Nelson Mandela, un géant aux pieds d’argile

« Les morts ne sont pas morts » clamait haut et fort Birago Diop. Ce fait est d’autant plus avéré lorsqu’il s’agit d’une légende, d’un mythe, d’un objet de culte, de Nelson Mandela. Le leader de la lutte anti-apartheid est mort comme il a vécu : adulé, honoré, vénéré par le monde entier. Cependant, derrière ce héros légendaire, ce géant de la politique, se cache un homme, somme toute ordinaire, avec ses défauts et diminué par maintes épreuves. A juste titre, il a lui-même admis dans ses mémoires : « Je suis un mythe qui s’est avéré n’être qu’un homme ». Petit florilège en chiffres et en lettres des éléments marquants de la vie de Nelson Mandela afin de démêler le mythe de la réalité.

• • •

Afrique du Sud : l’ANC au bout du rouleau politique

Afrique du SudLa parodie d’égalité de droits qui se joue actuellement en Afrique du Sud, ne donne qu’une seule alternative aux Noirs : continuer la lutte. Et l’ANC qui a l’avantage d’être le plus vieux mouvement de libération du continent et de surcroit [est un] parti au pouvoir est d’emblée mieux placé pour ce combat. Mais là encore, la désillusion s’avère très grande car l’ANC semble s’embourber dans les engrenages de la politique…

« Avant il y avait des classes fondées sur la race. Maintenant il y a des classes fondées sur la classe. Mais pour les pauvres c’est toujours une vie de merde. Ces gens se sentent trahis. Et ils ont été trahis, ils sont trahis. » – Greg Marinovich, photojournaliste sud-africain

L’ANC, UN PARTI AU BOUT DU ROULEAU

 – Querelles intestines

• • •

Afrique du Sud : fin de l’Apartheid, de la poudre aux yeux ?

Jacob ZumaLe 30 juin 1991, le monde entier avait les regards tournés vers l’Afrique du Sud qui mettait officiellement fin à 81 ans d’Apartheid [1]. Trois ans plus tard, se tenait la toute première élection multiraciale à l’issue de laquelle  Nelson Mandela, alors président de l’ANC, devenait le premier président noir de ce pays. Cette figure emblématique incarnait l’espoir de tout le peuple sud-africain noir, le rêve longtemps chéri de toute une nation qui grâce au combat de [cet homme], pouvait enfin oser prétendre à une égalité de droits avec les Blancs. Vingt-et-un (21) ans plus tard, silence radio. Plus de nouvelles en provenance des Noirs d’Afrique du Sud. Tous les projecteurs des médias semblent soudain être éteints sur eux, les jetant aux oubliettes dans les confins des mémoires collectives.  Dans quelles conditions vivent-ils aujourd’hui ? La lutte de Mandela pour son peuple a-t-elle vraiment abouti ?

• • •

Wangari Muta Maathai : l’insoumise qui voyait la vie en vert

« Planter un arbre, c’est une prise de conscience. Nous ne sommes rien sans notre environnement. » – Wangari M. Maathai

Wangari Muta Maathai (1940 - 2011)C’est le Green Belt Movement (ONG d’écologistes qu’elle a fondé) qui a annoncé la triste nouvelle ce 25 Septembre 2011. Wangari Muta Maathai s’est éteinte à l’âge de 71 ans des suites d’un cancer à l’hôpital de Nairobi. Bien que les Kenyannes l’aient affectueusement surnommée “Mama Miti” (mère des arbres en Swahili), Wangari Maathai n’était pas uniquement une activiste pour la sauvegarde de l’environnement mais également une figure de combat pour les droits de l’homme en général et ceux de la femme africaine particulièrement, comme en témoigne sa propre vie. Elle est décrite comme étant « une militante féministe, pacifiste et écologiste, africaine et occidentale; catholique croyante et révolutionnaire; intellectuelle et très “terrienne, mais aussi progressiste et attachée à ses racines ». Wangari Maathai était tout simplement une femme socialement accomplie, icône de l’émancipation, la vraie, de la femme noire. Retour sur le brillant et douloureux parcours de cette femme d’exception qui demeure incontestablement l’une des africaines les plus influentes de la planète.

• • •

Troy Davis : martyr Noir de la justice Blanche

« Je ne suis pas celui qui a tué votre fils, votre père, votre frère, je suis innocent. L’incident qui a eu lieu cette nuit n’est pas ma faute. Je n’avais pas d’arme. » – Troy Davis

Troy Davis RIPCe jeudi 22 septembre 2011 Troy Davis clamait une dernière fois son innocence aux proches du policier Mark Allen McPhail, tué en 1989 à Savannah, Georgie. Ces derniers étaient venus assister à son exécution, comme cela est de coutume pour les familles des victimes. Cette exécution qui a eu lieu malgré l’intense mobilisation internationale a ravivé le virulent débat de la condition noire aux États-Unis. Débat qui d’ailleurs ne s’est jamais totalement éteint dans cette partie du monde, puisque le racisme contre les Noirs est toujours tapis dans le cœur des Blancs, prêt à ressurgir au moment opportun. Le fait est que le racisme au pays de l’Oncle Sam n’a fait que se muer en différentes formes au fil des années, se justifiant par des lois aussi diverses que saugrenues afin de rendre juste l’injustice et de justifier l’injustifiable.

• • •

Les racines africaines de la langue française

« La langue est comme le sol: elle conserve les traces du passé. En la fouillant, on y découvre des vestiges de temps révolus, de peuples disparus, de coutumes oubliées. »

Léopold Sédar SenghorLe vocabulaire français est issu à 90% de la langue latine, cela est connu! Mais il n’y a pas que des mots latins dans la langue française. En effet, plusieurs mots de par leur racine africaine ont enrichi cette langue au cours de son histoire. Faisons honneur à ces termes africains qui ont réussit à s’implanter dans la langue de Molière avec un petit tour d’horizon sur ces mots-voyageurs en provenance d’Afrique!

Commençons par le mot Chimpanzé. Ce terme vient de la République Démocratique du Congo, “kivili-chimpenze” qui signifie “grand singe” en langue Tchiluba. Il fut importé en français par le naturaliste Guy de La Brosse en 1638 sous la forme “quimpezé”.

• • •

De la maturité démocratique du peuple Africain dans la littérature

DE LA MATURITÉ DÉMOCRATIQUE DU PEUPLE AFRICAIN DANS LA LITTÉRATURE : L’EXEMPLE DE “ON SE CHAMAILLE POUR UN SIÈGE” DE HYACINTHE KAKOU

"On se chamaille pour un siège", de Hyacinthe KakouCe qui fait la particularité de On Se Chamaille Pour Un Siège (1er Prix de la Meilleure Pièce Inédite au Premier Festival National du Théâtre Scolaire et Universitaire à Bouaké 1982), c’est la pertinence du thème qui en émane et qui fait de pièce une œuvre d’actualité brûlante qui garde encore toute sa saveur 30 ans après sa rédaction. En effet, le lecteur de ce chef d’œuvre théâtral est, malgré le ton fort satirique et comique, perpétuellement tourmenté au fil des 128 pages, par la question de la maturité démocratique du peuple africain. Hyacinthe Kakou, dramaturge ivoirien, l’a voulu ainsi car l’humour sert souvent d’entremise pour véhiculer plus aisément des messages aussi sensibles que ceux ayant trait à la politique…

• • •

Le Procès du Caméléon

CaméléonCertains l’accusent souvent d’une grande lenteur,
Et lui reprochent de changer abusivement de couleur.
D’autres collent aussi à cet animal mythique,
L’étiquette de personnage hypocrite.
On a même développé à son sujet,
Une connotation très négative et
A titre d’exemple, tel individu qui change facilement d’opinion
Et manque de constance est traitée de caméléon.
Il en est de même pour telle autre personne réputée pour sa nonchalance,
Ne sachant faire aucune preuve de diligence.
Et pourtant, Monsieur Caméléon a toujours gardé le silence
Face à ces diffamations, et ce mépris gratuit.
Sachant que tout ce qu’il dira pourrait être retenu contre lui,
Il a laissé le soin de sa défense à son avocat.

• • •

J’ai entendu parler de Lumumba, mais j’ai vu Gbagbo

Laurent GbagboPour la bien jeune génération dont je fais partie, Patrice Lumumba est un héros africain des temps immémoriaux qui nous était narré dans les livres d’histoire. Il était dit de lui qu’il était un homme de foi et que son rêve d’indépendance totale pour le Congo et pour l’Afrique était sa raison de vivre et pourtant fut la cause de sa mort.

Ainsi, j’ai entendu m’être contée son beau rêve d’indépendance totale, le sien, mais aussi celui de tout Africain. Ce peuple qui porte encore les affres de la douloureuse trilogie esclavage, travaux forcés, colonisation. Il rêvait que l’Afrique écrirait sa propre histoire et qu’elle serait au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité.

• • •