Naissance d’une tyrannie

Alassane Ouattara : Meeting du FPI, 21 janvier 2012Samedi 21 Janvier 2012 était un jour de fête pour l’Afrique : celui de l’ouverture de la 28ème Coupe d’Afrique des Nations de football, organisée conjointement par le Gabon et la Guinée Equatoriale, qui n’ont pourtant pas toujours eu des rapports amicaux, comme en témoigne le différend territorial qui oppose jusqu’à présent les deux pays à propos de l’île de Mbanié.

Samedi 21 janvier 2012 était également la date choisie par le Front populaire ivoirien (Fpi), parti créé par l’ex-président Laurent Gbagbo, pour « faire sa rentrée politique » à la place Ficgayo de Yopougon. Dans une escalade verbale par médias interposés, les organisateurs promettaient d’aller «jusqu’au bout », d’en faire « une démonstration de force » et une manifestation de soutien « au vrai président de la Côte d’Ivoire déporté à La Haye ».

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La réconciliation en question

Réconciliation nationale?Réconciliation. Le mot à la mode en Côte d’Ivoire. Il revient à toutes les sauces. Les tenants du pouvoir et leurs adversaires d’hier font comme si la réconciliation était une affaire essentiellement religieuse: il suffit pour s’en convaincre de prêter attention à la terminologie utilisée à longueur de journée: pardon, repentance… La réconciliation va bien au-delà de cela et contrairement à ce que pensent certains, il ne suffit pas d’en parler pour que ça se passe. C’est un sujet difficile, dont le galvaudage n’est pas seulement irritant, mais également dangereux.

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L’emploi à l’ère du pacte colonial : selon que vous serez Noir ou Blanc…

« Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi… J’aurais pu être noir. » – Ray Charles

L'emploi à l'ère du pacte colonialLa France aime se plaindre de l’Afrique “boulet”, mais elle n’hésite pas à réprimer l’émergence de nouvelles classes politiques et de générations voulant extirper le continent de la médiocrité dans laquelle il a volontairement été maintenu par les anciennes puissances coloniales.

Ceci s’applique aussi bien au secteur public que privé. Alors que les entreprises françaises implantées en Afrique se plaignent constamment du mauvais niveau de leurs employés locaux, ce sont les mêmes qui répugnent à embaucher des nationaux remarquables, compétents et bardés de diplômes des meilleures universités occidentales et africaines. Et quand bien même elles les recrutent, elles leur offrent des rémunérations ridicules, leur imposant en sus des supérieurs hiérarchiques expatriés aux qualifications et aux états de service bien souvent douteux ou laissant à désirer.

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Naufrage d’une nation

Laurent GbagboPROLOGUE DE FABIEN D’ALMEIDA : Récemment, PENSÉES NOIRES – la plateforme qui vous a offert l’inaltérable “J’ai entendu parler de Lumumba, mais j’ai vu Gbagbo” – publiait un papier intitulé “Gbagbo : l’hypocrisie qui ne dit mot“, qui a fait pleuvoir sur le web un torrent de commentaires plus ou moins violents et pas forcément très critiques sur le problème posé. Au moment où ceux qui s’auto-attribuent le titre de “patriotes ivoiriens” dénonçent le 6è mois d’incarcération de Laurent Gbagbo en réclamant sa libération sans condition, et au moment où certains de leurs leaders estiment que “c’est le seul débat qui compte” au temps T, nous pensons au contraire qu’il est plus que nécessaire et opportun de mener une réflexion profonde sur les incongruités propres au camp LMP qui ont justement permis de déboucher au 11 avril dernier. Aussi, nous vous proposons, ci-dessous, de revisiter cette contribution de Mahalia Ntéby, “Naufrage d’une nation”, initialement publiée dans AgoraVox le 30 avril 2007 – c’est-à-dire moins de deux mois après la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou – qui tentait déjà, à l’époque, d’attirer l’attention sur le laissez-aller “Woodyen”. Nous l’avons déjà dit: « Le camp Laurent Gbagbo n’aime pas se voir dans le miroir de ses propres incongruités ». Cependant, nous croyons que se voiler la face est un exercice antithétique à la libre expression démocratique et que l’autocritique réfléchie est plus à même de faire avancer un combat qui, au-delà d’un individu précis, concerne l’avenir de liberté d’une communauté d’Ivoiriens et d’Africains. PENSÉES NOIRES s’inscrit en toute in-dé-pen-dan-ce dans cette mission. Il n’est ni trop tôt, ni trop tard pour chacun de mener cette introspection. 

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Après le Conseil Constitutionnel ivoirien : revenir à la raison

Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara« Libérez Gbagbo ! »
« On veut Gbagbo ! »
« Pas de négociations sans Gbagbo ! »
« C’est Gbagbo le président ! »
« Yao N’Dré est un traitre ! »

Que d’injonctions péremptoires et d’accusations virulentes sont entendues et lues ci et là depuis la capture de Laurent Gbagbo par l’armée française, sa remise aux troupes de Ouattara et sa séquestration illégale à Korhogo. Et l’arrêt rendu hier par le Conseil Constitutionnel, qui proclame Alassane Dramane Ouattara Président de la République de Côte d’Ivoire, n’est pas venu calmer l’intense vague de révolte qui anime les partisans de Laurent Gbagbo, qu’ils soient Ivoiriens ou pas, loin de là !

Mais si l’émotion suscitée par les événements auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée depuis plusieurs mois est compréhensible, il faut cependant savoir, à un moment donné, raison garder.

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La fermeture des banques va-t-elle porter le coup fatal à Gbagbo ?

[Le] Pr. Mamadou Koulibaly n’a pas été assez écouté dans son propre camp (…) Certains doivent aujourd’hui s’en mordre les doigts.

Société Générale en Côte d'IvoireLa stratégie de l’asphyxie financière du régime Gbagbo était annoncée depuis belle lurette. Cela aurait pu être étouffé dans l’œuf si les conséquences qui s’imposaient avaient été tirées de la guerre des 6 jours de la France contre la Côte d’Ivoire en Novembre 2004.

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