Rwanda et Congo : quand BBC diffuse (enfin !) la vérité sur Paul Kagame

Qui est Paul Kagame ?

Selon l’information mainstream, la diplomatie occidentale, le cinéma hollywoodien (ex: Hôtel Rwanda) ou encore l’intelligentsia anglo-saxonne de référence (ex: le Prix Nobel américain Elie Wiesel), l’homme fort du Rwanda est le sauveur Tutsi qui, en 1994, a su contenir la terreur Hutu et mettre fin à une guerre meurtrière d’un million de ses compatriotes.

Cette version de l’histoire rwandaise, particulièrement vulgarisée dans le monde anglophone, est également la version la plus connue dans les pays d’Afrique dite francophone, où le rôle joué par l’État français dans les crises sociopolitiques des ex-colonies (?) telles que la Côte d’Ivoire laisse parfois croire aux “patriotes” africains qu’un leader noir, assez courageux pour dénoncer les manigances tropicales françaises – Kagame accuse depuis toujours la France d’être le vrai responsable du génocide – ne peut être qu’un “digne fils d’Afrique”.

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Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique

La progression spectaculaire et jusque-là incoercible de l’État islamique a de nouveau placé l’Irak sous le feu des projecteurs. Si les médias sont prolixes pour décrire les atrocités du prétendu califat, ils le sont beaucoup moins lorsqu’il s’agit de dire quelle est son origine et qui sont exactement ceux qui s’en réclament. L’État islamique ne surgit pourtant pas de nulle part. Il est le fruit de la politique impérialiste étasunienne au Moyen-Orient dont les racines remontent au chaos irakien post-Saddam Hussein et au récent conflit syrien. Pour bien comprendre son rôle exact, il convient d’analyser brièvement la politique américaine dans le monde arabe dans les trente dernières années. L’islamisme a été au cours de cette période l’allié objectif de l’Oncle Sam au Moyen-Orient. Il est aujourd’hui le prétexte qui permet aux États-Unis d’intervenir dans les pays arabes, soit pour défendre les « bons musulmans » dans leur quête de liberté, soit pour combattre les « mauvais » qui menacent la sécurité de la planète.

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Les non-dits du sommet États-Unis/Afrique : l’Amérique à la conquête de l’Afrique

La marginalisation de l’Afrique par les États-Unis continue jusqu’à ce que les ressources naturelles du continent soient définies comme stratégiques.

Leur engagement dans une guerre globale contre le terrorisme, l’accès aux marchés africains en pleine croissance et l’émergence de la Chine ont à leur tour renforcé la place de l’Afrique dans les affaires mondiales. Il est donc obsolète de supposer que l’Afrique est simplement l’objet de préoccupations d’ordre humanitaire ou une cause de charité. L’Afrique c’est l’avenir ; certes, il y a l’instabilité mais aussi de grandes opportunités alors que la crise secoue l’économie mondiale. L’approche du président Obama n’est si pas si différente de ses prédécesseurs. C’est pourquoi l’article ne s’attardera pas sur le récent sommet Etats-Unis/Afrique, à travers lequel les Américains veulent saisir les opportunités notamment économiques qu’offre le continent.

Perspectives historiques

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Qu’est-ce qui divise l’Amérique noire ?

Les funérailles de l’adolescent afro-américain Mike Brown la semaine dernière ont marqué une nouvelle étape dans le mouvement naissant contre la brutalité policière et le profilage racial aux États-Unis. Les parents de Mike Brown ont tenu à l’organisation de funérailles publiques qui ont attiré des milliers de gens ordinaires provenant de tout le pays, ce qui a permis d’assurer la poursuite de cette lutte, plutôt que de sonner sa fin.

En effet, dans les semaines qui ont suivi la mort de Brown, il y a eu une prise de conscience nationale quant à la terrible régularité de la brutalité et du harcèlement policier qui imprègnent la vie de presque tous les Noirs à travers le pays. La persistance de la rébellion de Ferguson telle qu’elle s’est développée au cours des dernières semaines a ramené à la surface des discussions franches sur le racisme, les inégalités et sur le rôle de la police dans ce tout.

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Ébola : la longue et douloureuse tradition de présenter l’Afrique comme sale et malade

La une du magazine américain Newsweek [en son numéro du 29 août 2014] présente l’image d’un chimpanzé derrière les mots, “Une porte dérobée pour Ébola: la contrebande de viande de brousse pourrait déclencher une épidémie États-Unis”.

Cet article est problématique pour plusieurs raisons, à commencer par le fait qu’il n’y a pratiquement aucune chance que le trafic de viande de brousse puisse envoyer Ébola en Amérique (le terme “viande de brousse” est un fourre-tout qui a trait aux animaux non domestiques consommés en tant que source de protéine ; toute personne vivant aux États-Unis qui chasse le chevreuil et consomme sa viande comme gibier mange de la viande de brousse sans l’appeler ainsi). Bien que manger de la viande de brousse soit assez commun dans la zone touchée par le virus Ébola, la grande majorité de ceux qui en consomment ne mangent pas de chimpanzés. En outre, il y a peu de chance que l’épidémie actuelle d’Ébola ait quoique ce soit à avoir avec la consommation de viande de brousse.

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La nouvelle propagande est néolibérale. Le nouvel esclavage est numérique.

Qu’est-ce que la propagande moderne ? Pour beaucoup, ce sont les mensonges d’un état totalitaire. Dans les années 1970, j’ai rencontré Leni Riefenstahl [célèbre réalisatrice et photographe allemande, connue pour ses films de propagande du régime Nazi sous Hitler, ndlr] et lui ai posé des questions à propos de ses fameux films à la gloire des Nazis. En utilisant une caméra et des techniques d’éclairage révolutionnaires, elle a produit un documentaire qui a hypnotisé les Allemands ; son Triomphe de la Volonté projette la fascination vertigineuse d’Hitler et “jette son sort” sur le peuple allemand.

Elle m’a dit que les “messages” de ses films ne provenaient pas des “ordres d’en haut”, mais plutôt du « laxisme soumis » [i.e. de la docilité et de l’apathie, ndlr] de l’opinion publique allemande. Inclus la bourgeoisie libérale et éduquée? « Tout le monde », m’a-t-elle répondu.

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L’anti-Obama : le Mandela dont je préfère me souvenir

Les obsèques de Nelson Mandela ont attiré la crème de la crème politique mondiale à Pretoria en Afrique du Sud le 10 décembre dernier, notamment Michelle et Barack Obama, couple présidentiel à la tête du seul empire – politico-militaire et médiatique – qui existe encore au 21è siècle [1].

Obama, suivant la logique de son statut américano-déclaré de “leader du monde libre”, s’est présenté comme héritier de Mandela devant les milliers d’Africains venus pleurer et célébrer la vie de Madiba et a reçu, comme on pouvait s’y attendre, un tonnerre d’applaudissement à la seule annonce de son nom. Ces acclamations, pour quiconque connaît le degré de fascination que les Africains en général – les “anglophones” en particulier – ont pour les Obamas, n’a rien de surprenant. À tel point que les plateaux télévisés de quasiment tous les médias mainstream – de CNN à BBC à France 24 à Al Jazeera, etc. – n’ont pu s’empêcher de (re)tracer le fameux lien symbolique qu’il y a, paraît-il, entre Mandela, premier président noir d’Afrique du Sud et Obama, premier président noir des États-Unis. Et papati et patata. Le discours que l’on entend depuis 2008 et auquel s’accrochent les inconditionnels des symbolismes séduisants mais creux s’est vu régurgité autant, finalement, pour acclamer Obama que Mandela.

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RDC : la guerre oubliée

Bosco NtagandaQuel est le rapport entre un chef rebelle, Bosco Ntaganda, une poignée d’États africains, votre téléphone portable et une Playstation ? Aucun ? Détrompez-vous. La guerre au Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo est la grande oubliée des médias. Pourtant ce qui s’y passe n’est qu’un épisode d’une guerre mondiale qui déchire le coeur du continent depuis près de vingt ans. Une guerre qui aurait fait près de 6 millions de victimes, entre les combats et les maladies, sans compter des milliers de déplacés. “Mondiale” parce qu’elle dépasse les frontières de la République Démocratique du Congo. Mais pas seulement : en arrière-plan, il y a aussi les États-Unis, des multinationales, la Chine, et au bout de la chaîne, nous, consommateurs occidentaux. Pour comprendre, il faut revenir aux origines de ce conflit, qui découle du génocide rwandais de 1994 (800 000 victimes).

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Les États-Unis et la torture : impunité et externalisation

Obama et la tortureAprès dix ans de débats publics acharnés et de violentes querelles partisanes, les États-Unis sont tombés dans un compromis qui fait l’unanimité sur le sujet de la torture et qui repose sur deux piliers injustifiables : l’impunité dans le pays et l’externalisation (“rendition” en anglais*) des suspects à l’étranger.

Le président Obama a fermé les “sites noirs” de la CIA, ces prisons secrètes où les agents étasuniens se salissaient les mains en pratiquant le supplice de l’eau et en tapant les gens contre les murs. Mais grâce à l’externalisation – le transfert des suspects de terrorisme dans les prisons de pays qui torturent – et à des pratiques apparentées, son administration a transféré les violations des droits humains à l’Afghanistan, la Somalie, etc. C’est ainsi que les États-Unis évitent d’être stigmatisés comme tortionnaires tout en tolérant tacitement ces mêmes abus et en bénéficiant des renseignements qui peuvent être obtenus grâce à eux.

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Julian Assange (WikiLeaks) : l’ennemi du secret

Julian Assange de WikiLeaksDepuis que le gouvernement de l’Équateur a accepté la demande d’asile politique de Julian Assange, beaucoup se mobilisent pour soutenir cette décision qui repose sur le droit constitutionnel de l’Équateur et sur le droit international. Il faut savoir que la Grande-Bretagne a déclaré ne pas reconnaître cette décision d’asile politique et elle a menacé d’investir l’Ambassade équatorienne pour se saisir de Julian Assange et le remettre aux autorités suédoises

Déjà, les pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), lors d’une rencontre toute récente, ont apporté leur plein soutien à la décision souveraine du gouvernement de l’Équateur et ont exigé que la Grande-Bretagne se conforme aux dispositions du droit international.

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Les aventures d’Obama en Afrique

Barack Obama en AfriqueUn récent rapport des Nations Unies montre que les vols de drones militaires américains au-dessus de la Somalie sont désormais suffisamment fréquents pour mettre en danger le trafic aérien local. Appelant l’Afrique « la nouvelle frontière en termes de lutte contre le terrorisme et de lutte contre le trafic de stupéfiants », la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine a commencé à entraîner des équipes paramilitaires chargées de lutter contre le trafic de drogue au Ghana, et prévoit d’élargir le programme au Nigéria et au Kenya.

Dans le même temps, le gouvernement Obama envisage une intervention au Mali, en Afrique de l’Ouest, où des rebelles islamistes inspirés par Al-Qaïda ont saisi des territoires dans le nord du pays. Ces insurgés sont « une menace imminente » selon un représentant du Pentagone, et « toutes les options sont à considérer ».

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Hollande, Ouattara et l’ivoiro-réalisme

Alassane Ouattara et François Hollande. Manifestations populaires contre la visite de Ouattara en France (juillet 2012, Paris).La récente visite officielle de Alassane Ouattara en France a été l’objet de réactions d’indignation de toutes sortes, émanant aussi bien d’individus, de groupements politiques “panafricains” que d’associations françaises qui, apparemment, espéraient beaucoup du « changement maintenant » promis par Hollande durant sa campagne présidentielle.

Sauf qu’en ce qui concerne le dossier ivoirien, le « changement » en question – c’est-à-dire, une vision et un exercice politiques radicalement distincts du modèle Sarkozy – n’a pas (encore ?) eu lieu. Ouattara a bel et bien été accueilli par le Président français avec les honneurs dûs au rang que François Hollande lui reconnait. Et hormis les déductions floues, distillées ci et là par ceux qui tentent de rapporter une “mise à pieds” de Ouattara par Hollande, rien d’autre que la version officielle faisant foi de « bonnes relations avec un pays ami » n’a filtré de ce tête-à-tête.

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Médias et information : il est temps de tourner la page

« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » – David Bohm, 1977

Presse, médiasPréambule

Si un boucher nous empoisonnait en nous vendant de la viande avariée, les consommateurs que nous sommes n’accepteraient jamais l’idée que « les choses sont comme ça » et qu’il ne nous resterait plus qu’à trouver un autre fournisseur. Mais lorsqu’une journaliste du New York Times ment sciemment sur les armes de destruction massive en Irak – et participe à l’extermination d’un million et demi d’Irakiens innocents – elle se voit simplement “remerciée” et l’affaire est classée dans le casier “déontologie”. Ici, l’impunité est quasi-totale et même revendiquée par la profession journalistique au nom d’une “liberté” qu’elle se garde bien de définir avec précision.

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USA : où en est le rêve noir-américain ?

« Mon but n’est pas de fournir des excuses au comportement des Noirs ou d’absoudre les Noirs de leurs responsabilités personnelles […] » – Cornel West

De gauche à droite à partir du haut : Herman Wallace, Albert Woodfox, Robert King, Trayvon Martin, Sean Bell, Kenneth Chamberlain, Mumia Abu-Jamal, Amadou Diallo, Kathryn Johnston« […] Cependant, quand les nouveaux conservateurs Noirs mettent l’accent sur l’attitude et la responsabilité des Noirs, de telle manière que les réalités culturelles des peuples Noirs sont ignorées, ils s’amusent à un jeu intellectuel trompeur et dangereux avec les vies et les fortunes des personnes défavorisées. Nous devons effectivement critiquer et condamner les actes immoraux des populations noires, mais nous devons le faire en tenant compte des circonstances dans lesquelles les individus naissent et dans lesquelles ils vivent. En ignorant ces circonstances, les nouveaux conservateurs Noirs tombent dans le piège de blâmer les pauvres Noirs quant à leur situation. Il est impératif de faire une distinction entre le Scylla du déterminisme environnemental et le Charybde de l’attitude qui consiste à uniquement blâmer les victimes. » (Cornel West, Race Matters, 1994).

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Ouganda : les objectifs inavoués de la campagne “Kony 2012”

Joseph KonySelon son site Internet, l’ONG américaine Invisible Children prétend avoir comptabilisé plus de 80 millions de visionnages de sa vidéo YouTube “Kony 2012” depuis sa sortie il y a quelques semaines. Pour qui a réussi à trouver la patience de regarder cette vidéo jusqu’au bout, ce chiffre d’une audience de 80 millions de personnes suscite des interrogations quant à sa véracité. 80 millions, c’est un taux d’audience sans précédent dans l’histoire de YouTube [en réalité, un peu moins de 90 millions de personnes ont effectivement visualisé la vidéo, ce qui constitue un record absolu dans l’histoire du numérique ; ndlr].

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Abobo la guerre, le journalisme d’investigation… et les pincettes

"Abobo la guerre" de Leslie VarenneLe livre Abobo la guerre ; Côte d’Ivoire : terrain de jeu de la France et de l’ONU de la journaliste française Leslie Varenne n’a pas fini d’atteindre les rayons des librairies, depuis sa publication le 22 février 2012, que la propagande des camps politiques ivoiriens est déjà lancée, chacun essayant de faire dire à l’auteur ce qui lui semble être le plus satisfaisant.

Abobo la guerre, fruit apparent d’une “investigation de terrain” (*), mérite d’être parcouru avec circonspection, justement parce qu’il ne dit pas tout à fait ce que les uns et les autres croient (ou veulent faire croire). Non, le livre ne fait ni l’apologie de Laurent Gbagbo (contrairement, par exemple, au fameux livre Côte d’Ivoire : le coup d’État de Charles Onana, qui prend clairement position), ni celle de Alassane Ouattara.

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“Le nouvel ordre ivoirien”, par Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN par Jean-David N'Da« Replacer la crise postélectorale ivoirienne dans son contexte africain et mondial, au-delà de la confrontation entre deux hommes à laquelle l’ont réduit certaines appréciations. »

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN, de Jean-David N’Da, publié aux éditions L’Harmattan mardi 24 janvier 2012.
Disponible dans toutes les librairies.
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Visitez nouvelordreivoirien.com pour plus d’infos.
Lisez et faites lire LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN.

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Alassane Ouattara et l’enjeu des terres arables en Côte d’Ivoire

Alassane Ouattara et George SorosL’enlisement de la crise ivoirienne, dans un contexte de fracture sociopolitique abyssale, a fermé les yeux de la majorité de la population aux vrais enjeux qui se précisent dans ce pays phare d’Afrique de l’Ouest.

Un de ces enjeux, l’accaparement des terres arables, est bien loin de nourrir les débats politiques continuellement personnalisés dont sont friands les Ivoiriens. Pourtant, parmi les causes de la guerre menée par la France en Côte d’Ivoire pour installer Alassane Ouattara à la tête du pays, l’accaparement des terres arables occupe une position centrale. Non seulement ses conséquences risquent d’être plus dommageables qu’une éventuelle dévaluation du franc CFA, mais de façon pratique, si le projet aboutit, il dépossèdera les Ivoiriens du bien le plus précieux qu’ils possédaient jusqu’ici : leur terre.

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La mondialisation de la protestation

Occupy Wall StreetLe mouvement protestataire qui a débuté en Tunisie en janvier pour s’étendre par la suite à l’Égypte puis à l’Espagne est désormais un phénomène mondial, avec des manifestations qui prennent d’assaut Wall Street et plusieurs villes d’Amérique. La mondialisation et la technologie moderne permettent désormais aux mouvements sociaux de transcender les frontières aussi rapidement que les idées. Et la contestation sociale a trouvé un terrain fertile partout dans le monde: un sentiment que le “système” a échoué et la conviction que, même au sein d’une démocratie, le processus électoral n’arrangera pas les choses – du moins, en l’absence d’une forte pression de la part de la rue.

En mai, je me suis rendu sur les lieux des manifestations tunisiennes; en juillet, j’ai eu l’occasion de parler avec les “indignados” espagnols; je suis ensuite allé rencontrer les jeunes révolutionnaires égyptiens sur la place Tahrir au Caire; il y a quelques semaines enfin, j’ai discuté avec les contestataires d’Occupy Wall Street (OWS), à New York. Il existe un thème commun, exprimé par le mouvement OWS, et qui se résume en une phrase simple: « Nous représentons les 99% ».

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Ce que la Libye avait accompli, ce qui a été détruit

Mouammar Khadafi« Il n’y a pas de lendemain » dans le cadre d’une rébellion d’Al-Qaïda financée par l’OTAN. Alors qu’un gouvernement rebelle “pro-démocratique” a été établi, le pays a été détruit. Avec la propagande de guerre en toile de fond, les réussites économiques et sociales de la Libye des trente dernières années ont été brutalement ruinées: « La Jamahiriya arabe libyenne a un niveau de vie élevé et un solide apport calorique quotidien de 3144 par habitant. Le pays a fait des progrès sur le plan de la santé publique et depuis 1980, le taux de mortalité infantile a chuté de 70 à 19 sur mille naissances vivantes. L’espérance de vie est passée de 61 à 74 ans durant la même période. (cf. FAO, Rome, Profil de la Libye) ».

Selon des secteurs de la “gauche progressiste” ayant endossé le mandat de la responsabilité de protéger de l’OTAN, « l’ambiance en Libye, particulièrement à Tripoli, est celui d’un sentiment d’euphorie, partout. Les gens sont incroyablement excités à l’idée de repartir à zéro. Il y a vraiment une sensation de renaissance, une impression que leurs vie recommencent ». (cf. DemocracyNow.org du 14 septembre 2011). On présente simplement les rebelles comme des « libérateurs ». Le rôle principal des terroristes affiliés à Al-Qaïda dans les rangs des rebelles n’est pas mentionné.

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La mesure de l’indignation

« Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux […] La pire des attitudes est l’indifférence, dire ‘je n’y peux rien, je me débrouille’. En vous comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes indispensables: la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence. (1) » – Stéphane Hessel

La mesure de l'indignationStéphane Hessel, survivant des camps de concentration Nazi devenu diplomate français, a causé un choc littéraire mondial, en octobre 2010, quand il a publié, à 93 ans, Indignez-vous !, un petit livre de 19 pages sur la nécessité de révolte contre l’injustice sociale, vendu à plus de 3,5 millions d’exemplaires.

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La question de la double nationalité dans l’horizon africain

Une contribution de Joseph Tapa

Xénophobe et après?Il est notoire ou du moins soutenu qu’à l’intrusion de la civilisation occidentale en terre africaine, le déclin de la civilisation africaine s’en est suivi et accentué. Ce qui à nos jours se reflète des fortes multiples dépendances des Africains aux avancées et postures sociétaires occidentales. L’immixtion entrevue sous le paradigme de civilisation des sauvages Africains, avec le concours [du christianisme] évangélique, fut saluée par les voies de la colonisation et de la décolonisation qui y injectèrent des valeurs dont l’une interpelle dans son rayonnement: la nationalité!

De cette valeur (nationalité), il en ressortira que l’attachement une communauté devrait se pontifier de valorisation par une reconnaissance (sésame) des structures organisationnelles de la dite communauté par l’attribution d’une nationalité rattachée à un territoire. Ce qui était d’alors intangible (plus à l’égard des ex-sauvages): inconcevable de se prévaloir d’un rattachement double à des territoires différents. Le développement des échanges économiques et relations sociales (difficultés d’extranéités juridiques, guerres, etc.) encourageront à ce que des entorses soient admises à la rigidité du principe d’intangibilité de rattachement à un unique territoire. Avoir la nationalité d’un tel état facilitant l’investissement et amenuisant les rouages administratives (impositions, taxes, etc.).

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Troy Davis : martyr Noir de la justice Blanche

« Je ne suis pas celui qui a tué votre fils, votre père, votre frère, je suis innocent. L’incident qui a eu lieu cette nuit n’est pas ma faute. Je n’avais pas d’arme. » – Troy Davis

Troy Davis RIPCe jeudi 22 septembre 2011 Troy Davis clamait une dernière fois son innocence aux proches du policier Mark Allen McPhail, tué en 1989 à Savannah, Georgie. Ces derniers étaient venus assister à son exécution, comme cela est de coutume pour les familles des victimes. Cette exécution qui a eu lieu malgré l’intense mobilisation internationale a ravivé le virulent débat de la condition noire aux États-Unis. Débat qui d’ailleurs ne s’est jamais totalement éteint dans cette partie du monde, puisque le racisme contre les Noirs est toujours tapis dans le cœur des Blancs, prêt à ressurgir au moment opportun. Le fait est que le racisme au pays de l’Oncle Sam n’a fait que se muer en différentes formes au fil des années, se justifiant par des lois aussi diverses que saugrenues afin de rendre juste l’injustice et de justifier l’injustifiable.

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L’Ennemi : des vrais enjeux au Moyent-Orient

Assaut de l'ambassade d'Israël au Caire le 09 Septembre 2011Au lendemain de la prise d’assaut de l’ambassade israélienne au Caire par une foule déchaînée, et pour bien saisir les enjeux de ce qui se passe au Moyen-Orient, il importe de ne pas perdre de vue quelques repères.

Les révoltes du “printemps arabe” ont été largement suscitées et entretenues par l’Occident, les États-Unis en tête. Mettant à profit l’usure du pouvoir des dirigeants en place – notamment en Tunisie et en Égypte – dans un contexte d’insatisfaction générale, les Tartuffes de l’Empire sont venus à point nommé se poser auprès des populations concernées en champions de leurs aspirations légitimes à la démocratie. La recette est fort simple: il suffit de relayer, à grand renfort de propagande médiatique, l’écho du mécontentement populaire, puis de livrer en pâture à des foules habilement téléguidées les “dictateurs” que les Occidentaux eux-mêmes ont portés et maintenus au pouvoir pendant des décennies.

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Ce que le 11 septembre m’a appris

La guerre en Irak suite au 11 SeptembreLes attentats du 11 septembre 2001, avec le recul, ne m’auront appris qu’une chose: c’est que nous autres libéraux sommes minoritaires et des gens bien à plaindre. Il suffit, dix ans après, de contempler l’abrutissement collectif que ces attaques ont provoqué et surtout la riposte qui les a suivi, pour se rendre compte de l’idéalisme béat dans lequel beaucoup d’entre nous ont vécu. Cette décennie aura permis de mettre les choses au clair: la plupart des gens ne pensent pas comme “nous”.

Non, la “majorité des gens” ne croît pas qu’il est indigne et misérable de juger quelqu’un sur sa seule appartenance ethnique ou religieuse supposée. Les périodes, si bien documentées, de lynchages publics, de chasses aux sorcières, d’agressions verbales et physiques de personnes réputées appartenir au “mauvais groupe” que l’on croyait définitivement révolus, malgré “quelques rechutes” épisodiques, n’ont jamais disparu. Dans l’enthousiasme stupide pour la Guerre en Irak, l’exaltation hystérique de la virilité militaire et du patriotisme au lendemain de ces attaques, il entrait une bonne part d’envie de sang, de volonté de lyncher par procuration.

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L’Afrique que le monde veut ordonner

« La crise est mondiale. Il faut que nous lui apportions une réponse mondiale. Et j’en appelle à tous les gouvernements. Aucun d’entre nous n’en sortira en faisant sa propre politique dans son coin, isolé de ce que font les autres. […] On ira ensemble, vers ce nouvel ordre mondial. Et personne, je dis bien personne, ne pourra s’y opposer. Car à travers le monde, les forces au service du changement sont considérablement plus fortes que les conservatismes et les immobilismes. » (1)

Le nouvel ordre mondial en AfriqueEn rétrospective, ces propos de Nicolas Sarkozy, prononcés en 2009, étaient prémonitoires de la furia occidentale qui allait désormais s’abattre sur toutes les velléités indépendantistes jugées antagonistes au nouvel ordre mondial.

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La défaite de l’Occident en Libye et son déclin idéologique

Mouamar Khadafi contre l'OccidentLorsque le 19 Mars 2011 la France a largué sur Tripoli ses premières bombes, plusieurs éléments concordants étaient réunis pour affirmer qu’il s’agissait d’un vrai suicide politique de l’Occident. Tout d’abord parce que le mensonge derrière le prétexte de déclarer la guerre contre la Libye était gros comme un éléphant. Ensuite parce que l’Occident n’a pas les moyens financiers pour déclarer la guerre à la planète et le pire est que ses dirigeants l’ignorent encore. On passe ainsi très facilement de l’usure de la crédibilité de l’Occident au ridicule devant les nouveaux pays émergents qui ont déjà pris le flambeau du relai de la leadership mondiale. Lorsqu’on accumule les mensonges à Paris, à Londres et à Washington sur la guerre en Libye, se demande-t-on un seul instant quel est l’impact dévastateur de ces contrevérités sur le plan de l’image et de la crédibilité de l’Occident à Moscou, à Pékin ou à Brasilia ?

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Bravo Ping ?

Jean Ping, Président de la Commission de l'Union AfricaineTous ont salué. Tous ont fait les éloges de Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine, lors de sa 17è session ordinaire qui s’est tenue début juillet à Malabo. Tous ont applaudi la fessée qu’il a octroyée à la Cour Pénale Internationale. Tous ont ovationné sa détermination à dire ce qui est, ont affirmé que « gbê est mieux que drap », ont clamé même que l’Afrique se réveille enfin et que désormais un chat est un chat !

Et nous donc dans tout cela ?

Oh oui, nous aussi nous réjouissons de cette dénonciation. Nous aussi notons le courage qu’il faut avoir, pour dire, sous les projecteurs, et en référence aux États-Unis, que « sur la base d’un mensonge, on est arrivé en Irak où il y a eu 1,5 millions de morts ». Nous aussi apprécions le doigté de celui ou celle qui a concocté le café matinal de notre héros africain du jour, lui donnant le tonus nécessaire pour décocher, avec une force qu’on ne lui connaissait guère, une succession de baffes à Luis Moreno Ocampo, procureur-vedette du CPI.

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La Côte d’Ivoire en marche… arrière

Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane OuattaraLe slogan de tout leader politique briguant le pouvoir a pour but de faire miroiter aux électeurs sa capacité à faire avancer les choses, sa capacité à apporter plus que les gouvernants du moment, et donc sa capacité à marquer sa différence (positive) dans la gestion des affaires de l’Etat. Cet état de fait s’observe partout où un semblant de jeu démocratique à lieu. Les populations sont ainsi appelées à voter massivement pour légitimer des élections, ensuite vient la proclamation des résultats et l’exercice du pouvoir. Le maçon est au pied du mur! Sera-t-il à la hauteur de sa tache?

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Côte d’Ivoire : un gateau de 2 milliards d’euros pour les patrons français

Nicolas Sarkozy, Martin Bouygues et Alassane OuattaraComment la France va céder une partie de la dette ivoirienne aux patrons français

Les chiffres des promesses d’aide au développement à la Côte d’I­voire donnent le tournis. Dès la mise à l’écart de Laurent Gbagbo, la Commission Européenne annonçait 180 millions d’euros d’aide pour rétablir le pays et le gouvernement français mettait 400 millions sur la table. Cette dernière enveloppe comprend trois parties : les salaires de mars et avril des fonctionnaires ivoiriens, le règlement d’une grosse facture d’eau et d’électricité à Bouygues et l’apurement des arriérés de la Côte d’Ivoire auprès de la Banque Africaine de Développement et de la Banque Mondiale. Un coup de pouce qui devrait aider le pays à atteindre, d’ici à un an, le point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).

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Limite entre pratique esthétique et aliénation : le cheveux crépu et le retour au naturel…

Inna Modja: cheveux au naturel?Revenant sur son premier défrisage, Malcolm X lâchait les mots suivants: « Ce que je pouvais être ridicule! J’admirais dans la glace un Noir avec des cheveux “blancs” »

Un peu d’histoire servira à comprendre et cerner le canevas des propos qui suivront. Le phénomène du défrisage, ou encore du « lissage » du cheveu crépu, dans les formes qu’il emprunte depuis la fin du 19e siècle semble être lié à l’esclavage des Noirs dans les Amériques.

Le défrisage à froid – qui est la forme la plus “évoluée” du phénomène – est la dernière phase d’une technicité qui n’a eu de cesse de se perfectionner depuis la seconde moitié du 19e, lorsque les Noirs (y compris les femmes), commencent à avoir accès à l’éducation et au savoir et qu’ils vont se charger de mettre au point les différents procédés qui seront l’aboutissement des défrisants modernes, dont les contenus se distinguent essentiellement par la différence de dosage de leur teneur en ammoniaque. Cette technique révolutionnaire a été précédée du défrisage à chaud qui, lui-même, a été précédés d’ancêtres bricolés mais dont le trait commun n’a jamais cessé d’être le lissage du cheveu crépu.

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Osama Bin Laden et Mouammar Khadafi : la normalisation de l’assassinat politique

Osama Bin LadenDans la même semaine, nous apprenons que l’OTAN a tenté d’assassiner le colonel Mouhammar Khadafi en bombardant sa résidence et qu’un commando de la CIA a bel et bien réussi à assassiner Ousama Ben Laden. Certains commentateurs ont discuté de la pertinence politique d’exécuter Ben Laden plutôt que de le capturer. D’autres se sont questionnés sur l’à-propos de publier ou non les photos du défunt ou d’avoir largué son cadavre à la mer. J’ai même entendu une dame déplorer sur les ondes radio-canadiennes que le cadavre d’Oussama Ben Laden n’ait pas été ramené aux États-Unis en guise de trophée. Je n’ai cependant entendu personne remettre en question la légitimité ou la moralité de l’assassinat politique comme pratique établie.

À mon point de vue, qu’il soit ou non qualifié de “politique” et endossé par la population et par les médias, un assassinat reste un assassinat, au même titre que celui commandé par la mafia ou par un rival jaloux. Et je refuse d’y souscrire, ne serait-ce que de façon silencieuse.

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Côte d’Ivoire : le piège d’une réconciliation factice

« I cannot be an optimist but I am a prisoner of hope. »
– Cornel West

Réconciliation ?La réconciliation nationale constitue, sans aucun doute, l’un des chapitres les plus controversés de la crise ivoirienne.

Après avoir été victime de négociations torpillées, de budgets surévalués, de gouvernements surpeuplés, d’accords politiques gangrenés, de célébrations ampoulées [1] et d’élections controversées, la réconciliation (qui, pour l’heure, n’a pas connu le moindre succès) réapparaît depuis “l’assaut final” du 11 avril 2011, aussi bien dans les discours officiels que les conversations populaires.

Les pro-Ouattara, heureux de leur ascension au sommet du volcan, s’y retrouvent enfin ; les pro-Gbagbo, amers devant la réalité du désappointement, y confient leur destin ; les officiers militaires, tétanisés par les effets de leur trahison, y voient leur lendemain ; les croyants, démoralisés par la pénible épreuve de foi, s’y estiment contraints.

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Guerres en Afrique : les deux péchés capitaux de Barack Obama

Barack Obama in GhanaS’il est un continent dans lequel les cœurs ont le plus vibré à l’unisson pour Barack Obama tant pour sa campagne d’investiture à la présidentielle américaine des Démocrates que pour celle de son entrée à la Maison Blanche, c’est bien l’Afrique. Comment pouvait-on ne pas être partie prenante de ce miracle en réalisation d’un fils de Kenyan devenant président des Etats-Unis d’Amérique ? Rêve fou qui ne pouvait même pas être imaginé il y a 05 ans de cela ! Et une fois l’impensable réalisé, c’est un véritable tremblement de terre qui a parcouru toute l’échine du continent premier. On était tous fiers de cette victoire qui concrétisait, après des siècles de lutte et de la façon le plus magistrale, l’homogénéité de la race humaine. Pour sûr, les choses allaient changer dans la conduite des USA, des affaires du monde. Et par la force de ses gènes, Barack Obama ne pouvait pas oublier l’Afrique.

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Côte d’Ivoire : l’hiver colonial

« Le retour “décomplexé” de l’impérialisme français, avec son maître nord-américain en embuscade, place les Ivoiriens et les populations d’Afrique face à un devoir de lucidité. »

Hiver colonial français en Côte d'IvoireAprès une semaine de bombardements sur Abidjan et le massacre de milliers de civils, l’État français a capturé Laurent Gbagbo. L’objectif est immuable: contrôler ce pays pétrolier par l’imposition d’une pseudo-démocratie acquise à la spoliation de son riche sous-sol au profit de l’Occident.

Se cachant derrière des Nations Unies à la solde des Etats-Unis, le shérif français a revalidé un vieux concept nord-américain: la démocratie s’impose de l’extérieur. A coups de trucages électoraux, de propagande médiatique et de missiles dernier cri! Par ses crimes de guerre en Afrique, la France de Sarkozy est définitivement entrée dans l’Histoire. Comme une puissance coloniale névrosée qui s’accroche “à son rang”, en écrasant dans le sang toute velléité d’indépendance…

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Les vraies raisons de la guerre de l’Occident contre la Libye et son impact en Afrique

La guerre en LybieA) LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE EN LIBYE

1) Premier satellite Africain RASCOM 1

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes: assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance. Pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio Wimax.

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La presse ivoirienne au banc des accusés

« Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. » – Jacques Prévert

Venance KonanLa presse écrite nationale joue, au même titre que les acteurs politiques, un rôle funeste dans la crise ivoirienne. Exploitant une population intellectuellement amorphe et culturellement portée vers “l’affairage” (cette médisance ivoirienne prolixe), la presse écrite a été, depuis le début de la crise, le vecteur principal de l’animosité que se témoignent aujourd’hui nos communautés.

Parcourir les articles publiés dans nos quotidiens ou relayés sur la toile pourrait constituer, si besoin était, une thérapie efficace contre l’empathie, tant l’acrimonie est profonde. Exemple, cette énième diatribe de Venance Konan, intitulée « En voiture Simone », publiée au plus fort de la crise postélectorale, qui compare Simone Gbagbo à Jézabel, ce personnage de l’Ancien Testament que la dédicace éponyme de l’artiste anglais Sade n’aura pas suffi à embellir.

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Crise ivoirienne : Georges Soros, membre occulte de la nébuleuse ?

“La démocratie et la société ouverte ne peuvent être imposées que de l’extérieur, parce que le principe de souveraineté fait obstacle à l’ingérence extérieure. (…) Certes, il est difficile de s’ingérer dans les affaires intérieures de pays souverains, mais il est important de reconnaître le problème.” – Georges Soros

Georges SorosLe conflit post-électoral [que connait] la Côte d’Ivoire dépasse largement le microcosme politique ivoirien, [à en croire certaines analyses]. On connaît les amitiés internationales d’Alassane Ouattara dont Dominique Strauss-Kahn, Nicolas Sarkozy et tout le gratin politique français. Il ne faudrait cependant pas oublier un nom très peu évoqué dans le dossier ivoirien: George Soros, multimilliardaire américain né en Hongrie en 1930 et chantre de la globalisation, dont la fortune est issue de manœuvres spéculatives.

Selon La Lettre du Continent du 25 novembre 2010, relatif au financement de la campagne [d’Alassane Ouattara à la présidentielle ivoirienne]:

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Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances baffouées ?

Gaston KelmanVous me connaissez. Je n’ai jamais été ni le céroféraire ni le thuriféraire d’un afrocentrisme militant, parce que tous les centrismes sont naïfs, et nocifs, et stériles. Je n’ai jamais supporté une Afrique tournée vers un passé qui ne se concevrait que dans l’âge d’or des pyramides ou l’âge de cendres de la colonisation et de l’esclavage. J’ai pu – ou su – crier à Douala que la France ne devait rien au Cameroun quand on se placerait sous cet éclairage des relations passées. Avec Frantz Fanon, j’ai dit que je n’étais pas prisonnier de l’histoire, que je n’y cherchais pas un sens à ma destinée. J’ai toujours brandi le Hic et Nunc comme la règle, l’équerre et le compas qui traçaient les lignes de ma conduite et de ma relation à autrui. C’est ce Hic et Nunc qui m’autorise aujourd’hui à dire avec Aimé Césaire «fin à ce scandale» mais aussi «this scandal must be put to an end», pour me faire comprendre du maître de l’Outre-Atlantique ; à ne pas rester sourd à tant de souffrance et de dignité bafouées ; à me demander – pure question de rhétorique – quelle position aurait prise le défenseur de la liberté, de la justice et de l’Algérie meurtrie, Frantz Fanon?

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Côte d’Ivoire : Choi révèle avoir subi des pressions du camp Ouattara…

Cette vidéo, en anglais, est un briefing de M. Young-Jin Choi, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire et patron de l’ONUCI, en date du 18 janvier 2011, devant la presse internationale, représentée par les organes suivants: Top Radio News Service, National Press, The Wall Street Journal, Associated Press et BBC. M. Choi est dans la polémique pour avoir certifié les résultats à l’élection présidentielle ivoirienne et donné le candidat du RHDP, M. Alassane Ouattara, vainqueur, ce que conteste le camp de M. Laurent Gbagbo.

Chronologie des révélations de M. Choi :

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