« Vient un temps où le silence est trahison. » – Martin Luther King, Jr. – New York, 04 Avril 1967

Chiwetel Ejiofor et Lupita Nyong'oCertains films sont inoubliables.

C’est le cas de 12 Years a Slave, le film du réalisateur noir-britannique Steve McQueen, une adaptation cinématographique de l’autobiographie de Solomon Northup, celliste Afro-Américain du XIXe siècle, né en tant que citoyen libre dans le Nord étatsunien, mais kidnappé et jeté en esclavage pendant douze ans dans le Sud du pays.

La critique cinématographique universelle est pour une fois correcte et en phase avec la majorité des cinéphiles ayant déjà expérimenté 12 Years a Slave. Le film est un chef d’œuvre absolu, une de ces rares productions qui semblent avoir échappé à l’ogre hollywoodien lui-même et à son insatiable désir pécuniaire. Hollywood, en effet, n’a généralement aucune patience pour l’impact socio-culturel d’un film, encore moins quand il s’agit de la cause noire. Il préfère clairement financer les projets médiocres, à valeur artistique ou même récréative négligeable, qui deviennent néanmoins d’énormes succès commerciaux – cf. la série Avengers – et/ou qui satisfont aux exigences de communication politique à dérives propagandistes auxquelles l’industrie américaine sait se soumettre depuis sa création – cf. Black Hawk Down, Zero Dark ThirtyArgo, etc.

Barack Obama, Facebook, Apple, Google et HollywoodQu’est-ce que la propagande moderne ? Pour beaucoup, ce sont les mensonges d’un état totalitaire. Dans les années 1970, j’ai rencontré Leni Riefenstahl [célèbre réalisatrice et photographe allemande, connue pour ses films de propagande du régime Nazi sous Hitler, ndlr] et lui ai posé des questions à propos de ses fameux films à la gloire des Nazis. En utilisant une caméra et des techniques d’éclairage révolutionnaires, elle a produit un documentaire qui a hypnotisé les Allemands ; son Triomphe de la Volonté projette la fascination vertigineuse d’Hitler et “jette son sort” sur le peuple allemand.

Elle m’a dit que les “messages” de ses films ne provenaient pas des “ordres d’en haut”, mais plutôt du « laxisme soumis » [i.e. de la docilité et de l’apathie, ndlr] de l’opinion publique allemande. Inclus la bourgeoisie libérale et éduquée? « Tout le monde », m’a-t-elle répondu.

Nelson MandelaLe décès de Nelson Mandela est une occasion rare et importante d’examiner certaines questions très graves. Nous ne devrions pas craindre d’émettre une critique raisonnée même des personnes que nous admirons mais, en lieu et place, nous avons eu droit à une auto-indulgence larmoyante, un culte de la personnalité inutile et une défense obtuse de la mémoire de Nelson Mandela.

Tout le monde apparaît grand une fois mort et il est particulièrement difficile d’être honnête quand une personne de la stature de Mandela passe de vie à trépas. Le système de l’Apartheid en Afrique du Sud était un paria international, vilipendé par la majorité de l’humanité et Mandela était l’icône qui, on l’espérait, le détruirait définitivement.

Alors que la bataille sur l’héritage de Mandela fait rage, il serait bon de regarder au-delà de sa “sainteté” et d’évaluer les résultats de sa présidence sobrement.

SowetoQuelques jours seulement après son décès, une bataille féroce est engagée sur l’héritage de Nelson Mandela.

D’une part, des libéraux béats qui n’ont jamais osé lever un seul doigt contre l’injustice dans leur propre pays et des conservateurs hypocrites qui font tout leur possible en tant que leaders mondiaux pour porter atteinte aux droits de l’homme, sont tous aux pieds du bon vieil homme, le louant pour son immense force morale. Outre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu – qui, dans une tentative de diluer le soutien de Nelson Mandela pour la cause palestinienne, le salue en tant que « combattant pour la liberté qui a rejeté la violence » au moment où ses soldats lourdement armés ont violemment brisé les rassemblements palestiniens pacifiques en l’honneur de Nelson Mandela –, il est difficile d’imaginer une déclaration plus hypocrite que le titre orwellien du New York Times qui salue le fondateur de la branche armée de l’ANC comme une « icône de la résistance pacifique ».

Nelson Mandela« Les morts ne sont pas morts » clamait haut et fort Birago Diop. Ce fait est d’autant plus avéré lorsqu’il s’agit d’une légende, d’un mythe, d’un objet de culte, de Nelson Mandela. Le leader de la lutte anti-apartheid est mort comme il a vécu : adulé, honoré, vénéré par le monde entier. Cependant, derrière ce héros légendaire, ce géant de la politique, se cache un homme, somme toute ordinaire, avec ses défauts et diminué par maintes épreuves. A juste titre, il a lui-même admis dans ses mémoires : « Je suis un mythe qui s’est avéré n’être qu’un homme ». Petit florilège en chiffres et en lettres des éléments marquants de la vie de Nelson Mandela afin de démêler le mythe de la réalité.

Le révolutionnare Nelson Mandela vs. l'impérialiste Barack ObamaLes obsèques de Nelson Mandela ont attiré la crème de la crème politique mondiale à Pretoria en Afrique du Sud le 10 décembre dernier, notamment Michelle et Barack Obama, couple présidentiel à la tête du seul empire – politico-militaire et médiatique – qui existe encore au 21è siècle [1].

Obama, suivant la logique de son statut américano-déclaré de “leader du monde libre”, s’est présenté comme héritier de Mandela devant les milliers d’Africains venus pleurer et célébrer la vie de Madiba et a reçu, comme on pouvait s’y attendre, un tonnerre d’applaudissement à la seule annonce de son nom. Ces acclamations, pour quiconque connaît le degré de fascination que les Africains en général – les “anglophones” en particulier – ont pour les Obamas, n’a rien de surprenant. À tel point que les plateaux télévisés de quasiment tous les médias mainstream – de CNN à BBC à France 24 à Al Jazeera, etc. – n’ont pu s’empêcher de (re)tracer le fameux lien symbolique qu’il y a, paraît-il, entre Mandela, premier président noir d’Afrique du Sud et Obama, premier président noir des États-Unis. Et papati et patata. Le discours que l’on entend depuis 2008 et auquel s’accrochent les inconditionnels des symbolismes séduisants mais creux s’est vu régurgité autant, finalement, pour acclamer Obama que Mandela.

Nelson Mandela et Idris ElbaCette semaine, j’ai remarqué que le nouveau film d’Idris Elba, Mandela : Long Walk to Freedom, sort en salle. Je vais voir ce film et je vais l’aimer. Je ne m’inquiète pas de la qualité cinématographique du film ou de la façon dont le script a été écrit. Je viens de me disposer à être fidèle à la fois au projet et à l’acteur.

Idris Elba se trouve être affilié au même réseau de conférenciers (Great Black Speakers) que mon frère, donc j’ai suivi sa carrière depuis son rôle dans The Wire [Sur Écoute]. J’ai toujours été impressionné par la façon dont il a clairement indiqué que son travail en tant qu’acteur est de jouer des personnages conçus pour élever le psychisme de son peuple, pas simplement de courir après l’argent comme un bouffon de deux dollars. Je le respecte.

Médias colons et mondialisation : le cas de la Côte d'IvoireLe lynchage médiatique de la Côte d’Ivoire exécuté pendant plus d’une décennie par le système médiatique français est un succès. L’opinion publique internationale, robotisée et culturellement prédisposée à s’enivrer des mensonges de ses dirigeants, est rapidement gagnée. Dans le même temps, l’histoire sociopolitique d’un pays pauvre très endetté d’Afrique subsaharienne est méticuleusement réécrite avec un souhait : que les Ivoiriens plient l’échine et acquiescent.

Cet ouvrage sans faux-fuyants explique la géostratégie racialiste qui se tient derrière l’assaut des médias colons et dévoile l’hypocrisie du mondialisme avare, prédateur et appauvrissant qui le sous-tend. Le jeu trouble des acteurs politiques ivoiriens se dévoile lui aussi nettement. Seules alternatives : une prise de conscience individuelle et collective et un plan de riposte concret jusqu’à la rupture totale avec l’ordre dominant.

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Bosco NtagandaQuel est le rapport entre un chef rebelle, Bosco Ntaganda, une poignée d’États africains, votre téléphone portable et une Playstation ? Aucun ? Détrompez-vous. La guerre au Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo est la grande oubliée des médias. Pourtant ce qui s’y passe n’est qu’un épisode d’une guerre mondiale qui déchire le coeur du continent depuis près de vingt ans. Une guerre qui aurait fait près de 6 millions de victimes, entre les combats et les maladies, sans compter des milliers de déplacés. “Mondiale” parce qu’elle dépasse les frontières de la République Démocratique du Congo. Mais pas seulement : en arrière-plan, il y a aussi les États-Unis, des multinationales, la Chine, et au bout de la chaîne, nous, consommateurs occidentaux. Pour comprendre, il faut revenir aux origines de ce conflit, qui découle du génocide rwandais de 1994 (800 000 victimes).