« Vient un temps où le silence est trahison. » – Martin Luther King, Jr. – New York, 04 Avril 1967

Une contribution de Giovanni Djossou

PPTELe 30 juin 2012, comme prévu, la Côte d’Ivoire entrera dans le club très fermé des pays pauvres près endettés (PPTE), “accréditation” accordée par la Banque mondiale et le Fond monétaire international (FMI). Ce statut offre au pays de nouvelles perspectives, mais il est également source d’inquiétudes.

Plus de dix ans. Oui, plus de dix années de troubles et d’instabilité politique ont entraîné la Côte d’Ivoire dans une situation économique et sociale désastreuse. Une dette équivalant à 93,3% du produit intérieur brut (PIB). Le 170e rang en termes d’indicateur de développement humain (IDH), sur 187 pays listés. Sans compter la crise postélectorale et la guerre civile qui ont provoqué une récession de 5,8% du PIB en 2011.

Une contribution de Jean-David N’DaOusmane Fall & Fabien D’Almeida

De gauche à droite à partir du haut : Herman Wallace, Albert Woodfox, Robert King, Trayvon Martin, Sean Bell, Kenneth Chamberlain, Mumia Abu-Jamal, Amadou Diallo, Kathryn JohnstonL’Amérique de Barack Obama vient de célébrer, de la manière la plus discrète qui soit, un quarantième anniversaire bien particulier.

En effet, le 17 avril 2012 marquait le quarantième anniversaire du très méconnu dossier “Angola Three” relatif à trois prisonniers Afro-Américains (Herman Wallace, Albert Woodfox et Robert King) illégalement et inhumainement incarcérés “in the hole”, c’est-à-dire en isolement total, depuis quarante (40) ans pour les deux premiers et pendant vingt-neuf (29) ans pour le troisième, à la prison d’Angola, dans l’État de Louisiane, aux États-Unis (aucun lien avec le pays africain du même nom). Le tout, en dépit du fait qu’il n’ait jamais existé un seul élément de preuves liant les condamnés à la scène du crime (meurtre avec préméditation d’un gardien de prison) dont ils sont accusés.

Une contribution de F. William Engdahl

Joseph KonySelon son site Internet, l’ONG américaine Invisible Children prétend avoir comptabilisé plus de 80 millions de visionnages de sa vidéo YouTube “Kony 2012” depuis sa sortie il y a quelques semaines. Pour qui a réussi à trouver la patience de regarder cette vidéo jusqu’au bout, ce chiffre d’une audience de 80 millions de personnes suscite des interrogations quant à sa véracité. 80 millions, c’est un taux d’audience sans précédent dans l’histoire de YouTube [en réalité, un peu moins de 90 millions de personnes ont effectivement visualisé la vidéo, ce qui constitue un record absolu dans l'histoire du numérique ; ndlr].

Une contribution de Jean-David N’Da

« Mon but n’est pas de fournir des excuses au comportement des Noirs ou d’absoudre les Noirs de leurs responsabilités personnelles [...] » - Cornel West [1]

L'ignorance des Africains« [...] Cependant, quand les nouveaux conservateurs noirs mettent l’accent sur l’attitude et la responsabilité des Noirs, de telle manière que les réalités culturelles des peuples noirs sont ignorées, ils s’amusent à un jeu intellectuel trompeur et dangereux avec les vies et les fortunes des personnes défavorisées. Nous devons effectivement critiquer et condamner les actes immoraux des populations noires, mais nous devons le faire en tenant compte des circonstances dans lesquelles les individus naissent et dans lesquelles ils vivent. En ignorant ces circonstances, les nouveaux conservateurs noirs tombent dans le piège de blâmer les pauvres Noirs quant à leur situation. Il est impératif de faire une distinction entre le Scylla du déterminisme environnemental et le Charybde de l’attitude qui consiste à uniquement blâmer les victimes. » (CW)

Une contribution de Sali Bouba Oumarou

Nya Soleil en tenue BamilékéLes Bamilékés [font incontestablement partie des] groupes ethniques ayant une importance significative au Cameroun. Les ressortissants de [ce groupe] sont visibles [dans] plusieurs secteurs stratégiques de l’économie camerounaise. On les [surnomme] ainsi [les] “Japonais” d’Afrique. Ce dynamisme économique leur vaut cependant [un certain ressentiment nourri de préjugés quant à leur] réussite économique. Les études réalisées sur ce [groupe ethnique] insistent particulièrement sur l’apport de la culture dans ce dynamisme. [Pour certains], ils bénéficieraient ainsi de prédispositions culturelles à même de leur permettre [de s'en sortir mieux que les autres]. Pour d’autres en revanche, les raisons de cette réussite seraient à chercher dans la mystique qui participe à la structuration de ce groupe ethnique. Entre culture et mystique, comment expliquer cette réussite économique du Bamiléké ?

Une contribution de Schlomit Abel

Alassane Ouattara et Guillaume SoroIl est un peu tard pour le pardon ; voilà des mois que nous suivons Charles Konan Banny, avec sa Commission réconciliation et vérité ; malgré une scène touchante retransmise sur grand écran, ou l’on voit cet ancien Premier ministre s’agenouiller devant la caméra pour demander pardon, mais en tournant le dos au public duquel il attend ce pardon… Puis nous avons vu Ouattara projeter les phares sur l’Ouest, ce pays meurtri, et encourager les populations à tourner la page et à pardonner, mais sans s’impliquer lui-même, sans être concerné… Et maintenant place à Soro, qui le jour de l’ouverture du Parlement, nous joue son couplet du pénitent, humble et humain à souhait.

Une contribution de Séyivé Ahouansou

Calixthe Béyala, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le PenCalixthe Beyala s’écartant de son domaine d’action privilégié, le plagiat littéraire, s’est donc lancée dans une carrière politique, dans la foulée de son engagement médiatique tonitruant contre les interventions française en Côte d’Ivoire et de l’OTAN en Libye. Nul ne discutera la sincérité de ses positions concernant ces deux évènements ayant fortement ébranlé les français d’origine africaine, les procès d’intention n’étant d’aucune utilité. Cependant le verbatim de l’interview qu’elle a accordé à Christian Musampa dans le cadre de l’émission « Sans détour » sur Cameroon Voice démontre sans équivoque ses limites en tant qu’analyste politique et plus encore, la disqualifie en tant que leader auto-proclamé de la communauté afro-française.

Méconnaissance des réalités électorales et démographiques : cadre idéologique du MAF…

Une contribution d’Eliahou Abel

Bashar al-Assad, François Hollande, Nicolas SarkozyDeux jours avant le premier tour des élections présidentielles, François Hollande s’est cru obligé d’affirmer (sur Europe 1) qu’en cas d’intervention militaire en Syrie sous l’égide de l’ONU, la France y participerait. La troublante continuité de ces propos avec la rhétorique “va-t-en guerre” de Nicolas Sarkozy (*) – rouvrant les plaies de nos mémoires souillées d’images insoutenables – a de quoi surprendre, et inquiéter… Car ne nous y trompons pas, les pressions exercées actuellement sur le régime de Bachar al Assad relèvent de la même logique meurtrière que celle qui a légitimé l’immonde agression française contre la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo et la destruction sadique d’une Libye prospère.

Une contribution de Papa Modou Diouf

Afro-pessimisme ?L’afro-pessimisme est ce sentiment qui pousse à l’abandon de toute pensée qui pourrait mettre en exergue un possible développement du continent africain. Cette idéologie s’appuie sur les nombreuses questions toujours en suspens concernant l’avenir du continent : dans quelle mesure les populations africaines sortiront-elles de la pauvreté ? A partir de quoi envisager un possible décollage économique du continent noir ? Comment pourrait-on rendre l’économie africaine plus compétitive ? A toutes ces interrogations aussi cruciales qu’urgentes, cette  philosophie afro-pessimiste n’apporte aucune réponse positive. Un sentiment qui peut sembler normal et rationnel face à une Afrique connue pour ses famines, ses guerres fratricides et ses coups d’Etats perpétuels, ses autorités politiques corrompus et égoïstes. Difficile, voire utopique, d’être optimiste quand au moment où de l’autre coté de l’Atlantique, les Etats cherchent à s’unir pour avancer et où l’impunité n’est pas sujet de débat public, nous, Africains, semblons tourner le dos, de façon consciente et volontaire, à la course mondiale à la compétitivité. Pourtant, devrions-nous capituler sans combattre ?

Une contribution de Séyivé Ahouansou

Dioncounda Traoré, nouvel homme fort du MaliLe coup d’État mené par le capitaine Amadou Sanogo a atteint le but qui était vraisemblablement le sien : imposer à la tête de l’état malien un autre serviteur de la France, en la personne de Dioncounda Traoré. Quelques naïfs, se situant jusque parmi les membres de la classe politique malienne, charmés par la rhétorique héroïque et démagogue du capitaine Sanogo, ont accordé à sa confiscation temporaire de l’exécutif malien le bénéfice du doute. Pour le perdreau de l’année, cet homme était un patriote sincère, mu par le seul souci du bien-être du peuple et de la protection de l’intégrité territoriale du Mali.

Mauvaise lecture et confusion…

Une contribution de Jean-Philippe Feldman

ParlementLes violations de l’Etat de droit en Afrique

Aides publiques détournées, atteintes majeures au droit de propriété, bureaucratie, clanisme, clientélisme, corruption effrénée, dictatures, guerres endémiques, militarisme, népotisme, parti unique, planisme, protectionnisme, tribalisme, et finalement pauvreté persistante : tel est le cruel constat qui peut être effectué du continent africain depuis maintenant de longues décennies. Toutefois, sauf à verser dans le holisme, mêler les différents pays africains dans un tout indistinct serait plus que superficiel. Le Botswana n’est pas le Zimbabwe, le Maroc n’est pas l’Ethiopie, et les difficultés culminent pour l’essentiel dans bon nombre de pays de l’Afrique sub-saharienne.

Quoi qu’il en soit, les chiffres, eux aussi, sont implacables. Publié chaque année depuis 1995 par le Think Tank américain Heritage Foundation l’indice de la liberté économique – qui comprend les libertés financière, d’entreprise, du commerce, de ne pas être pressuré par les prélèvements obligatoires, du contrôle de la taille du gouvernement, d’avoir une monnaie indépendante, d’investir, de protéger les droits de propriété, de s’émanciper de la corruption, et de contrat sur le marché du travail – est toujours au plus bas dans la plupart des Etats africains (1).

Une contribution de Ernest Yamine-Kouadio

Education en AfriqueL’instruction joue un rôle prépondérant dans le progrès d’une nation. Ce fait est une vérité reconnue même  par les religions au point que le christianisme dans son livre fondateur affirme : « mon peuple périt parce qu’il lui manque la connaissance ». Cette vérité est d’autant plus évidente pour l’Afrique qu’elle explique en grande partie son état actuel de sous développement chronique. En d’autres mots, l’instruction telle qu’elle est organisée et diffusée actuellement sur le continent ne saurait booster son développement.

La part belle à l’enseignement généraliste