Université ivoirienne : un ‘plan Marshall’ s’impose

Université de Cocody à AbidjanAlors que les bruits de bottes s’annoncent comme un ouragan dévastateur sur la Côte d’Ivoire, les vrais enjeux de développement, qui ont fait les sujets d’affiches de campagne déployées à grands frais sur l’étendue du territoire, attendent toujours de recevoir l’attention qu’ils méritent.

L’un de ces enjeux, l’enseignement supérieur, fait l’unanimité, vu son état fiévreux, pratiquement comateux, depuis 1990, date de la première année blanche nationale. Depuis lors, qu’il s’agisse du système académique corrompu, des infrastructures vétustes ou de l’environnement surpolitisé, l’université connaît un désordre qui révolte.

I. COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ ?

Les avis sont partagés. Là où certains blâment exclusivement les mouvements estudiantins de 1990 et leur récupération par des groupes politiques, d’autres pointent du doigt la démission de l’État de Côte d’Ivoire qui a relégué les politiques d’éducation au second (voire au troisième) plan, au profit des projets économiques apparemment plus urgents.

En effet, après la mort d’Houphouët-Boigny, les présidents Henri Konan Bédié, Robert Guéi et Laurent Gbagbo n’ont jamais témoigné d’une volonté réelle de redynamiser le système éducatif universitaire, au-delà de quelques vagues discours de circonstances et programmes de gouvernements. De son côté, Alassane Ouattara, en tant que Premier ministre, n’a pas non plus impulsé un changement notable à l’enseignement supérieur, quoiqu’en dise aujourd’hui le révisionnisme de campagne électorale [1].

Pourtant, avant 1990, l’enseignement supérieur rayonnait. Les choix politiques du Vieux, parfois discutables [2], ont été, en matière d’éducation, parmi les plus avisés que l’Afrique de l’Ouest indépendante ait connus. Houphouët-Boigny a misé sur la formation supérieure de qualité, priorisant la construction des infrastructures publiques telles que l’Université d’Abidjan, l’École normale supérieure et les grandes écoles techniques dont l’Institut national supérieur de l’enseignement technique de Yamoussoukro [3]. Ces pôles d’éducation, de renommée continentale dans les années 1970 et 1980, ont formé une pléthore de cadres qui ont émergé au plus haut niveau de l’administration ivoirienne, après avoir bénéficié de bourses d’études vers les écoles de l’ex-métropole française. Ce système a doté la Côte d’Ivoire d’élites universitaires de rang mondial [4], dans quasiment tous les domaines de la science, qui ont fait et continuent de faire la fierté intellectuelle de la Côte d’Ivoire dans le monde entier. Aujourd’hui, l’on se demande qui assurera la relève de ces maîtres, vieillissants, retraités ou engagés à plein-temps dans des carrières politiques. Certes, de brillants jeunes universitaires disponibles et disposés existent sur l’échiquier national.

II. MAIS QU’EN FAISONS-NOUS ?

Dans les communautés africaines, la capacité de contribution d’un individu est déterminante pour lui attribuer une place honorable dans l’estime populaire. Au pays Sanwi (Ghana), en région Bamiléké (Cameroun) ou dans les villages Yoruba (Nigeria), l’individu le plus prompt à apporter une large cotisation en nature ou en numéraires est le plus respecté. Ainsi, la société ivoirienne, influencée par la tradition et par l’Occident, s’identifie à la caricature du “gros bonnet ventripotent” que lui reflète le monde des affaires et que véhiculent profusément les médias. L’avènement du phénomène des “jeunes cadres dynamiques” (JCD) est ici révélateur : un Ivoirien respecté est celui qui suit les traces des grands patrons que sont Jean Kacou Diagou, Jean-Louis Billon, Koné Dossongui etc., c’est-à-dire des personnes qui ont su s’imprégner des résultats obtenus par la recherche scientifique universitaire et les ont adaptés à leurs entreprises.

Mais qu’en est-il de ces chercheurs-savants qui leur ont montré le chemin, via des schémas théoriques que l’entrepreneur lambda peut expérimenter et dont l’investisseur peut profiter ?

Marginalisés au mieux, méprisés au pire, la plupart de ces élites, qui connaissent peu de révérence et encore moins de reconnaissance, portent le noble titre de “professeur” avec le poids de la raillerie et de l’ignorance qu’il inspire à la masse populaire. Car pour l’Ivoirien moyen, petit salaire signifie petit métier. Or, il n’y a qu’à regarder le traitement salarial que l’État de Côte d’Ivoire réserve à ses plus hauts professeurs d’universités pour comprendre l’étendue du problème : environ 800 000 francs CFA bien dévalués par mois, après plus de 25 ans de services rendus dans l’enseignement supérieur.

En comparaison, le jeune cadre débutant empoche, dans le privé, entre 500 000 et 700 000 francs CFA par mois. Devenu chef de service 2 à 3 ans plus tard, il aura passé 1 000 000 de francs CFA en net, avec une batterie d’avantages en nature (voiture de service, assurance-maladie, etc.). À force de travail, il pourra espérer devenir chef de département en 5 ans puis intégrer, 10 années après son initiation à la vie d’entreprise, une fonction de directeur sectoriel, touchant entre 2 500 000 et 3 500 000 francs CFA mensuellement.

De son côté, le professeur des universités français [4] récolte entre 2 500 000 et 3 000 000 de francs CFA chaque mois… et s’en plaint ! Aux États-Unis, le salaire du “full professor[4] se chiffre entre 150 000 et 300 000 dollars, soit entre 6 250 000 et 12 500 000 francs CFA par mois, prestige, respect et statut officiel exclus. Ces émoluments sont bien sûrs à relativiser, en fonction du niveau de vie de chaque pays. Cependant, les chercheurs ivoiriens, tout aussi qualifiés que leurs confrères occidentaux, restent incroyablement défavorisés.

Comment défendre la noblesse de la profession d’enseignant-chercheur et l’ériger en aspiration pour les jeunes, si les véritables détenteurs du savoir tirent le diable par la queue ? Comment accorder une place de choix aux enseignants dans une société où le salaire perçu, censé refléter la contribution marginale à la production de la richesse, engendre un niveau de vie (toutes proportions d’efforts et d’études gardées) comparable à celui d’un plombier ?

III. POURQUOI AUTANT DE MÉPRIS ?

Une première tentative de réponse se révèle sur le terrain politique. En effet, d’une part, il pourrait se croire que les choses sont voulues ainsi par les dirigeants, afin d’empêcher que toute force intellectuelle susceptible de “corrompre les esprits” soit un jour néfaste au pouvoir qu’on a du mal à vouloir céder. La raison politique, cyniquement vêtue, pourrait expliquer l’arrogance des seigneurs de l’exécutif sur les maîtres de l’université. D’autre part, il pourrait s’agir d’une simple négligence devenue myopie politique, impardonnable à ce niveau de responsabilité.

Ces postulats restent d’actualité, d’autant plus que ceux qui avaient cru en l’arrivée d’un enseignant-chercheur à la présidence, comme étant la panacée au statut social de l’universitaire, ont très vite déchanté. À part la création de l’Académie des sciences, des arts, des cultures d’Afrique et des diasporas africaines (ASCAD) en 2003, la Refondation n’a pratiquement rien offert, ni aux universitaires, ni aux universités.

Deuxièmement, du point de vue économique, le mépris de l’enseignant-chercheur ivoirien peut aussi se comprendre par l’analyse du développement du secteur privé. En effet, la formation universitaire en Côte d’Ivoire demeure largement théorique, puisque l’orientation pédagogique est restée axée sur l’enseignement des concepts fondamentaux, que ce soit en droit, en économie, en gestion, en sociologie, etc. Or, cet enseignement, bien qu’ayant été la force d’un système éducatif efficace par le passé, a perdu de son attrait depuis l’époque où la fonction publique s’est construite et où des agents capables de comprendre les principes généraux d’administration des services publics ont été recrutés.

Avec la floraison des grands principes de management qui se distinguent nettement de ceux d’une administration publique et qui exigent efficacité, flexibilité et adaptation constante à un environnement dynamique, le secteur privé fait la part belle aux formations professionnelles qui leur exportent des jeunes diplômés du premier cycle (DUT, BTS, etc.) directement “opérationnels” dans le monde du travail. Il ne s’agit plus de faire des études longues et inutiles : un Bac+2 suffit pour gagner sa vie de façon moyennement correcte. Le décalage de paradigme entre les étudiants des “grandes écoles” abidjanaises et ceux qui sortent d’une université nationale minée par les grèves, contribue à jeter un regard désenchanté sur la capacité des études universitaires à contribuer à la réussite sociale d’un individu. Celui-ci, qui préfère se trouver un job à rémunération moyenne dans la PME la plus proche, obtient ainsi la garantie de son autonomie financière et possède de quoi nourrir sa famille restée “à l’intérieur”. La culture de l’urgence et de la débrouillardise symbolisée par des courtes études plus rentables a, dans le contexte d’incertitude généralisé, plus de chance de générer un revenu “concret” que les longues études universitaires.

Troisièmement, il y a lieu de s’interroger sur un aspect plus profond, d’essence traditionnelle ou culturelle, qui soumettrait les mentalités à l’ignorance des études supérieures et qui expliquerait cette condescendance chronique pour la chose enseignante qui se transmet de chef d’État en chef d’État depuis 1993. C’est ce que défend Marcel Zadi Kessy, grand patron du groupe Saur (CIE-SODECI), quand il identifie la non-reconnaissance africaine de la valeur économique du conseil avisé. En effet, dans Culture africaine et management des entreprises modernes [5], il explique en quoi le conseil en Afrique est traditionnellement considéré comme gratuit. Par conséquent, il apparaît comme n’ayant aucune valeur économique pour l’Africain moyen, ce qui pourrait expliquer le peu de considération que l’on attribue à l’enseignant-chercheur dans l’arène politique africaine. Ramené au contexte ivoirien, cela se traduit par un verbiage accusant l’érudit qui avance des idées novatrices de “ne pas être concret” et de “perdre le temps aux gens” avec ses grandes théories.

C’est pourtant la conceptualisation des systèmes de production et des stratégies de développement qui dynamise la créativité dans les économies occidentales et les pays émergents. Le modèle de la Grameen Bank de Mohammed Yunus, fruit de la recherche approfondie de l’économiste Bangladeshi de renom, est devenu la lanterne que les économies les plus développées suivent scrupuleusement pour implémenter, dans leurs pays, des solutions de réduction de la pauvreté, par le mécanisme de la microfinance.

IV. COMMENT DONC REDRESSER LA BARRE ?

Un Plan Marshall, impulsé par les universitaires eux-mêmes, renforcé par un lobbying de l’élite enseignante auprès de l’Exécutif et urgemment déployé, s’impose. Ce plan ne sera pas le fruit de simples et nobles intentions mais de franches motivations déclinées en actions concrètes, à court, moyen et long termes.

˜˜˜˜ À court terme

La réflexion : Le corps universitaire doit s’attribuer, de plein droit, la réflexion approfondie sur le système éducatif ivoirien. Cette réflexion doit dégager un document de synthèse destiné exclusivement à la tutelle ministérielle et au sommet de l’État, à l’image de l’étude prospective engagée par le secteur privé, sur le développement économique de la Côte d’Ivoire à l’échelle 2040 [6].

L’environnement de travail : Il s’impose une dépolitisation complète de l’école ivoirienne et de tout l’appareil universitaire national. Au-delà du démantèlement immédiat des groupes estudiantins “guerriers”, une solution serait de migrer progressivement l’université ivoirienne vers un établissement de type anglo-saxon qui se défait, au fur et à mesure, de la recette française de mai 1968, à savoir la possibilité pour les étudiants d’entreprendre des revendications musclées. Cette méthode a montré toutes ses limites : il faut impérativement qu’elle fonde au soleil de la discipline scolaire, engagée mais modérée, qui s’astreint du syndicalisme de tranchée. Il ne s’agit pas de dérober les étudiants ivoiriens de leurs droits : il s’agit de redéfinir les limites de leurs droits et de les mettre en face de leurs responsabilités.

L’enseignant : Les enseignants-chercheurs ivoiriens doivent revendiquer, courageusement, un changement radical de leur statut. Un professeur d’université au Cameroun à rang de ministre, avec les honneurs officiels qui lui sont dus, partout où il apparaît publiquement. Il n’y a aucune raison que cela ne puisse être en Côte d’Ivoire si la tradition camerounaise ne s’en est jamais enrhumée. Par ailleurs, l’État doit revaloriser le statut de l’universitaire en réévaluant, à la hausse, le traitement salarial des enseignants de toutes catégories et en les alignant au niveau de leurs confrères nord et sud africains. Il n’y a pas d’autres moyens si l’objectif est d’endiguer le fléau de la fuite des cerveaux et encourager les thésards africains qui arpentent les couloirs des facultés universitaires nationales et occidentales à poursuivre leurs études, sans craindre de finir comme leurs maîtres ivoiriens.

L’étudiant : il est nécessaire de formater une conscience estudiantine à la hauteur du statut de l’université. A ce sujet, la semi-privatisation, dans un premier temps, puis la privatisation de l’université, dans un second temps, pourrait constituer une méthode efficiente, comme c’est le cas dans les pays anglo-saxons où tous les lycéens n’intègrent pas l’université via l’orientation publique. L’université recrute elle-même, selon les critères d’excellence qu’elle s’attribue, les tenants qui présentent des dispositions accrues pour la chose académique. Ceux-ci adoptent, en conséquence, une attitude conforme à l’exigence de leur recrutement.

L’équipement : il s’impose un apport qualitatif et quantitatif majeur en matière de ressources didactiques, techniques et informatiques, de même qu’une réhabilitation infrastructurelle du domaine universitaire, tant au niveau des espaces d’enseignements que des espaces de logements. Ici, l’État doit prendre ses responsabilités devant le fléau du “campus business” en déclarant la fermeture définitive du commerce informel qui s’y est développé.

˜˜˜˜ À moyen terme

La recherche : il faut encadrer la recherche scientifique, avec une tutelle ministérielle spécifique, qui fait autorité pour motiver, financer et récompenser le travail de recherche au niveau national et accompagner la reconnaissance de ce travail au niveau international. Il s’agit de favoriser la coopération intellectuelle permanente des élites ivoiriennes avec leurs condisciples africains et internationaux, afin de rapprocher les théories locales des concepts occidentaux et proposer des mécanismes de développement, de lutte contre la pauvreté et de décentralisation adaptés au contexte ivoirien [7].

La valorisation et le repositionnement : l’État pourrait, après sensibilisation, ériger en loi et imposer un quota de conseillers universitaires nationaux aux grandes sociétés ivoiriennes qui en sollicitent pour leurs études de projets. L’objectif est de briser le mythe de “l’expert international” si cher au secteur privé national, où la valorisation du “talent local” s’apparente plus aux choix opérés dans le domaine du football : l’entraîneur national est ignoré ou sous-payé et le sélectionneur international agréé et surpayé, avant même d’avoir produit un quelconque résultat. L’enseignant-chercheur s’engagerait donc pleinement dans les activités du secteur privé par un repositionnement stratégique lui permettant de faire bénéficier les sociétés ivoiriennes, notamment les PME, d’appui-conseils avisés [8].

˜˜˜˜ À long terme

La restructuration : la création de petits et moyens pôles universitaires supérieurs, au lieu de grands campus mal contrôlés, s’impose, pour des questions de gestion optimale. Prouver le statut et la qualité par la superficie n’est plus chose faisable, vu le nombre d’étudiants. Par contre, l’exemple de l’École nationale de statistiques et d’économie appliquée de Cocody, relativement modeste par la taille, montre à quel point l’harmonisation d’un espace restreint est plus approprié au contexte local que l’aménagement et l’entretien d’un espace élargi.

Ces propositions, non exhaustives, sont donc des pistes de réflexions dont le système éducatif universitaire pourrait se saisir pour susciter la mise en œuvre d’un plan Marshall capable d’établir des fondations nouvelles, réalistes, adaptées au contexte ivoirien actuel.

La volonté politique, s’inscrivant dans la durée et déclarant l’état d’urgence de l’éducation ivoirienne, en général, et de l’université, en particulier, permettra à la Côte d’Ivoire de renouer avec la formation d’une élite intellectuelle capable d’assurer la relève de nos Immortels et d’impulser l’émergence du pays.

  • (1) Le camp Ouattara s’est targué pendant la campagne présidentielle de la construction de “nouvelles universités” pendant la tenure de Alassane Ouattara à la Primature de 1990 à 1993. Cela n’a jamais été. Alassane Ouattara n’a fait que décentralisé l’Université Nationale en différentes Unités de Formation et de Recherche (UFR) à Abidjan, Bouaké, Daloa et Korhogo, une action certes bienvenue, mais qui diffère largement de la création de trois nouvelles universités, comme l’indiquait sa campagne présidentielle en 2010.
  • (2) cf. “Démystifier Houphouët-Boigny”, du même auteur.
  • (3) L’Institut National Supérieur de l’Enseignement Technique de Yamoussoukro (INSET) est devenu Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) en 1996, après la mort du Vieux.
  • (4) cf. Liste non-exhaustive d’élites universitaires ivoiriennes de classe mondiale par domaines / Note sur les grades et diplômes universitaires.
  • (5) cf. RFI Service Pro : Culture et Développement
  • (6) cf. “Côte d’Ivoire 2040” organisé par le Secteur Privé ivoirien
  • (7) Le monde de la recherche a un rôle à jouer dans l’achèvement du processus de décentralisation en Côte d’Ivoire. Les conseils généraux manquent le plus souvent de vision et de lucidité pour le développement de projets de développement régionaux. Les économistes, les urbanistes, les géographes et les sociologues ont une place à prendre dans la réflexion sur les risques environnementaux pour la gestion des déchets, les sociologues pour une expertise sur le montage de projets de retour des jeunes à l’emploi, à la réduction de la délinquance, les urbanistes et les historiens à la révélation du potentiel touristique d’une région pour amorcer son développement. Par une telle démarche, la recherche et l’enseignement supérieur s’appliquent davantage aux problèmes concrets des populations. Ce qui peut permettre de développer un nouvel attrait pour la recherche et le conseil avisé du professeur d’université.
  • (8) L’exemple des petits gérants de cabines cellulaire à Abidjan est intéressant à explorer. En effet, alors que pendant longtemps, ces petits entrepreneurs de la téléphonie mobile évoluaient en rangs dispersés et supportaient des coûts d’approvisionnement importants, pesant lourdement sur la rentabilité de leur business, le SYNACOTEL, une structure fédérale “remastérisée” par un stratège avisé en la personne de Olivier Koffi (ancien employé dans une des majors de la téléphonie mobile abidjanaise) a permis de mettre sur pied une forme d’organisation qui centralise les achats de recharges téléphoniques pour bénéficier de ristournes sur les quantités. Il s’agit bien là d’un effet de taille critique qui par le jeu des synergies, permet d’asseoir une administration économiquement soutenable pour les petits gérants de cabines qui ont longtemps pensé qu’ils étaient trop faibles (Price Taker) pour influencer le marché. Et que par conséquent, ils ne disposaient d’aucun levier d’action pour accroître leurs marges en dehors de la diversification et de la croissance interne. Voici donc un exemple de l’intérêt de la recherche pour contribuer à l’épanouissement de petits entrepreneurs, qui sans doute, avaient perdu confiance en la capacité de la connaissance académique scientifique, managériale, organisationnelle, à améliorer leur quotidien.

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