La folie d’une guerre sans gloire : à Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié

Pour l’amour de la Côte d’Ivoire, prenez vos richesses, prenez votre folie et allez vous-en !

Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan BédiéAujourd’hui où, par votre étincelant sens de la paix, la guerre est de retour chez nous, il est difficile d’ignorer la question que des millions d’entre-nous se posent nuit et jour : comment avez-vous pu nous faire ça ? En 20 ans seulement, votre incompétence a offert à ce pays la pire de toutes les infamies. Comment pouvez-vous vivre avec vous-mêmes ? N’avez-vous pas de conscience ?

La haine est un état d’esprit. Un état d’esprit sous le contrôle absolu de celui qui la porte. La violence, débouchée finale de la haine, résulte de l’accumulation de pulsions incontrôlées au point où ces pulsions-là prennent contrôle de la personne (insanité temporaire ou prolongée). La guerre est l’expression extrême de ces pulsions.

La différence entre un babouin-à-fesses-roses et un être humain, cognisant, logique, mûr, et mentalement sain est très simple : l’un possède la faculté de s’auto-analyser, de se retenir, et d’entrevoir dans l’abstrait la portée conséquentielle de ses actes ; l’autre est prisonnier de ses pulsions, brutal, bestial, primal. L’un est écervellé, l’autre non. L’homme, morphologiquement, n’est pas équipé de traits facilitants une inclinaison vers la violence, traits que, comparativement, tous les autres prédateurs de cette terre possèdent. Les classiques développés autour de la théorie du “Contrat Social” par les contractarianistes Jean-Jacques Rousseau, John Locke, et Thomas Hobbes n’auraient pas tenu le test de plus de trois siècles, si l’argument selon lequel l’humain vit en société par soucis sécuritaire n’était pas empreint de validité.

Il semble donc logique, sur la base de cette validité, de se demander comment nous, peuple de Côte d’Ivoire, aspirant (comme le reste de l’humanité) à vivre protégés des égorgements et autres amputations à la machette inhérents à la guerre à laquelle vous nous condamnez, pouvons continuer à vous suivre dans la monumentale bêtise de votre infanticide folie.

Vous nous demandez de vous offrir en sacrifice suprême, Ô Sacrilège, la vie de nos filles, la vie de nos fils, la vie de nos mères et celle de nos pères, alors que vous-mêmes êtes ABSOLUMENT INCAPABLES de vous joindre à nous dans ce suicide aussi bête qu’inutile.

Toi Alassane qui naguère enjamba la clôture d’une ambassade voisine par soucis de survie face à une foule hostile, tes quatre enfants sont sains, saufs et gras, menant une vie de sultan entre Washington, Paris et la Côte d’Azur où jamais ils n’entendront le claquement des AK-47 que tes partisans font retentir depuis 2002 partout dans ce pays.

Toi Laurent, le fait que tes quatre enfants soient au pays, risquant les mêmes risques que leur père, ne peut en aucun cas effacer la réalité suivante : parmi les 21.6 millions d’habitants que compte la Côte d’Ivoire, ils font partie de la poignée d’individus — PDCI, FPI, RDR inclus — dont le plan B est clair (“en cas de cas”, comme on le dit à Abidjan) et dont l’avenir sans soucis financier est solidement assuré, cela, que le pays brûle ou non.

Et toi Henri, on t’a vu fuir Guéï Robert en 1999, paniqué à souhaits, conspuant ton Premier ministre d’alors sur le tarmac du 43ème BIMA, giflant ton épouse dans la foulée, tout ça pour sauver ta peau du sort auquel Alassane, Laurent, et toi nous vouez aujourd’hui. Lucette, Patrick, Jean-Luc et Monique-Isabelle sont certainement entre New York et Paris, dégustant des vins flanqués de ton effigie ou des cigares HKB qui t’ont rendu célèbre.

Vous êtes des irresponsables ! Vous-mêmes avez vécu une vie des plus paisibles, parcourant le monde en sifflotant, paressant à l’ombre du bananier politique qui fit de vous des boursiers sans djôssis (le dur labeur pour une pitance, en Abidjanais), de Paris à Philadelphie, sans avoir à lever le moindre doigt, vous pavanant de cercles huppés en cercles huppés, jusqu’à ce que vos contacts vous sculptent un avenir de pasha. Vous ne comprenez pas la tourmente que vous nous faites souffrir.

C’est un calvaire !

Nous n’avons rien à manger, mais c’est pas gaté. Nous sommes pauvres à la déraison, mais c’est pas grave. Pire, nous sommes pauvres à cause de vous, mais ça aussi, on laisse aller. Vous nous avez dévalisé (vous êtes tous trois riches à milliards), mais même ça, on laisse couler. Tout ce qu’on vous demande, nonobstant le dégoût muet que nous avons pour votre légereté morale, c’est de nous laisser vivre en paix, dans notre fière pauvreté africaine, dans nos haillons, dans nos huttes, dans nos hameaux. Mais votre incompétence est telle que même cette simple paix-là, vous, ventripotents de vos millions (milliards ?) de dollars, gavés de l’ivresse du pouvoir, de l’argent, de l’égoïsme, êtes incapables de nous la flanquer.

Quand vous demandez à un jeune homme ou une jeune femme d’offrir sa vie pour vos âneries, c’est à un viol sur leur mère que vous vous livrez. Ce sont leurs enfants orphelins que vous égorgez de l’avenir qui leur est dû alors que votre propre progéniture patauge dans la boueuse luxure de vos deniers détournés.

Ainsi parlait Espoir 2000 (*) :

” Coûte que coûte,
Vaille que vaille,
Je serai président,
J’y tiens tellement,
Que je suis prêt à tuer.
Schémas classique
d’une comédie politique,
Aujourd’hui on tue des gens,
Qu’on veut gouverner demain.”

C’est ça, la Tragédie Nègre, c’est ça, la Malédiction Noire. Ce qui fait mal au coeur, c’est que ce sont des gens comme vous, Henri, Alassane, Laurent, qui nous infligez cette abomination de peine de mort. Que Nicolas Sarkozy s’en mèle ne me surprend pas… Il est logique à lui-même, son pays est logique à la politique assoiffée que les Quatre Nains (France, Espagne, Portugal, Angleterre) poursuivent depuis plus de mille ans. Mais que vous, Enfants de notre Peuple, Chair de notre Chair, Sang de notre Sang, nous crucifiez avec tant de mépris, en nous crachant au visage, est pire que de voir ma propre mère mourir.

Il n’est pas trop tard…

De grâce…

Arrêtez.

Prenez vos richesses, prenez vos palais, prenez votre folie, et allez vous-en. Partez. Allez là-bas chez les Blancs, rejoindre vos enfants, vos maîtres, vos comptes bancaires suisses, et votre goût du sang humain. Partez et ne vous retournez pas. Laissez nos familles vivre ici, chez nous au pays, dans la pauvreté que vous nous avez légué, dans la misère que vous avez si révéremment bâti. Nous, peuple de Côte d’Ivoire, nous relèverons de cette ruine, nous ferons la paix avec nous-mêmes. Il n’y a pas de Nord, il n’y a pas de Sud. Nous sommes un, et nous le demeurerons. Ce fut le cas jadis, ce sera le cas dès que vous partirez. Mais avec une guerre comme celle que vous êtres en train de causer, nous ne nous relèverons pas.

Pour l’amour de la Côte d’Ivoire, allez-vous-en.

Assemblée Nationale, prend tes responsabilités. Ivoirienne, Ivoirien, Africain, lève-toi. Seul ton silence peut embrasser notre chère patrie. Si dans chaque circonscription, nous assiégeons la résidence de chaque député de ce pays et ORDONNONS que les Représentants du Peuple ;

– Se réunissent dare-dare et oblitèrent par tous les moyens possibles sous la Loi ce système présidentiel imbus de lui-même,

– Désignent pour un mandat de 30 jours un organe de transition neutre (non-affilié aux cercles politiques actuels) chargé d’organiser un référendum en vue de l’adoption d’une nouvelle Constitution restituant au Peuple les rennes du Gouvernement (système Parlementaire), et

– Organisent dans les 30 jours qui suivent des élections législatives et sénatoriales ou les Représentants sont élus pour un mandat de douze mois (ni plus, ni moins),

Notre pays sera effectivement sorti de cette crise, le poison aura radicalement été digéré. C’est la seule solution : soulever les députés par la peau des fesses, les OBLIGER à exercer leur responsabilités fiduciaires (la protection impérative des intérêts du Peuple), et changer le système NOUS-MÊMES. Une fois cela accompli, le désarmement total, la réinsertion des factions dans une armée nouvelle, bref, la Paix, pourront être négociée à l’abri de la haine que se vouent Henri, Laurent, et Alassane.

La cause de nos malheurs, c’est eux. Qu’ils s’en aillent et la Paix aura une chance. C’est le prix à payer. Il faut appeler un chat un chat.

Si la gangrène de tes jambes menacent ta propre survie, ampute les sans regrets aucuns. C’est un choix élémentaire.

La balle est dans notre camp.

  • (*) Espoir 2000 est un groupe ivoirien de Zouglou, musique populaire de contestation créée en 1990 à Abidjan. Ce vers est extrait du titre “Trop C’est Trop” de 2007.

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