Rwanda et Congo : quand BBC diffuse (enfin !) la vérité sur Paul Kagame

Qui est Paul Kagame ?

Selon l’information mainstream, la diplomatie occidentale, le cinéma hollywoodien (ex: Hôtel Rwanda) ou encore l’intelligentsia anglo-saxonne de référence (ex: le Prix Nobel américain Elie Wiesel), l’homme fort du Rwanda est le sauveur Tutsi qui, en 1994, a su contenir la terreur Hutu et mettre fin à une guerre meurtrière d’un million de ses compatriotes.

Cette version de l’histoire rwandaise, particulièrement vulgarisée dans le monde anglophone, est également la version la plus connue dans les pays d’Afrique dite francophone, où le rôle joué par l’État français dans les crises sociopolitiques des ex-colonies (?) telles que la Côte d’Ivoire laisse parfois croire aux “patriotes” africains qu’un leader noir, assez courageux pour dénoncer les manigances tropicales françaises – Kagame accuse depuis toujours la France d’être le vrai responsable du génocide – ne peut être qu’un “digne fils d’Afrique”.

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Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique

La progression spectaculaire et jusque-là incoercible de l’État islamique a de nouveau placé l’Irak sous le feu des projecteurs. Si les médias sont prolixes pour décrire les atrocités du prétendu califat, ils le sont beaucoup moins lorsqu’il s’agit de dire quelle est son origine et qui sont exactement ceux qui s’en réclament. L’État islamique ne surgit pourtant pas de nulle part. Il est le fruit de la politique impérialiste étasunienne au Moyen-Orient dont les racines remontent au chaos irakien post-Saddam Hussein et au récent conflit syrien. Pour bien comprendre son rôle exact, il convient d’analyser brièvement la politique américaine dans le monde arabe dans les trente dernières années. L’islamisme a été au cours de cette période l’allié objectif de l’Oncle Sam au Moyen-Orient. Il est aujourd’hui le prétexte qui permet aux États-Unis d’intervenir dans les pays arabes, soit pour défendre les « bons musulmans » dans leur quête de liberté, soit pour combattre les « mauvais » qui menacent la sécurité de la planète.

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Les non-dits du sommet États-Unis/Afrique : l’Amérique à la conquête de l’Afrique

La marginalisation de l’Afrique par les États-Unis continue jusqu’à ce que les ressources naturelles du continent soient définies comme stratégiques.

Leur engagement dans une guerre globale contre le terrorisme, l’accès aux marchés africains en pleine croissance et l’émergence de la Chine ont à leur tour renforcé la place de l’Afrique dans les affaires mondiales. Il est donc obsolète de supposer que l’Afrique est simplement l’objet de préoccupations d’ordre humanitaire ou une cause de charité. L’Afrique c’est l’avenir ; certes, il y a l’instabilité mais aussi de grandes opportunités alors que la crise secoue l’économie mondiale. L’approche du président Obama n’est si pas si différente de ses prédécesseurs. C’est pourquoi l’article ne s’attardera pas sur le récent sommet Etats-Unis/Afrique, à travers lequel les Américains veulent saisir les opportunités notamment économiques qu’offre le continent.

Perspectives historiques

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Qu’est-ce qui divise l’Amérique noire ?

Les funérailles de l’adolescent afro-américain Mike Brown la semaine dernière ont marqué une nouvelle étape dans le mouvement naissant contre la brutalité policière et le profilage racial aux États-Unis. Les parents de Mike Brown ont tenu à l’organisation de funérailles publiques qui ont attiré des milliers de gens ordinaires provenant de tout le pays, ce qui a permis d’assurer la poursuite de cette lutte, plutôt que de sonner sa fin.

En effet, dans les semaines qui ont suivi la mort de Brown, il y a eu une prise de conscience nationale quant à la terrible régularité de la brutalité et du harcèlement policier qui imprègnent la vie de presque tous les Noirs à travers le pays. La persistance de la rébellion de Ferguson telle qu’elle s’est développée au cours des dernières semaines a ramené à la surface des discussions franches sur le racisme, les inégalités et sur le rôle de la police dans ce tout.

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Ébola : la longue et douloureuse tradition de présenter l’Afrique comme sale et malade

La une du magazine américain Newsweek [en son numéro du 29 août 2014] présente l’image d’un chimpanzé derrière les mots, “Une porte dérobée pour Ébola: la contrebande de viande de brousse pourrait déclencher une épidémie États-Unis”.

Cet article est problématique pour plusieurs raisons, à commencer par le fait qu’il n’y a pratiquement aucune chance que le trafic de viande de brousse puisse envoyer Ébola en Amérique (le terme “viande de brousse” est un fourre-tout qui a trait aux animaux non domestiques consommés en tant que source de protéine ; toute personne vivant aux États-Unis qui chasse le chevreuil et consomme sa viande comme gibier mange de la viande de brousse sans l’appeler ainsi). Bien que manger de la viande de brousse soit assez commun dans la zone touchée par le virus Ébola, la grande majorité de ceux qui en consomment ne mangent pas de chimpanzés. En outre, il y a peu de chance que l’épidémie actuelle d’Ébola ait quoique ce soit à avoir avec la consommation de viande de brousse.

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