebelles auto-stoppeurs qui tentaient de le renverser depuis onze ans sans succès.

Le 5 Mai 2011, cinquante-six ans jour pour jour après la fameuse Conférence constitutive des Non-alignés de Bandoeng, M. Alassane Dramane Ouattara, chef de la rébellion, obtient aux forceps du Conseil Constitutionnel ivoirien – qui avait déjà investi et installé M. Laurent Gbagbo dans ses fonctions pour cinq ans! – sa proclamation au titre de cinquième président de la jeune République.

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L’indépendance morale : un préalable pour l’Afrique francophone

L'indépendance morale de l'Afrique francophoneAu-delà des frontières hexagonales qui l’ont circonscrite au règlement de compte politique, l’affaire Dominique Strauss-Kahn sonne l’urgence pour les États d’Afrique francophone d’entamer, avec diligence, la conquête de leur indépendance morale.

En effet, la politique française, dont la côte ouest-africaine est intoxiquée depuis que René Caillé a entrepris de visiter Tombouctou en 1828, n’a pu échapper, cette fois-ci, à sa mise à pied publique maintes fois repoussée, de même qu’à son examen critique maintes fois galvaudé. Et tous les deux soulignent ce que l’on savait déjà : la société française est malade et avec elle sa morale. C’est d’ailleurs un constat qui pourrait s’étendre à toutes les facettes de l’héritage français en Afrique : celui-ci, déjà conspué pour sa propension à la falsification chronique, a vocation à asservir quelque peuple le croise sur son chemin. Mais, l’analyse du capital moral français investi en Afrique urge, surtout, parce qu’il constitue un mal pernicieux capable d’effacer le peu qui reste des valeurs culturelles africaines.

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Chrétiens politiciens !

« Lorsque les Blancs sont venus en Afrique, nous avions les terres et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés: lorsque nous les avons ouverts, les Blancs avaient la terre et nous la Bible… » – Jomo Kenyatta

La religion chrétienne et la politique en Côte d'Ivoire[Bien que] l’Afrique [ait été] colonisée par les chrétiens, certains [Africains] s’appellent toujours “Marie”, “Immaculée”, “Jean-Baptiste”, “Dieudonné”, “Blanche”, “France”, “Bonaparte”, “Léopold” etc.

C’est comme si un Juif nommait et appelait son enfant “Adolphe”, en l’honneur de Adolphe Hitler. Appelleriez-vous votre enfant “Noir” si celui ci était Blanc ? Il est vrai que des excuses ont été faites en 2003 par l’Eglise Catholique sur cette fusion du clergé avec le pouvoir colonial. Et pourtant, si je vous coupe les membres en vous torturant et prenant plaisir à le faire, est-ce que de simples excuses vous suffiront ou est-ce que vous aimeriez [recevoir le paiement] de dommages et intérêts ?

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Côte d’Ivoire : faut-il juger Sarkozy pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ?

« L’homme n’est pas ce qu’il cache. Il est ce qu’il fait. » – André Malraux

Nicolas Sarkozy et le sang africainHitler dit : « Homme, tu n’es qu’un numéro, et ce numéro s’appelle zéro ». Ouattara dit : « Gbagbo n’est rien ». Même vision du monde, même regard sur les hommes. Vision d’ailleurs partagée, dans une certaine mesure, par Napoléon bis, le paternel de Ouattara. Que dit en effet Sarkozy, puisque c’est de lui qu’il s’agit, que dit Sarkozy en attaquant la Côte d’Ivoire avec toute la brutalité et la bestialité de ses hélicos et chars ? Il dit que l’Afrique n’est rien, que l’Afrique n’est en définitive que son objet, un objet modelable et corvéable à merci, un objet sans volonté propre, appelé à se soumettre aux ultimes désirs de la France ! « La démocratie comme je l’entends ou le sang coulera ! » dit-il, en somme.

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Afrique : sortir de la dépendance à l’aide

Dépendance à l'aideLa logique de l’aide internationale a suivi les enseignements théoriques des premiers modèles économiques de développement dans lesquels la mécanique développementale devait être initiée par l’injection d’un “quantum d’investissement”. Pourtant, après trois générations d’aide publique au développement [nous ne parlons pas ici de l’aide humanitaire d’urgence ], le bilan de cette dernière n’est pas glorieux, comme ont pu le rappeler des auteurs comme William Easterly ou Dambisa Moyo. En Afrique, depuis les indépendances, ce seraient plus de 500 milliards de dollars d’aide qui n’ont pratiquement rien donné, ou ont peut-être même empêché le développement.

La dépendance à l’aide publique au développement n’est clairement pas la voie vers un développement pérenne. Ce dont les pays en développement ont besoin est l’instauration d’un cadre institutionnel favorisant l’état de droit, de manière à réduire l’incertitude des acteurs économiques, et visant à améliorer le climat des affaires par la simplification des procédures et la baisse des coûts d’enregistrement divers, ainsi qu’une meilleure définition et protection des droits de propriété. Le potentiel entrepreneurial africain s’exprime sur chaque marché sur le bord des routes du continent. Il est malheureusement étouffé, rejeté dans l’informel, par des procédures bureaucratiques iniques. Or, l’aide internationale a traditionnellement constitué un facteur allant à l’encontre de l’instauration d’un état de droit et d’un climat des affaires favorable.

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Développement économique en Afrique : libérez les talents !

Daniel Kaberuka, Président de la Banque Africaine de Développement (BAD)On entend souvent des intellectuels opposer la philosophie du développement à la philosophie du libre échange, comme si le libre échange n’amène pas le développement ! Inutile de jouer sur les mots en viciant le débat entre les pro-développement, qui seraient les bons, et les pro-libre échange qui seraient les méchants. Les ennemis du libre échange vont à l’encontre du développement des pays africains bénéficiaires de la politique libre-échangiste des Etats-Unis. Tant en théorie que dans la réalité, le libre échange est un jeu à somme positive. Il est reconnu de tous que l’économie mondiale a connu une croissance phénoménale depuis l’adoption du General Agreement on Trade and Tariffs en 1949.

L’Afrique n’a jamais connu le libre-échange

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Le FMI : une institution antidémocratique qui impose la régression sociale

Dominique Strauss-Kahn et le FMISur cette carte du monde la surface des pays a été modifiée afin de refléter le poids dont chacun dispose en termes de droits de vote au sein du FMI. On distingue clairement que la Belgique (10 millions d’habitants) occupe une surface supérieure à celle de pays comme le Brésil (qui a pourtant une population 18 fois plus importante et un territoire 279 fois plus étendu), le Mexique, l’Indonésie ou la République démocratique du Congo (6 fois plus d’habitants que la Belgique et un territoire 77 fois plus étendu).

Le FMI est au centre de la scène internationale ?

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La face cachée de la solidarité africaine

Diaspora africaine en EuropeUne idée très répandue présente l’Afrique comme la terre de la solidarité. Souvent opposée à l’individualisme occidental, elle cache pourtant des zones d’ombres dont il est tabou de parler.

Plus qu’une option, l’entraide est un devoir. Très jeunes, nous apprenons à nous dévouer pour le bien-être de la famille, avant de penser à notre épanouissement personnel. Les Africains de la diaspora le savent bien. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils émettent tous les mois des mandats au bénéfice du “bled”. Les transferts d’argent de la diaspora africaine ont atteint un montant de 21,5 milliards de dollars (15,4 milliards d’euros) en 2010, selon un rapport de la Banque Mondiale. Cette somme équivaut à quatre fois le budget annuel de la République Démocratique du Congo (RDC). Une preuve éloquente de solidarité de la part de ceux qui sont partis et qui sont obligés d’assister les leurs, restés dans des pays pauvres et gérés de manière calamiteuse.

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Otages, sauvez-vous ! L’ignominie de l’hommage de Nicolas Sarkozy à Philippe Rémond

Alassane Ouattara, Nicolas Sarkozy et Philippe RémondN’étaient le visage et la voix de notre frère en humanité Philippe Rémond, l’un de ceux grâce auxquels, en ces temps de ténèbres, un citoyen français peut encore s’honorer de l’être, elle aurait de quoi faire frémir, l’ovation qui a salué l’engagement pris par Nicolas Sarkozy, dans son adresse aux ressortissants français d’Abidjan, à maintenir sur place les forces armées françaises.

Bien sûr, en l’absence d’images montrant la foule, on peut aisément l’imaginer noyautée par une clique payée pour faire la “claque” à ce moment clé du discours. Mais quoi qu’il en soit, l’écho de cette ovation retentira longtemps dans la mémoire africaine : Sarkozy aurait voulu aggraver le porte-à-faux de la communauté française en Côte d’Ivoire qu’il ne s’y serait pas pris plus sournoisement.

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Et si l’homme Africain était responsable de la soumission de l’Afrique ?

Les chaines des AfricainsPeut-être serait-il temps d’aborder le problème par le fond, oui par son dessous et non ses artifices. L’Afrique est en voie de recolonisation; il ne s’agit point d’une fiction, mais d’une réalité connue de tous… Ses dirigéants sont clairement désignés par les Occidentaux. Des dirigéants ? Un mot trop abrupt pour désigner ces pantins sans colonne vertébrale aucune et dont le pouvoir sur les peuples abrutis par des croyances mystiques, semblent venir des tréfonds des enfers de toutes les religions connus et inconnus et qui charroient dans leur sang toutes les maléfices du monde. Et ils sont chargés de faciliter le travail aux envahisseurs sans foi ni loi, qui cliquent des menottes invisibles aux mains de tout espoir, l’enfermant pour l’éternité. Et ils font bien leur travail nos chefs. Ils bradent les richesses par brassée et en détails, en gros et aux enchères, tout en entretenant des réseaux françafricains, bas-ventralement soumis à leurs désidératas.

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France : l’heure de trembler

Dominique Strauss-Kahn et Nicolas SarkozyL’arrestation de Dominique Strauss-Kahn, indépendamment de la question de sa culpabilité dans ce fait divers sordide, devrait renvoyer tous les rêveurs de la classe politique française et leurs millions d’électeurs potentiels au principe de réalité : est-il raisonnable d’envisager de confier la plus haute charge de l’État à un personnage dont l'”addiction” au sexe (l’expression n’est pas de moi) est aujourd’hui ouvertement évoquée dans les médias ? Dans la vie courante, cela lui vaudrait d’être considéré comme un délinquant potentiel, ou en tout cas une personne à risque. Il est vrai que dans l’univers où elle évolue, la bande de joyeux drilles qui se cooptent allègrement les uns les autres aux postes-clés de l’État-major global, échappe généralement aux règles imposées au commun des mortels.

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Mais où va donc Mamadou Koulibaly ?

Mamadou Koulibaly et Alassane OuattaraPourquoi Mamadou Koulibaly n’a-t-il pas assisté à la prestation de serment de Laurent Gbagbo, mais était présent à celle de Ouattara ? Du côté du RHDP, on revendique ce fait comme étant l’attestation que Koulibaly – reconnu comme intègre et rigoureux même par ses pires ennemis – « n’a pas voulu cautionner le hold-up électoral de Gbagbo ». Pendant ce temps, certaines voix pro-Gbagbo brocardent la trahison du député de Koumassi « parti rejoindre ses frères Dioula pour enterrer Gbagbo ». Rien que des balivernes de tribalistes moutonniers qui ont induit Gbagbo ou l’ont accompagné dans ses graves déroutes. Pour certains, Koulibaly s’est grillé, pour d’autres, il est la voix de la rédemption du camp Gbagbo. Qu’en est-il exactement ?

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Ces inventeurs venus d’Afrique

Inventions  NoiresL’un des arguments qui tend à revenir dans les débats autour du sous-développement de l’Afrique est celui qui réduit le sous-développement à un phénomène culturel voire… génétique. L’Afrique serait ainsi vouée à rester sous-développée et dépendre des pays développés. Selon cet argument, si les Africains n’arrivent pas à se développer c’est qu’ils n’ont ni la culture ni le gène de l’esprit d’entreprise, de l’initiative ou de la créativité. Cette dévalorisation est même parfois rabâchée dans des cercles universitaires africains, justifiant nombre de politiques paternalistes.

Pourtant la vérité semble – heureusement – ailleurs. Si l’on cherche le point commun entre la lampe électrique, la capsule pour bouteilles et bocaux, l’ascenseur, la machine à dactylographier, le stylo à encre, le batteur à œufs, la tondeuse à gazon, l’appareil de respiration que trouve-t-on… ? Que ces inventions, qui aujourd’hui font partie de notre quotidien et qui l’ont révolutionné, ont toutes été inventées ou co-inventées par des Noirs… aux Etats-Unis.

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Côte d’Ivoire : crimes d’État, terreur totale et silence complice des médias français

« Car il est des silences coupables, plus assassins qu’aucune parole, qu’aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d’alibi aux crimes contre l’humanité. » – Martin Niemöeller

Alassane OuattaraIl sera dit un jour que l’obscur Alassane Ouattara fut un homme qui a versé beaucoup de sang ivoirien. Il sera dit un jour que cet homme était en contrat, en alliance, et ce, depuis ses débuts, avec les pires ennemis de l’Afrique, les mitrailleurs et les renifleurs aux griffes de feu, les fauves renifleurs et avaleurs d’or et de diamant, de cuivre et d’uranium, de cacao et de café, de coton et de pétrole…

Il sera dit un jour qu’il y avait dans ce Ouattara-là une résonnance de ces hommes qui se battent non pas pour le triomphe d’un quelconque héroïque et majestueux principe, mais pour autre chose ; tout à fait autre chose.

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Après le Conseil Constitutionnel ivoirien : revenir à la raison

Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara« Libérez Gbagbo ! »
« On veut Gbagbo ! »
« Pas de négociations sans Gbagbo ! »
« C’est Gbagbo le président ! »
« Yao N’Dré est un traitre ! »

Que d’injonctions péremptoires et d’accusations virulentes sont entendues et lues ci et là depuis la capture de Laurent Gbagbo par l’armée française, sa remise aux troupes de Ouattara et sa séquestration illégale à Korhogo. Et l’arrêt rendu hier par le Conseil Constitutionnel, qui proclame Alassane Dramane Ouattara Président de la République de Côte d’Ivoire, n’est pas venu calmer l’intense vague de révolte qui anime les partisans de Laurent Gbagbo, qu’ils soient Ivoiriens ou pas, loin de là !

Mais si l’émotion suscitée par les événements auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée depuis plusieurs mois est compréhensible, il faut cependant savoir, à un moment donné, raison garder.

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L’argent n’a pas d’odeur mais Abidjan sent l’hydrogène

Marie-Antoinette Singleton, fille de Laurent GbagboQuelle n’a pas été notre surprise de découvrir hier qu’une interview de Marie-Antoinette Singleton, fille de Laurent Gbagbo, et parue dans Slate Afrique, avait été menée … par Sabine Cessou elle-même …!! Pour reprendre la formule d’un ami “l’argent n’a pas d’odeur mais Abidjan sent l’hydrogène”.

Voilà donc que la collaboratrice de Thomas Hofnung, pillier de la désinformation sur la crise ivoirienne au sein de la presse Rothschild et qui nous a habitué à une information partie prenante et donneuse de leçon, du dezingage des intellectuels à l’hagiographie du “nouvel ambassadeur” élégant et parfumé qui a un enfant “avec une bété” en passant par la compassion pour le courageux Venance Konan qui “sait que son téléphone est sur écoute, mais  n’a pas changé de numéro” décroche subitement le sien pour joindre un membre éminent du “clan Gbagbo”.

Sabine Cessou aurait-elle réfléchi à la lecture de son confrère François Leclerc ? Ou encore à l’écoute de Jean Ziegler ? Et opérerait elle le début d’un méa culpa ?

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Petites histoires des colonies françaises…

NOTE DE LA RÉDACTION: La bande-dessinée « La petite histoire des colonies » de Gregory Jarry et Otto T. retrace avec humour et précision l’aventure coloniale française, bien trop méconnue. Aux dires de ses éditeurs, ce livre est un livre sain, qui remet les choses à leur place. Il est amusant et convient aux enfants, généralement mal renseignés sur ces questions. Fortement recommandé.

Petite histoire des colonies françaises, tome 1: L'Amérique françaiseLe 1er tome, L’Amérique Française passe en revue cinq siècles de colonisation en rentrant bien dans les détails, pour qu’on ne loupe pas un seul aspect positif. Dans ce tome, le lecteur sera surpris de découvrir les bienfaits que les ancêtres [Français] ont apportés en Amérique et dans les Antilles.

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Afrique : une liberté de la presse en danger de mort

La presse en dangerEn cherchant des données sur la « Journée mondiale de la liberté de la presse » sur internet, force est de constater que la palme du monopole des déclarations revient à la France et ses médias, ainsi qu’aux Nations-Unies. Les dictateurs locaux font aussi leurs guignolries, la part du lion difficile à dompter qui leur revient, de la couverture d’une des grandes mascarades de ce début du deuxième cinquantenaire des Indépendances néo-coloniales : une désinformation rampante et institutionnalisée dans les pays africains et dans le monde.

Après la récente et très grave dérive militaire néocoloniale en Côte d’Ivoire, largement soutenue par des médias clairement désinformants, et une presse française elle-même mise sous une pression inacceptable depuis l’accession de Sarkozy à la Présidence française, nous sommes en droit de nous interroger sur le destin toujours plus sombre de cette liberté de la presse violentée au quotidien en Afrique, et mise à mal plus gravement que jamais.

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La foule électorale ivoirienne

« Une démocratie a besoin de clivages. Mais de clivages sains. Les Ivoiriens savent juste qu’ils ne sont pas d’accord. Mais ils ignorent sur quoi. Comme de véritables foules électorales, les camps oscillent. Par exemple, tantôt on veut la paix. Tantôt on est prêt à mourir pour la cause. »

Foule électorale ivoirienneDe 1995 à 2010 en passant par 2000 les problèmes électoraux polarisent la vie ivoirienne. Ce stress passager d’une société démocratique qui voit se faire saillant les contradictions d’une société est devenu permanent pour les Ivoiriens. Les contradictions se font profondes. Non pas tant par leur pertinence mais par la durée du débat. Et voici le peuple ivoirien transformé en perpétuelle foule électorale. Une chose bien nuisible ! Il faut qu’on en sorte par la constitution d’une sorte de « corps social sain ».

La perpétuelle foule électorale ivoirienne, un danger pour la nation

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Ou va le coton ouest-africain ?

Coton africainDepuis 2004, la filière coton de l’Afrique de l’Ouest est confrontée « à une crise profonde et multiforme », indiquait en mars 2010 l’Association Cotonnière Africaine (ACA) lors de ses huitièmes journées à Yaoundé. Entre les campagnes 2004-2005 et 2008-2009, la production a chuté de moitié, passant de 1,2 million de tonnes à 600 000 tonnes. Au niveau international, les cours mondiaux ont connu une forte tendance baissière entre 1995 et 2009, avant de se redresser. En parallèle, la part de « l’or blanc » dans la consommation totale de fibres textiles n’a cessé de régresser, de 52 % en 1975 à 35 % en 2010.

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La prévention des conflits en Afrique : le rôle de la société civile

Conflits en AfriqueOn reconnaît que les États affaiblis de l’Afrique, les États qui ont perdu leur légitimité ont aussi perdu leurs capacités d’assurer la paix et la sécurité. Une approche pour combattre les vulnérabilités politiques et sociales qui sont à l’origine des conflits consiste à vouloir réformer et renforcer les institutions, par exemple : le renforcement des institutions régionales et continentales existantes dans le domaine de la prévention, de la gestion et de la résolution des conflits, le renforcement du cadre politique et administratif, la réforme de la fonction publique et de l’administration, le renforcement du contrôle parlementaire, la réforme du régime judiciaire, la lutte contre la corruption nationale, etc. On veut refonder la capacité de gouvernance politique des États, entre autres pour assurer la paix et la sécurité. Nous pouvons tous souscrire à ce projet, là où les divergences se font jour, c’est sur la manière d’y arriver.

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Aide de la France à la Côte d’Ivoire: dette souveraine extérieure et rachat du patriotisme économique

Aide de la France à l'AfriqueUne aide exceptionnelle de 580 millions d’Euros [environ 380 milliards de FCFA] sous la forme de prêt souverain a été accordée aux autorités gouvernementales ivoiriennes par l’Union Européenne dont 400 millions d’Euros provenant de la France. Payer les fonctionnaires, effectuer des dépenses sociales d’urgenc,  suite au chaos relevant des affrontements militaires, rembourser les arriérés d’intérêts d’emprunts à l’égard d’institutions financières et sur le marché des euro-obligations, sont les raisons évoquées par les représentants des ministères français des affaires étrangères et de la coopération dans la mise en place de cette aide budgétaire.

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Les indépendances africaines par la guerre économique

Guerre économiquePour être indépendant, les pays africains doivent maîtriser leurs ressources naturelles. Il est donc indispensable que leur indépendance soit garantie constitutionnellement.

Pour ce faire, la constitution de chaque état africain doit comprendre un article spécifiant pour l’avenir et le présent que les ressources naturelles du pays concerné sont propriétés exclusives de chaque état, que leur exploitation, si elle nécessite des technologies dont ne disposent pas le continent africain, peuvent en compensation acquérir, moyennant accord avec les autorités locales, une quote part des ressources ainsi exploitées. Toutefois, la part incessible constitutionnellement est de 51% de la valeur des biens et de leurs profits. Etant entendu que si l’exploitation et la transformation sont justifiées localement, celles-ci se feront sur place. C’est l’état souverain qui en décidera.

Le raisonnement est le suivant : pourquoi l’Afrique devrait elle respecter des engagements pris sur ses produits par des tiers au continent qui en tirent le principal profil ? Inversons le système et volons le voleur !!

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Côte d’Ivoire : le piège d’une réconciliation factice

« I cannot be an optimist but I am a prisoner of hope. »
– Cornel West

Réconciliation ?La réconciliation nationale constitue, sans aucun doute, l’un des chapitres les plus controversés de la crise ivoirienne.

Après avoir été victime de négociations torpillées, de budgets surévalués, de gouvernements surpeuplés, d’accords politiques gangrenés, de célébrations ampoulées [1] et d’élections controversées, la réconciliation (qui, pour l’heure, n’a pas connu le moindre succès) réapparaît depuis “l’assaut final” du 11 avril 2011, aussi bien dans les discours officiels que les conversations populaires.

Les pro-Ouattara, heureux de leur ascension au sommet du volcan, s’y retrouvent enfin ; les pro-Gbagbo, amers devant la réalité du désappointement, y confient leur destin ; les officiers militaires, tétanisés par les effets de leur trahison, y voient leur lendemain ; les croyants, démoralisés par la pénible épreuve de foi, s’y estiment contraints.

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Démocratie africaine : la problématique de la “nation”

Démocratie africaineForce est de constater que la démocratie en Afrique a toujours le plus grand mal à fonctionner. Le pouvoir agit comme un aimant qui empêche le plus souvent l’alternance. Comment expliquer cet échec de la démocratie africaine ? Les causes sont multiples, mais il peut se dégager quelques axes fondamentaux.

Nation et démocratie

La démocratie d’un Etat fonctionne relativement bien en premier lieu lorsqu’elle s’applique dans une nation, au sens civique comme au sens ethnique. La première suppose que les citoyens se retrouvent autour d’un projet politique commun, en dehors de toute référence ethnique ; elle a vaincu en grande partie les clanismes et « nationalismes régionaux ». La deuxième conception de la nation suppose une très forte homogénéité ethnique et culturelle.

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L’armée française ne gagne que contre les Nègres

Armée française au port d'Abidjan (avril 2011)[Laurent] Gbagbo, comme [Salvator] Allende dans le palais de la Moneda au Chili en 1973, encerclé par les valets de l’impérialisme français, est resté. Là où tout le monde se serait enfui, Gbagbo est resté ! Avec sa femme, ses enfants et sa mère ! Parce qu’il est le seul président reconnu par la Constitution ivoirienne, parce qu’il n’a pas un appartement qui l’attend à Londres, à New York ou à Paris. Et pourquoi risquer l’arrestation s’il avait des milliards dans les banques suisses ? Il est resté pour vivre jusqu’au bout La Tragédie du Roi Christophe, et pour qu’enfin “le masque tombe” et que l’on découvre [Alassane] Ouattara, l’homme qui arrive au pouvoir dans un char français ; le président de l’ONU, celui qui comme sa femme est un étranger à la solde des puissances de l’extérieur. Car qui d’autre qu’un étranger, plutôt que de procéder au recompte des voix que Gbagbo appelait de tous ses vœux, aurait fait appel à une armée de mercenaires pour tirer sur son peuple ?!

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Le miracle économique ivoirien qui n’en était pas un

Cacao ivoirienIl est sans doute nécessaire de revenir [sur l’histoire économique de la Côte d’Ivoire] pour comprendre comment le “miracle ivoirien” en est arrivé là. Le modèle économique “libéral” choisi à l’indépendance par le Président Houphouët-Boigny ne devait-il pas offrir, par le biais de la prospérité, paix et stabilité politique, même avec un passage à la démocratie?

Il semble que bien des erreurs d’analyse entretiennent la confusion.

On a effectivement beaucoup parlé du “modèle libéral” de la Côte d’Ivoire. Ce “libéralisme” aurait consisté à développer l’avantage comparatif du pays, à savoir le cacao et le café. Par ailleurs, renonçant à la stratégie de substitution aux importations que de nombreux pays “plus à gauche” expérimentaient (de manière catastrophique), la Côte d’Ivoire importait effectivement massivement. Il semble donc que le pays d’Houphouët-Boigny ait suivi les enseignements de la théorie du commerce international de David Ricardo, vue par la plupart des économistes comme seul fondement du libre-échange entre nations, et donc du libéralisme.

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Côte d’Ivoire, la patrie des amnésiques

Les prisonniers de OuattaraS’il ya une maladie qui sévit durement dans notre pays, c’est bien l’amnésie. On oublie vite dans ce pays. On promet monts et merveilles, on tient toute sorte de discours, on jure devant Dieu et les hommes qu’on n’est pas comme les autres, et pourtant, c’est toujours la même rengaine. L’entrée des FRCI à Abidjan, tant attendue par la communauté internationale, rime avec chaos, violences, désarroi et désolation pour les populations abidjanaises de tout bord.

Ne reprochait-on pas aux fds leurs exactions, et surtout leur mépris des droits humains ? Et pourtant, aujourd’hui, ce n’est guère mieux, exécutions sommaires, pillages systématiques, voies de fait, braquages, extorsions de fonds, la liste n‘est pas exhaustive. Quand comprendrons-nous qu’une prise de pouvoir n’est pas une revanche mais une opportunité ? Pourquoi faut-il qu’à chaque changement de régime les ivoiriens souffrent autant ? Pourquoi faut-il toujours qu’on éprouve le besoin de se venger quand on arrive au pouvoir ? Pourquoi la CI doit-elle faire marche arrière à chaque fois qu’un nouveau président s’installe ? Pourquoi tant d’ivoiriens doivent-ils mourir ?

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Guerres en Afrique : les deux péchés capitaux de Barack Obama

Barack Obama in GhanaS’il est un continent dans lequel les cœurs ont le plus vibré à l’unisson pour Barack Obama tant pour sa campagne d’investiture à la présidentielle américaine des Démocrates que pour celle de son entrée à la Maison Blanche, c’est bien l’Afrique. Comment pouvait-on ne pas être partie prenante de ce miracle en réalisation d’un fils de Kenyan devenant président des Etats-Unis d’Amérique ? Rêve fou qui ne pouvait même pas être imaginé il y a 05 ans de cela ! Et une fois l’impensable réalisé, c’est un véritable tremblement de terre qui a parcouru toute l’échine du continent premier. On était tous fiers de cette victoire qui concrétisait, après des siècles de lutte et de la façon le plus magistrale, l’homogénéité de la race humaine. Pour sûr, les choses allaient changer dans la conduite des USA, des affaires du monde. Et par la force de ses gènes, Barack Obama ne pouvait pas oublier l’Afrique.

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Côte d’Ivoire : l’hiver colonial

« Le retour “décomplexé” de l’impérialisme français, avec son maître nord-américain en embuscade, place les Ivoiriens et les populations d’Afrique face à un devoir de lucidité. »

Hiver colonial français en Côte d'IvoireAprès une semaine de bombardements sur Abidjan et le massacre de milliers de civils, l’État français a capturé Laurent Gbagbo. L’objectif est immuable: contrôler ce pays pétrolier par l’imposition d’une pseudo-démocratie acquise à la spoliation de son riche sous-sol au profit de l’Occident.

Se cachant derrière des Nations Unies à la solde des Etats-Unis, le shérif français a revalidé un vieux concept nord-américain: la démocratie s’impose de l’extérieur. A coups de trucages électoraux, de propagande médiatique et de missiles dernier cri! Par ses crimes de guerre en Afrique, la France de Sarkozy est définitivement entrée dans l’Histoire. Comme une puissance coloniale névrosée qui s’accroche “à son rang”, en écrasant dans le sang toute velléité d’indépendance…

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La faim du silence

Une contribution de Ange Kassi

Operation Licorne en Côte d'IvoireSilence, on tue sous mandat
crimes sous mandat jugés dans le silence
Le prix de la démocratie
achetée en sang de peuples
qui ont cru au vote
qui ont pensé au recomptage comme dans toute dispute électorale
Mais
A quoi bon ?
quand leur sang vaut mieux que la vérité
Ils ont donné leur vie
au rythme des obus et des balles
pour que leur âme qui s’élève regarde
du haut
le fruit de leur labeur souillé et spolié
« Mieux vaut chercher un refuge en l’Eternel
que de se confier en l’homme »
1975 n’est pas une année
c’est un viol de la liberté
Qui tue ?
ce silence qui protège les civils en tuant
Ironie de cette protection silencieuse ponctuée de derniers gémissements
plus forts que le bruit des obus et des balles
Mais
1994 n’est pas 2011
2011 est un silence assourdissant
les bottes de la vérité sont aux portes
quand la vérité se présentera
je me demande ce qu’ils diront
car même la honte ne sera plus là pour les recouvrir
les rois ne seront pas nus
car nus, ils le sont

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Ave Gbagbo ! Ceux qui t’ont vu partir te saluent…

Laurent GbagboD’aucuns ne comprennent pas qu’en plein XXIème siècle, il se trouve encore des Africains pour douter de la profondeur de l’amitié franco-africaine. L’amour que la France nourrit pour l’Afrique est pour le meilleur et pour le pire. Seules les “mauvaises langues” persistent à s’imaginer que dans cet attelage, la France s’arroge le meilleur en confinant l’Afrique au pire. Mais peut-être vaut-il mieux pécher par lucidité que par imbécillité. La Cote d’Ivoire donne en effet la pleine mesure de l’immense amour que la France des libertés, de la fraternité et de l’égalité nourrit pour l’Afrique : un amour un peu écarlate, il est vrai. Mais le rouge vif des roses ne symbolise-t-il pas l’éclat de l’amour qu’on témoigne à l’objet aimé ?

L’amour de la France pour l’Afrique est donc si rouge et si vif qu’il se confirme comme un amour négrophage, si carnassier qu’il fait de la France une grande puissance hémophage.

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La manipulation médiatique occidentale : l’Europe

« L’homme contemporain court le risque de devenir un ignorant bourré d’information » – Ignacio Ramonet

Ignacio RamonetVous dites que « le journalisme traditionnel se désintègre complètement ».

Ignacio Ramonet. Oui, parce qu’il est attaqué de toutes parts. D’abord il y a l’impact d’Internet. Il est clair qu’Internet, en créant un continent médiatique inédit, a produit un journalisme nouveau (blogs, pure players, leaks.) directement en concurrence avec le journalisme traditionnel. Ensuite, il y a ce qu’on pourrait appeler la “crise habituelle” du journalisme, qui préexistait à la situation actuelle, c’est-à-dire la perte de crédibilité, directement liée à l’accélération générale des médias ; la consanguinité entre un certain nombre de journalistes et d’hommes politiques. Le tout suscitant une méfiance générale du public. Enfin, il y a la crise économique qui provoque une chute très importante de la publicité, principale source de financement des médias privés. Ce qui entraîne de lourdes difficultés de fonctionnement pour les rédactions.

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Le marché libre a t-il sa place en Afrique ?

Euro, CFA, DollarAlors que la Côte d’Ivoire vit un drame sans précédent à l’issue totalement incertaine, il convient urgemment de rechercher des voies nouvelles pour gérer l’après crise. Il est coutumier de penser que quand tout s’effondre, il faut d’abord remettre sur pied. Certes il faut déjà trouver la porte de sortie à cette violence culminante et reconstruire mais il ne faut absolument pas négliger dès maintenant la réflexion sur les politiques qui éviteront qu’à la prochaine échéance électorale le pays puisse revivre un tel enfer. L’épisode actuel prouve grandeur nature que ce n’est pas un luxe car c’est l’enchainement de mauvaises politiques, de négligences, d’irresponsabilités de la part de dirigeants trop puissants dans un Etat fort trop centralisé qui ont conduit à la situation actuelle.

On constate partout dans le monde que l’augmentation de la liberté économique dans un pays est synonyme de croissance, de paix et de stabilité. Pourquoi l’Afrique se prive-t-elle d’emprunter cette voie ?

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Quel Ivoirien es-tu ? L’amer dégoût d’un destin balafré

Quel Ivoirien es-tu?C’est l’histoire d’un peuple accueillant, sympathique, ouvert, disponible, disposé, pacifique qui méritait de vivre éternellement sous la bienveillante coupole du bon Bélier, mais qui par malheur le laissa s’en aller et qui, depuis, s’en trouve ébranler.

C’est l’histoire que l’on tente de peindre, depuis que les obus font agoniser, saigner, pleurer, souffrir le calvaire de la folie d’une guerre sans gloire et pleine de misère.

Belle histoire que celle de cette Côte d’Ivoire qui, paraît-il, n’en méritait pas tant !  « C’est injuste, c’est injuste, qu’avons-nous fait pour avoir à supporter autant ? »

Crions notre malheur, crions notre horreur, allez, constituons des groupes de solidarité et d’entraide, chers Facebookeurs ! Mais entre quatre murs, sous la couchette, apeurés, ou devant iTélé, le souhait demeure le même : il faut, il faut, IL FAUT QU’ “IL” MEURT !

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Ouattarakozy

Nicolas Sarkozy et Alassane OuattaraLes hommes politiques, les hautes instances qui ont élu dans leurs urnes onusiennes Alassane Ouattara, sont comptables désormais du comportement criminel des troupes du premier chef d’état élu, en toute indépendance coloniale, par la communauté internationale. Le premier éjecteur étant, allez savoir pourquoi, Nicolas Sarkozy !

L’avenir, dont les indiscrétions percent toujours les plus épais silences nous révélera peut-être, une nuit sombre d’aveux, les raisons de cette affection fraternelle pour le général en chef des « dozos », ces chasseurs traditionnels du nord, qui ne ratent jamais le gibier.

Sans prendre parti, ni pour l’élu de l’intérieur, ni pour l’élu de l’extérieur, les saints étant rarement au pouvoir, on ne peut ignorer les cadavres des mille morts de Duékoué, les populations massacrées, jetées dans les puits, la fusillade le dimanche 3 avril, de dix fuyards, blottis dans la cathédrale San Pedro, l’incendie des villages du ministre Blé Goudé et du footballeur Didier Drogba, l’assassinat de Philippe Remond, professeur, français, et ami de Gbagbo, mort pour cette seule raison.

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Vous avez aimé Lumumba ou Sankara ? Vous allez adorer la fin de Gbagbo !

Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Laurent GbagboComment dirait mon amie Calixthe Béyala, il est légitime que des leaders africains veuillent un peu plus d’argent pour les Peuples Africains. Alors oui, la démocratie au canon va peut-être marcher dans un premier temps en Côte d’Ivoire (encore faudrait-il avoir un soutien populaire sans faille) !

Lumumba est mort, Mobutu est arrivé et le Congo Kinshassa n’est pas devenu le géant économique dont l’Afrique aurait grandement eu besoin en son centre névralgique. Sankara éliminé au Burkina Faso, Compaoré a lancé une forme de libéralisation de l’économie du Faso dont les fruits ne sont peut-être pas si manifestes en tous cas, pas assez et voilà la soldatesque qu’on ne voyait plus dans les rues de Ouagadougou arpenter la capitale du pays des hommes intègres.

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9 bonnes façons de tuer un Ivoirien

IvoiriensL’Ivoirien, c’est cette espère rare, teigneuse, têtue, tenace, d’une franchise insolente, difficile à comprendre et à apprivoiser, qui n’aime pas vivre en cage et adore les grands rassemblements.

Pour pouvoir abattre cette espèce dangereuse qui tend à contaminer tout ceux qui l’approche de sa fièvre de liberté, voici 9 bonnes façons d’agir sans trop prendre de risque et sans trop se salir les mains.

1- FERMEZ LEURS BANQUES

C’est connu, les plus grandes vertus de l’homme ne résiste pas à la pauvreté. Comment se rebeller quand on a faim, soif et que tout est inaccessible par manque d’argent? Un ivoirien pauvre, est un ivoirien à moitié mort…mais certains ont suffisamment d’argent cachés sous leur lit, dans un canari ou dans un coffre fort, donc il en restera toujours.

2- BLOQUEZ LES PRODUITS PÉTROLIERS

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Sarkozy en “racaille” de guerre, passe la Côte d’Ivoire au Karsher sans mandat de l’ONU

Nicolas SarkozyAujourd’hui, en Côte d’Ivoire, Nicolas Sakozy a mis en œuvre une forme de “solution finale”, en écho à son fameux Discours de Dakar de 2007 sur « l’Homme africain n’st pas assez renré dans l’Histoire ». Demain, Sarkozy doit faire un discours sur Césaire, grand défenseur du Peuple Noir au Panthéon, alors qu’il donne du canon contre l’armée ivoirienne à Abidjan. Césaire doit se retourner dans sa tombe !? Et les soi-disant “hommes et femmes d’Etat africains” se terrent, même au Gabon. Aucune réaction de Mamboundou, de Ping ou de Mba Obame. C’est dire !? Que sont les grandes figures de nos pays, devenues ? L’argent et le pouvoir ne suffisent pas, comme nous l’a montré Mandela.

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Abidjan, la perle des cadavres

Abidjan en feu le 04 Avril 2011La situation actuelle, cette crise que je vis avec ma famille est douloureuse. J’ai du traversé tout Yopougon à pieds aujourd’hui, de Niangon Académie au Quartier Millionnaire (plus de 10 kms de marche) avec femme et enfants pour fuir l’insécurité occasionnée par les ex-prisonniers qui attaquent sournoisement les domiciles. Les corps des combattants FRCI tombés trainent encore en putréfaction et commencent a dégager une odeur nauséabonde. Ma petite famille est traumatisée…

Et pourtant je bénis le nom de Dieu de me faire vivre cette crise, je le remercie car mes yeux et mon cœur se sont ouverts, je sais maintenant ce que sont l’injustice, le mensonge et la cruauté des hommes. Et je comprends que ce que j’ai pu lire dans mes livres d’histoire, n’est pas forcément ce qui s’est réellement passé. Je comprends que la plus grande pandémie qui sévit en Afrique actuellement n’est pas le sida, c’est la politique, ou plutôt, ce sont les politiciens.

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Film d’animation : une Ivoirienne, égérie de la nouvelle génération d’artistes Africains

Linda ManouanSi la propre nature qu’on attribue à la notion de l’art, rend dans notre quotidien, la vie plus alléchante que l’art, alors laissez vous éblouir par le sourire de cette fleur sensorielle veloutée de charme: Linda Manouan. Trilingue, ayant obtenu plusieurs prix d’excellence dans l’univers artistique et son parcours académique, notamment le Prix ArtsDream, le prix du meilleur photographe, le prix de l’étudiante exemplaire, Linda est diplômée d’un Bachelor en Beaux-Arts, spécialisation en film d’animation à Mel Hoppenheim School of Cinema de l’Université Concordia de Montréal.

Linda Manouan a été formée et conseillée par les meilleurs professeurs durant son parcours, en l’occurrence Marcus Von Holtzendorff, ayant travaillé sur des plateaux à Hollywood ; et a bénéficié également de l’expérience de Shira Avni et Cilia Sawadogo (réalisatrices à l’Organisation Nationale du Film), et d’artistes récipiendaires d’Oscars telles que Torril Kove, Joyce Borenstein.

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L’Afrique se relèvera

AfriqueJe parle de souveraineté de cette nation, et vous me dites: conflit post-électoral
Je parle de l’avenir de ce pays de cette nation, et vous me dites: certification
Je parle de possession de ses propres resources, et vous me dites: tu es LMP
Je parle de developement de ma nation, et vous me dites: blocus
Je parle de libération de 400 ans d’esclavage, d’exploitation, et vous me dites: RHDP
Je parle d’essuyer les larmes de mon Afrique, et vous me dites: bombardements aériens
Je parle de Pan-Africanisme, pour l’avenir de ce continent, et vous me dites: président

La vérité: l’avenir de l’Afrique c’est toi et moi, quelque soit le bord d’où tu viens. La politique ne doit jamais s’opposer à l’avenir de notre héritage.
On nous parle de paix, mais la paix ne peut-être bâtit sur le faux.
L’Afrique doit-être capable de se relever, de féliciter ses enfants, et aussi leur faire des reproches.

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Nos “courageux” officiers Ivoiriens

Général Philippe Mangou– Qui ne se souvient pas de cette phrase? « S’ils veulent la guerre, il y aura la guerre! » ;
– Qui ignore l’auteur de cette phrase? A mon avis, personne: [il s’agit bien du] Général Philippe Mangou himself.

Pour ceux qui ne le savent pas Philippe Mangou, notre Chef d’Etat-Major des Armées (CEMA) a été élevé au grade de Général de Corps d’Armée, faisant de lui, le troisième officier à accéder à ce statut parmi les FANCI (Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire). C’est vous dire l’importance de cet homme.

Alors, grande fut ma surprise lorsque j’ai appris par le communiqué de Mme Zodwa Lallie, Ambassadrice d’Afrique du Sud en Côte d’Ivoire, que le sieur Mangou, sa femme et ses cinq enfants, se sont réfugiés à l’ambassade d’Afrique du Sud.

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Au secours, Tidjane Thiam !

« Sur la mort, retenons-nous de commenter… » – Marcel L.

Tidjane ThiamCe samedi 02 avril 2011, après dix-sept heures ininterrompues sans électricité et sans eau, la baraka me permet enfin, puant et suant, de rebooter mon Qosmio. C’est parti, je lance Windows 7, Google Chrome, Facebook tab, et que vois-je ? Monsieur Tidjane Thiam !

Le brillantissime intellectuel Franco-Ivoirien de 49 ans, grand patron de Prudential PLC, surdoué (1er polytechnicien ivoirien à 20 ans), surdiplômé (de l’École Polytechnique puis de l’École des Mines de Paris), surdimensionné (1,95 m), est l’objet d’un tonnerre d’applaudissements virtuels et d’une rafale (tiens, tiens…) de qualificatifs forcément mérités (« excellent », « visionnaire », « exemplaire », « exceptionnel », « modèle », « pertinent »… ouf  !), suite à une de ses récentes interventions sur RFI.

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Le pétrole n’aime pas la politique

Le pétroleQuelle irrationalité apparente sur le marché pétrolier ! Un baril à 3 dollars avant 1973, bondissant cette année là à 12, puis à près de 40 en 1979, puis s’effondrant dans les années 80, avant de repartir à la hausse pour culminer à 145 dollars en juillet 2008, pour se retrouver à 40 un an plus tard et le voici aujourd’hui à nouveau bien au dessus des 100 dollars. Certains y voient la preuve que le marché est fou ou aux mains des spéculateurs. La réalité est bien différente : certes, il est normal que le prix varie suivant les conditions économiques, mais le marché pétrolier est avant tout un faux marché, manipulé par les politiques, les révolutions, les guerres,…Le pétrole n’aime pas la politique, qui trouble le libre jeu du marché.

L’OPEP contre le marché

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Réflexions angoissées sur l’Éburnie en dérive – Vision 4 : Laurent et Alassane ?

Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraLe rêve est-il possible?

Combien d’Ivoiriens vous ont déjà vu de près?
Combien ont bénéficié de vos largesses ou partagé votre repas?
Qui de vous deux a la capacité de ramener à la vie toutes ces personnes surprises par la mort, massacrées sans raison valable!
Combien de cadavres? Quel décompte macabre vous faut-il pour abréger les souffrances de pauvres gens qui ne demandent qu’un peu de quiétude pour chercher leur pitance quotidienne, loin des flonflons et des vrombissements de vos chevaux de fer!
A moins que votre but, le fin du fin, ne soit de régner sur nos tombes? A condition bien sûr d’être l’un ou l’autre, le dernier des Mohicans!

Vous seuls, et personne d’autre, aucune communauté internationale ou africaine, oui, je dis bien personne d’autre que vous ne peut arrêter la machine infernale, la grande faucheuse qui broie quotidiennement des enfants d’ici, rebelles ou patriotes, LMP ou RHDP, Simples citoyens Lambda, mais avant tout fils et filles de cette terre d’Éburnie.

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Réflexions angoissées sur l’Éburnie en dérive – Vision 3 : quelle jeunesse pour notre avenir ?

Charles Blé Goudé et Guillaume SoroLOUBARD contre FESCISTE, temps nouveaux pour la jeunesse ivoirienne

Une nouvelle vocation venait d’être donnée à la jeunesse.

Désœuvrée, elle pouvait se gonfler les muscles et devenir loubard.

Instruite, elle devait s’enrôler dans la FESCI (Fédération Estudiantine de Côte d’Ivoire) et militer à coups de sifflets et de machettes.

Le droit à la différence, de quoi parlez-vous?

Après l’endoctrinement au sein du MEECI (Mouvement des Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire), l’embrigadement dans la FESCI.

A prendre ou à laisser, en tout cas, circulez, il n’y a plus rien à voir, ni à découvrir dans cet Enfer, pardon cette Université.
Une terreur sans nom s’est abattue sur les amphithéâtres, désertés par tous les thésards. Vivent les « Cambodgiens » et autres « crève-la- faim », fruit d’un enseignement télévisuel. Conjoncturel moribond. Étudiant à vie comme on était Président à vie.

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Réflexions angoissées sur l’Éburnie en dérive – Vision 2 : passé récent

Probo KoalaLa démocratie, en Afrique, une arme de destruction massive?!

Après le Navire Probo Koala qui a déversé des déchets toxiques dans le District d’Abidjan, faisant des dizaines de morts en aout 2006 et des milliers de personnes encore et toujours empoisonnées;

Après novembre 2004, où un déluge de feu de la Force Licorne s’est abattu sur des centaines de jeunes manifestants à l’Hôtel Ivoire;
Après une rébellion qui depuis 2002 prolonge une agonie sans fin des habitants de ce pays;

Après des élections calamiteuses en octobre 2000, et un 24 décembre 1999, ouvrant la porte au premier coup d’état réussi en Côte d’Ivoire, un Noel sans effusion de sang avait-on dit à l’époque;

La porte de l’enfer se serait-elle ouverte définitivement sur la Côte d’Ivoire?
Avec qui prenions –nous rendez-vous ce jour où nous avions réclamé et obtenu cette chose qui se nomme DÉMOCRATIE.

Démocratie ou démoncratie?

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La presse ivoirienne au banc des accusés

« Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. » – Jacques Prévert

Venance KonanLa presse écrite nationale joue, au même titre que les acteurs politiques, un rôle funeste dans la crise ivoirienne. Exploitant une population intellectuellement amorphe et culturellement portée vers “l’affairage” (cette médisance ivoirienne prolixe), la presse écrite a été, depuis le début de la crise, le vecteur principal de l’animosité que se témoignent aujourd’hui nos communautés.

Parcourir les articles publiés dans nos quotidiens ou relayés sur la toile pourrait constituer, si besoin était, une thérapie efficace contre l’empathie, tant l’acrimonie est profonde. Exemple, cette énième diatribe de Venance Konan, intitulée « En voiture Simone », publiée au plus fort de la crise postélectorale, qui compare Simone Gbagbo à Jézabel, ce personnage de l’Ancien Testament que la dédicace éponyme de l’artiste anglais Sade n’aura pas suffi à embellir.

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Réflexions angoissées sur l’Éburnie en dérive – Vision 1 : bond dans le présent

Côte d'IvoireIl y a deux jours, je me suis retrouvée prise entre deux feux alors que j’allais tranquillement au travail, gagner mon pain quotidien et nourrir mes enfants.
Des tirs de mitraillettes, des lance-roquettes en plein rue, à huit heures 15mn du matin, du côté de la “casse” en pleine voie express de l’autoroute du Nord
Voilà comment on se retrouve inscrit sur la liste des dégâts collatéraux d’un conflit sans nom…

Une crise post-électorale…

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La titrologie ivoirienne est un poison

La presse écrite ivoirienne a habitué les Ivoiriens aux titres ronflants mais au contenu zéro, faisant fi de toute déontologie et non sans faillir à sa mission première qui est d’informer et d’éduquer la population

Titrologie en Côte d'IvoireLa lecture qui se limite, simplement et uniquement, aux pages de garde des quotidiens est une pratique courante et prisée qui ne laisse personne indifférent, tant à Abidjan que dans les autres villes ivoiriennes. Les personnes qui pratiquent cette forme de lecture se retrouvent dans toutes les couches socioprofessionnelles ivoiriennes et sont connues, en Côte d’Ivoire, sous le nom de “titrologues” et l’on parle du phénomène de la “titrologie”.

En effet, la titrologie est, vous le savez sans doute, un néologisme issu du français populaire d’Abidjan et fréquemment utilisé en Côte d’Ivoire, pour désigner le comportement des individus qui se contentent de lire les titres et non les contenus des journaux. En d’autres termes, on parle de “titrologues” [quand on a affaire à] des personnes qui, chaque matin, s’attroupent devant les kiosques à journaux et “s’informent” en parcourant les différentes unes, c’est-à-dire les titres, rien que les titres, sans lire les articles des journaux.

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Halte, coupé-décalé ! Enfance ivoirienne en danger…

NOTE DE LA RÉDACTION : l’article suivant a été écrit et publié le 25 mars 2011, soit un (1) an AVANT la publication en ligne des violentes actions commises par l’artiste ivoirien Arafat DJ en mars-avril 2012.

Arafat DJArafat DJ Yôrôbô est un phénomène. Non, pas un de ces phénomènes que l’on trouve aujourd’hui dans nos sauces graines, mais un phénomène de la musique ivoirienne avec tout le fardeau que ce qualificatif revêt. Fils d’une “vixen” de la scène locale et d’un arrangeur talentueux (1), le jeune homme de 25 ans possède cette volubilité juvénile qui l’a rendu populaire. Nombre sont ceux, des enfants pré-pubères aux adolescents indociles aux adultes en collision avec le stress des responsabilités, qui se “retrouvent” dans la mixtion de la voix grave et enrouée sur tempo syncopé à 200 battements par minute du jeune prodige.

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Comprendre la dévaluation du Franc CFA en 1994

En 1995, le Pr. Mamadou Koulibaly analysait l’environnement bancaire qui a conduit inéluctablement à la dévaluation du Franc CFA. Son analyse permet de comprendre l’enchainement de réformes et de circonstances qui a conduit à cette mesure. Un flash-back éclairant.

Monnaie Franc CFAQuelques mécanismes de surveillance du système bancaire dans les pays africains de la Zone Franc avant la dévaluation de janvier 1994

1/ Depuis la fin des années 1980, les économistes étaient unanimes à reconnaître que le Franc CFA était surévalué, même si leurs opinions divergeaient quant à savoir quel était le taux exact de cette surévaluation. Pour une économie comme la Côte d’Ivoire, leurs estimations allaient de 50 % à 150 % alors même que le pays franchissait sa décennie d’application de Programmes d’Ajustement Structurel [PAS] avec leurs différentes mesures d’austérité et de rigueur financières.

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Ordures ménagères à Abidjan : quelles solutions ?

Les campagnes “ville propre” n’ont pas suffi à inculquer un sentiment d’appartenance et une responsabilisation à la population abidjanaise. Il est important que celle-ci comprenne que les déchets qu’elle fustige sont le fait de son mode de vie.

Les ordures ménagères à AbidjanEtat des lieux

Le problème de la gestion des déchets ménagers dans le District d’Abidjan a atteint des proportions inquiétantes. Les montagnes de déchets qui jonchent les abords des rues menacent la santé des populations abidjanaises.

Les risques environnementaux et sanitaires liés à l’existence de ces déchets devraient pourtant faire réagir vigoureusement les autorités politiques en charge de leur gestion. Mais il en est autrement. Et les solutions incohérentes, voire balbutiantes, qui ont été adoptées depuis l’arrêt des activités de la Société Industrielle des Transports Automobiles Africains (SITAF) au début des années 1990, n’ont pas permis de régler la question. Pire, la conjugaison des facteurs sociopolitiques et les difficultés économiques dans lesquelles la Côte d’Ivoire s’est enfoncée ont aggravé la situation.

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La guerre de la foi : du problème musulman-chrétien en Côte d’Ivoire

« Les [diverses religions] partagent une conception commune de Dieu (…), mais aussi une compréhension commune que le mal existe. Si nous ne travaillons pas pour le bien commun, il n’y en aura aucun. » – Rick Warren, Chrétien; 2011

« Les limites [au dialogue inter-religieux] sont nombreuses. Et l’une des limites est la peur (…). [Pour ma part,] être parmi des gens de foi, qu’ils soient chrétiens, juifs ou hindous, fait de moi une meilleure musulmane. » – Najeeba Syeed-Miller, Musulmane; 2011

Eglise et mosquée

De tous les problèmes que la crise ivoirienne a créés ou exacerbés, le plus sournois, le plus malin, le plus dangereux est le problème religieux. Nous l’admettons d’emblée : il est plus simple d’ignorer le problème religieux que de le confronter ; il est plus facile de fustiger la religion de l’autre, en privé, et d’exhiber une tolérance de façade en public. La religion est un sujet sensible. Contrairement aux autres aspects de la crise qui sont tous plus ou moins rattachés à une vision d’ensemble, la question religieuse reste, avant tout, individuelle. Elle a trait à la croyance héritée ou développée qui fonde l’identité et le caractère d’une personne. Elle est une profession de foi intime, qui confesse une affiliation sincère (ou factice) au divin.

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Affaire de dignité

Dignité

I.

Si la dignité nous a semblé
la vie durant
étouffée par l’arrogance des dépotoirs,
défaite par les guirlandes
de billets de mille
lâchés
le long du Latrille –
le policier rit,
sa bedaine
pleine de notre dignité ;

Si la dignité nous a semblé
la vie durant
éther, rêverie de poète ;
au bout de la longue course,
mirage pris en chasse
par les rayons de nos soleils,

c’est qu’alors il faut au moins mourir digne.

Bien sûr
l’accident
la ba
           lle
per
                        due
la crise cardiaque
le palu
le sida

Bien sûr
l’ah-vé-cé
le diabète
le cancer
les reins usés…

Mais jamais moins que ce qu’on réserve aux chiens
jamais nos restes aux chiens
jamais nos mères sur le goudron
leurs âmes ouvertes
à la béance des caniveaux

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TCI, la grande désillusion

TCI-RTIIl y a peu j’apprenais sur la toile la naissance d’une chaine de télévision. La dite s’appelle TCI, Télé Côte d’Ivoire. Du nouveau me dis-je. Enfin aurons-nous une chaine de télévision autre que la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), partiale, et les chaines françaises, dont on ne sait si elles sont partiales, incompétentes ou les deux, ou tout simplement manipulatrices. Une chaine qui, on espère, nous donnera sans doute une autre lecture de l’information politique en Côte d’Ivoire. Une lecture plus saine, plus juste, plus impartiale (…).

Entendons-nous bien, TCI n’est pas la RTI. Il s’agit d’une chaine “privée” pirate mise en place pour atteindre des objectifs politiques dans un contexte de quasi-guerre. Il ne s’agit donc pas d’attendre d’elle une mission de service publique comme on l’attend de la RTI. Mais la première question qu’on se pose quand on annonce la création d’une chaine de télévision, c’est qu’est-ce qu’’elle va apporter de nouveau ? De plus ? En bien évidemment !

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Message à André Silver Konan

NOTE DE LA RÉDACTION : ce message, envoyé à notre rédaction par son auteur, fait suite à la “déclaration” du 22 mars 2011, d’André Silver Konan, journaliste-écrivain, intitulée “Epitre n°2 à Laurent Gbagbo: Vous êtes mal barré”, publiée dans Le Nouveau Réveil.

André Silver KonanCher frère,

Je suis même tenté de dire cher petit frère sans vouloir tomber dans le grandfrèrisme africain,

En première intention, je ne voulais pas réagir à ton article pour des raisons que je trouve inutile d’évoquer. Mon intention n’est nullement d’entamer une polémique parce que nous ne nous connaissons pas personnellement. Je réagis par rapport à ce que j’ai lu, par rapport à tes idées, par rapport à ton approche, par rapport à tes réactions.

Je n’ai aucune connaissance de ton “Epitre n°1. Néanmoins, en lisant cet article intitulé “Epitre 2″, je peux m’imaginer ce que la première partie était.

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Or Machiavel avait raison !

Machiavel en Côte d'Ivoire?Nicolas Machiavel (Nicollo Machiavelli), homme politique et philosophe Italien, né à Florence en 1469 demeure célèbre pour ses thèses extrémistes qui ont fondé le machiavélisme. Et pourtant, la situation que vit mon pays la Côte d’Ivoire m’a poussé à m’intéresser à ses écrits, tant ses citations m’ont paru fort adaptées à la dérive ivoirienne de cette dernière décade.

Vu qu’à présent les deux clans belligérants s’accordent à user de la force en lieu et place de tout dialogue, nous nous accorderons à dire comme notre philosophe qu’« il y a de bonnes lois là où il y a de bonnes armes ». Le clou final de cette élection présidentielle ivoirienne serait clairement illustré par cet extrait de son œuvre Histoires Florentines : « les grands hommes appellent honte le fait de perdre et non celui de tromper pour gagner ». En effet, la seule chose qui compte aux yeux de nos brillants politiciens, c’est la victoire, rien que la victoire. Mais de quelle victoire est-il question ?

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Ces phénomènes auxquels les Ivoiriens croient…

« C’est le cœur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison. » – Blaise Pascal

Phénomènes ?Lorsque le 10 mars 2011, l’Union africaine (UA) prenait la décision de reconnaître l’élection de Alassane Ouattara « en qualité de Président de la République de Côte d’Ivoire », combien auraient pu prédire que le débat politique qui s’en suivrait, ferait place à un surprenant continuum d’hyperboles allégoriques sur les apparitions successives cœur dans une sauce graine, d’un pan de nuage baladeur et d’un halo solaire lumineux ?

Entre le cacao ivoirien embrigadé par les traders internationaux, la pénurie des médicaments dans les centres pharmaceutiques, le taux de chômage exponentiel, l’insécurité quotidienne et les routes abidjanaises encombrées de ces immondices géantes dont raffole le bacille du choléra (déjà coupable, en Haïti, dans des conditions similaires, d’une épidémie dévastatrice), les Ivoiriens ne manquent pas de sujets d’inquiétudes.

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Abidjan brûle t-il ? Alassane Ouattara et la méthode Malaparte contre Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraQui dirige la guerre civile contre le régime de Laurent Gbagbo? Peut-être faudrait-il dire Guillaume Soro, tant l’option militaire lui reste assignée, dans un jeu de rôle peut être réglé avec son mentor et “Président”, Alassane Dramane Ouattara, si ce n’est le nouveau “Général” Ibrahim Coulibaly (ex-garde du corps de Ouattara et éphémère leader de la rébellion) selon la dernière rumeur? Ou bien faut-il mettre aussi en ligne l’ONUCI et surtout la Force Licorne? Tant certaines techniques de guérilla urbaine se trouvent alliées visiblement à cette vieille tradition de la “guerre révolutionnaire”, tout ce savoir pratique sur les émeutes et comment les réprimer, le contrôle des communautés villageoises et le perpétuel renseignement, lié via l’Infanterie de Marine, à la tradition coloniale la plus classique, considérons donc Ouattara comme un emblème, le Signifiant d’un “intellectuel collectif” et voyons comment il applique la théorie à la chose militaire.

Alassane Ouattara et la conquête du pouvoir

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Tanger : le printemps des femmes d’Afrique

Une contribution de Colette Braeckman

Femme d'AfriqueC’est un mouvement de fond, dont on mesure encore mal l’ampleur et les conséquences: les femmes d’Afrique et du monde Arabe déboulent dans l’arène politique, bien décidées à s’y tailler une place et à faire bouger les lignes. Alors que les révolutions de Tunisie et l’Egypte avaient révélé la mobilisation des femmes, le sommet qui [s”est tenu] à Tanger du 8 au 11 mars 2011 confirme le phénomène : ce premier forum des femmes élues locales d’Afrique a rassemblé près de 600 participantes, venues de presque tous les pays du continent et réunies à l’initiative du mouvement municipaliste CGLUA (Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique), organisateur des rencontres “Africités“.

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L’Afrique doit s’unir

Kwame N'krumah et Félix Houphouët-BoignyLa médiation de l’Union Africaine en Côte d’Ivoire a été soumise à rude épreuve. Deux thèses se sont opposées au sein du panel. Jacob Zuma, le président Sud-Africain, souhaitait une transition d’un an devant aboutir à des élections libres et transparentes. [Blaise] Compaoré, le président Burkinabé, dont la proposition a été retenue à la majorité du panel (3 voix contre 2), proposait un partage du pouvoir avec Alassane Ouattara comme Président. Si une fumée blanche est sortie du conclave d’Addis-Abeba, l’espoir d’une solution pacifique s’éloigne jour après jour en Côte d’Ivoire.

[En effet,] l’option de partage du pouvoir, la moins incongrue des options proposées jusque-là, arrive trop tard. La guerre en Côte d’Ivoire est bien-là, avec son flot incessant d’innocents abattus, de civils égorgés ou brûlés vifs et des milliers de déplacés.

Au moment où l’Houphouétisme, revisité à coups de kalachnikov, espère un retour au palais [présidentiel], un devoir d’inventaire de cette pensée s’impose aux Ivoiriens.

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La jeunesse ivoirienne : le mouton du sacrifice

Charles Blé Goudé“Si 1000 entreprises ferment en Côte d’Ivoire, 1000 autres ouvriront” disait le très zélé Affi N’Guessan lors d’une de ses multiples interventions qui ont succédé à la proclamation des résultats de l’élection ivoirienne.

Où sont ces entreprises Monsieur Affi ?

Aujourd’hui des milliers d’Ivoiriens ont rejoint le rang, déjà bondé, des chômeurs.

Monsieur le Ministre de la Jeunesse et de l’Emploi, Charles Blé Goudé, au lieu de chercher à insérer les jeunes dans des entreprises, leur a trouvé des emplois comme “tenancier de barrage patriotique” sur les routes. Un travail non rémunéré, risqué, mais qui a au moins l’avantage, pour ces oubliés de la vie professionnelle, de se sentir important…

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La banque, instrument financier ou outil politico-économique ?

Philippe-Henri Dacoury-TableyLes banques revêtent aujourd’hui un intérêt particulier pour tout Ivoirien. Les banques ont fermés, plongeant [la population] dans un dénuement total. Plus d’ argent parce que les banques sont à court de liquidités, pénurie de liquidité liée à la fermeture de la compensation interbancaire multipolaire par la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Définissons tout d’abord ces deux institutions, objet de notre développement.

Une banque est une entreprise qui fait le commerce de l’argent: elle reçoit et garde pour le compte de ses clients leurs capitaux, propose divers placements (épargne), fournit des moyens de paiement (chèques, carte bancaires, etc.) et de change, prête de l’argent, et plus généralement se charge de tous services financiers. Les banques sont soumises à une législation stricte d’exercice et de contrôle. Elles assurent pour l’État la traçabilité des opérations financières et contribuent à la lutte contre les trafics.

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La crise ivoirienne ou le prélude de la guerre Chine contre Occident en Afrique

La Chine contre l'Occident en Afrique?Depuis le début de la crise ivoirienne, tout et son contraire ou presque ont été dits. Les Occidentaux soutiennent presque tous M. Ouattara (qu’ils appellent “Président élu”), alors que les Africains soutiennent presque tous le président sortant Gbagbo (qu’ils désignent par “Président Réélu”). Au-delà des choix partisans pour l’un ou l’autre (…), il est intéressant de constater qu’il y a une autre bataille, celle-là à distance, qui est en train de se jouer entre la Chine et l’Occident en Côte d’Ivoire. A travers des appuis militaires directs ou indirects…

L’Occident défend une vieille idée de l’Afrique dans laquelle il contrôle tout à travers ses hommes de mains et s’accommodent volontiers d’une misère de masse. La Chine est celle qui veut changer la donne et faire de l’Afrique la vitrine de sa puissance économique et militaire hors d’Asie. Ce qui froisse fortement l’Union Européenne et les Etas-Unis. Mais ces derniers ont-ils la force et l’énergie pour résister longtemps au rouleau compresseur chinois qui a malencontreusement décidé de faire de l’Afrique un des piliers de sa superpuissance en construction ? Exactement comme les Etats-Unis avaient fait de l’Europe il y a 66 ans ?

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Quelle souveraineté défendre en Côte d’Ivoire ?

Marché en Côte d'IvoireDans la cohue des slogans, des écrits, des revendications, des manifestations, des déclarations politiques qui se bousculent actuellement en Côte d’Ivoire, le mot souveraineté revient incessamment. Le problème ivoirien ne serait plus figé entre deux hommes, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, il se situerait au niveau des pressions extérieures exercées par la dite « communauté internationale ». On ne peut certes nier les interférences externes qui ont contribué à la détérioration et à l’enracinement des positions radicales entre les deux camps adverses. Cependant, cette souveraineté fragile, voire inexistante face au reste du monde et singulièrement face à l’ancienne puissance coloniale n’est pas un fait nouveau dans le pays et aucun leader politique ivoirien ne s’y est vraiment attaqué depuis les indépendances. Alors même que le Président Gbagbo se présentait dans ses discours comme un fervent défenseur de la souveraineté de son pays, dans ses actes, il n’en a rien été.

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La Côte d’Ivoire à travers le prisme occidental

Guy LabertitAvant la réunion au sommet de l’Union Africaine qui doit définir, le 10 mars, les mesures contraignantes qui seront mises en œuvre pour une sortie politique de la crise post électorale en Côte d’Ivoire, quelques rappels s’imposent pour mieux comprendre pourquoi une simple élection présidentielle dans un Etat d’Afrique suscite l’engagement déterminé de la France, des Etats-Unis et du monde occidental en faveur d’un candidat Alassane Ouattara, son adversaire Laurent Gbagbo étant diabolisé par les mêmes. Ce dernier peut compter sur les Etats africains les plus puissants de l’espace non francophone, à l’image de l’Afrique du Sud et de l’Angola, mais à la notoire exception du Nigéria dans l’orbite de Washington. La Russie et dans une moindre mesure la Chine traînent le plus souvent des pieds à l’ONU.

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Côte d’Ivoire : la logique de l’absurde ?

L’interdiction temporaire annoncée par Ouattara de l’exportation de cacao va faire surtout l’affaire des spéculateurs, notamment la société Armajaro qui a acquis, en juillet 2010, 20% de la production ivoirienne et 15 % des stocks mondiaux. Cette société a investi 1 milliard de dollars et en tirera un profit substantiel à la suite de cette décision de Ouattara, dont le beau-fils, Loïc Folloroux, 35 ans, n’est autre que le directeur Afrique.

Peirre SanéLe scénario du pire, l’intervention armée de l’extérieur, ayant semble-t-il été écarté, voici que se déploie sans peur des contradictions la stratégie de l’absurde.

On nous promet un “étouffement économique et financier” de la Côte d’Ivoire: interdiction d’exportation du cacao, interdiction faite aux banques de “coopérer” avec le régime de Laurent Gbagbo, interdiction de paiement des salaires des fonctionnaires et des soldats, gel des avoirs d’individus et de sociétés nationales et privées, restrictions de déplacements, autant d’actions à la légalité pour le moins douteuse.

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Blocus financier en Côte d’Ivoire et perspectives bancaires en zone UEMOA

Perpectives bancaires en Côte d'Ivoire et en Zone UEMOAINTRODUCTION

La récente fermeture de plusieurs établissements bancaires en Côte d’Ivoire, sans préavis auprès des autorités et dépositaires locaux, en plus de l’incapacité de ces derniers de retirer leurs avoirs ont entrainé des soubresauts sociaux. Des milliers de ménages se voient aujourd’hui privés de leurs ressources propres, avec en prime aucune possibilité de recours ou d’indemnisation.

Les établissements concernés pour la majorité d’entre eux, filiales de groupes bancaires étrangers ont fait savoir à leurs clients, après fermeture, que les conditions techniques, sécuritaires et juridiques en Côte d’Ivoire, ne sont pas réunies pour l’accomplissement de leurs missions. Par conséquent, dans l’attente d’un rétablissement de la situation favorable à leurs activités, les établissements restent indisponibles temporairement. L’état de Côte d’Ivoire dans le but de défendre ses milliers de citoyens qui sont clients de ces banques a décidé de prendre le contrôle total de certains établissements dans lesquels elle était déjà actionnaire et les faire fonctionner pour le bien être de sa population.

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Opération Licorne en Côte d’Ivoire : 500 millions d’Euros par an. Voici pourquoi.

L'Opération Licorne française en Côte d'IvoireRésumé : Le présent travail porte sur l’intervention militaire française en Côte d’Ivoire. Il s’est donné un double défi théorique et pratique: d’abord analyser les motivations de l’engagement militaire d’une puissance étrangère dans un conflit domestique, élaborer un modèle analytique à partir de la géopolitique nouvelle, puis l’apprécier à la lumière de l’ntervention militaire de la France en Côte d’Ivoire.

L’intervention française a fait l’objet de moult spéculations pour la plupart narratives voire pamphlétaires. L’originalité de cet article réside dans la capacité de son auteur à systématiser les motivations de la France en s’appuyant sur la dynamique du dehors par une analyse multidimensionnelle et pluri-scalaire. En se focalisant sur des déterminants géopolitiques précis, l’auteur a mis en lumière les considérations idéologiques souvent occultées dans les écrits sur la question. Prenant le contrepied des chercheurs qui tendent à marginaliser le rôle de l’Afrique dans la mondialisation économique, l’auteur a montré l’importance stratégique de l’espace africain, et ivoirien en particulier, pour les grandes puissances qui justifient davantage l’opération Licorne. Il en conclut que cette opération est capitale tant pour la France que pour la Côte d’Ivoire et les pays de la zone Franc CFA.

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La guerre est là : fais la paix avec ton Créateur

« Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. » – La Bible; Hébreux 9:27.

Lire la BibleMa sœur, mon frère,

L’innommable absurdité qu’on appelle la guerre est de retour chez nous en Côte d’Ivoire. C’est une triste réalité qu’il faut accepter comme telle, afin de pouvoir combattre contre elle: la guerre est là, plus vicieuse que jamais, dans notre chère patrie. Bien qu’il ne soit jamais trop tard pour arrêter la dégringolade en enfer, il faut savoir se rendre à l’évidence:

– la guerre économique que beaucoup ont banalisé, s’annonce encore plus cynique avec la démonétisation annoncée du franc CFA;
– la guerre religieuse, que personne ne voulait imaginer, a débuté avec les destructions réciproques d’églises et de mosquées à Koumassi et Yopougon;
– la guerre civile, celle même qu’on voulait éviter, est belle et bien là avec les combats à l’arme blanche à Koumassi et Abobo, de même que dans plusieurs villes de l’intérieur, avec ses corollaires de déplacés, de violées et d’assassinés.
– la guerre militaire, qui oppose les factions rebelles et loyalistes, est déjà très avancée à Boundiali, Touba, et dans l’Ouest du pays [et depuis le 31 Mars 2011, la guerre est partout en Côte d’Ivoire et à Abidjan, ndlr]

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Se défaire du mea culpa révisionniste

« L’arme la plus puissante dans les mains des oppresseurs, est la mentalité des opprimés ! » – Steve Biko

Bal nègre à Paris (1927)Ahmadou Kourouma notait déjà, en 1968, que les brûlants soleils des indépendances n’avaient pas apporté la souveraineté pleine et entière à l’Afrique francophone. Cinquante longues et pénibles années plus tard, le magma est en fusion dans la volcanique crise ivoirienne, secouée de toutes parts par les tensions idéologiques, politiques, économiques, sociales, culturelles et religieuses, qui font dangereusement tanguer le pays vers un séisme rageur.

Tous les Ivoiriens ont leur mot à dire pour exprimer leur sincère amertume. Outre les bruyants appels à la haine qui encombrent et paniquent les esprits via les médias populaires, une véritable scission sur la cause profonde de cette triste situation est exprimée par ces quelques Ivoiriens encore assez mesurés pour rivaliser, uniquement, sur le terrain de la réflexion.

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A la France : abandonnez-nous !

Niangoran Bouah donne une réponse à la question du départ français et européen [des pays africains], dans un véritable cri du coeur, enregistré peu avant sa mort en 2005.

Georges Niangoran BouahParce que nous sommes des enchaînés.
Si l’Europe pouvait nous laisser la liberté,
même nous abandonner,
nous aimerions ça !

L’Afrique est aujourd’hui la poubelle de l’humanité,
ce qu’on ne veut pas ailleurs, on envoie en Afrique,
ce qui est périmé ailleurs, on envoie en Afrique,
ce qui ne va pas ailleurs, on envoie en Afrique,
Le continent entier, avec son peuple, est considéré un peu comme la poubelle.
Certains même avancent l’idée
qu’on peut se passer aujourd’hui de l’Afrique,
on peut faire une croix sur l’Afrique.

Mais je crois que c’est l’Europe qui nous retarde,
c’est l’Europe qui fait que nous n’avançons pas,
c’est l’Europe qui nous entrave, de tous temps d’ailleurs,
depuis la traite des nègres jusqu’à aujourd’hui.
Si nous avions été laissés tranquilles,
si on nous avait abandonnés,
on aurait trouvé de nous-mêmes une voie vers le développement.

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Débat d’idées : faut-il privatiser l’université ivoirienne ?

PDF Français

Faut-il privatiser l'université ivoirienne?Suite au dossier introductif, Université ivoirienne : un Plan Marshall s’imposePensées Noires a interrogé sept professionnels avertis de la situation critique de l’université ivoirienne et exerçant dans différents secteurs d’activités, afin de recueillir leurs propositions quant à une éventuelle privatisation du système universitaire national.

« Ça dépend… La question de la privatisation est tributaire du rôle que l’on veut donner à l’Université dans le développement de la nation. » – ARNAUD LASME, CADRE FINANCIER DE BANQUE

Arnaud Lasme, Cadre Financier de BanqueQuelle éducation pour nos masses populaires, quelle université pour notre nation et comment financer ses activités ?

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Propagande, mensonge, intox : qui va se négliger ?

« En politique, on ne flétrit le mensonge d’hier que pour flatter le mensonge d’aujourd’hui. » – Jean Rostand

Laurent GbagboÀ la guerre comme à la guerre !

Cette maxime du XVIIIe siècle illustre parfaitement la dérive propagandiste qui s’allie au nombrilisme politique et à l’asphyxie économique pour terroriser le peuple ivoirien en 2011.

On connait déjà le leitmotiv des grands médias occidentaux : Laurent Gbagbo est l’unique cause de la crise ivoirienne ; Alassane Ouattara en est l’unique victime. Ce parti-pris purement fantaisiste et délibérément subjectif est la face visible de la stratégie de défense des intérêts françafricains auxquels l’Élysée s’accroche désespérément. Depuis la “Choitification” des élections en Novembre 2010, cette stratégie, savamment orchestrée, connait son apogée avec le lynchage médiatique initié par la cohorte Agence France Presse, Radio France International et France 24 et ses satellites à travers le monde, qui se sont érigés en médias pro-Ouattara.

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La folie d’une guerre sans gloire : à Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié

Pour l’amour de la Côte d’Ivoire, prenez vos richesses, prenez votre folie et allez vous-en !

Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan BédiéAujourd’hui où, par votre étincelant sens de la paix, la guerre est de retour chez nous, il est difficile d’ignorer la question que des millions d’entre-nous se posent nuit et jour : comment avez-vous pu nous faire ça ? En 20 ans seulement, votre incompétence a offert à ce pays la pire de toutes les infamies. Comment pouvez-vous vivre avec vous-mêmes ? N’avez-vous pas de conscience ?

La haine est un état d’esprit. Un état d’esprit sous le contrôle absolu de celui qui la porte. La violence, débouchée finale de la haine, résulte de l’accumulation de pulsions incontrôlées au point où ces pulsions-là prennent contrôle de la personne (insanité temporaire ou prolongée). La guerre est l’expression extrême de ces pulsions.

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Armée ivoirienne : républicaine ou partisane ?

Général Philippe Mangou, Chef d'Etat-Major des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'IvoireUne armée est une administration qui est chargée de la défense du territoire d’un pays. L’armée joue le rôle de défenseur de la nation, de ses intérêts et de protection de la population. Les Forces Armées de Côte d’Ivoire, anciennement Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI), regroupent quatre forces que sont les forces terrestres, la gendarmerie de Côte d’Ivoire, les forces navales et les forces aériennes.

Depuis le début de la rébellion armée de septembre 2002, ces forces ont fait corps avec les autres entités paramilitaires pour former les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), ceci dans le souci de faire un dans la défense du pays. L’armée ivoirienne est alliée aux forces armées nigérianes, angolaises, sud-africaines et à Israël qui est devenu le principal fournisseur et formateur des forces ivoiriennes.

[Aujourd’hui], notre armée est à un tournant décisif de son histoire. [Un bilan historique s’impose donc:]

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Gbagbo et Ouattara : entre cancer et sida, que choisir ?

Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraVoilà bientôt trois mois que les Ivoiriens sont pris en otages dans une lutte féroce et sans pitié entre deux hommes politiques, dont les ambitions et les égos n’ont [d’égaux] que leur inconséquence et le manque de considération qu’ils portent tous les deux à leur pays et à leurs concitoyens.

Le dilemme Gbagbo Laurent ou Alassane Ouattara posé aux Ivoiriens est semblable à mettre [une personne] devant une situation où [elle serait] appelé à faire un choix entre le cancer et le sida. Comme on peut le voir, dans pareille [situation] le choix est tout sauf facile à faire.

Gbagbo Laurent ou Alassane Ouattara, choisir entre le cancer et le sida: pourquoi ?

Dans la situation actuelle de crise politique que vit la Côte d’Ivoire, Monsieur Gbagbo Laurent peut être assimilé à un cancer et Monsieur Alassane Ouattara au sida. Ceci pour plusieurs raisons que nous allons essayer d’expliquer et développer ici.

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Université ivoirienne : un ‘plan Marshall’ s’impose

Université de Cocody à AbidjanAlors que les bruits de bottes s’annoncent comme un ouragan dévastateur sur la Côte d’Ivoire, les vrais enjeux de développement, qui ont fait les sujets d’affiches de campagne déployées à grands frais sur l’étendue du territoire, attendent toujours de recevoir l’attention qu’ils méritent.

L’un de ces enjeux, l’enseignement supérieur, fait l’unanimité, vu son état fiévreux, pratiquement comateux, depuis 1990, date de la première année blanche nationale. Depuis lors, qu’il s’agisse du système académique corrompu, des infrastructures vétustes ou de l’environnement surpolitisé, l’université connaît un désordre qui révolte.

I. COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ ?

Les avis sont partagés. Là où certains blâment exclusivement les mouvements estudiantins de 1990 et leur récupération par des groupes politiques, d’autres pointent du doigt la démission de l’État de Côte d’Ivoire qui a relégué les politiques d’éducation au second (voire au troisième) plan, au profit des projets économiques apparemment plus urgents.

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Le langage tambouriné africain ancêtre d’Internet ?

Langage tambourinéOn est toujours plongé dans une fascination et un sentiment de culpabilité lorsque nous, Africains et Afrodescendants, peuples du monde ouverts aux trésors de la diversité culturelle et des civilisations redécouvrons les merveilles des Maya, de la Chine millénaire, et l’infinité des civilisations africaines. Le langage tambouriné est de ces techniques et savoir-faire que les Africains inventèrent dans des temps immémoriaux et dont il reste encore des bribes de pratiques de nos jours.

Qu’est-ce donc que ce langage tambouriné ? C’est l’exact opposé des clichés habituels figurant des Africains trimballant leurs Djembé, sautillant, dodelinant de la tête et de tout leur corps, jouant faux et sans structures, ni espace référent, sans destination… En fait les sociétés africaines, beaucoup d’entre elles tout au moins avaient adopté des codes de communication très précis permettant de diffuser des messages sur des dizaines de kilomètres voire plus, entre villes, campagnes, pays, clans, etc.

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La fermeture des banques va-t-elle porter le coup fatal à Gbagbo ?

[Le] Pr. Mamadou Koulibaly n’a pas été assez écouté dans son propre camp (…) Certains doivent aujourd’hui s’en mordre les doigts.

Société Générale en Côte d'IvoireLa stratégie de l’asphyxie financière du régime Gbagbo était annoncée depuis belle lurette. Cela aurait pu être étouffé dans l’œuf si les conséquences qui s’imposaient avaient été tirées de la guerre des 6 jours de la France contre la Côte d’Ivoire en Novembre 2004.

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Les dirigeants africains auraient-ils peur des libertés individuelles ?

Présidents africainsL’Afrique recherche désespérément la voie du recul de la pauvreté. Quand on sait que ce progrès est lié aux libertés et non à l’aide publique internationale, il est difficile de comprendre que les dirigeants africains s’évertuent à emprunter cette voie de la médiocrité en continuant à tendre la main en lieu et place d’un véritable programme de développement. Et si ces dirigeants avaient tout simplement peur des libertés individuelles qui pourraient ternir leur toute puissance ?

La liberté économique est source de progrès social, la preuve en est faite depuis des siècles. Pour faire du social il faut commencer par faire de l’économique, et pour faire de l’économique il faut de la liberté. Les évènements qui se déroulent actuellement dans les régions du monde dramatiquement secouées font apparaître que la liberté économique est aussi une condition nécessaire de cohésion sociale.

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Biens mal acquis : les cas Houphouët-Boigny et Konan Bédié

Une contribution d’Antoine Dulin et Jean Merckaert

A sa mort en 1993, la fortune d’Houphouët-Boigny était évaluée à 11 milliards de dollars.

Les présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié de Côte d'IvoireNOTE DE LA RÉDACTION: Ce dossier de 212 pages est paru sous le titre “Biens mal acquis: à qui profite le crime ?” et publié en Juin 2009 par Antoine Dulin et Jean Merckaert sur CCFD Terre Solidaire. Le document traite des fortunes colossales accumulées par les présidents de 29 états dans le monde pendant leur règne. L’Afrique est dignement représentée avec les Présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié de Côte d’Ivoire, Omar Bongo du Gabon, Sani Abacha du Nigéria, José Eduardo Dos Santos de l’Angola, Frédérick Chiluba de Zambie, Mobutu Sese Seko du Zaire, Charles Taylor du Nigéria, Daniel Arap Moi du Kenya, Robert Mugabe du Zimbabwe, Theodoro Obiang Bguema de la Guinée Equatoriale, Denis Sassou Nguesso du Congo et Paul Biya du Cameroun. Le Président Jean-Claude Duvallier d’Haiti clos la liste des pays “noirs” de ce document.

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En Afrique, tous les chemins mènent à la liberté

Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Henri Konan BédiéSur le continent africain, la démocratie a cruellement besoin d’être approfondie au-delà d’élections multipartites périodiques. La crise post électorale en Côte d’Ivoire enseigne, une nouvelle fois, que le suffrage universel n’est qu’une forme superficielle de la démocratie.

En effet, les élections attendues depuis 6 ans, présentées comme le sésame de la paix n’ont conduit qu’à la confusion d’une situation inédite au monde réunissant deux présidents de la république qui s’affrontent. Chacun ayant à son actif des irrégularités. Chacun ayant des raisons de croire qu’il est sorti vainqueur des urnes. Aucun n’ayant la mesure de sa responsabilité dans une situation qui est avant tout préjudiciable aux populations. Les orgueils figent le dialogue à demain, lorsque le nombre croissant de morts pourra susciter un flash d’humilité de la part de ces dirigeants qui oublient qu’ils ne sont que les serviteurs des populations qu’ils oppriment.

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Quelle France pour l’Afrique de demain ?

France et Afrique de demainEtat des lieux

La France doit faire table rase de ses anciennes notions de partenariat avec l’Afrique, telles que la colonisation, la coopération des années 1960 à 1980 et la négligence et le dédain de 1980 à 2000.

Le réveil, depuis 2000 de son intérêt pour le continent africain, est essentiellement du à une inquiétude quant à la menace de perte de ses sources d’approvisionnement en matières premières, menace induite par des pays émergents comme la Chine et l’Inde. Malheureusement, cette reprise de conscience de la France ne dispose plus des hommes capables de comprendre et d’orienter un nouveau partenariat avec les pays africains. Les hommes et les femmes qui sont aux « affaires africaines » actuellement, ne connaissent pas ce continent ou si peu. Certains y sont nés mais l’ont quitté très jeunes, d’autres n’y ont jamais vécu et se contentent d’utiliser les recettes post-coloniales des années 1960, évidemment inadaptées à la situation actuelle sur le terrain.

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Égypte, Tunisie, Côte d’Ivoire : comment la crise politique met en danger les économies de ces pays

AfriqueNe doit-on pas maintenant dire « l’Afrique des fou guerriers » au lieu « l’Afrique des fiers guerriers » comme on nous le faisait croire à l’école primaire ? Après Guinée en 2008, c’est maintenant le tour de la Cote d’ivoire, de la Tunisie et de l’Egypte et demain surement un autre. N’est il pas le moment de revoir les niveaux d’instruction de nos dirigeants ? En tous cas en Afrique, théoriquement, le cycle politico-économique mis en évidence par Kalecki et Nordhau trouve toutes vérifications.

D’après ces derniers, à l’approche des élections, les arguments politiques prennent toujours la place de ceux de la politique économique qui restent dans l’oublie. Imaginons depuis quand dans ces pays, la priorité est restée la politique et les questions économiques on ne sait pas. C’est pour cela qu’il se trouve très important d’analyser les effets de ces crises politiques sur les économies nationales en Egypte, en Cote d’ Ivoire et en Tunisie et voire les conséquences possibles pour les autres pays.

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La souveraineté monétaire des pays africains

PDF Français

« Le franc CFA maintient la zone franc en dehors de la mondialisation. Il est un frein au développement. » – Mamadou Koulibaly

Pr. Mamadou KoulibalyAu cours de cette conférence initiée par l’Association « Repères », je m’efforcerai de défendre la thèse suivante : Alors que les constitutions africaines proclament la souveraineté de leurs Etats et de leurs peuples, dans les faits, aucun d’entre eux ne décide de manière souveraine de sa politique économique. Ils demeurent soumis à la prééminence des contraintes venues de l’extérieur.

J’appuierai essentiellement mon exposé sur l’analyse de la souveraineté monétaire dans la Zone Franc. Les aberrations du système conduisent à des conséquences déconcertantes économiquement telles que des banques accumulant des surliquidités sur des marchés où les entreprises privées et les particuliers manquent d’accès aux crédits et où les Etats trouvent facilement financement.

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La France ne comprend plus l’Afrique

Nicolas Sarkozy, Président françaisLa chute brutale de Ben Ali a provoqué la stupeur dans tout le Maghreb. Son départ en catastrophe le 14 janvier dans un avion à destination de l’Arabie saoudite a tout autant étonné. Les moins surpris par cette «révolution du jasmin» n’ont pas été les autorités françaises —alors que la France est sensée est une très grande connaisseuse des réalités tunisiennes.

Plus de 1.000 entreprises françaises sont installées à Tunis et 25.000 Français vivent dans cet ancien protectorat où un million de Français prennent chaque année des vacances. Et pourtant, il semble bien que la France n’ait rien vu venir du ras-le-bol populaire face à un président au pouvoir sans partage depuis 23 ans. Véritable dictature dans laquelle les journalistes tunisiens et étrangers étaient empêchés d’exercer leur profession et toute la population bâillonnée, sans que cela gêne outre mesure les dirigeants français. De Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, ils ne manquaient jamais de faire l’éloge du «modèle tunisien», de cette «belle démocratie» où l’opposition avait été brisée (seuls les partis aux ordres avaient le droit à une existence légale; ainsi, il était sûr d’être réélu avec 90% des suffrages lors de chaque présidentielle, les autres candidats ayant fréquemment la sagesse d’appeler à voter pour Ben Ali), et où, en 2002, Ben Ali avait ouvert la voie à une présidence à vie.

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A stand against a UN-backed war in the Ivory Coast

The United Nations are unfair!In the tripolarization of the Ivory Coast’s political landscape between former president Henri Konan Bédié, former prime minister Alassane Dramane Ouattara, and sitting president Laurent Gbagbo, the general opinion’s flawed tendency to perceive either one of these individuals as half-gods holding the miraculous key to peace and 3-meals-a-day for the 21-million-strong population of the West African country has morphed from an amusing farce to a severe impediment to the peaceful resolution of the post-electoral deadlock and, by extension, of the 20-year crisis the country has been enduring.

This vasly erroneous perception, compounded by acute pressures from powerful neo-colonialist interests (namely from France and the peon institutions it manipulates, i.e. the United Nations Security Council and the ECOWAS), fuels the dangerous escalation of the Ivorian crisis while simultaneously misguiding their strategic allocation of diplomatic influence in the direction of an all-out civil war.

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Cedeao contre Côte d’Ivoire : le film de l’assaut final

L’avenir de Laurent Gbagbo n’est pas l’essentiel. L’image d’Alassane Ouattara, enjambant des cadavres pour accéder à la Présidence de la République sur le plateau d’Abidjan, nous rend encore plus triste, car il mérite mieux que gouverner le néant et gérer l’apocalypse.

Laurent GbagboLe monde a changé, les peuples d’Afrique, du nord comme au sud, réclament à cor et à cris, plus de justice et surtout d’égalité entre les citoyens. De la Tunisie à l’Égypte, du Congo au Zimbabwe, rien ne l’est plus comme avant. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, personne ne peut dire qu’il aime ce pays plus que ses propres habitants au point de faire leur bonheur à leur place.

Ceux qui pensaient que la crise ivoirienne allait se résoudre entre ivoiriens se sont tous trompés, tous les accords n’ont servi à rien. Des milliers de morts, un pays divisé, sans parler de la destruction des infrastructures publiques et des biens privés. Pour finalement organiser les élections chaotiques avec deux présidents pour un fauteuil.

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Pourquoi des intellectuels africains soutiennent Gbagbo

Pour une fois, les intellectuels africains de la diaspora n’ont pas manqué de faire entendre leur voix au sujet de l’imbroglio ivoirien. Surtout face aux réactions de la communauté internationale.

La crise postélectorale née du second tour de la présidentielle du 28 décembre dernier en Côte d’Ivoire divise manifestement acteurs et observateurs de la scène politique ivoirienne. Et pour cause, entre le président Laurent Gbagbo, proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle, et le candidat Alassane Ouattara, à qui donne raison la Commission électorale indépendante (CEI) et reconnu par la communauté internationale, chacun choisit son camp. Au nom des principes démocratiques ou de la non-ingérence des puissances occidentales dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire —et plus généralement des pays africains— ou encore des intérêts des uns et des autres. C’est selon.

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Crise ivoirienne : Georges Soros, membre occulte de la nébuleuse ?

“La démocratie et la société ouverte ne peuvent être imposées que de l’extérieur, parce que le principe de souveraineté fait obstacle à l’ingérence extérieure. (…) Certes, il est difficile de s’ingérer dans les affaires intérieures de pays souverains, mais il est important de reconnaître le problème.” – Georges Soros

Georges SorosLe conflit post-électoral [que connait] la Côte d’Ivoire dépasse largement le microcosme politique ivoirien, [à en croire certaines analyses]. On connaît les amitiés internationales d’Alassane Ouattara dont Dominique Strauss-Kahn, Nicolas Sarkozy et tout le gratin politique français. Il ne faudrait cependant pas oublier un nom très peu évoqué dans le dossier ivoirien: George Soros, multimilliardaire américain né en Hongrie en 1930 et chantre de la globalisation, dont la fortune est issue de manœuvres spéculatives.

Selon La Lettre du Continent du 25 novembre 2010, relatif au financement de la campagne [d’Alassane Ouattara à la présidentielle ivoirienne]:

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La façade délabrée de l’impérialisme français

Odile TobnerL’antienne que certains nous chantent depuis plus de dix ans maintenant, c’est que la France a abandonné l’Afrique à son triste sort après s’être dévouée à la coloniser par pure abnégation humaniste.

Notons que les mêmes, dont la cohérence rationnelle n’est pas le fort, entonnent par ailleurs le couplet sur la théorie darwiniste de la libre compétition des espèces. Si un seul État dans l’histoire avait jamais fait quoi que ce soit qui ne relève pas exclusivement de ses intérêts, quitte bien sûr à se draper dans le discours vertueux adéquat, cela se saurait. Force est de constater au contraire que la présence de l’armée et des intérêts français en Afrique se fait de plus en plus voyante, ne serait-ce que par les mutiples pataquès qu’une ingérence obstinée l’amène à exhiber. Ce qui est presque fini, c’est le temps de l’opacité totale et du mensonge insolent.

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La Françafrique, un documentaire aseptisé ?

Le documentaire en apparence “sulfureux” fait finalement la part belle aux promesses de rupture du président Sarkozy, reprises en cœur avec Ali Bongo et participe finalement d’une occultation assez convenue de l’actualité de l’impérialisme français en Afrique.

La FrançafriqueLes 2 et 9 décembre 2010, pour la première fois, la diffusion d’un documentaire spécifiquement axé sur la Françafrique était largement médiatisée. Malgré l’horaire tardif de diffusion (23h10 en France), nombre de téléspectateurs ont ainsi pu découvrir sur France 2 des images et des témoignages sidérants sur le rôle de la France dans ses ex-colonies à partir de 1960. On peut toutefois craindre l’effet de ces deux films de Patrick Benquet sur la perception de la politique actuelle de la France en Afrique.

Une Françafrique indolore

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Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances baffouées ?

Gaston KelmanVous me connaissez. Je n’ai jamais été ni le céroféraire ni le thuriféraire d’un afrocentrisme militant, parce que tous les centrismes sont naïfs, et nocifs, et stériles. Je n’ai jamais supporté une Afrique tournée vers un passé qui ne se concevrait que dans l’âge d’or des pyramides ou l’âge de cendres de la colonisation et de l’esclavage. J’ai pu – ou su – crier à Douala que la France ne devait rien au Cameroun quand on se placerait sous cet éclairage des relations passées. Avec Frantz Fanon, j’ai dit que je n’étais pas prisonnier de l’histoire, que je n’y cherchais pas un sens à ma destinée. J’ai toujours brandi le Hic et Nunc comme la règle, l’équerre et le compas qui traçaient les lignes de ma conduite et de ma relation à autrui. C’est ce Hic et Nunc qui m’autorise aujourd’hui à dire avec Aimé Césaire «fin à ce scandale» mais aussi «this scandal must be put to an end», pour me faire comprendre du maître de l’Outre-Atlantique ; à ne pas rester sourd à tant de souffrance et de dignité bafouées ; à me demander – pure question de rhétorique – quelle position aurait prise le défenseur de la liberté, de la justice et de l’Algérie meurtrie, Frantz Fanon?

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Comment asphyxier l’économie ivoirienne

Alassane OuattaraLa crise politique ivoirienne vient de mettre à jour son système d’exploitation du peuple, en adjoignant à la propagande médiatique et à la menace militaire, l’artillerie financière. Alassane Ouattara, inspiré par la récente décision d’une Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) franchement pathétique [1], ne lésine pas sur la recette. À l’image de ce bon vieux Gargamel, il sait comment introduire les épices politiques existantes, pincer le nerf de la guerre, le voir s’enfler, puis le laisser exploser, à la barbe d’un schtroumpf Gbagbo abasourdi.

La position de l’UEMOA est hara-kiri et dénuée de la plus mineure des acuités économiques, vu le poids de la Côte d’Ivoire dans l’union. Et Ouattara le sait parfaitement [2]. Seulement, en maniant avec dextérité le “béssé” [3] financier, il tente de porter un coup fatal à son “frère Laurent”. Pour ce faire, il cloisonne la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et désorganise le système hautement crucial de la compensation bancaire, nécessaire au transfert de fonds et au maintien de l’équilibre débit-crédit, d’une banque à une autre.

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Côte d’Ivoire : la démocratie au bazooka ?

Une contribution d’Achille Mbembe et Célestin Monga

Dans les conditions actuelles où l’on est sommé de choisir une partie contre l’autre selon l’impératif de la lutte à mort, il est difficile de dire quoi que ce soit sur la crise ivoirienne, ses causes historiques, ses significations pour l’Afrique postcoloniale, les modalités de sa possible résolution et ses conséquences sur l’équilibre de la sous-région sans susciter un déchaînement incontrôlé de passions, voire la violence des partisans des deux camps.

Achille MbembeRaison et vociférations

Il est pourtant impératif d’apporter autant de clarté que possible sur ses enjeux ; de chercher à entendre raison, au-delà des tragiques événements au cours desquels des civils déjà fort appauvris perdent la vie dans des combats de rue, pendant que les chefs des factions bénéficient de protection et jouissent de toutes sortes d’immunités.

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Lettre ouverte à Messieurs Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara

Si tant est que votre intérêt porte sur la délicieuse, la désirée Eburnie, femme aux charmes affolants, comment osez-vous donc offrir le spectacle de sa nudité aux regards avides de prétendants irrespectueux ?

NOTE DE LA RÉDACTION: cette lettre poignante nous est parvenue d’une Ivoirienne anonyme. Nous la publions, en intégralité, avec quelques retouches de grammaire et de ponctuation. La version originale de cette lettre est disponible en PDF ici

IvoirienneJe suis jeune, relativement. Je viens d’avoir 30 ans dans un pays où on fait partie de la jeunesse à 45 ans. Je suis mère et cadre dans un contexte sociopolitique affligeant.

Je ne prétends pas livrer “l’ANALYSE”, mais livrer les affres provoquées en mon âme par le drame dont vous faites de nous les acteurs méprisés. [Quelle] désillusion et amertume quand le bien sert le mal pour asservir nos vies !

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Sarkozy, l’ennemi des espoirs démocratiques africains

Nicolas SarkozyPendant le mois de soulèvements populaires qui a débouché sur la première révolution du monde arabe, Sarkozy et son gouvernement n’ont cessé de soutenir le tyran Ben Ali et son régime décadent. Confirmant une vieille tradition de la politique française en Afrique : l’entretien de complicités de toutes natures avec les pires dictatures pourvu que cela rapporte de manière sonnante et trébuchante. Pour le reste, on oscillera entre fermer les yeux ou mentir sur la confiscation totale des libertés, les exécutions sommaires, la torture ou la spoliation mafieuse. De la Côte d’Ivoire à la Tunisie, le bonimenteur Sarkozy ne porte désormais qu’un seul costume : celui d’ennemi public n°1 des aspirations démocratiques des peuples d’Afrique…

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Au-delà de Gbagbo : l’Afrique

L’Union européenne fait la force coloniale. La France, qui a perdu la cote mais tient tant à l’ivoire, fait du braconnage politique

Afrique« La vraie passion du XXème siècle, c’est la servitude », écrit Camus à propos de notre époque, laquelle « n’offre à choisir que des conformismes ». Or comme toute passion, celle de la servitude est souffrance et produit doublement des patients, soit qu’on s’acharne à asservir les autres, soit qu’on se résigne à l’asservissement. L’on ne s’étonnera sans doute plus que les nations qui se sont autoproclamées propriétaires du monde, et qui de ce fait expriment bien de la souffrance, s’activent, à leur insu parfois, à produire de la souffrance en multipliant des risques de servitude génocidaire chaque fois que leurs intérêts sont interpellés.

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Lettre ouverte aux juristes africains

Lettre ouverte aux juristes africains pour protester contre la violation caractérisée de la souveraineté de l’Etat de Côte d’Ivoire et pour l’honneur de l’Afrique.

Mesdames et Messieurs les Juristes du Continent africain, Chers Collègues,

Comme vous tous, j’ai constaté avec amertume et consternation les critiques ouvertement formulées par un fonctionnaire des Nations Unies et le Chef de l’Etat français à peine une heure après son prononcé à l’encontre d’une décision judiciaire rendue par le Conseil Constitutionnel de l’Etat souverain de Côte d’Ivoire.

Sans prendre partie le moins du monde en faveur ni contre la décision du Conseil Constitutionnel, de la CEI, de l’un ou l’autre des candidats ivoiriens, il est de notre devoir de relever:

1°/ qu’il n’appartient pas à un fonctionnaire d’une organisation internationale ni à un Chef d’Etat étranger de considérer comme quantité négligeable la décision prise par une instance judiciaire d’un Etat indépendant ;

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Franc CFA : les vertiges de l’affranchissement

« L’affranchissement ne s’improvise pas, encore moins le développement. Travaillons à la promotion d’un “made in Côte d’Ivoire” pour soutenir [d’abord] l’économie. »

Francs CFAOn entend de façon persistante que nous devons battre notre monnaie. Et oui ! « Le Ghana a sa monnaie, la Guinée a sa monnaie, tous les petits pays d’Afrique ont leur monnaie, pourquoi pas nous ? »

C’est en substance ce qu’on entend depuis un certain temps, de façon persistante, dans nos entourages, mais aussi par des élites ivoiriennes. J’ai été comme beaucoup d’Ivoiriens frappé par le nationalisme et le désir d’affranchissement de nos actuels gouvernants. Courage ! Courage ! Je loue leur courage. Et nous avons de très bons économistes dans ce sillage. De ces élites, nous avons le plus souvent entendu les dénonciations de pratiques colonialistes sur la gestion de nos réserves de changes au trésor français. Mais, comme le dit si bien la fable de La Fontaine, « La raison du plus fort est toujours la meilleure… nous l’allons montrer tout à l’heure ».

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La mort de Laurent Gbagbo : pouvions-nous faire autrement ?

Laurent GbagboIl n’est pas question de politique fiction. Il ne s’agit pas non plus de revenir sur le contentieux électoral en Côte d’Ivoire. D’autres l’ont déjà fait ici ou ailleurs. Il est question du sort d’un pays, la Côte d’Ivoire et au-delà d’un continent, l’Afrique.

« A mes enfants que je laisse et que je ne verrai plus, je voudrais dire que l’avenir du Congo est beau. J’attends de vous, comme de tous les Congolais, d’accomplir votre devoir sacré. »

Cette dernière lettre de Patrice Lumumba, écrite dans la province de Katanga, quelques heures avant son exécution, nous parvient cinquante ans plus tard.

Elle nous interpelle, non pas parce que le projet d’assassinat de Lumumba fut rédigé par la Belgique et les Etats-Unis, avec la complicité des Nations unies, mais parce qu’il fut exécuté par des Congolais, des Africains.

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Côte d’Ivoire : Choi révèle avoir subi des pressions du camp Ouattara…

Cette vidéo, en anglais, est un briefing de M. Young-Jin Choi, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire et patron de l’ONUCI, en date du 18 janvier 2011, devant la presse internationale, représentée par les organes suivants: Top Radio News Service, National Press, The Wall Street Journal, Associated Press et BBC. M. Choi est dans la polémique pour avoir certifié les résultats à l’élection présidentielle ivoirienne et donné le candidat du RHDP, M. Alassane Ouattara, vainqueur, ce que conteste le camp de M. Laurent Gbagbo.

Chronologie des révélations de M. Choi :

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Démystifier Houphouët-Boigny

« Le pari est gagné, grand Houphouët-Boigny,
Les jeunes gens de Côte d’Ivoire vous remercient
Soyez loué, grand Houphouët-Boigny
Les jeunes gens de Côte d’Ivoire vous remercient
Six ans d’indépendance vous contemplent
Dans l’enceinte de tant de réalisations
Auteur de liberté de notre pays
Avec soumission
Nous vous glorifions… »

Félix Houphouët-BoignyD’une certaine façon, il est surprenant que les jeunes Ivoiriens n’aient plus à apprendre cet hymne du début des années 1960, chanté à la gloire de Félix Houphouët-Boigny, premier Président de la République de Côte d’Ivoire [1].

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Côte d’Ivoire : politologie d’une rébellion

Guillaume SoroRésumé : A la suite de travaux sur la “guerre nomade” ouest-africaine, on s’interroge ici sur la sociologie politique d’un mouvement rebelle, entre ethnicité et internationalisation. Quels écarts entre les pratiques de violence discontinue envers les civils et les discours anti-discriminations, entre épuration ethnique larvée et positions révolutionnaires ? L’étude des strates successives du mouvement rebelle, des clans et groupes qui le composent aboutit à un “diagramme de pouvoirs” qui va des communautés locales aux alliances avec les pays voisins et aux soutiens occidentaux. Mais un approfondissement de la genèse du mouvement montre en fait certains caractères “post-modernes” de telles rebellions, où la sympathie plus ou moins manipulée de médias étrangers aboutit, via un sigle au début largement artificiel (MPCI), à une véritable co-création d’un mouvement politico-militaire, dont militaires, politiques et humanitaires occidentaux se sont emparés sans recul critique – notamment en refusant de connaître l’”idéologie mandingue”, symétrique de “l’ivoirité” et justifiant par avance une violence conquérante. C’est aussi l’occasion, en termes foucaldiens, de jauger la « gouvernance par la violence » de la zone rebelle, mais aussi sa gouvernementalité : en termes d’informalisation des trafics en tous genres, de résistance des communautés villageoises, de persistance des factions militaires sous-tendues par les clivages de l’ethnicité ; enfin d’analyser les dilemmes politiques du mouvement rebelle, entre création d’un proto-Etat peu viable (ou son rattachement au Burkina), et ralliement – moyennant compensations -au processus de réintégration nationale, de désarmement et de participation au processus électoral. Analyse disponible en intégralité sur “Culture et Conflits” Politologie d’une rébellion. Une “gouvernance par la violence” au Nord de la Côte d’Ivoire ?

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Laurent Gbagbo ou la naïveté en politique

I – Introduction

Laurent GbagboObservateur attentif de la crise ivoirienne, nous sommes de ceux qui ne sont pas allés à la soupe frontiste du Gbagboïsme, ni à celle du Bédiéïsme liquéfié et encore très moins à celle de l’Alassanïsme triomphant, dont les amitiés extérieures sabrent déjà le champagne de la victoire.

Pour n’avoir appelé à voter pour aucun des protagonistes de la crise ivoirienne, nous sommes moralement à l’aise pour exprimer nos doutes, notre méfiance et bien sûr notre avis sur chaque acteur politique dont les actes concernent la survie et l’existence de la Côte d’Ivoire ainsi que celle du peuple ivoirien.

Sans être l’un de ses courtisans, nous pouvons dire qu’il y a longtemps que nous observons Mr Laurent Gbagbo et sa refondation frontiste du FPI. Ce qui nous frappe en premier dans cette tragédie ivoirienne qui est aussi la sienne, c’est la conjugaison des imprévoyances qui ont conduit la Côte d’Ivoire et les ivoiriens au bord du gouffre.

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La Côte d’Ivoire demeure

« Le pays est gâté, le pays est gâté, ils ont gâté notre pays ôôôôô, ils ont tout gâté ! »

Côte d'IvoireLa crise ivoirienne, forte de ses racines profondément ancrées dans le sol éburnéen, peut se targuer, non seulement d’avoir hypothéqué l’avenir de la nation, mais aussi, d’avoir complètement meurtri le cœur des filles et fils de ce pays.

Les Ivoiriens, dans leur ensemble, connaissent des accès de colère, de découragement et de déception, et ne savent plus quoi penser devant l’impensable tourment post-électoral. De cette tranche d’Ivoiriens, certainement écœurés de voir une situation déjà délétère s’en aller crescendo, il y a lieu de distinguer, une autre, plus sournoise, qui fait plutôt preuve d’excès de colère, de découragement et de déception et qui choisit de venter son amertume par le biais d’acrimonies de toutes sortes contre la patrie.

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L’ONU recolonise l’Afrique

OnuciPauvre Afrique, hier, on lui imposait ses dictateurs, aujourd’hui, on lui choisit ses “démocrates”. Les rappeurs, ces Prévert des nouveaux temps, viennent d’inventer un néologisme qui fait fureur d’un bout à l’autre du continent : la démocrature. Entendez, ce système hybride (le visage de la démocratie, le corps diabolique de la dictature) qui a le don de déchaîner les passions et d’ajouter à la confusion.

Qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire, qui les a perdues en Guinée ? Cette question qui a l’air d’embraser l’univers n’a aucun sens dans les faubourgs de Conakry et d’Abidjan où, bon an, mal an, la vie politique n’aura jamais qu’un seul régime, la disette, et une seule loi : “tout ce qui n’est pas obligatoire est interdit”, pour reprendre le fameux mot de Léon Campo. Là-bas, on préfère d’expérience les mauvaises élections aux guerres civiles bien réussies. Mieux vaut encore Bokassa et Mobutu que les drames du Liberia ou de la Sierra Leone ! La bête humaine s’habitue à l’enfer du despotisme, certainement pas aux massacres à la rwandaise !

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Les élections de Côte d’Ivoire : chronique d’un échec annoncé

Peirre SanéCe devait être des élections qui allaient permettre de mettre fin à la crise, de tourner enfin la page du legs de Félix Houphouët-Boigny et d’engager la Côte d’Ivoire sur le chemin de la paix et du développement. Cela aura été en tous les cas les élections africaines les plus longuement et méticuleusement préparées qui ont impliqué depuis les accords de Marcoussis en janvier 2003 (1) un nombre impressionnant d’acteurs : le pouvoir, la rébellion armée, les partis politiques ivoiriens, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine, la France, l’Union européenne, la Francophonie, les Nations Unies sans oublier les médiateurs successifs (le Togolais Gnassingbé Eyadema, le Sud-africain Thabo Mbeki et le Burkinabè Blaise Compaoré…).

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De la fracture sociale à la fraternité nationale

« Parle — Mais ne sépare pas le Non du Oui. Donne à ta parole aussi le sens : donne-lui l’ombre […]. Il parle Vrai, celui qui dit l’Ombre. » – Paul Celan

Les armoiries de la Côte d'IvoireLa crise politico-militaire, débutée en 1999 avec le coup d’état qui a ôté du pouvoir Henri Konan Bédié, aura été la face visible d’une déchirure profonde entre les différentes classes sociales ivoiriennes.

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